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L m'est souvent arrivé, au cours de ma vie de

publiciste danois en France, de recevoir la visite

d'amis ou de connaissances venus me demander de les renseigner sur une question relative au Danemark. Cela m'a obligé à faire des recherches et j'ai pu constater avec satisfaction que la littérature française sur le Danemark est bien plus importante qu'on ne le croit généralement.

C'est ainsi que j'ai été amené tout d'abord à constituer un jeu de fiches bibliographiques. Puis, lorsque la France, en vieille et fidèle amie de ma patrie, manifesta, pendant la guerre mondiale, sa volonté de donner, après la victoire, une solution à la question du Slesvig danois, comme aux autres problèmes nationaux posés par l'esprit de conquête et d'oppression de l'Allemagne prussienne, ce fut pour moi un vrai besoin moral de retracer, à travers la littérature ancienne et moderne, les relations des deux pays et des deux peuples alliés pendant de longs siècles.

La collection de fiches devint bientôt une collection d'ouvrages français sur le Danemark. L'intérêt et le charme de la compagnie des livres exerçaient d'autant plus sur moi leur douce influence que les dures années de guerre me séparaient de ma patrie et surtout de mes compatriotes du Slesvig danois, dont la cause m'avait toujours tenu au cậur, et qui, dans l'armée prussienne ou au foyer vide et froid, vivaient et mouraient dans la misère. Alors, aux heures graves et angoissantes, les livres étaient , consolateurs muets, témoins discrets et fidèles de la sympathie de la France à l'égard de ma patrie.

Cependant, je ne devais pas tarder à constater que l'étendue de la littérature française sur le Danemark ne pouvait pas se mesurer uniquement d'après les indications données par les volumes de Quérard et de Brunet, pour les époques anciennes, et par la bibliographie de Lorenz pour les temps modernes. Quels que soient le soin et la science avec lesquels le classement méthodique a été fait par les auteurs de ces excellents outils bibliographiques, ceux-ci ont trop tenu compte

des seules indications du titre même les ouvrages enregistrés pour avoir pu réussir à refléter exactement, sous les différentes rubriques consacrées au Danemark (ou aux pays scandinaves), l'image de la littérature française relative à ce sujet sous toutes ses variations. De même, Quérard et Brunet, conformément aux plans de leurs travaux, ont été beaucoup trop éclectiques dans le choix des livres à admettre aux répertoires pour que ceux-ci pussent répondre aux nombreuses questions que poserait un spécialiste j'allais dire : un monomane.

Il a donc été nécessaire d'élargir lu base établie par les bibliographies actuelles. Pour ce faire, deux tâches s'imposaient, également longues et, parfois, un peu fatigantes, mais promettant toutes les deux des découvertes intéressantes et peut-être même quelques surprises : il fallait demander aux notes, aux renvois et aux citations des livres déjà incorporés dans la collection les titres de nouveaux sujets de recherches, et il fallait réclamer aux libraires-antiquaires de Paris l'assistance de leur expérience, de leurs souvenirs et de leurs classeurs.

De ces deux travaux, c'est incontestablement le premier qui a conduit le plus loin. Une collection de livres sur un sujet bien défini est comme une boule de neige. Réunie un peu au hasard, elle commence, petite et hésitante, sur un ou deux rayons d'une bibliothèque. A peine les livres ont-ils été lus et compulsés qu'ils vous ont déjà

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