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VALERII MAXIMI

FACTORUM DICTORUMQUE MEMORABILIUM

LIBER QUARTUS.

CAPUT I.

DE MODERATIONE.

De Moderatione in Romanis.

TRANSGREDIAR

RANSGREDIAR ad saluberrimam partem animi, moderationem, quæ mentes nostras impotentiæ et temeritatis incursu transversas ferri non patitur. Quo evenit, ut reprehensionis morsu sit vacua, et laudis quæstu opulentissima. Itaque effectus suos in claris viris recognoscat.

1. Atque, ut ab incunabulis summi honoris incipiam, P. Valerius, qui, populi majestatem venerando, Poplicolæ nomen assecutus est, quum , exactis regibus, imperii eorum vim universam , omniaque insignia sub titulo consulatus in se translata cerneret, invidiosum magistratus fastigium moderatione ad tolerabilem habitum deduxit, fasces securibus vacuefaciendo , et in

VALÈRE MAXIME

FAITS ET PAROLES MÉMORABLES.

LIVRE QUATRIÈME.

CHAPITRE I.

DE LA MODÉRATION.

De la Modération chez les Romains.

Je passe à la plus salutaire des vertus, à cette modération de l'âme , qui, maîtrisant l'aveugle impétuosité des passions, nous préserve d'écarts pernicieux. Aussi elle se trouve à l'abri des traits de la censure, et recueille le plus riche tribut de louanges. Elle va reconnaître ici ses effets dans les hommes les plus illustres.

1. Et pour remonter jusqu'au berceau de la souveraine magistrature, P. Valerius, qui mérita, par son respect pour la majesté du peuple, le surnom de Poplicola, voyant, après l'expulsion des rois, toutes les prérogatives, toutes les marques de leur puissance réunies en sa personne sous le titre de consul, eut la sagesse de rendre supportable la hauteur de cette dignité, en la dégageant de tout ce qui pouvait porter ombrage. Ainsi ses faisceaux n'eurent plus de haches; il les fit baisser concione populo submittendo. Numerum quoque eorum dimidia ex parte minuit, ultro Sp. Lucretio collega assumpto, ad quem , quia major natu erat, priores fasces tranferri jussit. Legem etiam comitiis centuriatis tulit, ne quis magistratus civem romanum adversus provocationem verberare, aut necare vellet. Ita, quo civitatis conditio liberior esset , imperium suum paulatim destruxit. Quid, quod ædes suas diruit, quia excelsiore loco positæ, instar arcis habere videbantur, nonne quantum domo inferior, tantum gloria superior evasit?

2. Vix juvat abire a Poplicola; sed venire ad Furium Camillum libet, cujus tam moderatus ex magna ignominia ad summum imperium transitus fuit, ut, quum præsidium ejus cives, capta a Gallis urbe, Ardeæ exsulantis petiissent, non prius Veios ad accipiendum exercitum iret, quam de dictatura sua omnia solenni jure acta comperisset. Magnificus Camilli veientanus triumphus , egregia gallica victoria ; sed ista cunctatio longe admirabilior. Multo enim multoque se ipsum quam hostem superare operosius est, nec adversa præpropera festinatione fugientem, nec secunda effuso gaudio apprehendentem.

3. Par Furio moderatione Marcius Rutilius Censori

ad concionem popu

nus. Iterum enim censor creatus, lum vocatum quam potuit gravissima oratione corripuit, devant le peuple assemblé. Il en réduisit le nombre de moitié, en se donnant de lui-même un collègue dans la personne de Sp. Lucretius, et, comme celui-ci était plus âgé, il lui céda l'honneur des faisceaux le premier mois ". Bien plus, il fit sanctionner, dans une assemblée par centuries 2, une loi qui défendait à tout'magistrat de battre de verges ou de faire mourir un citoyen romain qui appellerait de son jugement à celui du peuple. Ainsi, pour accroître la liberté des citoyens, il renonça successivement aux prérogatives de son pouvoir. Il alla même jusqu'à démolir sa maison, parce que, située sur une hauteur, elle avait l'air d'une citadelle. Abaisser ainsi sa demeure, n'était-ce pas élever sa gloire? (An de R. 244.)

2. J'ai peine à quitter Poplicola; mais il m'est agréable d'arriver à Camille, qui sut, avec tant de modération, passer du sein de l'ignominie au faîte du pouvoir. Exilé dans Ardée 3, il vit ses concitoyens , après la prise de Rome

par les Gaulois, venir implorer son secours; mais il ne voulut point aller à Veies prendre le commandement de l'armée, avant de s'être assuré que toutes les formalités légales avaient été observées dans son élévation à la dictature. Le triomphe de Camille sur les Véiens fut magnifique, sa victoire sur les Gaulois fut éclatante; mais cette lenteur scrupuleuse a quelque chose de bien plus admirable. C'est une vérité : il est bien moins difficile de vaincre l'ennemi, que de se vaincre soi-même, que de savoir se garantir également et de la précipitatiou à fuir l'adversité, et d'un excès d'empressement à saisir la bonne fortune. (An de R. 363.)

3. On peut comparer à la modération de Camille celle de Martius Rutilius Censorinus. Élu censeur une seconde fois, il assembla le peuple, et lui fit les plus vifs quod eam potestatem bis sibi detulisset, cujus majores, quia nimis magna videretur, tempus coarctandum judicassent. Uterque recte, et Censorinus, et populus : alter enim ut moderate honores crederent, præcepit; alter se moderato credidit.

4. Age, L. Quinctius Cincinnatus qualem consulem gessit ? Quum honorem ejus patres conscripti continuare vellent, non solum propter illius egregia opera, sed etiam quod populus eosdem tribunos in proximum annum creare conabatur, quorum neutrum jure fieri poterat , utrumque discussit, senalus simul studium inhibendo, et tribunos verecundiæ suæ exemplum sequi cogendo. Ita unus causa fuit, ut amplissimus ordo, populusque tutus esset ab injusti facti reprehensione.

5. Fabius vero Maximus quum a se quinquies, et a patre, avo, proavo, majoribusque suis sæpenumero consulatum gestum animadverteret , comitiis, quibus filius, ejus summo consensu consul creabatur, quam potuit constanter cum populo egit, ut vacationem aliquando hujus honoris Fabiæ genti darent; non quod filii virtutibus diffideret (erat enim illustris), sed ne maximum imperium in una familia continuaretur. Quid hac moderatione valentius, aut efficacius, quæ etiam patrios, affectus, qui potentissimi habentur, superavit?

6. Non defuit majoribus grata mens ad præmia su

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