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Avant l'arrivée des Européens au Congo, Bangala et spécialement Ibako étaient des marchés très importants où se faisaient des transactions nombreuses en ivoire et en esclaves.

Il est cependant certain que, même avant notre première arrivée dans le pays, l'importance de ces marchés avait déjà sensiblement diminué, et cela, paraît-il, par suite du goût trop prononcé des habitants pour la chair humaine. Les populations en aval avaient, malgré l'appât du gain, fini par trouver qu'à chaque voyage chez ces cannibales il y en avait réellement des leurs qui passaient dans les marmites bangalaises.

Depuis notre installation, les craintes des habitants du BasCongo ont considérablement diminué ; les pirogues recommencent à circuler en grand nombre ; le trafic reprend de l'activité, et les indigènes, quand ils en éprouvent le besoin, savent très bien venir nous demander aide et protection.

(A suivre.)

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Alésia a eu une influence trop considérable, tant au point de vue militaire qu'au point de vue de la civilisation, pour que tous ceux qui ont le souci du passé ne se soient pas posé cette question : Où était Alésia ?

Nombre de savants et de chercheurs ont placé cet oppidum de nos ancêtres, les uns à Alaise, dans le département du Dc ubs, les autres aux environs de Clermont-Ferrand ; M. Guizot, dans son Histoire de France, a adopté Sémur, dans le département de la Côte-d'Or ; d'autres enfin, Alise-Sainte-Reine, dans le même département. Le duc d'Aumale dans son Alésia, et Napoléon III dans son Histoire de César, se rangent à cette dernière opinion.

Examinons maintenant, avec le texte même des Commentaires, laquelle de ces diverses positions s'adapte le mieux à la description qu'en a faite César (De Bello gallico, lib. VII).

« LXII. Fugato omni equitatu, Vercingetorix copias suas, ut pro » castris collocaverat, reduxit ; protinusque Alesiam, quod est oppidum » Mandubiorum, iter facere cœpit ; celeriterque impedimenta ex cas»tris educi, et se subsequijussit. » C'est-à-dire, toute sa cavalerie mise en fuite, Vercingétorix rassembla ses troupes devant son camp, et, dès que l'ordre eut été rétabli, il se dirige sans perte de temps vers Alésia, qui est une ville forte des Mandubiens. Il ordonne ensuite de faire sortir les bagages du camp et de les faire rejoindre en toute dili

* Voir tom. IX, pag. 400.

gence.

Or le pays des Mandubiens était compris entre les Éduens (ceux d'Autun) au Sud et les Linganes (ceux de Langres) au Nord-Est.

Si nous n'étions désireux d'élucider la question sous toutes ses faces, ce seul texte suffirait déjà pour faire écarter deux des hypothèses citées plus haut. Mais nous tenons à détruire tous les doutes qui peuvent encore subsistor sur ce sujet.

Quoi qu'il en soit, César continue ainsi en ce qui touche la p osition:

« LXIII. Ipsum erat oppidum, in colle summo, in modum edito »loco ; ut, nisi obsidione expugnari non posse videretur : cujus collis »radices duo duabus ex partibus flumani subluebant. Ante oppidum »planities circiter millia passuum III in longitudinem patebat : reli»quis ex omnibus partibus colles, mediocri interjecto spatio, pari »altitudinis fastigio oppidum cingebant. Sub muro, quae pars collis »ad orientem solem spectabat, hunc omnem locum copiae Gallorum »compleverant , sosamque exmaceriam sex in altitudinem pedum » praeduxerant... »

Or ce texte est net et clair comme tout ce qu'a écrit César".

Alésia était une place forte établie au sommet d'une haute colline et de telle sorte qu'on ne pouvait s'en emparer sans passer par les lenteurs d'un siège ou d'un blocus. A ses pieds coulaient deux rivières. En avant de la place il y avait une plaine d'environ 3,000 pas de longueur (c'est-à-dire 4,400 mètres). Le reste du pourtour de la position était entouré à peu de distance

1 Le VIII° livre des Commentaires est d'Hirtius.

de collines de même hauteur. Les Gaulois étaient campés sous les murailles de la place du côté du soleil levant, et occupaient toute cette partie de la montagne. Ils s'étaient retranchés au moyen d'un fossé et d'une muraille en pierres sèches de 6 pieds de hauteur (1",78). Maintenant, si nous portons d'abord nos investigations sur la position d'Alaise, dans le département du Doubs, nous remarquons qu'il n'y a ici que la similitude du nom qui ait pu induire en erreur, attendu qu'à la seule inspection de la carte de l'étatmajor on voit qu'il n'y a qu'un seul ruisseau au lieu de deux, et que la plaine fait absolument défaut. Nous sommes d'ailleurs ici chez les Séquaniens et non chez les Mandubiens. En ce qui concerne Clermont-Ferrand, cette hypothèse ne peut se soutenir: c'est de l'oppidum de Gergovie, situé à six kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, dont on a voulu parler, et non de celui d'Alésia, et Gergovie est d'ailleurs, comme chacun le sait, située en plein pays des Arvernes. Quant à Sémur en Auxois, qui est chez les Mandubiens, en examinant la carte, nous remarquons qu'il n'y a que la position du télégraphe, à l'altitude 422, qui réponde au moins dans une certaine mesure à la haute colline de César, d'autant que deux ruisseaux en baignaient le pied ; mais ici la plaine n'a pas seulement 3,000 pas, elle est immense. D'un autre côté, les collines voisines n'entourent pas la position et ne sont pas situées à de faibles distances. Donc, bien que nous soyons dans le pays des Mandubiens, ce n'est point ici encore qu'il faut chercher Alésia. Maintenant, si nous passons à l'examen de la position d'AliseSainte-Reine, il n'en est plus de même Ici, sauf le chemin de fer, les canaux et les villages construits depuis, rien n'est changé, et la topographie actuelle se rapporte de tous points, comme nous allons le voir, à la description de César. En effet, le village actuel d'Alise est situé à la partie supérieure du mont Auxois, sur la déclivité ouest de la position et un peu au-dessous du plateau où était l'oppidum. Le sommet de ce plateau est à l'altitude 418, alors que la plaine n'est cotée que 248. La différence est donc de 170 mètres, ce qui constitue une élévation relativement considérable. Le plateau, qui a à peu près la forme d'une ellipse allongée, a environ 1,800 mètres de longueur sur une largeur moyenne de 6 à 700 mètres. Il est traversé dans toute sa longueur par une voie romaine. Au pied de la pente ouest, existe une plaine qui s'étend jusqu'à Seigny et qui a environ 4,500 mètres de longueur. César lui donne 3,000 pas, ou 4,400 mètres. Il était difficile de faire une plus exacte estimation. De même que l'Ozerain au Sud, la rivière la loze coule au nord de la position et en baigne le pied. Ici encore, tout est rigoureusement exact. Quant au pourtour, comme nous l'avons vu, nous avons la plaine à l'Ouest ; au Sud, la colline du plateau de Flavigny à l'altitude 429, qui est séparée de la position, à faible distance, par l'Ozerain ; vient ensuite à l'Est la colline du Mont-Pevenel à l'altitude de 429, également à faible distance, et séparée par le col de Ravoux, où passe la voie romaine ; ensuite au Nord-Est et séparé par l'Oze, à faible distance encore, la colline du plateau de Savoigny, dont le sommet est à l'altitude 426 ; enfin au NordOuest et séparée également par l'Oze est la colline du plateau de Ménétreux-le-Pitois à l'altitude 401. Cette colline est un peu plus éloignée de la position que les autres, et nous verrons plus loin que les Gaulois surent profiter de la faiblesse du blocus sur ce point pour y diriger une attaque impétueuse. Ainsi, nous voyons ici que tout est parfaitement d'accord avec le texte des Commentaires : la haute colline, la plaine à l'Ouest, les deux cours d'eau et les collines environnantes de même hauteur sur le reste du pourtour et à faible distance de la position ; enfin nous sommes ici au centre même du pays des Mandubiens. C'est donc avec toute raison que le duc d'Aumale et Napoléon III se sont rangés à l'opinion de ceux qui y ont placé l'Alésia de César. D'un autre côté, d'ailleurs, les nombreuses fouilles

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