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raison pour

opération, qu'auparavant. Un doute qui n'est point appuyé sur des faits, n'est donc point un motif

pour rejerter l'inoculation. Ce doute à la vérité ne pourra être entiérement détruit, que quand on se sera assuré par l'observation de plusieurs années, que l'inoculation augmente la vie moyenne des citoyens. Mais cette augmentation étant au moins déja très-probable, c'est une

la constater rigoureusement par l'expérience. Or cela ne se pourra faire qu'en pratiquant l'inoculation; en dressant des tables éxactes de ceux qui se feront inoculer à chaque âge , du petit nombre de ceux qui en mourront, & du nombre de ceux qui meurens à chaque âge de la petite Vérole naturelle.

Concluons de tout ce qui a été dit dans ce Mémoire, que si les avantages de l'inoculation ne sont

pas de nature à être apprétiés mathématiquement, il est néanmoins vraisemblable que ces avantages sont réels pour ceux qui la subiront avec les précautions convenables; qu'il faut donc bien se garder d'en arrêter ou d'en retarder les progrès ; & que c'est le seul moyen d'acquérir sur cette matiere importante toutes les lumieres que l'on peut desirer, pour mettre désormais l'inoculation à Pabri de toute atteinte. Mes objections n'attaquent que les Mathématiciens qui pourroient trop se presser de: réduire cette matière en équations & en formules; mais je me regarderois comme coupable envers la Société, fi j'avois eâ pour but de dissuader mes concitoyens d'une pratique que je crois utile.

Il y auroit encore beaucoup d'autres réfléxions (W) à faire sur un sujet si important; mais il est tems de finir cet Ecrit, dans lequel je ne crois pas que les Partisans ni les Adversaires de l'inoculation m'accusent d'avoir marqué la plus légére partialité ; ses Adversaires , puisque j'ai tâché de prouver que les calculs qu'on leur a opposés jusqu'à présent , n'étoient peut-être pas suffisans pour les convaincre ; ses Partisans , puisqu'en partant d'un fait avancé par eux ,

& qui ne paroît pas leur avoir été contesté, j'en conclus que l'inoculation mérite d'être encouragée.

(N) Voyez les Remarques à la fin de ce Mémoire.

Fin du onzième Mémoire.

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des ens

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Ν Ο Τ Ε S

Sur le Mémoire précédent. CE Mémoire ayant été fait pour être lů dans une Assemblée publique de l'Académie des Sciences, j'ai été obligé de le renfermer dans certaines bornes, & d'en supprimer les détails de calcul. Les Notes suivantes, qui sont très-étendues, suppléront à ce que je n'ai pû dire dans cet Ecrit.

(A) Suivant les Liftes mortuaires, publiées en Ans gleterre , il meurt de la petite Vérole fans qui naissent; à quatre ans il ne reste plus que la moitié de ces enfans , dont l'autre moitié a péri presque toute entiere par des maladies de l'enfance, différentes de la petite Vérole. Ainsi c'est à-peu-près la septiéme partie du genre humain, que la petite Vérole emporte depuis l'âge de quatre ans, jusqu'à la fin de la vie. Voyez le Mémoire de M. de la Condamine.

Au reste, cette proportion qui paroît avoir été adoptée en Angleterre pour la Ville de Londres , n'est

pas même pour toutes les autres Villes. M. Daniel Bernoulli dit qu'à Bâle, dans des Epidémies assez malignes de la petite Vérole , il n'en meurt pas un malade sur 20; ce qui seroit considérablement au-dessous de ce qu'il en

la

meurt à Paris dans des cas semblables. M. Bernoulli estime qu'à Bâle le nombre de ceux qui meurent de la petite Vérole , est tout au plus la douziéme partie de ceux qui en sont attaqués , & tout au plus la vingtiéme partie de ceux qui meurent; ce qui seroit fort au-dessous du rapport į que nous venons de supposer.

En général , il paroît que la mortalité de la petite Vérole doit être considérablement plus forte dans les grang des Villes, que dans les petites ; & dans les Villes, que dans les Campagnes. Et si l'inoculation faisoit périr partout à-peu-près une victime sur 300, elle seroit moins avantageuse, à proportion que la petite Vérole naturelle seroit moins dangereuse. Par exemple, à Bâle, l'avantage (en suivant les calculs des Inoculateurs ) ne seroit plus

rapport

de
300

à 20, ou de 15 à 1, beaucoup

moindre par conséquent qu'à Paris. Cependant il eft vraisemblable , que moins la petite Vérole sera dangereuse dans un pays, moins l’inoculation le fera de fon côté. Il n'y a que des observations & des tables éxactes qui puissent fixer pleinement nos idées sur ce sujet; mais ces observations & ces tables nous manquent

que dans le

encore.

(B) Les Listes de ceux qui sont morts de l'inoculation varient beaucoup entr'elles. Suiỹant quelques-unes il est mort un inoculé sur soixante; suivant d'autres , il n'en est pas mort un sur douze cens. C'est en prenant un milieu entre toutes les Listes, qu'on a fixé le nombre des morts de l'inoculation , à environ 1 sur 300; mais il faut

ayouer

eft trop

ávouer que cette estimation est très-imparfaite , & cela pour deux raisons. 1°. Elle a été faite indifféremment sur toutes les Listes de ceux qui sont morts de l'inoculation, tant après avoir été inoculés au hazard & sans préparation , qu'après avoir été inoculés avec les précautions convenables. Cette maniere d'évaluer les avantages de l’inoculation est peu éxa&te. Car si on prend les inoculés au hazard, il en meurt bien plus de un sur 300; & au contraire si on les inocule avec précaution, le nombre des vi&times paroît -être beaucoup moindre. Donc dans le premier cas, la supposition d'une vi&time sur 300

favorable à l'inoculation ; & dans le second elle lui eft contraire. Or ce second cas est celui que tout Partisan de l’inoculation, & même que tout Philosophe raisonnable doit naturellement supposer. Car personne ne conseillera l'inoculation à un sujet mal sain , sur-tout s'il n'y est pas préparé. Nous faisons d'avance cette derniere remarque , qui nous servira dans la suite de ce Mémoire à établir les avantages de l'inoculation, & sur laquelle il paroît que les Partisans de cette pratique n'ont pas appuyé, ou ont appuyé trop légérement; en quoi ils ont abandonné, ce me semble, leur véritable avantage; & ce qu'il y a de plus décisif en leur faveur dans cette question.

2o. Une autre raison pour laquelle le rapport de i à 300 eft

peu éxact, c'est que ce rapport est supposé le même pour quelque âge que ce soit. Nous ne pouvons à la vérité faire une autre supposition, faute d'obserOpufc. Math. Tome II.

G

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