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DU L | BR A | R E

ET DE

L'AMATEUR DE LIVRES,

CONTENANT :

1° UN NOUVEAU DICTIONNAIRE BIBLIOGRAPHIQUE,
CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉ,
Bans lequel sont indiqués les Livres les plus précieux et les Ouvrages les plus utiles, tant anciens que modernes,
avec des notes sur les différentes éditions qui ont été faites, et des renseignemens nécessaires pour recon-
naitre les contrefaçons, et collationner les Livres anciens et les principaux Ouvrages à estampes; on y a joint
la concordance des prix auxquels les éditions les plus rares ont été portées dans les ventes publiques faites

depuis cinquante ans, et l'évaluation approximative des Livres anciens qui se rencontrent dans le commerce
de la Librairie ;

2° UNE TABLE EN FORME DE CATALOGUE RAISONNÉ,

0ù sont classés méthodiquement tous les Ouvrages indiqués dans le Dictionnaire, et un grand nombre d'autres
Ouvrages utiles, mais d'un prix ordinaire, qui n'ont pas dû être placés au rang des Livres précieux.

, PAR J.-CH. BRUNET.

QUATRIÈME ÉDITIoN ,
DANS LAQUELLE LES NOUVELLES RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES ,

PUBLIÉEs PAR L'AUTEUR EN 1834, PoUR Y sERVIR DE sUPPL ÉMENT, soNT REFoNDUEs ET MIsEs A LEUR PLACE,
LEs DoUBLEs EMPLoIs DEs TITREs ET UN GRAND NoMBRE DE RENvois INUTILEs sUPPRIMÉs.

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plus oncienne éditi édition Tour lV. connue, avee une date,

RAB

du premier livre de Rabelais. Ebert la décrit sous le n° 18512 de son Diction. bibliogr., d'après l'exemplaire de la bibliothèque royale de Dresde; mais cet exemplaire n'ayant point de frontispice, le titre que donne le bibliographe allemand est tiré de la souscription placée à la fin du livre. Au reste, ce petit volume, qui n'a que 24 f., ne saurait être, à beaucoup près, aussi complet que l'édition de 1535, qui en a 102. Il est, néanmoins, fort précieux à cause de sa grande rareté. —La vieinestimable du grand Gargantua, pere de Pantagruel, iadis compousee par l'abstracteurde quite essece; liure plein de Pantagruelisme. Lyon, Francoys Juste, 1535, in-16, format allongé, de 102 f. non chiffrés, signat. A-N v. caract. goth. Édition du premier livre, contenant 56 chapitres. Le Duchat s'en est servi utilement pour établir le texte de l'auteur. Elle n'est d'ailleurs guère moins rare que la précédente. Vendu avec le second livre, de 1533, et la Prognostication de 1535 , 99 fr. salle Silvestre en octobre 1825. — La vie inestimable du grand Gargantua, pere de Patagruel, iadis coposee par l'abstracteur de quinte essence. liure plein de pantagruelisme. M. D. xxxvII, on les vend a Lyon ches francoys Juste, deuant nostre dame de Confort. In-16 goth. de 119 f. chiffrés. Contenant également 56 chap. et le prologue. Le titre est en lettres rondes, quoique le texte soit en lettres goth. — Pantagruel. Les horribles et espouventables faictz et prouesses du tres renomme Pantagruel roy des Dipso1

des, filz du grat geant Gargantua, composez nouuellement par maistre Alcofrybas Nasier (sans lieu ni date), pet. in-8 de 103 f. non chiffrés, y compris la table des chapitres, caractères gothiques assez gros. Vendu 34 fr. Laire ; l liv. sterl. Hibbert. Édition divisée en 23 chapitres seulement au lieu de 33 ou 34, parce qu'une partie de ces chapitres en réunissent deux des autres éditions. Il est à remarquer que la fin du 23° chapitre, qui est le 33° dans l'édit. de 1542, sans nom de ville, et le 34° dans les éditions modernes, est beaucoup plus court et se termine autrement que dans ces mêmes éditions. Une autre chose à observer, c'est que la seconde phrase du 1" chapitre de celle-ci se lit ainsi : « Car je vois que tous bons historiographes ainsi ont traicté leurs chronicques, non seulement des Grecs, des Arabes et des Ethniques, mais aussi les aucteurs de la saincte escripture, comme monseigneur saint Luc, mesmement, et sainct Mathieu. » Tandis que l'édit. de Dolet présente une leçon toute différente, où ne figurent plus les noms des deux évangélistes, et qui a été suivie dans presque toutes les autres éditions antérieures à celles de Le Duchat. Ce commentateur parait croire que celle qui nous occupe doit être de l'an 1529, au plus tard ; et pour assigner une date aussi

ancienne à ce livre, le critique se fonde sur,

un passage de l'épitre aux lecteurs, du Champ fleury (ouvrage de Geoffroy Tory impr. à Paris en 1529, pet. in-fol.), passage dans lequel, selon lui, Tory, en parlant de ceux qu'il nomme Escumeurs de latin, parait se moquer de l'Escolier limousin introduit par Rabelais dans le 6° chapitre de son second livre. Quoique cette épttre aux lecteurs ne fasse nullement mention de l'écolier limousin, il est certain que le jargon mis dans la bouche de l'escumeur de latin est presque, mot pour mot, la même chose que la réponse faite par l'écolier à Pantagruel, quand ce dernier lui demande : « a quoy passez vous le temps, vous aultres messieurs estudians on dict Paris. » Mais suit-il de là que Tory ait nécessairement emprunté au Pantagruel ce singulier jargon ?Nullement, et on peut même supposer le contraire ; car il est tout naturel de croire que Tory s'élevant avec force dans l'épitre citée contre les corrupteurs de la langue francaise, au premier rang desquels il met les escumeurs de latin, aura imaginé un exemple de leur baragouin, comme il l'a fait plus bas à l'occasion des forgeurs de mots dont il dit : « Pensez qu'ils ont une grande grace quant ilz disent après boyre, quiz ont le cerueau tout encornimatibule, et embu relicoque dung tas de mirlifiques et triquedondaines, dung tas gringuemauldes, et guylleroches qui les fratouillent incessamment. » Ce dernier passage, certes, est bien dans le genre de Rabelais, et néanmoins Le Duchat n'en conteste pas l'invention à notre Tory, qui, faisons le remarquer en

passant, a toujours eu grand soin de citer dans son livre lès auteurs dont il empruntait des morceaux, tandis qu'au contraire le joyeux maitre François ne s'est fait nul scrupule de butiner chez les anciens et même chez ses contemporains, sans jamais rapporter leur nom. Une chose certaine, c'est que Rabelais et Tory ont voulu, l'un et l'autre, tourner en ridicule un jargon qui était en vogue de leur temps ; mais il ne faudrait rien moins que la découverte d'une édition du Pantagruel datée de 1528 ou de 1529, pour décider la question de priorité en faveur du premier. En attendant que cette édition se trouve, nous sommes disposés à en admettre une antérieure à 1533; car la Pantagrueline prognostication pour ladite année doit faire supposer l'existence du Pantagruel dès la fin de l'année 1532; et rien ne s'oppose , ainsi, à ce que nous donnions cette date à l'édition décrite à la tête de la présente note. Nous nous sommes arrêtés à ces dates parce qu'elles ont été beaucoup trop négligées par les divers commentateurs qui ont cherché à dévoiler les allégories sous lesquelles on suppose, peut-être bien gratuitement, que † a couvert la partie historique de son roman, et que de là sont venues toutes les interprétations absurdes qu'on peut leur reprocher. Consultez d'ailleurs Le Duchat sur Rabelais, édition in-4, tom. I, pag. 259, note l6.

- Pantagruel. Jesus Maria. Les horribles et espouuentables faictz et prouesses du tres renome Pantagruel, Roy des Dipsodes, Filz du grat Gargantua. Copose nouuellement par maistre Alcofrybas Nasier. Augmete c corrige fraichement, par maistre Jehan Lunel. Lyon, Fr. Juste, 1533, in-8 (ou in-16) goth., format allongé, de 95 feuillets chiffrés et 7 f. non chiffrés.

Édit. d'une grande rareté et qu'Ebert, n° 18513, donne comme la première de ce second livre, quoique les mots corrigé fraichement semblent prouver le contraire. Dans le catalogue du comte d'Hoym , n° 2569, où cette même édition n'est portée qu'à 7 liv. 1 sol , au lieu de Jehan Lunel, on lit Jehan Luriel, docteur en theologie.

Il est à regretter que ni Le Duchat, ni les deux nouveaux éditeurs de Rabelais n'aient pu se procurer les édit. de 1533 des deux premiers livres de ce roman ; elles leur auraient peutétre fourni quelques bonnes variantes.

-Pantagruel. Les horribles et espouentables faitz du grant geant Gargantua : coposes nouuellement p maistre Alcofribas Nasier. M. D. xxx. III. Pet. in-8 goth. de 84 f., titre rouge et noir dans une bordure.

Il est très probable que cette édition rarissime est antérieure a celle que nous venons de

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