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CE Journalse tronvt dans tes Villes3 che\ lès Libraires suivons.

Amiens, V- - 7 •. Prançgîs.
Amsterdam, . - . . Rev.
Bayonne, . . . • Trebosc
Bruxelles, ... . Pierre Vaúe.
Chaalons en Champagne, Brkjnet.

Geneve , Detournes le jeune.

La Rochelle, -, . • Cliaboceau Grand'Maison.

Lyon, . • • Deville.

Montpellier, . . . Rigaud.

Nantes, .... la veuve Vatar.

Nifmes, . . . Gaudes.

Orléans, .... Tcurnay.

Provins, . . . . Ia veuve Michelin.

Rouen, Pierre Le BoucheV ,

sous lagallerie da Palais.

Soiffons, * ~ . • la veuve Varoquier.

Strasbourg, . . . Duicesker.

Turin, . < - . . les freres Reycends & Guibert, sur le coin de la rue Neuve.

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JOURNAL

ÉTRANGER.

ARTICLE I.

Miss Sara Sampson, Tragédie bourgeoise de As. Lesiing;

E titre n'annonce rien d'héroïque , & en ester le sujet de cette Piece n'est pas un de ces événemens qui fixent les yeux de la terre, cV qui ne nous touchent que de loin. Les noms des Rois &c des Héros sont imposans sur le théâtre; mais tout ce qui impose n'intéreste pas. En fait de revers, il est vrai, l'élevation des personnages contribue au pathétique. Beiizaire mendiant excitera la pitié bien plus qu'un homme de la lie du peuple; mais en général, plus les {3ersonnages sont près de nous, plus eur situation nous intéresse.

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II est dans l'homme de ne s'affecter que de ce qui arrive à ses semblables \ ©r les Rois ne sont nos semblables que par les sentimens de la nature Sc par ce mélange de biens Sc de maux qui confondent toutes les conditions en une seule, qui est celle de l'homme. Que ceux qui méprisent la Tragédie bourgeoise pensent donc que dans les sujets les plus héroïques il n'y a que les affections communes qui nous émeuvent fortement. Ce n'est point parce qu'Iphigénie est fille d'Agamemnon, Sc Cliremnestre fille de Tmdare, que leur situation nous attendrit \ c'est parce que l'une est la fille, Sc l'autre lamere. 11 en est ainsi de tout ce que le Théâtre héroïque a de terrible & de touchant.

La Tragédie bourgeoise est dans le vrai spectacle pathétique : ce qui l'éleve au-dessus de nous, l'en eloigne Sc par conséquent l'affoiblit.

Les Grecs, qui n'a voient considéré la Tragédie que comme un spectacle politique, n'y ont admis que des personnages illustres Sc des événemens publics. Les Modernes en ont fait un ipectacle moral; & rien ne convient mieux à la fin qu'ils se proposent, que des caracteres familiers ôc des événe-■ mens domestiques.

On nous opposera des autorités £ mais i°. il en est peu qui balancent celle du grand Corneille. « LaTragé» die doit exciter, dit-il, de la pitié. » & de la crainte....Or s'il est vrai que » ce dernier sentiment ne s'excite en » nous que quand nous voyons souffrit. M nos semblables 6c que leurs infor» tunes-nous en font appréhender de « pareilles; n'est-il pas vrai auslì qu'il » y pourroit être excité plus fortement n par la vue des malheurs arrivés aux » personnes de notte condition, à quï. » nous ressemblons tout-à-fair, &c. z°. n Lorsqu'Aristote examine lui - même » les qualités nécessaires au Héros de n laTragédie, observe le même Pocte,' n il ne touche, point du tout à sa nais» sance, & ne s'attache qu'aux inci» dens de sa vie & à ses mœurs \ il « demande un. homme qui ne soit ni » tout méchant ni tout bon; il le de» mande persécuté par quelqu'un de M ses procnes; il demande qu'il tombe » en danger de mourirpar une main J, obligée à le conserver : & je ne vois ,5 point , dit Corneille, que cela ne » puisle arriver qu'à un Prince ».

Voilà précisément l'apologie de la Piece dont nous allons donner un extrait.

La scene est dans une petite ville d'Angleterre.

Mil'esont, jeune libertin, a séduit 5c enlevé Miss Sara , fille unique de Sir Sampson. Celui-ci arrive de grand matin dans l'hôtellerie où il a su que le ravisíèur étoit caché avec sa fille ; & la premiere scene, entre ce pere affligé Sc son domestique, est une exposition auffi simple que touchante du sujet de sa douleur. <

( Sir Sampson ) C'est donc ici qu'est ina fille?

( Faitjrell) Oui, Monsieur. Mol* lefont a eu grand soin de choisir la retraire la plus obscure. Celui qui a fait une mauvaise action, cherche à se cacher; mais que lui sert d'évite* les regards du monde ? Sa conscience le poursuit & se fait mieux entendre que tout le monde ensemble. Ah ! mon cher maître, Vous pleurez.

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