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Lucius Sergius CATILINA était d'une des plus anciennes fa

milles patriciennes : il avait une assez haute naissance et d'assez grandes qualités pour prétendre aux premières charges de la république; mais un naturel malfaisant et pervers ne lui faisait trouver de plaisir que dans le crime et l'infamie. Je ne ferai

pas ici son portrait, qui a été tracé de main de maître, et par Salluste dans son Histoire de la conjuration de Catilina , et par Cicéron , soit dans ses discours contre ce même homme, soit dans quelques autres encore: il fut nommé préteur, et après sa préture il alla gouverner l'Afrique, qu'il pilla et vexa cruellement. Cela ne l'empêcha point de revenir à Rome la tête levée pour demander le consulat; mais il fut accusé de concussion, ce qui l'exclut du nombre des compétiteurs. Publius Sylla et Publius Autronius, désignés consuls, furent accusés de brigue, dépouillés de leur charge, et remplacés par Cotta et Torquatus. Avant que ceux-ci entrassent dans l'exercice de leur magistrature , Catilina forma une première conjuration qui fut découverte et ne fut pas punie. Quoique chargé de la haine publique, pour avoir tramé l'horrible projet d'égorger les consuls et de tout bouleverser; quoiqué convaincu de rapines et de brigandages exercés dans sa province , il fut néanmoins absous, et se remit sur les rangs pour demander le consulat. Il trouva pour principaux compétiteurs ! Cicéron et Caïus Antonius. Les talens et les vertus de Cicéron sollicitaient puissamment pour lui; les deux autres employaient une brigue odieuse. Catilina travaillait fortement à avancer le projet d'une nouvelle conjuration, laquelle ayant percé dans le public, le fit exclure de la charge qu'il demandait, et donna l'avantage à Cicéron et à Caïus Antonius, ses rivaux. Irrité du refus qu'il avait essuyé, il porta ses fureurs à leur comble; il grossit son parti d'un nombre infini de jeunes gens, et ramassa des forces dans toute l'Italie, n'attendant que le moment favorable pour éclater. Un des conjurés avait commerce avec Fulvie, femme d'une grande naissance, mais fort peu réglée dans ses mæurs. Cicéron, qui était en plein exercice du consulat , et qui avait déjà donné plusieurs preuves de fermeté et de sagesse, fut instruit , par le moyen de cette Fulvie, de presque tous les détails de la conjuration. Autant par sa vigilance que parce qu'il fut instruit à propos , il échappa plus d'une fois au coup de la mort et aux piéges qu'on lui tendait de toutes parts. Éclairé et animé par ses discours, le sénat avait armé les consuls d'un pouvoir absolu, en les chargeant de veiller à ce que la république ne souffrît aucun

dommage, Enfin Cicéron, qui voulait s'assurer de la personne de Catiest dévoilé, et dont il lui expose à lui-même bien des détails qu'il ne pouvait croire lui être aussi parfaitement connus; la nécessité où lui Cicéron se trouvera enfin de s'assurer de sa personne; le motif qui l'en a empêché jusqu'à présent, et qui l'en empêche encore : ces raisons, et d'autres pareilles, présentées avec la plus grande force, doivent obliger Catilina d'abandonner une ville qui ne peut plus le souffrir dans son enceinte.

lina, ou du moins le contraindre de quitter Rome et de lever l'étendard de son brigandage , assembla le sénat dans le temple de Jupiter Stator , où le chef audacieux de la conjuration osa se rendre avec les autres , mais où il reçut des marques visibles de la haine qu'on lui portait. Le consul l'apostrophe vivement, et lui adresse le discours plein de feu, qui est parvenu jusqu'à nous, sous le nom de première Catilinaire , dont le but principal est d'obliger Catilina à sortir de Rome. Ses fureurs et ses crimes qu'il lui reproche avec véhémence, soit en son propre nom, nom de la patrie ; sa conjuration horrible dont le secret

soit au

ORATIO PRIMA,

HABITA IN SENATU.

ORATIO NONADECIMA.

1. UOUSQUE

, nostra? quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet? quem ad finem sese effrenata jactabit audacia ? nihilne te nocturnum præsidium Palatii , nihil urbis vigiliae, nihil timor populi, nihil concursus bonorum omnium, nihil hic munitissimus habendi senatus locus, nihil horum ora vultusque moverunt? patere tua consilia non sentis? constrictam jam omnium horum conscientia teneri conjurationem tuam non vides? quid proxima, quid superiore nocte egeris, ubi fueris, quos convocaveris , quid consilii ceperis, quem nostrum ignorare arbitraris? O temporal o mores! Senatus hæc intelligit , consul videt: hic tamen vivit. Vivit? immo vero etiam in senatum venit: fit publici consilii particeps : notat et designat oculis ad cædem unumquemque nostrum. Nos autem, viri fortes, satisfacere reipublicæ videmur, si istius furorem ac tela vitemus. Ad mortem te, Catilina, duci, jussu consulis, jampridem oportebat : in te conferri pestem

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