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l'amitié, l'éloquence et la poésie parlent avecla grâce la plus ingénue et la simplicité la plus touchante.

Quant à la prose, nous mettrons au premier rang \ Histoire de Charles XII, écrite avec une simplicité, une précision,et cependant avec des images dignes d'un tel peintre; elle est bienau-dessus de VHis' toire de PierreAe-Grand. Quoique le Siècle de Louis XJP^lui soit également inférieur, il se fait lire avec intérêt. Les Réflexions sur les poêles épiques qu'on imprime ordinairement à la suite de la Hen* riade, sont dictées par le goût, et font parfaitement connoître le mérite de chacun de ces grands poètes. La Préface d'Œdipe, dirigée contre Lamotte, est écrite avec une très grande délicatesse ; on peut y ajouter sept lettres à M. de Genonville et une au père Porée; elles se rapportent à V Œdipe de Sophocle , à celui de Corneille, et à celui de l'auteur luimême; elles sont aussi instructives que Lien écrites. On trouve dans leDiscours préliminaire et dans la Lettre à Mme. du Chdtelet, qui sont en tête NAL sire, le sentiment et l'harmonie joints à beaucoup de noblesse. Il est encore plusieurs morceaux que nous pourrions citer ; mais cela excéderoit les bornes que nous nous sommes prescrites, et peut-être les avons-nous déjà dépassées.'

XÉNOPHON ( n. 45a av. J.-C. — mort 36o ) , est célèbre, soit comme historien , soit comme philosophe , à cause de son style simple, pur, élégant et gracieux. Parmi ses ouvrages d'histoire, la Retraita des dix mille jouit d'une estime particulière; nous en avons parlé tom. i, pag. 5a. Le meilleur de ses ouvrages philosophiques est celui qui a pour titre: Entreliens mémorables de Socrate. Son Banquet des philosophes est un chef-d'œuvre sous le rapport de la composition et du style. Il paroît qu'il l'a composé pour servir de pendant à celui de Platon qui porte le même titre , et dans lequel Socrate n'a pas été peint avec la simplicité qui le caractérisoit.

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DU CHOIX DES LIVRES.

QUATRIÈME PARTIE.

Mémorial bibliographique indiquant sommairement les éditions les plus correctes et les plus belles des meilleurs ouvrages de la littérature sacrée, grecque, latine, française et étrangère.

louT ce que nous avons exposé jusqu'ici sur le» auteurs du premier ordre a eu pour but, en prouvant leur prééminence dans tous les genres, de démontrer combien, pour se former le goût et l'entretenir dans toute sa pureté, il est avantageux de donner continuellement la préférence à leurs chefsd'œuvre. Mais, si se pénétrer du mérite de ces auteurs illustres, est une chose essentielle , et même la première que doit posséder un amateur, il en est une seconde qui ne lui est pas moins nécessaire, et qui, constituant ce qu'on appelle le vrai bibliophile, est également une source de jouissances aussi vives que pures et variées. On voit que nous voulons parler de la connoissance des livres et des éditions. En «ffet le matériel d'un livre est pour les productions de l'esprit humain , ce que le corps est à l'aroe; et y a-t-il dans la société quelque chose de plus attrayant, de plus enchanteur qu'une belle ame dans un beau corps, in bel corpo anima Bel la ? N'en estil pas de même pour les bons ouvrages dont le mérite est encore relevé par les avantages d'une belle impression* ■ .

Quand on a le bonheur de s'être familiarisé dès le bas âge avec Homère et Démosthène, Virgile et Cicéron, Racine et Bossuet, etc., etc., on se contente rarement de repasser dans son esprit leurs chefs-d'œuvre et d'en confier la garde seulement à sa mémoire; on veut encore posséder leurs ouvrages immortalisés par les merveilles de la presse ; on les convoite dans toute leur intégrité ; on les recherche avec ardeur; mais ce vif désir, cet empressement bien légitime doit être aussi dirigé par un goût éclairé, solide et délicat, toujours inséparable du véritable amour des livres. Ce goût consiste à connoître et à savoir choisir, parmi les éditions ordinairement très multipliées des meilleurs ouvrages, celles qui par leur pureté, leur correction, sont les plus conformes à la pensée primitive de l'auteur, et qui par leur beauté offrent un attrait de plus à l'amateur. Ainsi c'est pour faciliter ce choix , que nous nous sommes occupé de cette quatrième partie entièrement consacrée à la bibliographie. Elle nous a paru indispensable; car notre travail seroit incomplet si, après avoir désigné les auteurs qui nous ont para devoir tenir le premier rang dans la littérature eu général, et avoir signalé leurs chefs-d'œuvre, nous n'indiquions pas au moins sommairement les éditions les plus correctes et les plus belles, non seulement de leurs ouvrages, mais encore de quelques antres qui en approchent.

Nous avons donc rédigé la notice bibliographique suivante, qui, sans être très étendue, prouvera par la richesse des articles qu'elle renferme, les efforts que la typographie a faits, surtout depuis quelques années , pour honorer dignement les génies immortels qui ont traversé les siècles avec tant d'éclat* Nous n'avons pas négligé les textes originaux des classiques grecs et latins, même ceux ( hébr.et gr; ) de la Bible. Avant de parler des meilleures traductions, nous avons cité les éditions les plus intéressantes et les plus belles du texte, qui dans tous les temps ont été si précieuses aux yeux des vrais amateurs. En ajoutant les prix à chaque article, nous avons eu l'intention de faire mieux connoître le mérite de telle Ou telle édition, soit comme rare, soit comme exécutée avec un soin particulier, car ou n'attache guère une valeur extraordinaire aux livres que sous ces deux rapports. Nous ne nous sommes point assujetti à copier les prix mentionnés dans les bibliographies; nous prenons pour base de ceux que nous indiquons, soit la valeur moyenne des différens prix auxquels â été porté tel ou tel exemplaire, dans plus de vingt ventes publiques, soit les prix que nous avons payés nous-même en nous procurant la plupart des articles de cette collection. Si nous dou

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