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7, fontes

LXXVII bona 30, sollo 45, morte 48, ruogo 62; LXXVIII morte 30, LXXIX ruego 24, bona 18; LXXX luego 6, bonas 15; LXXXI 6 ue; LXXXII 6 ue, LXXXIII nuastro 13, 16, 17, muarte 15, uostra 4, 13, vortos 6, fontes 7; LXXXIV 4 ue, bonas 23; LXXXV fontes 55, (como 34); LXXXVI morte 6, solos

7;

LXXXVII 5 ue, boys 6, 8, 20, bonas 28; LXXXVIII nostra II, 23, 26, bonas 23, (como 1); LXXXIX bon 5, 18, 22; XC 8 ue; XCVI 4 ue, (como 2); IC 3 ue, bon io, boys 22, 29, 34, 39, corpos 33.

Groupe III. Doc. II novo 6, orto 9. 10, porta 9, XIV noue 5, 10, uostros 6, 13, 20, morte 16, bon 25; XCI 4 0; XCII 2 0; XCIII 20 0; XCIV 8 0; XCV 14 0; XCVII 4 0; XCVIII 40; C 140; Cl 70 (como 29).

Les mots avec o qui figurent dans les groupes I et II sont donc assez nombreux. Dans le doc. I, on trouve orto, forme dont l'o s'explique dans une certaine mesure par la date reculée du document mais qui revient dans plusieurs doc. suivants. Les autres mots avec o qui se trouvent dans les chartes du même groupe sont noue, bono, boe, nouo, maiolo, porcos, couo, morte, uostros, postos, logo, rebolta, fontes, solo, auolo, moble, youes, soldos. A ces mots viennent s'ajouter dans le groupe II: More. rola, fora, morro, (noces), (prouas), corpos. Il serait difficile en présence de ces formes et comme il résulte du tableau, plusieurs d'entre elle sont assez fréquentes – de croire simplement à une influence de la part du galicien. On ne peut pas non plus constater l'existence de certaines conditions auxquelles serait restreinte la tendance à employer o non diphtongué. Peut-être certains mots s'expliquent-ils pourtant par des circonstances particulières. Remarquons d'abord que nous n'avons naturellement pas fait entrer dans le tableau des mots comme obra, costa, substantifs postverbaux qui s'expliquent sans difficulté par l'influence du verbe et qui montrent en général les mêmes formes en castillan. Nous n'avons pas davantage compté des mots comme post, pos, de pos, qui ont pu se développer dans la position atone, mais il ne serait pas impossible de recourir à la position atone, même pour bon qui est souvent proclitique, formant pour ainsi dire un seul mot avec le substantif suivant (bon ombre), ni pour ponte, fonte qui perdent facilement leur accent, étant employés comme des noms de lieu et suivis d'un substantif ou d'un adjectif. Le fait que ces formes persistent

1 La forme esp. nuez, remonte-t-elle à un *ngcem ou dépend-elle d'une analogie? La question n'est pas résolue. Cf. Meyer-Lübke, Gram. I § 146.

un

encore aujourd'hui dans certains endroits? rend néanmoins plus probable que leur manque de diphtongaison est trait du vocalisme dialectal. Les chartes du groupe occidental manquent régulièrement de la diphtongaison aussi bien pour 9 que pour e. Il n'y a qu'un petit nombre de mots avec o.

17. Quant au développement de l’o latin en ue, M. MorelFatio relève, p. 30, l'importance de certaines formes avec uo, diphtongue qui doit nécessairement représenter une étape intermédiaire entre 9 et ue, fait confirmé d'ailleurs par le français, le provençal et l'italien. M. Morel-Fatio cite les formes muobre Alex. 335, uorto et buonas, toutes deux des variantes du Concile de Léon (XIIIes.) (Muñoz p. 73 ss.). M. Meyer-Lübbe, Gram. I S 211, fait observer que ces formes n'aident point à résoudre la question du passage Q > ue, puisqu'on prononce encore aujourd'hui uo dans les Asturies. Il allègue une autre preuve de ce passage en citant l'anc. esp. cuemo, qui remonte nécessairement à un uo, dont le développement ultérieur s'est confondu avec celui de uo < 9. Cf. Cornu Rom. XIII p. 291. Il y a pourtant en dehors des formes asturiennesd'autres exemples avec uo provenant de régions où le dialecte moderne a Aussi M. Munthe, 2. XV p. 229, ajoute-t-il aux formes citées par M. Morel-Fatio toute une série de formes analogues tirées du Fuero Juzgo: nuova, luogo, ruogo, puode, avuola, aguoradores, tuorto.

La diphtongue uo se trouve aussi, bien que rarement, dans nos documents:

uorto XXXVI 5, 16, XLVII 9, LXXXIII6
ruogo LXXVII 62.

ue.

Il faut encore observer une autre forme de la diphtongue en question, à savoir ua. M. Morel-Fatio cite du Concile de Coyanza muarto, buanas, nuastra (Muñoz pp. 216, 217, 218) qu'il veut à tort corriger en muorto, etc. M. Munthe ajoute, à ces formes, Ant. P. 16, fuara du Concile de Léon (Muñoz p. 88) et

M. P p. 17. La persistance de l'o dans les patois modernes des Asturies paraît être liée à une nasale suivante.

? Sur les parlers asturiens qui gardent la prononciation uo, cf. M. P. p. 18 et Munthe, Ant. p. 15.

2. XV p. 219 oabras, voaltas, encuantra, aguarod’ores" du Fuero Juzgo.

Dans nos documents nous avons trouvé les formes suivantes:

Doc. XXVIII: luago 25, fuaras 30, puasto 34.
Doc. LXXXIII nuastro 13, 16, 17, muarte 15.

Nous comprenons le développement de l'q dans le léonais d'une manière analogue à celle par laquelle nous avons essayé d'expliquer les reflets différents de ę. Originairement le léonais ne diphtongait pas et les formes avec o sont les traces de cet état de choses. La diphtongue uo, venue de l'est, a pénétré peu à peu et a suivi en général la même évolution en léonais qu'en castillan. Quelquefois on a mal compris ce phonème étranger et on l'a rendu par ua, diphtongue qui par conséquent, comme le dit M. Menéndez Pidal p. 19, est analogue à ie< ç.

18. Como, que nous avons fait entrer dans notre tableau statistique, montre quelquefois la forme cuemo, mais se présente généralement sous celle de como, conformément à son o originaire ou par suite de sa position souvent atone. (Cfr. § 17).

Doc. LXIV 36, on rencontre preua pour prucua, réduction analogue à celle de frente pour fruente, etc. ?

Mobilis est devenu sur le terrain espagnol comme en France mobilis. C'est ce dont témoignent les formes mueble, moeble VIII 32, XXXIII 18, LXXII 34, LXXIV 32. Noble IV 7, XLV 20, etc. etc. est donc une forme léonaise. Moueble XIII 8, XVI 5 etc., doit son u à l'influence de mouer.

19. + y. En castillan un y qui suit empêche le passage de q à ue. En léonais, au contraire, on trouve souvent des exemples de ue dans ces conditions, voir Gessner p. 5, Munthe Ant. p. 29, M. P. p. 18. Les exemples trouvés dans les anciens textes

au

Cette forme, qui ne devrait pas figurer parmi les autres, puisqu'elle ne remonte pas à un mot avec l, doit représenter la forme agorador commune

castillan et au léonais, ayant aubi l'influence de aguero : aguorador, qui par l'assimilation de uo à l'a de la syllabe suivante est devenu aguarador. Cf. R. XX p. 392.

? Cf. Baist, Gr. p. 889, qui cite même la forme prebo des Castigos y documentos du roi Sancho (Rios IV 574).

léonais sont nueche < noctem, mueyo < mollio, cueya < colligat, ue uue (< hodie), uueyo K oculum). Nos documents contiennent les exemples suivants appartenant aux groupes I et II:

Pedro abrueyo I 25. Le mot abrueyo, employé ici comme nom propre, a les différentes acceptions de chausse-trape et vient de aperi oculum (Körting 722). Nous avons donc ici la forme de oculum citée tout à l'heure.

Pedro redrueyo XLI 94. Ce mot correspond au cast. redrojo grappillon qui reste après la vendange; fruit arriéré qui ne vient pas à maturité; enfant chétif. Nous sommes ici en présence d'une formation avec le suffixe -ŭclu. 1 Il paraît donc étonnant de trouver la diphtongue, mais c'est là un des exemples d'une fausse application de la diphtongue par un Léonais auquel elle était étrangère.

uuey XLIII 23, 41, LXXXIV 13, deuue XLVII 10,2 LVIII, 10 vuecho (< octo) LV 20.

cuecho (< coctus) LXXXI 20 (employé comme nom propre). A noter enfin les formes uuoy et aruoyo LXXXIII 12 et 37, qui cadrent bien avec les mots en uo, ua de ce document cités plus haut.

Si, comme nous l'avons supposé, la diphtongaison est originairement en léonais une transformation importée de dehors, il n'est pas étonnant de la voir appliquer dans des cas où elle ne se produit pas dans les régions où elle est autochtone. Nous avons vu en redrueyo un exemple de son application à l'o fermé et d'autres exemples sporadiques de ce phénomène sont cités par M. P. p. 17 et par Gessner p. 5. Il était d'autant plus naturel de l'appliquer à 9 suivi d'une palatale que le timbre de la voyelle était ici le même que dans les cas où ue devait légitimement être appliqué. Pour la persistance de cet ue dans certains parlers modernes de la région occidentale, cf. M. P. p. 18.

Post figure sous la forme de poys XVI 25 et CI 70. C'est donc la forme portugaise, un peu étonnante dans le doc. XVI qui est de Sahagun, mais probablement autrefois employée sur

1 Meyer-Lübke, Gram. II S 423. · Le mot ressemble plutôt à denne ( deinde ?).

un domaine plus étendu vers l'ouest qu'à présent. Quant à l'origine de pois, nous renvoyons à Meyer-Lübke, Gram. III, § 557, où les différentes formes romanes sont expliquées par post, postea et par la forme hybride *posti à laquelle remonterait entre autres le pois du portugais.

au

20. La diphtongue latine au se comporte en espagnol autrement que par exemple en français. Tandis que, dans cette dernière langue, elle s'est de bonne heure transformée en g et que u y a perdu toute valeur consonnantique, cet élément garde en espagnol longtemps la valeur d'une consonne. C'est pourquoi une explosive sourde ne passe pas après au à la sonore: paucum > poco, auca > oca, cautum > coto, etc. et c'est pourquoi gaudium devient gozo?. Ce caractère particulier de au apparaît aussi dans le passage en ou que subit cette diphtongue dans la partie occidentale du léonais et qui constitue un trait commun entre le dialecte de cette région et le portugais. Dans les deux dialectes, cet ou représente aussi un a latin suivi d'un { vocalisé. Les anciens textes examinés par M. Gessner offrent des exemples sporadiques de cette diphtongue, qui figure aussi bien à la syllabe tonique qu'en position atone. Nos documents rendent généralement au par o, mais offrent les exemples suivants de ou.3 cousa XC 2, 16, 20, 26, 34, XCI 1, XCII 1, 8, XCIV I,

XCVI 1, 6, 13, XCVIII 1, C1, CI 23. couto (< cautum) LXXXVIII 14, LXXXIX 21, XCI 22, XCVI

6, XCVII 12. pouco XCIV 5. ou LXXXVIII 12, 13, C 18. outro XC 23, 29, XCIII, 12, 20, 21, 34, XCII 16, XCIII

24, 30, 35, XCV 22, 23, 26, 34, 41, XCVI II, XCVII

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1 Menéndez Pidal Gram. S 47,3.
* Ib. S 53,3; Meyer-Lübke Gram. IS 510.

ou < avit se trouve mentionné dans le chap. consacré au verbe.

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