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M. ARTHUR DE LA BORDERIE

La mort de M. de la Borderie a provoqué, en Bretagne, d'unanimes regrets. Tout le monde a été d'accord pour rendre justice aux éminentes qualités d'esprit et de ceur qui le distinguaient : personne, au XIXe siècle, n'a mieux aimé la Bretagne et n'a plus contribué à la faire connaître pour

la mieux faire aimer. Sa vie tout entière, depuis le collège, a été consacrée à l'étude et à la glorification de sa province natale. Histoire, littérature, art, il a tout vu, tout étudié. Les monuments épars sur notre sol ne l'ont pas moins occupé que les documents historiques; beaucoup doivent leur conservation à son zèle éclairé.

La Faculté a plus d'une raison de s'associer à ce deuil en quelque sorte national. M. de la Borderie a été un collaborateur des plus précieux pour nos Annales, auxquelles il n'a cessé de porter le plus vif intérêt. De plus, il était en quelque sorte des nôtres par son cours libre d'histoire de Bretagne. Il avait voulu en entrant parmi nous montrer qu'il comprenait l'importance du rôle que notre Université régionale était appelée à jouer et provoquer par son exemple un actif mouvement de sympathie pour elle en Bretagne. Il avait même fait, à Saint-Malo, une conférence pour grouper les amis de l'Université, et il n'y a pas de doute qu'il n'eût constitué une société puissamment ramifiée dans tous les départements bretons, si des circonstances imprévues n'étaient venues paralyser son dévouement. En acceptant un cours à l'Université, M. de la Borderie nous faisait un réel sacrifice : il n'était pas, en effet, suspect d'une grande sympathie pour l'enseignement de l'Etat. Il en fut récompensé par un surcroit de popularité : notre grand amphithéâtre était trop étroit pour

le public qui venait l'applaudir. Il doit de plus à cette bonne action d'avoir enfin publié (incomplètement, hélas !) cette histoire générale de la Bretagne qu'il méditait depuis de longues années et dont il ne pouvait se résoudre à coordonner les matériaux depuis si longtemps réunis. Ce sont, en effet, ses cours rédigés au fur et à mesure des besoins de son enseignement, qui ont formé le noyau, le corps de son histoire et qui lui ont donné sa forme et son caractère : c'est une histoire causée, racontée par un savant Breton à un sympathique auditoire de compatriotes.

J. L.

NOTES DE PHONÉTIQUE DIALECTALE

1. Le groupe c'hw.

Dans la région du département du Finistère située à l'ouest de Quimper et au sud de Douarnenez le groupe. c'hw est devenu f(1). Ainsi on dit : fec'h ou fe « six », fenna « sarcler », fero « amer », fis « odeur », feur « février », fesi « suer », fezek « seize », fi « vous », fil « hanneton », fitelet « siffler », alfe « clef », melfet « escargot ». C'est sans doute de cette région que sont venus les mots fival « remuer » et fibu (var. fubu) « moucheron » attestés dans la langue commune au lieu de *c'hwival (gall. chwyfio) et à côté de la forme régulière c'hwibu (2) qui existe également.

La plupart de ces mots ont une parenté indo-européenne et remontent à une forme sw-. Mais il s'en faut de beaucoup que tous les mots dont la forme préceltique commençait par swcommencent aujourd'hui par f dans la région en question. Ainsi on y dit c'hoanen, c'hoen « puce, puces », c'hoan « désir », c'hoar « seur », c'hoari « jouer », c'hoars « rire », c'hoa « encore ». C'est que le groupe c'hw (issu de sw), de même que le groupe gw (issu de w), a évolué de deux façons différentes, comme le fait remarquer M. Loth, suivant la

(1) Le fait a déjà été signalé brièvement par M. Loth (Revue celt., XVIII, 236) qui semble le limiter au cas de l'initiale ; on voit par les exemples ci-dessus qu'il est également intérieur,

(2) Si toutefois il faut partir d'un groupe sw. primitif. M. Henry (Lexique Etym. s. v.) enregistre une conjecture de M. Thomas d'après laquelle le mot serait un emprunt à l'anglo-saxon; il est curieux alors qu'on n'en trouve aucune trace en gallois. Ne peut-on pas plus simplement rattacher le mot à la racire de c'hwes « souffle o, c'hwibana « siffler » etc., à cause du bourdonnement de l'insecte; cf. le gallois chwibanu « siffler »), chwibio « vibrer, triller ».

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