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les échauffait encore? N'y sont Vous n'êtes

pur

ni dans vos elles pas aussi justifiées par les pensées, ni dans vos désirs, ni règles du monde, que si la con- peut-être dans vos actions: vous duite des dieux les autorisait n'êtes pas chaste dans vos chants, encore ?... Vous respectez dans vos discours, dans ces vues ligion dans laquelle vous êtes de plaire , dans cette manière de nés... Vous croyez tous les points vous mettre et de vous montrer de la foi chrétienne, vous vou aux yeux des hommes. Tout lez vivre et mourir dans le sein cela est du siècle : tout cela , de l'Église catholique. Que man- quand vous auriez d'ailleurs une que-t-il à votre christianisme? foi encore plus pure, est incomles moeurs des chrétiens. Mon. patible avec la vraie piété qui trez votre renoncement à cette consiste à se conserver pur des ancienne impiété du monde par passions de ce siècle : Immacule renoncement à tout ce qui latum se custodire ab hoc sæcutient de cette impiété, à tout ce lo. Il faut être purs du siècle qui en fait partie; par le renon tout entier, l'être en tout. cement à ces passions qui font Vous

passez votre vie au jeu , ce que l'Évangile appelle le dans les amusemens : vous ermonde, monde aujourd'hui plus rez de plaisir en plaisir, du théâ-. coupable avec ces passions et en tre aux fêtes mondaines : senun sens plus impie ; parce qu'au suel, voluptueux, vivant dans lieu

que les païens, en vivant la mollesse. Tout cela est du selon les passions de ce monde, siècle, c'en est le fonds et le vivaient conséquemment à la mauvais fonds; et la piété qui religion qu'ils professaient, et consiste à se conserver pur de ce conformément à l'exemple des siècle, est étrangère à cette vie : dieux qu'ils adoraient : le mon Immaculatum se custodire ab de, en vivant aujourd'hui selon hoc seculo. Il faut être mortifié ces mêmes passions, vit d'une et pénitent. manière contraire à tout ce qu'il Vous êtes un ambitieux tout croit, opposée à tout ce qu'il occupé de vos vues de fortune, fait dans les temples, et ne peut ne cherchant en ce monde que vivre ainsi qu'au népris du les honneurs et les places éleDieu saint qu'il reconnaît, et vées, vous étant proposé dans de la religion pure et sans tache votre cour d'y arriver par toutes qu'il suit. Car encore une fois sortes de voies. Cela est tout enla religion pure et sans tache ou tier du siècle, et la piété ne le la vraie piété consiste à se con- souffre pas , quand vous seriez server pur de ce siècle : Religio plus retenu sur l'injustice des munda et immaculata, dit saint moyens. Il faut tourner ses prinJacques, hæcest... , immacula- cipales vues et ses premiers soins tum, se custodire ab hoc sæculo. du côté de l'éternité bienheu(Jac. I, 27.)

reuse.

Vous êtes un homme absorbé Tout cela est du siècle , et quand dans vos affaires de ce monde, vous feriez d'ailleurs quelques jusqu'à ne vous laisser pas le bonnes cuvres, vous ne seriez temps de vaquer aux choses de

pas dans la piété. Il faut être riDieu, de travailler à l'affaire de che en Dieu, être riche en bonvotre salut. Tout cela est du nes cuvres,

être riche selon les siècle ; et sans qu'il y ait d'autre règles de l'Évangile. iniquité dans votre vie, vous Vous êtes une personne du n'êtes pas dans la vraie piété. Il monde peu appliquée à la dévofaut chercher en premier lieu le tion, vous ne vous en piquez royaume de Dieu et sa justice. pas; peu scrupuleuse pour vous

Vous êtes un homme colère, retenir en toutes choses dans les emporté, violent, vindicatif, bornes de la modération évandéclaré, obéissant en cela aux gélique, vous en convenez; peu lois du monde. Tout cela est du soigneuse de garder cette grande siècle, et vous n'êtes pas dans la règle de la justice chrétienne : voie de la piété avec votre pro- Ne faites point aux autres ce que fession de christianisme et votre vous ne voudriez pas que les assiduité dans les temples. Il faut autres vous fissent, cela est viavoir appris de l'exemple de Jé- sible dans vos moeurs. Vous êtes sus-Christ à être doux et hum- de ce siècle , vous en avez l'esble de coeur; et de sa doctrine, prit, vous en faites les euvres : à pardonner tout et toujours. en attendant votre dernière con

Vousêtes un grand du monde, damnation avec ce monde, vous superbe, méprisant, aussi ja- êtes déjà jugé de Dieu avec le loux de la gloire de votre nom, monde , parce que vous n'avez que vous l'êtes peu de celle de pas appris de la grâce de Dieu Dieu et de votre religion, à la- notre Sauveur, en renonçant aux quelle vous prétendez cependant passions du monde, ainsi qu'à être attaché, jusqu'à prendre l'impiété, à vivre en ce siècle parti pour elle , tout cela est du avec tempérance envers voussiècle, et part d'un esprit en même, avec justice envers le nemi de celui de la piété. Il faut prochain, avec piété envers dans la grandeur avoir l'esprit Dieu. Vous n'êtes pas dans la de l'humilité chrétienne. vraie piété, quand vous seriez

Vous êtes un riche qui donnez attaché à l'Église catholique, dans tous les travers des riches, quand vous passeriez dans le à cela près que vous ne l'êtes pas monde pour un dévot à la faveur devenu par les concussions et les de mille petites dévotions , à la rapines; vous outrez la magni- faveur de quelques pratiques ficence et la dépense, ce qui vous solides, prières, bonnes lecturend du moins injuste envers res, assiduité aux instructions les pauvres que vous n'êtes plus du salut et au service divin ; en état d'assister selon vos biens. parce que yraie piété ou la

religion pure et sans tache con et Ethnici hoc faciunt? (Matth. siste å se conserver pur de ce 5, 47.) En un mot, renfermer siècle: Religio munda et imma la vertu dans les devoirs de la . culata apud Deum et Patrem, vie civile, et ne l'étendre pas hæc est..., immaculatum se cus. au-delà de la probité humaine, todire ab hoc seculo.

c'est ne pas connaître le christiaMais, que dis-je, l'idolâtrie nisnie; et c'est un second défaut en ce qu'elle a de plus réel et de de la vertu mondaine. Suivons plus malin, subsiste au milieu toujours les rapports du monde du monde lavé dans les eaux du avec l'idolâtrie , et nous trouvebaptême. L'idolâtrie avec ce qui ron

ons aujourd'hui dans le monde, en fut l'origine et en est le fonds, au sujet de la vraie piété, une vit au milieu de votre cæur; et seconde illusion plus commune les objets de cette idolâtrie sont, et plus dangereuse que la prenon pas une seule chose, mais mière. tant de choses que vous aimez Il y avait bien des gens dans dans ce monde avec fureur : le paganisme, qui ne prenant, ni Hoc colitur quod amatur. (Aug.) les dieux pour modèle, ni leur Et le principal objet de cette religion pour règle , se faisaient idolâtrie, c'est vous-même. Ainsi à eux-mêmes des lois plus conquand on dit d'une femme du formes aux principes de la raimonde qu'elle est idolâtre d'elle- son ; et, suivant ce qui reste à même : qu'on dit de cette fille l'homme de lumière naturelle qu'elle cherche à être l'idole du vivaient moralement bien. C'émonde, on ne fait qu'appeler tait au culte extérieur près de les choses de leur vrai et propre

leurs divinités, dont leur sa

gesse ne leur permettait pas de Ceux-là seulement sont vrai- s'écarter, d'honnêtes gens, des ment pieux et véritablemen: femmes sages, des magistrats chrétiens dans le monde, qui intègres, des inarchands droits portent la vertu au-delà des vues

dans leur commerce , et des actions même bonnes et vriers irréprochables pour la filouables en elles-mêmes que fai- délité, des riches et des grands saient les païens. Car Jésus- du monde capables d'assister le Christ a d'un seul mot retran pauvre, de protéger le malheuché de la véritable piété et dé- reux, de rendre service à tous pouillé du nom de chrétiens, autant qu'ils le pouvaient, de ceux qui bornent leur vertu et faire de leur bien et de leur puisle christianisme à faire ce que sance un usage noble et utile à font les païens : aimer leurs la république : c'étaient en un amis, faire plaisir à ceux qui mot des gens de différens états leur en font, voir ceux qui les qui tous vivaient avec l'approvoient et rendre honneur à bation et l'applaudissement du ceux qui leur en rendent : nonne monde.

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La philosophie était venue scribes et des pharisiens, vous par-dessus; et parmi de certaines n'entrerez point dans le royaume choses qui ressentent encore trop des cieux. » la corruption de l'homme et les Jésus-Christ est donc venu temps d'ignorance, comme parle détruire une pareille doctrine , saint Paul , elle établissait mille et combattre cette vertu hubonnes règles qui pouvaient maine comme corrompue dans faire des hommes estimables, et son principe', et manquant dans dans la société humaine et dans sa fin; et le Saint-Esprit en a la religion telle qu'ils la con bien mis une autre dans le coeur naissaient : quelle était donc la des fidèles, en y mettant la chacorruption de cette espèce de re rité. Mais hélas ! ce paganisme ligion dans le paganisme? La honnête , cette religion des phicorruption de cette espèce de losophes et des pharisiens, cherreligion, indépendamment du che à ressusciter au milieu du culte des dieux qu'elle tolérait christianisme. Ne le serait-elle et qu'elle prêchait même par point déjà ? ne s'avance-t-elle des raisons de politique et d'une pas sourdement? ne se coulesagesse toute mondaine : c'était t-elle pas doucement? ne s'inde ne chercher qu'à se plaire à sinue-t-elle pas adroitement elle-même et à être applaudie sous le beau masque de vertu? des hommes : c'était de faire ce Que dis-je? elle se montre à viqu'elle faisait de bon par des sage découvert; elle a ses partiraisons toutes prises de l'hom sans déclarés; elle a ses maîtres me, et de ses misérables inté- échauffés à la soutenir, qui la rêts et de ses passions plus cou proposent en particulier, qui vertes : c'était de s'acquitter des l'enseignent publiquement; et devoirs de religion et des devoirs cette vertu qu'on peut apprende la société humaine par des dre au théâtre comme dans l'Éraisons de bienséance et de con- glise, dont on peut s'instruire venance.

dans les romans comme dans Les pharisiens, qui étaient l'Évangile ; cette vertu qu'on une espèce de philosophes dans peut pratiquer, les cartes tout le judaïsme, avaient entière- le jour dans les mains comme un ment adopté cette religion. Ils bon livre devant les yeux ; cette étaient pleins de cet esprit et le vertu qui ne dérange rien aux communiquaient autant qu'ils plaisirs, et ne touche aux paspouvaient à toute la nation. Jé- sions grossières que par des raisus-Christ ne cessa de le leur sons, de chair et de sang; cette reprocher, et dit nettement à vertu qui satisfait l'homme et ceux qui pensaient à être ses contente le monde ; cette vertu disciples (et c'est comme s'il nous qui adopte toutes les manières le disait encore à nous) : « Si et les usages du monde ; cette votre justice ne passe celle des vertu qui, dans le courant de la

vie , a aussi peu de rapport à dans l'Église du Dieu vivant, Dieu et à Jésus-Christ, que si fidèles à ce ministère , regardezl'on ne connaissait ni Dieu, ni vous comme ces sentinelles poJésus-Christ (car on ferait la sées par l'Église même pour n'y même chose dans une autre re rien laisser passer contre la docligion); cette vertu, dis-je, ainsitrine de la vertu évangélique. proposée et enseignée , le liber- Élevez votre voix comme une tin ne la rejette point, s'il ne la trompette en Sion, pour réveilpratique pas : la femme livrée ler les pasteurs et mettre tout au monde ne s'en moque pas, et

en garde contre cette religion en fait même sa ressource pour humaine et toute mondaine. le dernier âge; la femme qui Et en effet , peut-on s'élever veut être dévote sans cesser d'è avec assez de force contre une tre mondaine , lui tend les bras; religion , si c'en est une, qui s'éle peuple qui ne creuse point lève hardiment elle-même condans le fond de la religion, l'a- tre la religion, qui la déshonore dopte sans peine ; le sage du dans sa substance, qui la démonde qui s'en trouve flatté, la grade jusqu'à la mettre au rang loue et en fait la principale par- des choses humaines, qui, ne tie de sa sagesse; l'homme, craignant pas de prendre un ton parce qu'elle est de l'homme, de religion, et se couvrant du la préfère à celle qui vient de nom de chrétienne, rend la reDieu; le monde entier l'élève ligion méconnaissable à ses proau-dessus de la vertu évangéli- pres enfans, méprisable aux que, en fait la seule vertu con- étrangers, faible et impuissante venable à des gens du monde et contre ses ennemis; qui, sasupportable dans le commerce

de quelques belde la vie.

les couleurs, et superbe en paVoilà ce qu'on entend au- roles, rend ridicule la religion jourd'hui de toutes les bouches, véritable, quand elle se veut voilà comme cette gangrène ga- montrer sous sa figure naturelle, gne. Eglise du Seigneur! sainte et excite ainsi contre elle ou la Sion, voilà l'ennemi qui vous

risée ou la révolte ? assiége et qui vous serre de près : Ici, vous qui entendez encore voilà l'erreur qui cherche à en plus souvent que nous dans le trer par toutes vos portes. Posez monde cette sagesse du monde des sentinelles de près en près se mettre elle-même à la place tout le long de vos murailles, de la vertu chrétienne, et vouet recommandez-leur de veiller loir attirer à elle tout le respect le jour et la nuit, et recom- qui est dû à la religion, entrez mandez-leur de crier de toutes dans notre juste indignation, et leurs forces au moindre bruit de tous ensemble pour la couvrir cette doctrine perverse.

de la honte qu'elle mérite , qui prêchez et qui enseignez écrions-nous : la belle religion

chant se parer

Et vous

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