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Lui assurer le duché d'Urbin devint le mobile de la politique pontificale.

Jean de la Rovère, neveu de Sixte IV et frère du cardinal Julien de la Rovère, qui fut Jules II, avait épousé, en 1473, Jeanne, sæur de Guid' Ubaldo de Montefeltro, duc d'Urbin. Le fils qu'il eut de cette princesse succéda à son oncle maternel. Ce La Rovère, greffé aux Montefeltro, race littéraire et militaire, hérita des heureuses dispositions de ces guerriers, protecteurs des lettres et des arts. La dynastie et la petite cour d'Urbin ont mérité les éloges enthousiastes du comte Baldessar Castiglione, dans cette langue exquise et harmonieusement colorée du Cortegiano, où se côtoient bonhomie et grâce aristocratique.

« – Au penchant de l'Apennin, presque au milieu de l'Italie, vers la mer Adriatique, est située (comme chacun sait) la petite cité d'Urbin, laquelle, bien que placée entre monts, et moins riante que peut-être quelques autres villes qu'on voit en maints lieux, a pourtant à un tel point le ciel favorable, que le pays d'alentour est très fertile et plein de fruits, de manière que, outre la salubrité de l'air, il s'y trouve une grande abondance de toutes choses servant à la vie de l'homme. Mais, entre les grandes félicités qu'on lui peut attribuer, celle-ci à mon sens est la principale, que, dès longtemps jusqu'à ce jour, elle a été gouvernée par d'excellents seigneurs, quoique dans les calamités universelles des guerres de l'Italie elle en ait été entre temps privée. Mais, sans chercher plus longuement, nous pouvons de notre dire faire bon témoignage à cause de la glorieuse mémoire du duc Frédéric, lequel en ses jours fut la lumière de l'Italie; les témoins ne manquent pas, vrais et explicites, et encore en vie, de sa prudence, humanité, justice, libéralité, de

son âme invaincue et de sa discipline militaire, desquelles surtout font foi ses nombreuses victoires...)

Mais traduire, c'est outrager ce style adorable à l'allure continue, bien sonnante, sans enflure, délicate, sans miévrerie... Beau fleuve déroulant au ras de ses rives ses méandres paisibles égayés par les reflets d'un ciel chatoyant et chaud !

« Nè mancano veri ed amplissimi testimonj, che ancor vivono, della sua prudenza, della umanità, della giustizia, della liberalità, dell' animo invitto, e della disciplina militare; della quale precipuamente fanno fede le sue tante vittorie, le espugnazicni de' luoghi inespugnabili, la subita prestezza nelle espedizioni, l'aver molte volte con pochissime genti fugato numerosi e validissimi eserciti, nè mai esser stato perditore in battaglia alcuna; di modo, che possiamo non senza ragione a molti famosi antichi agguagliarlo. Questo tra l'altre cose sue lodevoli, nell'aspero sito d'Urbino edificò un palazzo, secondo la opinione di molti il più bello che in tutta Italia si ritrovi; e d'ogni opportuna cosa sì ben lo fornì, che non un palazzo, ma una città in forma di palazzo esser pareva; e non solamente di quello che ordinariamente si usa, come vasi d'argento, apparamenti di camere di ricchissimi drappi d'oro, di seta, e d'altre cose simili : ma per ornamento v' aggiunse una infinità di statue antiche di marmo e di bronzo, pitture singularissime, instrumenti musici d'ogni sorte; nè quivi cosa alcuna volse se non rarissima ed eccellente. Appresso con grandissima spesa adunò un gran numero di eccellentissimi e rarissimi libri Greci, Latini, ed Ebraici, i quali tutti ornò d'oro e d'argento, estimando che questa fosse la suprema eccellenza del suo magno palazzo 4. )

1. Del Cortegiano, lib. I, p. 16-17,

Guid' Ubaldo, son fils, et la femme de celui-ci, Élisabeth, des Gonzaga de Mantoue, obtiennent les mêmes éloges. Et Castiglione narre avec non moins d'amour et de charme les divertissements, les doctes entretiens, des beaux-esprits, des cavaliers et des belles dames, qui se réunissaient autour du duc et de la duchesse... Ne dirait-on pas le prélude inédit de quelque conte du Décaméron?

« Toujours on y trouvait madame Emilia Pia, laquelle, pour être douée d'un si vif esprit et jugement, comme vous savez, paraissait la maîtresse de tous... Là donc, les suaves raisonnements et les honnêtes facéties avaient cours, et sur le visage de chacun se voyait peinte une expansive hilarité, de manière que cette maison se pouvait nommer la propre demeure de la gaieté; et je ne crois pas que jamais en autre lieu on ait goûté quelle est la douceur qui dérive d'une compagnie aimable et chérie, comme on le vit là en un temps. Sans parler de l'honneur qu'il y avait pour chacun de nous à servir un tel seigneur,... un suprême contentement gagnait l'âme de chacun, chaque fois que nous nous retrouvions en présence de madame la Duchesse; et il semblait qu'elle fût une chaîne qui tous en amour nous tint unis, tellement que jamais ne fut concorde de volonté ou amour cordial entre frères plus grand que celui qui là régnait entre tous. »

Cette « chaîne d'amour » n'achève-t-elle pas le tableau, platonicienne reminiscence que Marsile eût avouée, et qui semble, dans les bosquets du château d'Urbin, un écho des jardins de Careggi?

1. Del Cortegiano, loc. cit.

« ... Dico, che consuetudine di tutti i gentiluomini della casa era ridursi subito dopo cena alla Signora Duchessa; dove tra l'altre piacevoli feste, e musiche, e danze, che continuamente si usavano, talor si proponeano belle questioni, talor si faceano alcuni giuochi ingegnosi ad arbitrio or d'uno, or d'un' altro; nei quali, sotto varj velami spesso scoprivano i circonstanti allegoricamente i pensier suoi a chi più loro piaceva“. »

Musique, danse, jeux de société, énigmes amoureuses qu'on pose et qu'on devine!... On descend le fleuve du Tendre, ou l'on joue discrètement sur ses rives. Aux galanis ébats d'un hôtel de Rambouillet s'enlacent sur la même thèse les controverses d'une cour d'amour au Moyen-Age, et, comme sous les platanes d'Académos, le déduit alterné de deux sages.

« Qualche volta nasceano altre disputazioni di diverse materie..., dove di tali ragionamenti maraviglioso piacere si pigliava, per esser, come ho detto, piena la casa di nobilissimi ingegni; tra i quali, come sapete, erano celeberrimi il Signor' Ottavian Fregoso, M. Federico suo fratello, il Magnifico Giulian de' Medici, M. Pietro Bembo, M. Cesar Gonzaga, il Conte Lodovico da Canossa, il Signor Gaspar Pallavicino, il Signor Lodovico Pio, il Signor Morello da Ortona, Pietro da Napoli, M. Roberto da Bari, ed infiniti altri nobilissimi cavalieri ; oltra che molti ve n'erano, i quali avvenga che per ordinario non stessino quivi fermanente, pur la maggior parte del tempo vi dispensavano; come M. Bernardo Bibiena, l'Unico Aretino, Giovan Cristoforo Romano, Pietro Monte, Terpandro, M. Nicolò Frisio; di modo, che sempre Poeti, Musici, e d'ogni sorte uomini piacevoli, e li più eccellenti in ogni facultà che in Italia si trovassino, vi concorrevano 2. »

1. Del Corteg., loc. cit., p. 21. 2. Del Corteg., loc. cit., p. 21. 22.

Était-ce au grand arbitre du goût et du savoir de clore brutalement ces assises de l'esprit et de l'élégance sociale? – Moins qu'à tout autre.

C'est pourtant ce que fit Léon X, en réclamant pour son neveu les domaines du duc d'Urbin, FrançoisMarie de la Rovère (1516). Le furieux monitoire qu'il lança contre lui fut le signal de l'invasion et de la conquête de ses États par Laurent, assisté des condottieri Renzo da Ceri, Vitello Vitelli, et Jean-Paul Baglioni. Le héros du condottiérisme lui-même, le futur Jean des Bandes Noires, Jean de Médicis, fit pour son cousin de la branche aînée ses premières armes dans cette campagne: type brillant et robuste du partisan, dont les mæurs soldatesques n'excluaient pas une sorte d'élégance sauvage, le goût des arts, et de l'esprit, et même, à travers les déchaînements d'une vie sans frein, - des accès de justice et d'humanité. Témoin, au piédestal de sa statue sur la place Saint-Laurent de Florence, le basrelief où Bandinelli l'a figuré défendant des prisonnières contre les brutales convoitises de ses soudards... C'est le Gran Diavolo (ainsi l'appelèrent ses bandes), protecteur de l'universel distributeur des louanges qu'on paye, condottiere de la plume comme Jean l’était de l'épée, l'Unico Aretino!!

En dépit de son énergique résistance, François-Marie fut vaincu. Ce qui peint l'esprit du temps, ses inconsé

1. Voy. Leltres familières de l'Arétin; Paris, 6 vol., t. I.- PHILARÈTE Chasles, Études sur Shakspeare, Marie Stuart, l'Arétin; Paris, Amyot.

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