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CLOVIS LAMARRE

DOCTEUR ÈS LETTRES
PRÉSIDENT D'HONNEUR DE L'ASSOCIATION DES MEMBRES DE L'ENSEIGNEMENT

NEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE LISBONNE

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PARIS
LIBRAIRIE CH. DELA GRAVE

15, RUE SOUFFLOT, 15

1901

vil

Paris. – Imprimerie A. Reisl, 3, rue du Four.

PRÉFACE

Il a paru dans notre pays, surtout dans ces dernières années, un assez grand nombre de résumés de l'histoire de la littérature latine, quelques-uns composés avec beaucoup de méthode et écrits avec goût, tous d'ailleurs adressés non seulement aux élèves de l'enseignement secondaire classique, mais aussi à ceux de l'enseignement secondaire moderne et aux jeunes filles des lycées de l'État ou des établissements similaires. D'autre part et en même temps que ces résumés d'ensemble, dont le mérite essentiel est de s'en tenir à l'exposition précise des notions les plus nécessaires à l'instruction d'adolescents des deux sexes, nous avons eu une quantité considérable de travaux, qui présentent souvent toutes les qualités de l'érudition, sur les questions spéciales les plus variées, soit qu'ils visent un genre de composition littéraire pris isolément, soit qu'ils aient rapport à la biographie, à la langue, à une des oeuvres, considérée sous un aspect nouveau, d'un auteur des plus connus, soit qu'ils traitent au contraire d'un écrivain presque ignoré ou de quelque autre, dont les écrits, d'ailleurs réputés, ne survivent plus que dans de rares fragments. Les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le Journal des Savants, les journaux spéciaux de l'instruction publique, les dictionnaires et les bulletins d'archéologie, les grandes revues périodiques ayant un caractère savant et littéraire, la collection des thèses pour le doctorat és lettres ont fourni un contingent on ne peut plus abondant de pareilles études. Mais tout cela ne fait pas que la France puisse, comme l'Allemagne, se vanter de posséder une histoire complète de la littérature latine. Lui en donner une, voilà quelle serait mon ambition.

Dès que la pensée m'en vint, mon premier soin fut de me rendre compte, dans un travail préliminaire, de la civilisation des peuples anciens de l'Italie et des influences multiples sous lesquelles s'est développée celle des premiers Romains; je m'attachai tout spécialement aux deux grands peuples civilisateurs de l'Italie ancienne, les Étrusques et les colonies grecques; et prenant Rome à son origine, tant par l'analyse des éléments constitutifs de son peuple que par l'examen de ses grandes luttes intestines, je notai, dans les règnes successifs de ses rois sabins et de ses rois étrusques comme dans les premiers temps de son gouvernement républicain jusqu'à la fin du ve siècle de sa vie, les marques de ce qui alors contribua le plus à son développement intellectuel. Ce travail et les observations nombreuses qu'il amène nécessairement sur les coutumes, les légendes, les cérémonies et les institutions de tout genre des cinq premiers siècles de Rome, auxquelles font constamment allusion les écrivains latins, me parurent présenter quelque utilité pour quiconque voudrait entreprendre avec moi l'étude de ces écrivains, et j'en fis la matière d'un ouvrage à part, publié récemment, qui est comme l'introduction de celui que je publie aujourd'hui sur toute la première partie de l'histoire de la littérature latine, c'est-à-dire sur la période qui s'étend depuis les origines de Rome jusqu'à la fin du régime républicain.

J'ai divisé cette première partie en sept livres.

Le LIVRE PREMIER, après un chapitre sur les origines du latin, traite des monuments de la langue latine appartenant aux cinq premiers siècles de Rome. Il est impossible de passer en revue ces monuments sans considérer les dispositions plus ou moins marquées des premiers Romains pour les divers modes du développement de l'esprit. L'enthousiasme nécessaire à la grande poésie épique et lyrique parait leur faire défaut; mais leur penchant au sarcasme, leur justesse d'observation, la vivacité dont ils sont doués pour la réplique les rendent propres à l'improvisation de vers satiriques et de vers alternés en usage dès lors dans certaines représentations scéniques. D'un autre côté, leurs idées positives les guident assez sûrement dans toutes les voies où la pratique des affaires et le simple examen des faits jouent un rôle important; dans la législation ils réussissent à produire tout de suite une cuvre remarquable; ils montrent dans les discussions quotidiennes du Sénat et du Forum une aptitude réelle pour l'éloquence; ils ne sont pas dépourvus non plus de qualités naturelles pour arriver à écrire l'histoire. Il semble donc qu'ils possèdent les éléments d'où pourrait sortir toute une littérature essentiellement romaine. Mais la civilisation grecque, qui, depuis longtemps déjà, s'infiltre chez eux, leur livre tout à coup l'ensemble d'une littérature si brillante que la copie et l'imitation s'en imposent.

Le LIVRE DEUXIÈME, qui donne l'histoire de la poésie latine jusqu'au temps de Cicéron, fait comprendre cette large invasion de la littérature grecque et les efforts patriotiques des plus hardis pour introduire dans l'imitation une certaine liberté, voire même pour produire des oeuvres purement nationales. Dans leur empressement à faire connaître tout d'un coup aux Romains les différents genres de compositions poétiques qu'ils connaissent eux-mêmes, Livius Andronicus, Nævius, Ennius puisent aux diverses sources qui s'offrent à eux; mais la curiosité, qui les porte sur tous les points à la fois et qui leur donne un mème caractère d'universalité, doit, chez leurs émules, par suite des efforts plus grands qu'exigent aussitôt les progrès de l'art, se renfermer dans certaines limites. Chacun se livre alors d'une manière plus spéciale à ses aptitudes et à ses goûts. La comédie palliata trouve ses interprètes particuliers dans Plaute, Cæcilius, Térence, Luscius, Sextus Turpilius; la

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