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ATHALIE,

TRAGÉDIE,

Composée en 1690 , et représentée sur le Théâtre Français en 1716.

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PRÉFACE

DE L'AUTEUR.

Tout le monde sait que le royaume de Juda était composé des deux tribus de Juda et de Benjamin, et que les dix autres tribus, qui se révoltèrent contre Roboam, composaient le royaume d'Israël. Comme les rois de Juda étaient de la maison de David, et qu'ils avaient dans leur partage la ville et le temple de Jérusalem , tout ce qu'il y avait de prêtres et de lévites se retirèrent auprès d'eux, et leur demeurèrent toujours attachés; car depuis que le temple de Salomon lut bâti, il n'était plus permis de sacrifier ailleurs, et tous ces autres autels qu'on élevait à Dieu sur des montagnes, appelées par cette raison dans l'Ecriture les hauts lieux, ne lui étaient point agréables. Ainsi le culte légitime ne subsistait plus que dans Juda. Les dix tribus, excepté un trèspetit nombre de personnes, étaient, ou ido-; lâtres, ou schisma tiques.

Au reste, ces prêtres et ces lévites faisaient eux-mêmes une tribu fort nombreuse. Ils furent partagés en diverses classes, pour servir tour-à-tour dans le temple, d'un jour de sabbat à l'autre. Les prêtres étaient de la famille d'Aaron, et il n'y avait que ceux de cette famille qui pussent exercer la sacrifi— cature. Les lévites leur étaient subordonnés , et avaient soin , entre autres choses , du chant, de la préparation des victimes et de la garde du temple. Ce nom de lévite ne laisse pas d'être donné quelquefois indifféremment à tous ceux de la tribu. Ceux qui étaient en semaine avaient, ainsi que le grand-prêtre , leur logement dans les portiques ou galeries dont le temple était environné, et qui faisaient partie du temple même. Tout l'édifice s'appelait en général le lieu saint, mais on appelait plus particulièrement de ce nom cette partie du temple intérieur où étaient le chandelier d'or, l'autel des parfuns et les tables des pains de proposition : et cette partie était encore distinguée du Saint des saints où était l'arche , et où le grand-prêtre seul avait droit d'entrer une fois l'année. C'était une

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