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DE F.-1. FOURNIER, LIBRAIRE, RUE POUPÉE, N°.7.

M. DCCC. XVII.

Cod

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DISCOURS

POUR LE POËTE ARCHIAS,

TRADUCTION DE M. BINET,

REVUE PAR N. E. LEMAIRE,

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Aulus Licinius Archias, poëte grec, de la ville d'Antioche,

était venu fort jeune à Rome, où il avait acquis l'estime et la considération des premières familles de Rome par l'éclat de ses talens et l'honnêteté de son caractère. Ayant obtenu le droit de cité à Héraclée, ville municipale , par le crédit de Lucullus , il ajouta à son nom d'Archias celui de Licinius, nom de famille des Lucullus. Une loi des tribuns Silvanus et Carbon, qui parut dans ce même temps, le rendit citoyen romain par sa qualité de citoyen d'Héraclée, moyennant quelques formalités que prescrivait la loi, et qu'il eut soin de remplir. Bien des années après, sous le consulat de Marcus Pupius et de Marcus Valérius, un certain Gratius (d'autres le noinment Gracchus) attaqua le poëte Archias comme se disant faussement citoyen romain. Cicéron, qui l'avait eu pour maître dans sa jeunesse, entreprit de le

défendre. Après un exorde où il expose les motifs qui l'engagent à

prendre la défense d'Archias, et où il prie les juges de lui pardonner le ton de son plaidoyer qui sera peu conforme au langage du barreau, il établit, en peu de mots, le droit d'Archias au titre de citoyen romain , et réfute quelques objections de l'accusateur. Tout le reste du discours roule sur le charme et sur les avantages des lettres, sur l'excellence de la poésie, sur les talens d’Archias, sur l'usage qu'il en a fait pour la gloire du peuple romain en général, et pour celle de Cicéron en particulier. La douceur et les

grâces, la grandeur et la force règnent alternativement dans ce discours. L'orateur y revient quelquefois à sa cause avec beaucoup d'adresse : il y montre son goût décidé pour les lettres, et ses sentimens nobles et généreux. Il y fait sur la poésie des réflexions qui pourront paraître usées, mais qui probablement étaient plus neuves dans le temps où il

parlait. Cette cause a dû être plaidée l'an de Rome 692, de Cicé

ron, 47.

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