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natürlich nicht immer leicht. Denn da das Spanische in früherer Zeit mit dem Portugiesischen vielfachere Berührungspunkte hatte als später, so liegt die Gefahr nahe, manche vielleicht auch altcastilianische Abweichung von dem heutigen Sprachgebrauch auf Rechnung des Portugiesischen zu schreiben .... Bemerkt muss noch werden, dass das uncastilianische Element sich nicht überall im gleichen Masse findet; es giebt Urkunden in denen dasselbe sehr entschieden hervortritt; in anderen deuten nur wenige und leise Züge auf fremden Einfluss hin. Diese Erscheinung beruht auf vielfachen Gründen, unter denen die grössere oder geringere Kenntniss des castilianischen Sprachgebrauchs von Seiten des Schreibers wohl in erste Linie zu stellen sein wird.»

M. Gessner regarde donc le léonais comme un dialecte intermédiaire entre l'espagnol et le portugais; nous aurons l'occasion de revenir sur ce qu'il y a d'inexact dans sa manière de comprendre la nature des rapports qui existent entre le léonais d'un côté, l'espagnol et le portugais de l'autre.

Quant à l'étude même de M. Gessner, elle porte sur la phonétique, la morphologie et le vocabulaire. D'une façon générale les traits principaux du léonais s'y trouvent relevés, bien que, comme il est naturel, les recherches postérieures aient apporté sur plusieurs points des modifications aux résultats où s'arrête l'étude de M. Gessner.

M. MOREL-FATIO consacre une partie de son article bien connu, Recherches sur le texte et les sources du Libro de Alexandre, à compléter et à rectifier l'ouvrage de M. Gessner dont il reconnaît les grands mérites et qui doit, d'après lui, «être considéré comme la base nécessaire de ce qu'on écrira désormais sur ce sujet». Une étude méthodique du léonais doit, à l'avis de M. Morel-Fatio, puiser ses éléments exclusivement dans les textes diplomatiques originaux. A part certaines expressions juridiques calquées sur le latin, on peut considérer la langue des chartes comme reproduisant assez exactement le langage de la conversation. En outre, les chartes ont sur les textes littéraires et législatifs l'avantage d'être presque toujours datées avec exactitude et de refléter la prononciation de l'époque et du lieu

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1 Cf. 1. c. p. 30. 9 Romania IV (1875) pp. 7-90.

auxquels elles appartiennent. Les textes littéraires manquent de date, représentent généralement un mélange de la langue de l'auteur et des copistes successifs et étaient peut-être dès l'origine écrits dans un dialecte littéraire, une langue dans une certaine mesure artificielle et de convention qui n'etait celle d'aucune région spéciale. Même les chartes dont se sert M. Gessner sont pourtant peu satisfaisantes comme base d'une étude linguistique et c'est là le cas de la plupart des documents de ce genre qui ont été publiés jusqu'ici. D'abord la publication n'a pas été faite avec le soin scrupuleux qui seul permet des conclusions certaines sur la forme des mots, les erreurs sont au contraire presque partout nombreuses. Ensuite, on ne sait jamais si on a affaire à des documents reproduits d'après les originaux ou à des copies ou extraits de cartulaires, à des confirmations postérieures, etc. M. Morel-Fatio fait remarquer que, lorsqu'il s'agit d'un dialecte qu'on peut considérer à priori comme intermédiaire entre le castillan et le portugais, «les chances des méprises, des attributions fausses risquent fort, en vertu de cette condition si défectueuse des sources, de dépasser la somme des observations justes». C'est pourquoi M. Morel-Fatio, dans la partie de son article qui est consacrée à la langue, se borne à relever, en suivant et en corrigeant Gessner, «les faits qu'on peut considérer comme constituant les particularités les plus importantes du léonais.

M. Å. W:SON MUNTHE, qui dans son livre, Anteckningar om folkmålet i en trakt af vestra Asturien (Remarques sur le parler populaire d'une région de l'Asturie occidentale) est souvent amené à parler de l'ancien léonais, a publié aussi un article intitulé Vermischte spanische Beiträge et dont la plus grande partie se compose de Einige Bemerkungen su Gessners Abhandlung über das Altlconesische. M. Munthe y examine quelques points obscurs de la phonétique en les regardant dans la lumière du dialecte moderne et ajoute pour certains phénomènes de nouveaux exemples à ceux qu'on trouve chez Gessner et Morel-Fatio.

M. F. HANSSEN parle du léonais dans plusieurs des nom-
1 Dissertation, Upsala 1887.
? Zeitschrift für rom. Phil. XV (1891) pp. 228-232.

breuses études qu'il a consacrées à l'ancien espagnol. Le léonais seul fait l'objet de ses Estudios sobre la conjugación leonesa, 1 où il se sert à peu près des mêmes matériaux que M. Gessner.

M. MENÉNDEZ PIDAL enfin donne dans son ouvrage El dialecto leonés? un tableau sommaire du léonais moderne, important aussi bien à cause des délimitations géographiques que l'auteur y fait que par ses notices abondantes et précises sur la langue actuelle des différentes parties de la région léonaise. Ce tableau, qui ne peut laisser d'être en lui-même du plus grand profit pour celui qui s'occupe du vieux léonais, l'est encore davantage grâce aux comparaisons que l'auteur fait sans cesse avec l'ancien dialecte.

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2. La présente étude se base sur un certain nombre de documents léonais que j'ai copiés aux Archives historiques de Madrid pendant un séjour de quelques mois que j'ai fait dans la capitale espagnole en automne 1904. Parmi les trésors de cette institution, les documents des monastères supprimés occupent une place importante et parmi eux la collection de beaucoup la plus considérable est celle qui provient du célèbre monastère de San Benito de Sahagun. Cette collection comprend 1723 documents, dont le plus ancien remonte à 867, le plus récent à 1816. Comme les documents des autres monastères, ceux de Sahagun sont divisés en trois classes: 1. actes royaux. 2. actes ecclésiastiques. 3. actes privés. La première de ces sections, qui comprend des documents sortis de la chancellerie royale, se compose de donations, de privilèges, etc. accordés au monastère de Sahagun par le roi, la seconde comprend des bulles papales et des pièces de différents genres (nominations, présentations, etc.) émanant généralement d'evêques et d'autorités religieuses de Sahagun ou d'autres communautés spirituelles. La troisième enfin, qui est de beaucoup la plus nombreuse, puisqu'elle se compose à elle seule de 1162 documents, contient toutes sortes de chartes particulières, contrats de vente ou d'échange, lettres de donation, testaments, inventaires, etc.

1 Santiago de Chile 1896. Publié dans les Anales de la Universidad. ? Revista de Archivos, Bibliotecas y Museos 1906.

3 Sur les trésors des Archives historiques voir Discursos leídos ante la Real Academia de Historia en la recepción pública del señor D. Vicente Vignau y Ballester, Madrid 1898 et L. Barrau-Dihigo, Notes sur l'Archivo histórico nacional de Madrid, Paris 1900.

Lorsqu'il s'agit d'une étude linguistique, c'est surtout dans cette dernière section qu'il faut chercher les matériaux. Les chartes royales sont jusqu'à l'époque d'Alphonse le Savant écrites en latin et n'ont même après cette époque nul intérêt au point de vue dialectologique. Quant aux documents ecclésiastiques, ils commencent à la même époque à être rédigés en espagnol, mais celles de ces chartes qui appartiennent à l'époque que nous étudions ne sont pas nombreuses et la couleur léonaise de leur langue est en général très faible. Nous en avons pourtant reproduit quelques-unes.' Dans les chartes privées, au contraire, le latin cède de bonne heure la place à la langue populaire. Les chartes du XIIe siècle offrent un mélange de latin et de passages espagnols ou presque espagnols. On trouve même dès la fin du siècle des chartes entièrement romanes, telle la première de notre collection, qui date de 1171. Les quatre autres chartes du XII° s., ainsi que les deux premières du XIIIe que nous avons reproduites offrent cette langue mêlée dont nons venons de parler, mais l'élément espagnol y est assez important pour que nous ayons cru devoir les faire entrer dans notre collection. Pendant les quatre premières dizaines du XIII siècle, les chartes latines sont beaucoup plus fréquentes que les espagnoles, mais celles-ci sont pourtant relativement nombreuses. A partir de 1240, les chartes latines se font très rares.

Jusqu'au milieu du siècle, nous avons reproduit toutes les chartes espagnoles. Après cette époque nous avons choisi celles où la couleur dialectale est encore bien prononcée, mais nous en avons exclu un certain nombre qui ne nous ont pas paru offrir beaucoup d'intérêt au point de vue linguistique. Nous en avons pourtant enregistré (p. 122) certaines formes qui confirment les résultats de nos recherches sur les chartes reproduites. Si nous avons restreint nos recherches au XIIIe siècle, c'est que les documents de Sahagun n'offrent après cette époque que très peu de différences du castillan. On verra que déjà les chartes qui

1 N:os XLV, LIII, LV, LXVII, LXXI et, d'autres monastères, XC et IC. E. Staaff.

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appartiennent à la fin du XIIIe siècle ont subi une influence très forte de la part du castillan et c'est là en effet une chose naturelle. Sahagun appartient à la région orientale du domaine léonais, et le dialecte qu'on y parlait s'approche dès les plus anciens monuments beaucoup plus du castillan que celui des documents appartenant à la région centrale ou occidentale de Léon. Même des chartes du commencement du XIIIe siècle sont souvent écrites dans une langue qui montre peu les traits caractéristiques du léonais. Nous les avons pourtant fait entrer dans nos matériaux en partie comme preuves de cette ancienne influence, en partie parce qu'elles contiennent des formes qui, sans être léonaises, ne manquent pas d'un certain intérêt au point de vue de la langue.

Nous avons cru utile d'ajouter à notre collection de documents de Sahagun un petit nombre de chartes provenant d'autres monastères léonais appartenant en partie à la région centrale, en partie à la région occidentale du domaine. Ces chartes offrent en elles-mêmes un grand intérêt, et elles nous serviront

outre de termes de comparaison pour faire comprendre la nature pour ainsi dire intermédiaire du dialecte de Sahagun. Cette façon de procéder nous a paru d'autant plus légitime que quelques-unes des chartes de Sahagun proviennent d'endroits situés dans lesdites régions. N'ayant pas voulu les exclure de nos recherches, nous avons cru bien faire d'augmenter les matériaux qu'elles offrent en y ajoutant quelques autres documents montrant à peu près les mêmes caractères dialectaux. Quelques-unes des collections d'où nous avons tiré ces documents mériteraient d'être étudiées à fond, et nous espérons pouvoir un jour compléter notre étude sur les documents de Sahagun par une étude sur les documents de certains de ces autres monastères.

Il va sans dire que tous les documents que nous reproduisons sont des originaux. Sous ce rapport nos matériaux satisferont aux exigences formulées par M. Morel-Fatio et que nous avons citées plus haut.

A quelques exeptions près, nos documents n'ont pas à notre connaissance été publiés jusqu'ici. Ces exceptions sont les No XVII, XXV et XLII de Sahagun et tous les documents provenant du monastère de San Pedro de Eslonza. Le doc. XVII a été reproduit par M. Fernández Guerra, Fuero de Arvilés p. 68, les deux autres

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