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ôter le Dieu, la Providence, le Père qu'on nous avait donné.

Ces plaintes sont injustes. Elles méconnaissent la doctrine qu'elles veulent combattre. Dieu connaît chacun de nous par son nom, et assiste à toutes nos @uvres. Il ne nous regarde pas avec indifférence, car il est l'amour. Mais il ne change pas pour nous ses lois, parce que ses lois sont l'æuvre de son intelligence, et ne peuvent pas varier au gré de nos désirs mal réglés et de nos frivoles passions. Il nous a donné le monde, puisqu'il est évident que nous régnons dans la sphère où nous sommes placés. La puissance de transformation qu'il nous a concédée sur les forces physiques est telle qu'après trois mille ans de civilisation, nous n'en connaissons pas encore la limite. Enfin, ce qui prouve qu'il n'est pas

indifférent à la marche de la société, c'est qu'il a établi la loi du progrès, et ce qui prouve qu'il n'est indifférent aux intérêts d'aucun de nous, c'est qu'il nous a réservés à la vie bienheureuse, et qu'il nous a donné dès cette terre tous les instruments qu'il nous faut pour opérer notre salut'.

Ici-bas le devoir; le ciel après cette vie : voilà ce

1. Dans les Dissertations d'Arrien, Jupiter se justifie d'avoir placé Épictète dans une condition si misérable : «0 Épictète, si cela avait été possible, je t'aurais fait libre. Je t'ai du moins donné le pouvoir de penser et de vouloir. Avec cela tu ne dépends de personne. » Et l'esclave répond : « Je suis content; je remercie les dieux. D

que Dieu nous a donné. Que pouvait faire de plus pour nous un Dieu et un père ?

Nous nous plaignons de la route. Cette plainte est une lâcheté. Qu'importe que nous soyons déchirés par les ronces, si nous sommes sûrs d'atteindre le but? O la honteuse, ô la lâche querelle! Il y a une chose qu'il faut connaître : c'est la souffrance. Il y en a une qu'il faut ignorer : c'est la souillure. Que le nom de Dieu soit béni!

TROISIÈME PARTIE

L'IMMORTALITÉ

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TROISIÈME PARTIE.

L’IMMORTALITÉ.

CHAPITRE PREMIER.

PREUVES DE L'IMMORTALITÉ DE L'AME.

« L'immortalité de l'ame est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est, ,

Pensées de Pascal, art. ix, éd. Havet, p. 133.

Il en est de l'immortalité de l'âme comme de l'existence de Dieu. Depuis que la philosophie existe, on s'est efforcé de démontrer par les meilleurs arguments possibles, que cette vie terrestre n'est qu'un épisode dans notre vie, et qu'après la tragédie qui la termine, nous devons nous trouver pour la première fois en véritable possession de nous-mêmes. Il est tout simple que les vérités les plus importantes soient celles que l'esprit humain a étudiées et approfondies

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