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Sur grans chevaulx leurs pages les suyvoyent,
Et à beau pied laquais de poinct en point,
Qui de drap d'or et de velous avoient
Le grant soyon, ou du moins le pourpoint.
Possible n'est de voir gens mieulx en point :
Le petit dart, le pongnart, la rapiere,
Chaulses, tirantes, perrucque singuliere,
De beau drap d'or la gorriere barrette,
Ou de velous, puis la bague tres chiere,
Et le plumart de faisant ou d'aigrette.

Curieux et amusant tableau, où perce, en face des Italiens étonnés sans cesser d'être narquois, la vanité un peu fanfaronne de notre caractère national, le penchant du Français à étonner le monde !

Brief on disoit tout veu et regardé :
Quoeste my pare oune grande merveille!...

Quand il eut reçu les clefs de la ville, le roi, à cheval et couvert d'une riche armure, se mit en marche sous un dais de drap d'or porté par quatre patriciens. Le peuple contemplait avec une admiration mêlée d'effroi la formidable armée, le long cortège de seigneurs, d'officiers et de valets précédant et suivant le monarque.

Le galant Charles ne paraissait pas moins attentif à un autre spectacle. Car,

Les Florentines à faces angeliques
Sur eschaffaulx, fenestres et tauldis,
Venisiennes, Rommaines auctentiques
Vindrent illec voir le roy des hardis,
Et leur sembloit estre en ung paradis
De voir Françoys en leurs terres marcher 1.

Le palais de la Via Larga avait été réparé à la hâte pour recevoir le roi. A peine y fut-il installé que les négociations recommencèrent. Les magistrats demandaient l'exécution du traité conclu par Pierre, pacte annulé, répondait Charles, par l'expulsion de Médicis : la ville était sa conquête; à lui seul de décider de son sort.

Bientôt il fit savoir à quel prix elle obtiendrait grâce : suzeraineté de Florence pour lui-même, rappel de Pierre avec tous ses honneurs.

Ces exigences réveillèrent l'énergie des citoyens. La Seigneurie repoussa, par ses délégués, des conditions déshonorantes.

Au roi qui parlait « de faire sonner ses trompettes », Capponi répondit : « Nous sonnerons nos cloches. »

Cette mâle réplique intimida les conseillers de Charles. Ils décidèrent leur maître à se relâcher de sa rigueur : les Pisans rentreraient sous le joug, mais

1. Le Vergier dllonneur. Petit in-folio gothique, avec figures, imprimé à Paris, sans date.

amnistiés pour leur révolte; la Seigneurie payerait au roi cent vingt mille florins en trois termes.

C'est encore un poète qui nous rendra la vive impression d'orgueil patriotique ressentie par les Florentins dans cette crise. Dans ses Decennali, – chronique rimée au style lapidaire, – Machiavel tient du Dante, sinon pour l'inspiration souveraine, du moins pour la magistrale concision, pour la rigueur ramassée du tercet :

Vous avez vu la cité en grand péril
Et des Français la superbe et le faste.
Et il n'y eut pas lieu pour sortir de la serre
D'un tel roi, et n'être pas vassaur,
De montrer peu de ceur ou moins de conseil.
Le fracas des armes et des chevaur
Ve put faire que ne fut print ouie
La voir d'un chapon entre cent cogs.
Tant que le roi superbe se départit.
Des les que la cité était, – il le comprit. –
Pour maintenir sa liberté, cnie 1.

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V. MACHIAVELLI, Ilmeen orm. 1. 29-39.

Dans cette revue des mæurs et des idées, les faits matériels ne nous intéressent que par les échos qu'ils réveillent dans les âmes, répétés par les poètes, ces échos, eux aussi, qui multiplient et activent les retentissements et les émotions.

Du nord au midi, du Phare aux Alpes, à l’Apennin, la Muse les répercute.

« Quelle haine, s'écrie le Napolitain Cariteo, quelle fureur, quelle ire cruelle, quelles planètes malignes, à cette heure, ont divisé vos volontés unies ! Quelle cruauté vous meut, ames italiennes, à livrer le sang latin à des peuples jaloux !... Et toi, sainte immortelle, terre de Saturne, mère des hommes et des dieux, reporte contre les barbares la guerre impie qui t'arme contre toi-même 1. )

A l'histoire politique de suivre le jeune vainqueur dans sa triomphante épopée.

Que glaner à cet égard après Commines et Guichardin ?

1.

Qual odio, qual furor, qual ire immane,

Quai pianete maligni,

Han vostre voglie unite hor sì divise ?
Qual crudeltà vi muove, o spiriti insigni,

O alme Italiane,

A dare il Latin sangue a genti invise ?
. . . . . . . . . . . . .
Et tu, santa immortal, saturnia terra,

Madre d'uomini et dei,
Nei barbari converti hor l'impia guerra.

CHAPITRE XXIII.

CRISE RELIGIEUSE. - SAVONAROLE.

Cette expédition d'Italie est comme un roman de chevalerie, sorte de geste, renouvelée du Moyen-Age au début d'une période très positive, où s'assit la politique d'équilibre appelée à régler pour longtemps les rapports des peuples européens.

Mais l'histoire intellectuelle est, elle aussi, en ce moment même en face d'un autre roman, – d'une utopie en action poursuivie par un moine, au nom d'un principe, qui, pour mystique qu'il soit, ne s'en traduisit pas moins dans une moitié de notre Occident par des résultats effectifs et temporels d'une capitale importance.

Je veux parler de l'idée religieuse étroite représentée en Italie par Savonarole en opposition avec la Renaissance. Si, sous la forme dans laquelle celui-ci la contint, cette idée ne menaçait pas directement l'Église hiérarchique, comme elle le fit avec Luther, elle était pourtant en contradiction réelle avec l'esprit et les tendances de l'autorité cléricale.

L'Europe occidentale touchait à une nouvelle crise théologique.

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