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Ah ! je respire enfin. Chère Zarès s adieu.

H Y D A s P E.
Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu.
Sans doute leur concert va commencer la fête.
Entrez, et recevez l'honneur qu'on vous apprête.

SCÈNE III.

ÉLISE, LE CHOEUR.
Ceci se recite sans chant.

UNE DES ISRAÉLITES.

C'est Aman.

UNE AUTRE.
C'est lui-même, et j'en frémis, ma sœur.

LA PREMIÈRE.

Mon cœur de crainte et d'horreur se resserre.

L' A U T R E.
C'est d'Israël le superbe oppresseur.

LA PREMIÈRE.

C'est celui qui trouble la terre.

ÉLISE.

Peut-on, en le voyant, ne le connaître pas?
L'orgueil et le dédain sont peints sur son visage.

UNE DES ISRAÉLITEs.
On lit dans ses regards sa fureur et sa rage.

Une Autre. Je croyais voir marcher la mort devant ses pas.

UNE DES PLUS JEUNES ISRAELITEs.

Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie;
Mais en nous regardant, mes sœurs , il m'a semblé
Qu'il avait dans ses yeux une barbare joie
Dont tout mon sang est encore troublé.

ÉLISE.

Que ce nouvel honneur va croître son audace!

Je le vois , mes sœurs , je le voi:
A la table d'Esther l'insolent près du Roi
A déjà pris sa place.

UNE DES ISRAÉLITEs.

Ministres du festin, de grâce dites-nous,
Quels mets â ce cruel, quel vin préparez-vous?

UNE AUTRE.
Le sang de l'orphelin ,

UNE TROISIÈME.

Les pleurs des misérables

LA SECONDE.

Sont ses mets les plus agréables:

LA TROISIÈ ME.

C'est son breuvage.le plus doux.

ÉLISE.

Chères sœurs , suspendez la douleur qui vous presse. Ghantons,on nous l'ordonne; etque puissent nos chants Dn cœur d'Assuérus adoucir la rudesse ,

Comme autrefois David , par ses accords touchans ,
Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse!

C Tout le reste de cette scène est chanté. )
UNE DES ISRAÉLITEs.
Que le peuple est heureux
Lorsqu'un roi genéreux ,
Craint dans tout l'univers, veut encore qu'on l'aime!
Heureux le peuple ! Heureux le roi lui-même!

TOUT LE CHOEUR.
O repos! ô tranquillité!
O d'un parfait bonheur assurance éternelle!
Quand la suprême autorité
Dans ses conseils a toujours auprès d'elle
La justice et la vérité.
C Ces guatresstances sont chantées alternativement
par une voix seule et partout le chœur. )

UNE DES ISRAÉLITEs.
Rois, chassez la calomnie;
Ses criminels attentats
Des plus paisibles États
Troublent l'heureuse harmonie.
Sa fureur, de sang avide ,
Poursuit partout l'innocent.
Rois, prenez soin de l'absent
Contre sa langue homicide.

. De ce monstre si farouche
Craignez la feinte douceur:
La vengeance est dans son cœur,
Et la pitié dans sa bouche.

La fraude adroite et subtile
Sème de fleurs son chemin;
Mais sur ses pas vient enfin
Le repentir inutile.

tTNE ISRAÉLITE, seule. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages ,

Et chasse au loin la foudre et les orages. Un roi sage, ennemi du langage menteur , Écarte d'un regard le perfide imposteur.

UNE AUTRE. J'admire un roï victorieux , Que sa valeur conduit triomphant en tous lieux: Mais un roi sage , et cpi hait l'injustice , Qui , sous la loi du riche impérieux , Ne souffre point que le pauvre gémisse , K&t le plus beau présent des cieux.

UNE AUTRE.

La veuve en sa défense espère.

UNE AUTRE-
De l'orphelin il est le père.

TOUTES ENSEMBLE.
Et les larmes du juste, implorant son appui,

Sont précieuses devant lui.

CNE ISRAÉRITE, seule.
Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles
De tout conseil barbare et mensonger.
11 est temps crue tu t'éveilles.
Dans le sang innocent ta main va se plonger

Pendant que tu sommeilles.
Détourne , roi puissant, détourne tes oreilles
De tout conseil barbare et mensonger.

UNE AUTRE.
Ainsi puisse sous toi trembler la terre entière!
Ainsi puisse a jamais, contre tes ennemis,
Le bruit de ta valeur te.servir de barrière!
S'ils t'attaquent, qu'ils soient en un moment soumis.

Que de ton bras la force les remrerse:
Que de ton nom la terreur les disperse;

Que tout leur camp nombreux soit devant tes soldats
Comme d'enfans une troupe inutile;

Et si, par un chemin, il entre en tes États,
Qu'il en sorte par plus de mille.

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