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Magis s'est développé en castillan, d'abord par la chute du g, en maes, devenu mais (Menéndez Pidal, Gram. § 28, 2) et, par suite de sa position souvent atone, mas. Dans nos documents, on voit le même développement, mais, tandis que, dans le groupe I, mas est la forme de beaucoup la plus fréquente, la forme avec y prédomine dans le groupe II, pour devenir dans le groupe III la seule usitée. Comme on le voit par le tableau ci-dessous, il y a aussi quelques exemples de la forme intermédiaire maes, et doc. LXXVII, on rencontre mayas. Cette forme doit s'expliquer par une assimilation vocalique opérée dans mayes où le y dépend selon M. Menéndez Pidal, Gram. §§ 128 et 68, d'une épenthèse, telle qu'on en trouve encore aujourd'hui à Astorga: veyo, leyo, etc.

Groupe I Mas Doc. XXXIII 47, XXXIX 27, XLII 24, 58, 82, XLV 26, XLVIII 59, 67, XLIX 25, LVII 6, 52, LIX 23, LX 72, LXII 19, 35, LXXII, 83.

Maes Doc. VIII 32, XXIX 25, 30.

Mays (mais) Doc. XV 27, 42, LXVIII, 38.

Groupe II Mas Doc. LXXV 34, LXXXI 42, 44, LXXXV 30,
LXXXVII 6, 33.

Mays (mais) Doc. XXVIII 39, LXXVIII 28, LXXXIII 17,
LXXXIX 16, 19, 31, XC 20, 21, 26, 31, XCIV 20.

Mayas Doc. LXXVII 39.

Groupe III Maes Doc. XCII 10.

Mays (mais) Doc. XIV 41, XCI 19, XCVIII 17, C 26.

C'est toujours ou presque toujours avec le sens de plus que le mot figure dans nos documents. On n'y trouve donc pas de traces de la différence entre mais plus et mas parle M. Baist. Gr. p. 895.

=

=

mais dont

Les avis sont différents
Baist, Gr. pp. 890, 895,

Nous passons au mot regem. Regem, legem, gregem donnent en castillan reï, leï, greï au XIIIe siècle. sur la nature de ce développement. M. 899, croit qu'après le passage de g à y, le ye final de reye, etc. s'est transformé en i. M. Cornu, R. IX p. 71, est aussi de cet avis qu'il appuie tout particulièrement sur les mots suivants, dont l'i initial doit nécessairement remonter à ye: hinojo(<genuculum), fazilado (<faciem gelatum), ygamos (<jaceamus Cid v. 72) et le

2,

est

pg. irmão (< germanum), mot qui existe d'ailleurs aussi en vieil esp. (ex. F. Juzgo). M. Menéndez Pidal, Gram. § 28, d'une autre opinion. D'après lui, e final passe à i lorsqu'il se trouve en hiatus avec une voyelle précédente: rey, grey, ley, buey, hoy. M. Hanssen enfin, dans ses Metrische Studien zu Alfonso und Berceo p. 27, croit que regem>reye dont l'e tombe conformément à la loi ordinaire de la voyelle finale. Nous nous sommes prononcé ailleurs 1 en faveur de l'opinion de M. Menéndez Pidal, qui est aussi celle de M. Meyer-Lübke, Gram. I S 317. Mais celle de MM. Cornu et Baist est sans doute aussi acceptable. Pour la théorie de M. Menéndez Pidal parle le mot boem>buey qu'autrement il faudrait expliquer par l'influence analogique des autres mots en question. En second lieu les mots cités comme preuves de la théorie Cornu-Baist ne présentent pas les mêmes conditions phonétiques que regem, etc., ye y étant protonique, et du reste d'autres mots analogues ne présentent pas cette transformation, tels enero<jenuarium, enebre <jeniperum, emellizo<gemellicium, Eluira<Gelovira, encia < ginciva. Encore faut-il rappeler que hinojo <fenuculum présente aussi i initial.

Comme nous allons le voir, nos documents montrent deux formes de regem: rey et re. Cette dernière représente nécessairement une contraction de ree. Mais comme le fait remarquer M. Hanssen, l. c. p. 26., s'il est vrai que re est une forme particulière au léonais, il ne faut pas pour cela regarder rey comme un emprunt au castillan. Rey est la forme prépondérante en léonais dès le Fuero de Avilés, et la plupart de nos documents des trois groupes se servent de cette forme. Or, si l'explication de M. Cornu et de M. Baist était la bonne, un dualisme pareil serait très étonnant, on s'attendrait dans ce cas à trouver toujours rey, à moins qu'on n'admette une influence du pluriel, qui pourtant n'est guère probable pour un mot comme regem. Si, au contraire, on part de ree, le fait ne paraît plus incompréhensible. Lorsqu'il s'agit d'un phénomène tel que la contraction de deux voyelles pareilles, une hésitation dans l'usage est naturelle, deux prononciations peuvent alors concourir pendant quelque temps. Ces considérations nous portent à préférer du moins pour le léonais, le point de départ de M. Menéndez Pidal. 1 Ét. sur les pronoms abrégés en anc. esp. p. 91.

Nous allons dresser le tableau des formes que contiennent nos documents des mots regem, hodie et bo(v)em.

Rey Groupe I Doc. VII 14, XIII 38, XVIII 37, 40, 43, XXIX 7, 17, 19, XXXI 18, XXXVIII 39, 40, 42, XL 8, XLI 75, XLII 103, 107, 107, XLVI 28, 30 XLIX 47, L 69, 72, LI 39, LVI 27, 28, LVII 55, 59, 59, LIX 15, 17, 20 LX 5, 76, LXIII 2, 7, 13 etc., LXIV 46, 70, LXV 56, 80, LXX 3, 6, 12, 15 etc.; Groupe II Doc. XII 28, 30, 34, XLIII 9, 68, 72, XLIV 15 LXIX 40, LXXI 15, 73, LXXIX 21, 27, 28, LXXXV 36, LXXXVIII 17, 21, LXXXIX 26, XCVI 4, 14; Groupe III Doc. XIV 25, 28, 40, XCI 22, 24, 25, XCIII 27, XCIV 26, 41, 43, XCV 28, 31, XCVII 12, 14, XCVIII 16, C 37, CI 19.

Re Groupe I Doc IX 14, 16, 18, XXV 20, 23, XXXVI 19, XLVII 18, XLVII 75, LIV 35, LVIII 18, LIX 13; Groupe II Doc. LXXVII 17,61, LXXXIII 22, 25, LXXXIV 25, 29, LXXXVI 11; Groupe III Doc. XCV 29.

Oy Groupe I Doc. VIII 32, XVIII 17, 27, XXIX 13, XXXI 11, XLII 35, L 54, LXXII 15, 48, LXXIII 24; Groupe II Doc. XLIV 11, LXXXIII (uuoy) 12, LXXXIX 12.

Uuey Groupe II Doc. XLIII 23, 41; LXXXIV 13.

Uue Groupe I Doc. LVIII 10; Groupe XII Doc. LVII 10(?). Boy(s) Groupe II Doc. XLIII 37 (bueys); LXXXVII 6, 8, 20, IC 22, 29, 34, 39.

Boe(s), bue(s) Groupe I Doc. VIII 33, XXII 10, 26, XXVI 10, XXXIII 8, XXXIX 33, LVII 12, 12, 13.

La contraction ne pouvant pas s'opérer après un o, e passe toujours dans cette position à y; la seule exception serait boe du doc. VIII, mais il est très probable que oe y signifie la diphtongue ue. D'autre part, il faut observer que le mot boem se trouve dans des conditions phonétiques différentes de celles de hodie. Dans ce dernier mot, l'y a généralement empêché la diphtongaison et c'est pourquoi oy est plus fréquent que uue(y). tandis, que bue(s) est naturellement plus fréquent que boy(s). On peut en tirer la conclusion chronologique que y n'est tombé qu'après la diphtongaison.

E. Staaff.

15

Faisons remarquer que les doc. LIX et XCV offrent des exemples aussi bien de rey que de re.1

b intervocalique.

31. Le intervocalique montre une tendance à disparaître devant o tonique. Le seul exemple est laborem, qui devient tantôt lauor, tantôt laor.

Lauor Groupe I Doc. VIII 60, XLVI 5, 9, XLVII 17, XLVIII 55, XLIX 13, L 64, LVI 25, LVIII 41, 62, LX 44, LXII 14; Groupe II Doc. LXXXVII 22; Groupe III Doc. XIV 25. Laor Groupe I Doc. XXVI 13, 14, XXXVI 17, XLII 76, LVIII 17, LXXIII 35.

A comparer les mots saúco, treúdo, zahorra (sorra) cités par M. Menéndez Pidal, Gram. § 43, 2. M. Baist, Gr. p. 896, hésite sur la provenance castillane de ces mots, mais constate que le b et le v disparaissent relativement souvent dans les dialectes.

Les groupes lj, cl, gl entre voyelles.

32. Déjà Gessner a observé, p. 7, le traitement particulier que subissent ces combinaisons en léonais. Mais il l'a compris en partie d'une façon qui ne peut guère être juste. Ainsi, il croit que c'est une particularité léonaise de faire passer lj en j dans des mots comme maravija, bataja, majo (< malleum), qui sont habituels dans l'Alexandre et dans le Fuero Juzgo, mais qui se présentent en castillan avec mouillé. Le fait est que

ces formes sont en castillan savantes, tandis que dans les textes léonais dont il s'agit, on en trouve des formes populaires. Mais cela ne constitue pas en soi une différence phonétique entre les deux dialectes. M. Gessner cite des formes comme toyer, apostiya, mais il y voit le même développement que dans bataia, orguio, etc. Il n'a donc pas observé que la graphie y représente une prononciation éminemment léonaise à côté des formes mouillées.

1 Pour viginti, etc. voir § 60.

- M. Morel-Fatio, p. 31, objecte avec raison contre Gessner qu'il a tort en attribuant au i de conseio, etc. la prononciation gutturale moderne. La concurrence de conseio, meior, oios d'un côté et de consello, mellor, ollos de l'autre ne permet pas de croire à la prononciation précitée de i, qui serait beaucoup trop différente d'un / mouillé pour qu'on puisse en admettre l'emploi dans le même texte et dans les mêmes mots que ce dernier.

M. Cuervo, dans ses excellentes Disquisiciones,1 établit quelle était la prononciation du x et du j(g) en ancien espagnol. Ses recherches aboutissent à ce résultat que la première de ces lettres signifiait une spirante analogue au ch du français, tandis que la dernière représentait le gi italien de giardino ou le j français de jardin. Il n'y avait donc pas d'élément guttural dans les sons représentés par ces lettres. M. Cuervo juge, p. 64, d'après les variantes du Fuero Juzgo, qu'au XIIIe siècle l'assimilation des deux éléments de lj était en train de s'achever. «Les graphies coller, coyer, coger; muller, moyer, muier, muger; semella, semeya, semeia; ollo, oyo, oio; batalla, bataya; mellor, meior; alleno, aieno, ageno; aparellar, appareiar usitées dans des manuscrits contemporains et souvent plusieurs dans le même manuscrit sont les signes de la confusion qui précède immédiatement l'élimination d'un des éléments. » De cette confusion vient une grande irrégularité dans l'orthographe, laquelle rend difficile de savoir ce que doit représenter chaque lettre. Et il faut considérer aussi que la langue mixte que présentent à ce que nous avons déjà vu plusieurs documents où les tendances léonaises luttent contre l'influence du castillan, rend probable qu'il ne faut pas toujours voir là des inconséquences orthographiques, mais admettre deux prononciations différentes.

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Comme preuve de l'instabilité de l'orthographe en castillan, M. Cuervo fait remarquer que, dans les Reyes Magos, on lit iugara (= juzgará), meiores, ieremia io, iace, maiordomo major gentes, que, dans le Cid, qui distingue mieux i de y, on trouve iura, iuntar, Taio, meior, corneia, oio; aya, atalaya, yo, trayo, mais aussi aiudaremos, iazen, iantar; fijo, fija, aguijar, juntados (3621) et acoien, mensaie; coger, muger, burgeses, vara

1 Revue hispanique II, p. 52 ss.

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