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se trouve pas dans le document même, elle figure dans un morceau ajouté par une autre personne dont le dialecte porte des traces visibles d'une origine occidentale (beyzo, uostra).

M. Munthe, Ant. p. 28,1 constate la présence de formes analogues dans le dialecte qui fait l'objet de ses recherches (Villaoril de Bemeda et Posada de Rengos). Ce sont pia, pias K pedem), dias 6 decem) yia ( est) et ya ket). Dans le dernier mot, l'accent porte sur l’a, et M. Munthe explique le passage à a par la valeur atone du mot (cf. pourtant p. 29). Dans les autres mots, l'accent porte sur l'i. M. Munthe croit que ces formes sont nées dans la position atone. C'est ce qui lui paraît prouvé par le fait que est revêt dans le cas d'accentuation forte la forme yié. Il en conclut à une forme correspondante de decem, tandis que pia ne peut guère d'après lui se trouver dans une position accentuée telle que les deux autres mots (cf. les exemples p. 28–29). Pour expliquer ces formes, il suppose ou bien la conservation dans ce cas spécial de l'accentuation originaire de la diphtongue ie avec passage de l'e atone à a, ou bien un déplacement secondaire de l'accent avec le même passage. M. Menéndez Pidal, p. 19, ajoute à ce que dit M. Munthe que ya, yara se dit encore à Villapedre et à Teberga où l'on prononce pourtant yić, diés; pia se dit à Luarca et jusqu'à Astorga. Quant à l'origine de ces formes, M. Menéndez Pidal croit à un déplacement secondaire de l'accent.

Ce qui doit être observé d'abord, c'est que nos documents offrent trois exemples où la diphtongue ia se trouve à la syllabe tonique d'un mot paroxyton (Castiala, tiampus) ou proparoxyton (pialago), ce qui cadre bien avec le yara de Villapedre et de Teberga et montre que ce phénomène n'est pas toujours, comme dans les patois modernes examinés par M. Munthe, limité aux mots oxytons.

Nous voyons dans les exemples de ya < et la preuve que la diphtongue ie, lorsqu'elle perdait l'accent, avait dans certaines régions une tendance à devenir ya. On pourra comparer à ce phénomène la forme diagano XIV 38 (Ponferrada), mais diegano XXXVIII 31, ainsi que piadad, Fuero Juzgo p. 9 et 107.3

1 Cf. aussi Z. XV p. 230. ? Cf. aussi esp. mod. piadoso.

Quant aux autres formes, nous sommes tenté de les expliquer de la façon suivante. La partie du Léon où se trouvent ces formes ne connaissait pas originairement la diphtongaison, qui ne s'y est répandue que peu à peu grâce à l'influence du castillan. La diphtongue ie était donc un phonème étranger à ceux qui parlaient le dialecte de cette région, et on l'a comprise de différentes façons, tantôt bien, tantôt mal. Dans ce dernier cas, on a exagéré la différence des deux éléments en prononçant l'e trop ouvert. Ainsi on est arrivé à la prononcia

Cette prononciation s'est en général corrigée toute seule, mais ci et là elle a persisté et alors surtout dans les mots oxytons qui formaient un groupe à part offrant un autre aspect phonétique que les mots ordinaires. La diphtongue ie s'est répandue en Léon, croyons-nous, lorsqu'elle était encore une diphtongue décroissante. A l'époque du déplacement de l'accent, pia et les autres mots où l'a était devenu, dans certains endroits, d'un usage fixe, n'ont pas suivi le développement des mots paroxytons et proparoxytons, où l'a n'était que d'un usage sporadique.

12. Dans certains cas on trouve en léonais ie, sans que cette diphtongue se soit produite dans le castillan; il s'agit des formes léonaises de la conjonction et et des formes verbales est, eram, erat, erant: ye, ye(s), yera, yeran. Nous parlerons d'abord de la conjonction et.

Gessner, p. 34, regarde ye comme le résultat de la diphtongaison de ç, qui, bien qu'en général plus restreinte en léonais qu'en castillan, se produit pourtant en léonais dans certains cas où elle est étrangère au castillan. Il compare à ce cas les formes diphtonguées de esse que nous venons de citer. M. Morel-Fatio, p. 30, est d'avis que ye (< et ou est) n'est peutêtre pas comme le dit Gessner «vraiment léonais»; bien que répandues en Léon, ces formes paraissent – dit l'auteur — être plus rigoureusement appliquées en asturien. — M. Menéndez Pidal dit, p. 19, que l'ę se diphtongue dans deux cas importants que la langue littéraire regarde comme atones: les formes citées de esse et la conjonction et. Cette dernière forme, ye, subsiste encore à Colunga et dans l'asturien occidental, où elle s'est changée en ya.

a

Dans le S 130 de sa grammaire, M. Menéndez Pidal dit à propos de et: «La copulativa èt era en castellano mirada generalmente como átona y por lo tanto resultaba e; pero en leonés era tónica: ye, y lo mismo en castellano primitivo cuando sela consideraba acentuada por estar junto á un enclítico (los cuendes ye los res) y el diptongo se reduce a i (quel guardasse yl sirviesse . ... is acorvan), especialmente cuando precedia á una e (el uno y el otro); luego la i se generalizó y hoy domina, salvo cuando sigue palabra que empiece con i-» La réduction de ie à i est à l'avis de l'auteur du même genre que celle qui a transformé Sietmancas, Sietcuendes en Simancas, Cifuentes, etc. (voir Gram. § 10, 2).

Nous croyons qu'il faut comprendre le développement de et> y et ye d'une autre façon. D'abord, il est certain que cette conjonction, qui sans doute peut de temps en temps prendre jusqu'à un certain degré l'accent, est pourtant presque toujours atone. C'est ce qui résulte par exemple du fait que cette particule est d'une façon générale incapable de servir d'appui à un pronom suivant. Aussi M. Meyer-Lübke regarde-t-il ce mot comme absolument atone. Pour l'espagnol, il conclut même à un développement dépendant de la position enclitique: padre y madre se trouverait à patre et matre dans la même relation que ley à lee (< lege). M. Baist, Gr. p. 895, partage l'opinion de M. MeyerLübke sur l'origine de y. Dans le discours rapide voyelle te passait d'après lui facilement à voyelle + y: yoetu devenait yoytu comme soes devenait soys.

Cette explication de y paraît en effet très probable et préférable à celle de M. Menéndez Pidal. Car s'il faut regarder un et accentué comme existant seulement dans des cas exceptionnels, il est difficile de croire que ces cas auraient pu déter: miner le développement d'un mot qui en position atone est peut-être le plus usité de la langue. Et on ne pourra guère non plus regarder le ye du léonais comme le produit d'une diphtongaison, puisque la diphtongaison n'a lieu que sous l'influence de l'accent.

1 Cf. Gram III. $ 716 et 726.

Tableau statistique." Groupe I. Doc. VII 2, e; IX ye 2, 11, 12, hi el dia 5, e en 15, hi en 18, 18, 18; XV 2, e 32, 44, 47; XVI e, ye alos 2, yel 23, 34; XVIII e, hien 19, 39, 39, 39, hiel 34, hi este 34; XIX 2, ye; XX ye; XXII 2, signe rendu par et, y el 20, y tan buenos 21; XXIII 2, ye he 5, e todas 13: XXV e; XXVI 2, ela 24, 24, elo 31; XXX 2, elos 15, 17, ela 17; XXXI , ye anos 8, ie aluaroch 10; XXXII e, ye atorgo 31; XXXIII 2, ye, e 9, 23, Et 20, 30; XXXV i, ela 9; XXXVIII 2, E 23, 29, 35, signe rendu par E, ye ela 39; XXXIX ?, ye; XL e; XLII 2 et, y, e, ye (voir ci-dessous); XLV ye, 2; XLVI 2, E, ye atodos 4; XLVII 2, ye auer 2, Bartolome ye nra 5, yen il, y estas 16; XLVIII 2, ye, Et; L 2, yel 39, ye enne 55; LI 2, Et; LII 2, Et; LIV 2, E, ye; LVI e; LVII 2, Et, ye al 42; LVIII 2, ye aluaroc 6, 33, 46, 54, yen 11, yesta 16, yeste 28, ye ij 45, ye Van 50; LIX e, en uida ye muerte 3, ye al 14; LX 2, Et; LXIII 2, Et, desse ye pora 18; LXIV 2, E; LXV 2, E; LXVI 2 do ye offrezco 2; LXVIII 2, Et; LXV 2, Et; LXXII 2, Et; LXXIII 2, Et; LXXIV 2, Et.

Groupe II. Doc. IV e, signe rendu par Et; XII ye; XXVIII 2, E; XLIII ye, 2; XLIV e, 2, ye en 10; LXVII 2, Et; LXIX ., Et; LXXI 2, et; LXXV 2, Et, yel 2, parte ye donna 4, ye sos 4, 10, ye Diego 5, ye el 8, ye los 8, ye aun 12, yelos 16, ye los 26, ye el 28, ye otros 62, ye de 63; LXXVI, ya, e, E; LXXVII, ye, hie, he; LXXVIII ye, y el 8, y el 8, yela 10, y este 35; LXXXII 2, Et; LXXXIV 2, e yo 2, 3, 3, 3, e peche 21, ye appagamiento 10, ye en II, ye auos 11, ye enayenada 14, ye a 14, ye esta 21, ye en 26, 26, 27 (4 f.), 28; LXXXV , e, E, he; LXXXVI e, ya este 15; LXXXVII ?, Et; LXXXVIII 2, e, ya outorgadores 23, ya leer 25, ya este 26; LXXXIX 2, ya a 21; XC 2, Et; XCVI 2, Et; IC 2, Et.

Groupe III. Doc. XCI ? Et, signe transcrit par et; XCIII 2, et 35, elo 36; XCIV ?, Et; XCV 2, Et; XCVII 2, signe transcrit par elo 22;

CI 2, Et.

et, 22,

Un regard sur le tableau précédent montre que les notaires se servaient généralement du signe d'abréviation pour

Les documents où et est toujours représenté par le signe : n'entrent pas dans ce tableau. Pour les autres, nous indiquons les différentes formes, et, lorsqu'il y a lieu, les circonstances auxquelles est lié leur emploi.

désigner la conjonction et. Nous avons laissé le signe sans transcription étant donnée l'impossibilité de savoir quelle forme il représente chaque fois. Souvent on rencontre dans la même charte 2, ye, e, et, ou bien deux ou trois de ces graphies ensemble. Le premier document où l'on rencontre ye, c'est le n:o IX, qui en offre des exemples dans toutes les positions (devant une voyelle aussi bien que devant une consonne), excepté devante où ye est remplacé par hi. Le doc. XVI emploie e dans toutes les les positions, mais, l. 2, on trouve ye alos et l. 23 yel. Le doc. XVIII a toujours é, excepté six fois où la conjonction, se trouvant devant un e, affecte la forme hi. Le doc. XXVI a toujours l'abréviation, excepté l. 24: la casa ela eglisia ela heredat et, l. 31, elo que. Les documents XXX et XXXV montrent e dans des conditions analogues. Nous passons au doc. XLII, qui offre un mélange très riche des différentes formes. La statistique que nous avons dressée de ces formes donne pour résultat que le signe abréviatif prévaut de beaucoup, étant employé en somme 52 fois, dont 40 fois devant une consonne, 12 fois devant une voyelle, qui 6 fois se trouve être un e. La forme ye est employée en somme 22 fois, dont 18 fois devant une voyelle, qui I fois est un e. On trouve encore et et e majuscule au commencement de la phrase, ce qui paraît avoir été d'un usage fréquent et qui apparaît presque régulièrement dans les chartes de la fin du siècle. En outre, e apparaît 9 fois à l'intérieur de la phrase, dont 6 fois devant lo, la, los, las.

Il résulte de ce que nous venons de dire et de notre tableau statistique dans sa totalité que, dans les documents où il y a concurrence entre plusieurs formes, ye se trouve plus souvent devant une voyelle que devant une consonne, et que cette forme se trouve avec une fréquence toute particulière devant un e. C'est cette dernière position qui à notre avis a donné naissance à la forme ye, qui par conséquent serait due non pas à la diphtongaison, mais à un phénomène appartenant à la phonétique syntactique. On peut se demander si les cas où et était suivi d'un e étaient assez fréquents pour pouvoir déterminer la forme du mot. Il faut se rappeler à ce propos qu'en léonais l'article et le pronom personnel régime commençaient par cette voyelle. C'est là un

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