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avec un LAURIER (Lauro), et auprès « celle que le ciel nous envoie comme exemple des splendeurs du chậur éternel, tissée au milieu d'une guirlande, toute vêtue d'azur et de belles fleurs d'or»; et ce laurier est en partie verdoyant, en partie desséché.

Laurent a pour acolytes Giovanni Ubaldino et Carlo da Forme. Parmi les chevaux de main qu'on mène à sa suite, est le Prince, gris pommelé, de très haute taille, et «dont les puissants assauts sont d'un éléphant ». En riches gonerons blanc, vert et pourpre, brodés d'un rosier couvert d'un côté de roses sèches, de l'autre n'ayant gardé que ses épines, douze adolescents accompagnent le fils de Cosme :

Paolanton de' Soderini ;
Giovan Cavalcanti;
Bernardo Bucellai;
Giovanbatista de' Ridolfi;
Pier di Gino Capponi;
Alessandro di Boccaccino;
Francesco Gherardi;
Pier Corsino;
Pier degli Alberti;
Il Marsupin;
Giulian Pianciatichi ;
Andrea Carnesecchi.

Entre plusieurs chevaux de main, ce qu'il faut voir, c'est le coursier de guerre caparaçonné d'azur, avec la fleur de lys, « octroi du roi très chrétien ». Sa housse est semée et de roses fraîches et de roses pâles et languissantes. Il s'appelle par antiphrase Falsamico (faux ami). Laurent le monte pour jouter. Mais la merveille, c'est le rubis-balais qui flamboie à sa poitrine « comme chérubin et séraphin. »

Messer Francesco da Sassatella;
Jacopo Guicciardin ;
Pier Francesco de' Medici;
Filippo Tornabuoni.

Voici Julien; le second fils de Cosme, sur un destrier tout couvert d'acier de Milan, est suivi d'un long cortège : troupe de hérauts, le fidèle Ulivieri, Strozzo degli Strozzi son frère, Anton Boscol, Bernardo Bon, Malatesla, il Ciampello, le favori de Julien, son mignon (?),

Giovenco suo che 'l servia volentieri.

a Son jeune taureau qui le servait volontiers. »

Tous vêtus de gonelles de velours violet. Puis venait une bande en sauvages des Canaries. Cent valets criant: Palle! Palle! en pourpoint de velours azur semé de lucioles; fifres, trompettes, tambours.

Puis s'avancent ensemble deux des Pazzi, Guglielmo, montant Almonte, et Francesco montant Roman. Sur leur bannière, une demoiselle en robe pourpre est peinte sous un pin; d'un air humble, elle fait tomber de l'arbre fruits et rameaux. «A ses pieds, un petit chien blanc et joli n'aspire qu'à lui obéir, et de ces rameaux se fait un gite. » Au cimier du cheval de Guglielmo, « un paon tient la patte droite en l'air; il pose l'autre au milieu d'une flamme ». Un beau dauphin s'approche du feu dont il se rit comme une salamandre. Guglielmo porte au poing un autour. Une nombreuse escorte à cheval et armée de lances l'accompagne. Le chevalier inconnu en heaume secret (coll

' elmo secreto) vient le dernier.

Les portes sont closes.
On compte douze bannières.

Vingt et un chevaliers luttent un à un avec des chances diverses contre un pareil nombre de champions successifs : Bonifarte contre Pier Vespucci; Dionigi contre Giovanni Ubaldino; Laurent, qui est descendu de Falsamico pour monter sur Baiardo contre Borromei; Carlo da Forme contre Guglielmo de' Pazzi; Benedetto Salutati contre un des barons envoyés par Bernardino da Todi; Braccio de' Medici contre Laurent; Francesco contre Pieranton de' Pitti; Bracciolino contre Pier Pitti; Riccio contre l'autre baron envoyé par Bernardino; Silvestro Benci contre Ubaldino; Laurent (pour la troisième fois) contre Carlo da Forme; Benedetto contre Francesco de' Pazzi; Braccio contre Pier Pitti; Pier Vespucci contre Carlo da Forme; Riccio contre Bracciolino; Pierantonio contre Dionigi; Carlo Borromei contre Guglielmo de' Pazzi, dont le cheval Fellone « semble danser la ronde ».

Il soufle, et mord, et tire à l'étrier,
Tantôt fait le dragon, puis la girafe!

Braccio se mesure avec Carlo da Forme; Jacopo avec le terrible Guglielmo; Laurent avec Benedetto Salutati; Dionigi avec Borromei... Mais, dans ces luttes de couples, - réglées par le programme, – interviennent des mêlées : secourus par des frères d'armes, les preux s'escriment dans une vaillante confusion où Laurent fait merveille.

Il change deux fois de cheval.

Dunque la giostra pareva confusa,

Chè dov'è moltitudin, sempre avviene;
Così tutte le cose al mondo s'usa,
E sempre chi fa tosto non fa bene.

Ma dirò quel che si potre' pur dire,
Chè molto santa cosa è l'obbediret.

Ils semblent barons de Paris,
Tant la terre tremble. . .

Baron di Parigi !... Je flaire un peu l'hyperbole ! Ces combats inspirés par la lecture des Reali de France me semblent l'imitation adoucie, à armes courtoises, des tournois décrits par ces poèmes chevaleresques, et comme un avant-goût des carrousels si à la mode au dix-septième siècle, et qui furent la transformation dernière des rudes joutes du Moyen-Age. A la fin de la lutte, on voit Laurent jeté par terre avec son destrier du heurt de celui de Francesco de' Pazzi. Au milieu de l'émotion générale, et avant qu'on ait relevé sans blessure le prince de la jeunesse florentine, le poète, digne frère de Luigi, place un épisode grotesque : une sorte de bouffon, Cino,

1. « Doncques la joute paraissait confuse, ce qui arrive partout où il ya multitude; il en advient pareillement dans toutes les choses du nionde, et toujours qui fait vite ne fait pas bien..... Mais je dirai ce qui peut toutefois se dire, que moult sainte chose est l'obéir. »

... Vedendo LORENZO non si rizza,
Si pose a bocca un gran fiasco di vino,
E bevvel tutto quanto per la stizza;
Ma poi che vide, che 'l suo paladino
Era già dritto, e come un barbio guizza,
Ricominciò a suonar per festa il corno

Pur da gambassi molto chiaro il giorno.
A ogni giuoco Cino volea bere.

« Voyant que Laurent ne se relève, il se pose à la bouche un grand flacon de vin et le boit tout de malerage ; mais, après qu'il a vu que son paladin est déjà debout, et qu'il frétille comme un barbillon, il recommence à sonner joyeusement de la trompe et fete allègrement le jour par ses gambades (?).

» A tout jeu, Cino voulait boire. . .

» Les jouteurs Otèrent le heaume de leur tête et mirent fin à si longs labeurs; au Jouvenceau fut donné avec grande fête le premier honneur de Mar; par le laurier : l'autre fut donné à Charles Borromée. Adoncques ils attribuerent justement cela, le laurier à Laurent, la renommée à la Renommée, et du balcon toutes les dames descendirent.

» Et maintenant, o mon Laurent, tu as mérité la guirlande de fleurettes nouvelles; maintenant a son cours la foi acceptée et donnée dans la maison de ton Braccio Martelli...

» On marquera ton âge avec une pierre blanche : puisses-tu etre heureux longtemps ! Nous toucherons si doucement notre luth qu'Eurydice sera ravie à Pluton. Nous te ferons ici divin,

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