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plus grand que le risque d'oo de l’inoculation , fagement administrée. Mais le calcul que nous avons fait , porte sur des suppositions moins gratuites, & n'eft guères moins favorable à l’inoculation.

3. Il est vrai qu'on y a supposé, faute d'observations fuffisantes, que le risque ; dos de la petite Vérole natus relle , est le même pour tous les âges; or il est peut-être plus grand pour quelques-uns. Mais aussi il faut remarquer; 1o. que dans ce cas il seroit plus petit pour d'autres âges ; 2°. que le risque total ;ooo pour tous les âges pris indifféremment, est certainement fort au-dessous de la vérité, comme on l'a prouvé art. 1. de cette Note.

(M) 1. Quelques Partisans de l'inoculation ont fait en fa faveur le raisonnement suivant. Il meurt en un inois à-peu-près une personne sur trois cens'; donc en supposant le risque de l'inoculation de 1 sur 300, ce risque n'est pas plus grand que celui de mourir dans le même tems de toute autre maladie accidentelle, & qu'on ne peut ni prévoir, ni prévenir. Ce raisonnement ne me paroît pas concluant. Car il faudroit, pour qu'il fût juste, que de trois cens personnes inoculées au hazard , il n'en mourût qu'une , comme de trois cers personnes prises au hazard, il n'en meurt qu'une en un mois par les autres maladies. Or le nombre des victimes de l'inoculation paroît être beaucoup plus grand que de 1 sur 300, quand on inocule sans précaution, comme les Liftes mora tuaires le prouvent. Au contraire de 300 personnes faines & bien choisies, il n'en meurt aucune par l'inocu. fation : & il y a lieu de croire qu'il n'en mourroit non plus aucune en un mois , si on les abandonnoit à la nature. Ainsi, quoique le raisonnement dont il s'agit, ne foit pas concluant en faveur de l'inoculation, il ne fauroit du moins être rétorqué contr'elle.

lation:

2. Un autre raisonnement qu'on a fait en faveur de l'inoculation, ne me paroît pas non plus assez concluant. Il consiste à prouver que celui qui attend la petite Vérole, risque à-peu-près autant d'en mourir , que celui qui l'a déja. Je ne dispute point contre les calculs qu’on a faits là-dessus; mais on a oublié d'avoir égard à cette différence essentielle entre les deux cas, que celui qui a déja la petite Vérole, court risque d'en inourir dans très-peu de jours, & que l'autre ne risque peut-être d’en mourir qu'au bout d'un grand nombre d'années. Or cette différence de tems doit en mettre une prodigieuse dans l'estimation des deux risques, & dans le parallèle qu'on en fait. C'est à quoi, je le répete, les Partisans de l'inoculation n'ont point eu assez d'égard. Je me flatte qu'on en conviendra , si on fait attention à toutes les réflexions que nous avons exposées sur ce sujet, dans notre Mémoire, & dans les Notes précédentes. - 3. Indépendamment de cette considération , je pourrois contester encore la supposition qu'on fait, que celui qui attend la petite Vérole, à quelque âge que ce soit, risque presqu'autant d'en mourir, que celui qui a cette maladie ; parce que le risque d'avoir la petite Vérole, diminue à mesure qu'on avance en âge. Quand il seroit Opusc. Math. Tome II.

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vrai , comme on le prétend, que de 100 enfans qui naissent, quatre seulement seront éxempts de la petite Vérole, & que par conséquent la probabilité qu'on doit l'avoir , est de 24 sur 25 lorsqu'on vient au monde ; cette probabilité diminue vraisemblablement à mesure qu'on vieillit , & à l'âge de 40, 50 ans &c. & par-delà, elle n'est peut-être plus que de 1 sur 25. C'est sur quoi les observations seules peuvent nous instruire parfaitement. Mais ce que nous venons de dire, fuffit pour montrer que le raisonnement précédent est appuyé sur une supposition hazardée, & que d'ailleurs ce raisonnement n'est pas concluant, même pour ceux qui admettroient la suppofition.

(N) 1. Il y a d'autres considérations curieuses à faire fur linoculation , & en général sur la vie des hommes ; considérations qui rendent encore plus difficile l'application du calcul des probabilités à l'inoculation

La premiere est celle-ci : que dans les premieres années de l'enfance, & dans les dernieres années de la vieillesse, les hommes sont fujets à beaucoup de maux & de maladies; qu’ainsi on peut regarder la vie pendant cet espace de tems, comme étant réellement accourcie , puifqu’une partie de cette vie est à charge. C'est pourquoi on peut regarder, par exemple, le tems physique de la vie A S (fig s ) qui suit la naissance jusquà un certain âge , comme étant réellement réduit à un certain tems plus petit TS, égal au tems pendant lequel on n'a point fouffert ; & en général A L étant un tems phy.

fique quelconque donné de la vie, on ne devra censer çe tems égal qu'au tems B L, pendant lequel on a joui de la vie sans souffrir , & qu'on peut appeller le tems de la vie réelle. Par ce moyen on tracera une courbe

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que le tems R X qu'on peut espérer de vivre sans l’inda culation. Mais il restera toujours sur le calcul précis des avantages de l'inoculation, des difficultés femblables à celles qu'on a exposées dans ce Mémoire & dans les Notes ci-dessus.

4. J'ai supposé dans, l'art. précédent , que les inoculés étoient précisément dans le même cas que les autres hommes; c'est-à-dire , que les tems R X de la vie réelle , répondans aux tems A R de la vie physique , sont les mêmes pour les inoculés, & pour ceux qui ne le sont pas. Cette supposition n'a rien qu'on puisse contester jusqu'ici par les observations ; il y a même lieu de croire que les tems R X sont un peu plus longs pour les inoculés

que pour les autres; car ces inoculés une fois guéris, font délivrés d'une maladie , savoir de la petite Vérole; & cette maladie, même quand on n'en mourroit pas, el un mal qui doit être censé diminuer au moins de quelque chofe , le tems de la vie réelle. Au reste la différence entre les deux états, est si petite à cet égard, qu'on ne doit ni ne peut en tenir aucun compte.

s. Je ne crains pas qu'on objecte que l'inoculation peut laisser dans le sang le germe d'autres maladies.; même non mortelles, qui rendroient à cet égard le sort des inoculés moins favorable par rapport au tems R X de la vie réelle. Car outre que l'expérience ne prouve point cette prétention , je pourrois dire aussi

que

l'inoculation raffermit le tempérament, & préserve de diverses maladies; ainsi à cet égard le sort des inoculés seroit favor

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