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Vs. 590:

Plus a paroles an plain pot
De vin, qu'an un mui de cervoise.

L'en dit que chaz saous s'anvoise.
Le conte del Graal, prologue:

Qui petit seme, petit quialt.
Le Roman de la Charrette, vs. 6955:

Li vilains dit bien chose estable
Que trop à tart ferme-an l'estable

Quant li chevax an est menez. Les serments et invocations de tout genre ne sont non moins habituels à Crestien. P. e.

Par foi! Chev. au lyon, vs. 1267, 1434, 1704, 1869, 3578, 5012, 5037, 5160, 5544, 6013, 6245; Rom. de la Charr., vs. 14, 637, 689, 777, 816, 1419, 2443, 4384, 5334, 5476, 9515, 6553.

Par ma foi! Erec, vs. 6019; Chev. au lyon, vs. 5905, 6702; Rom. de la Charr., vs. 1422, 1923. Chev. au lyon, vs. 660 :

Et fist trois sairemenz antiers

L'ame Uterpandragon son père.
Vs. 128. Mès foi que vos devez le roi.

Vs. 2530. Foi que je doi Deu et toz sainz.
Roman de la Charrette,

Vs. 1764. Foi que doi Saint Pere l'apostre.
Vs. 2006. Foi que doi Deu et sa vertu.

Vs. 3452. Jà par la foi que doi Saint-Père. Chev. au lyon, vs. 333: par St. Pere de Rome; vs. 4460, 4984, 6784: par St. Esperite ; vs. 3647: par la Ste. Paternostre; Rom. de la Charr., vs. 605: par St. Johan; vs. 6524: par St. Cervestre; vs. 6590: Si m'aïst Sainz Poz li apostres; vs. 6752: Si m'aïst Dez et Sainte Foiz.

Par Dé, por Deu! Chev. au lyon, vs. 1910, 4909, 6391; Rom. de la Charr., vs. 572, 898, 1690, 2445, 2821, 4072, 4494, 4497, 5014, 5439.

De la part Dé, Chev. au lyon, vs. 4394.

Se Dex me saut, Erec, vs. 5887; Rom. de la Charr., vs. 3369, 3863, 4940, 6256.

Se Diex m’ament, Rom. de la Charr., vs. 900. Se Dex me gart, Erec, vs. 4043.

Se Dex m'aïst, Rom. de la Charr., vs. 622, 3127, 3848, 4203, 4334, 4836, 4954, 6188.

Se Dex me doint santé, Chev. au lyon, vs. 3652.

Par mon chief, Chev. au lyon, vs. 579, 6337; Rom. de la Charr., vs. 499, 4785.

Je retrouve aussi chez Crestien l'apostrophe redoublée, p. e. Erec, vs. 2879, 5859, vassax, vassax; Rom. de la Charr., vs. 2342, dame, dame; vs. 4889, sire, sire.

L'expression font se il se rencontre dans le Rom. de la Charr., vs. 5144, et fet se cil, vs. 6613.

Les libertés d'orthographe que se permet Pierre, Crestien s'en est abstenu: je n'ai remarqué que celot = celoit 1) dans le Rom. de la Charr., vs. 6832. Cependant lui aussi emploie des rimes défectueuses, p. e. Erec, vs. 891, repos: cops; vs. 999, sache: outrage; vs. 1017, plot: bos; vs. 1411, destrier: lier ; vs. 1439, féissent: alessent; vs. 3495, croistre: chevestre; vs. 5173, poinne: quinzeinne; vs. 5649, ostex: remes; vs. 5929, cols: os.

Chev. au lyon, vs. 377, moult: bout (cf. vs. 1635 4817, 5223); vs. 2203, banc: vant; vs. 2995,

1) James = jambes se lit Chev. au lyon, vs. 5513, en dehors de la rime.

artuel: soleil; vs. 4347, conuisse: angoisse; vs. 5193, codes: derotes; vs. 5479, eschaper: aurez.

Rom. de la Charr., vs. 677, daigniez: anseignier; vs. 3913, feste: angresse; vs. 4253, genz: dolant; vs. 5331, clués : lués.

Il ne fait jamais rimer ai avec oi, cependant il en approche dans ces rimes: Erec, vs. 735, proier: delaier; vs. 4049, envoiez: aiez; vs. 5177, baignier: ensoignier. Chev. au lyon, vs. 997, soiez: esmaiez; vs. 6239, anploier: paier.

La rime riche par excellence se rencontre assez souvent, et les enjambements sont peut-être encore plus fréquents.

On ne niera pas que toutes les particularités communes aux deux poëtes doivent faire naître la pensée que l'un des deux a pris l'autre pour modèle. Mais lequel des deux est celui qui a inspiré l'autre ? Voilà qui est assez difficile à reconnaître; cependant je crois qu'ici on ne se trompera pas. Si en général il est vrai que le copiste exagère les traits caractéristiques du maître, il n'est pas douteux que Pierre de SaintCloud est venu après Crestien de Troyes , qui d'ailleurs ne fait jamais allusion au Roman de Renart, tandis que Pierre nomme au moins une fois le roi Artus. Br. 21, vs. 12158:

Mès foi que doi Artu le roi ! Or il me semble que si Crestien eût imité Pierre de Saint-Cloud, il n'aurait pas dit dans l'Erec, vs. 4411:

N'auriez vos force vers nous

Ne c’uns aigneaux contre deus lous, sans introduire ici le nom d'Ysengrin; et il y a lieu

de supposer que le nom de Couart aurait trouvé sa place là où le trouvère dit, dans son Roman de la Charrette, vs. 1100:

Ne doi mie avoir cuer de lievre, d'autant plus qu'il emploie le mot cohart dans le sens de poltron, Erec vs. 2936, 5677; Chev. au lyon, vs. 1596.

Le nom de Belin se rencontre dans l'Erec, vs. 1987, mais c'est un nain qui le porte, non le bèlier; et » le fier Morhot” dont il est question vs. 1240, est un chevalier du roman de Tristan, mais non le mâtin de la trentième branche du Renart.

Si nos conclusions sont justes, cela placerait les @uvres de Pierre de Saint-Cloud après 1190. Voyons si d'autres indices viennent à l'appui de cette supposition.

M. Rothe avait déjà fait la remarque qu'» on ne saurait disconvenir qu'il n'y ait çà et là, dans les poëmes sur le renard , des allusions plus ou moins claires, plus ou moins directes à des personnages et à des événements historiques” Nous allons les examiner

Saint Thomas le martyr, qui fut évêque de Cantorbéry, fut assassiné le 29 Decembre 1170: si Pierre fait allusion à ce tragique événement, ses œuvres ne peuvent guère remonter plus haut.

Dans la onzième branche, vs. 5452, le trouvère fait jurer Chantecler

Par la foi que doi Saint Thomas 2); mais cela pourrait à la rigueur s'entendre de Saint Thomas l'apôtre.

1) Les Romans du Renard examinés, etc., p. 22.

2) Dans la 27€ branche, vs. 20034, Renart jure aussi „par Saint Thomas !”

Dans la 29e branche, vs. 23800, nous lisons :

Aveine! sire, dit Belin,
Par Seint Tomas le bon martir!
J'en vodroie mon ventre enplir :

S'il vos plest, enseigniez-la moi.” Des quatre manuscrits qui contiennent cette branche, trois donnent cette leçon : le quatrième lit:1)

„Avainne! sire, dist Belin,
Foy que vous devés Sainct Martin !

S'il vous plaist enseigniés-la-moy." De même dans la 21e branche, le soi-disant jongleur breton dit, vs. 12195 :

„Foi que devez le Seint Martir

Et [C'est ?] Seint Tomas de Chantarbir !” Sur sept manuscrits cinq contiennent une autre leçon :)

Par la foi que doi Sainct Martin ,

Ne Sainct Fraubert, ne Sainct Quentin ! Les textes les moins remaniés ne contiennent pas le nom du martyr, il n'est donc pas sûr que ce soit lui que l'auteur invoque dans la 11° branche.

Mais je crois avoir remarqué plusieurs allusions au règne de Philippe-Auguste.

S'il est vrai que notre poëte a été chassé de sa cure par le roi, il est assez naturel que son ressentiment se fasse jour dans ses œuvres. Et effectivement, dans le grand poëme de Pierre, le roi et surtout ses conseillers, sont dépeints d'une manière peu flatteuse.

Dès la onzième branche le roi est représenté comme hautain, irascible, avide; et l'on ne niera pas que ce portrait ressemble à Philippe-Auguste. Si, dans la trentième branche et ailleurs, Noble est trompé par sa femme; si dans la vingtième il semble faire l'aveu

1) Supplément, p. 309. 2) Supplément, p. 155.

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