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en vers, 153o, in-4°; Traité de la sacration de Jean Castellan, hérétique, 1534, in-4° ; Histoire de la victoire du duc Antoine contre les Luthériens , Paris, 1526, in-fol.

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VOLPI ( J.-Ant. ), académ. de la Crusca, cél. philologue et littérateur, né à Padoue en 1686, où il m. en 1766, professeur de philosophie s# ouvr. sont : Catulli Tibulli , Propertii carmina recensita, Patavii, 171o ; Discours académiques, Padoue, 1723 ; De utilitate poetices liber, ibid. , 1743 ; Carmina et opuscula , ibid. ,. 1725 ; OEuvres diverses latines ou italiennes, ibid., 1735 ; Opuscula philosophica, ibio., 1744. - VoLPI (D. Gaëtan), sav. ecclésiast., son frère, né à Padoue en 1689, contribua comme lui à illustrer la littérature italienne, et laissa beaucoup d'ouvrages, tous dans sa lang, maternelle, dont l'énumération est trop longue.

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ancien notaire à Paris, trésorier de la chambre des comptes. Il prit le nom de Voltaire, d'après l'usage établi dans la bourgeoisie riche. La fortune dont jouis† Arouet procura deux g. avantages à son fils; d'abord celui d'une éducation soignée et celui d'une fortune indépendante. Voltaire, accusé d'avoir fait une satire contre la mémoire de Louis XIV, fut mis à la bastille ; c'est là qu'il ébaucha le Poème de la Ligue, corrigea sa tragédie d'OEdipe, et fit une pièce de vers fort gaie sur le malheur d'être à la bastille. Après six mois de détention, il ne recouvrit sa liberté qu'à condition # sortirait du royaume. L'angleterre

ut son asile. Il sit imp. à Londres la Henriade. Le roi Georges Ier, et surtout la princesse de Galles, qui depuis fut reine, lui accordèrent des gratifications et lui procurèrent beaucoup de souscript., ce qui le mit dans une grande aisance. C'est à son séjour dans ce pays

ue nous sommes redevables des tragéd.

e Brutus et de la Mort de César. Ilrevint en France, en 1728. Le décès de son père et de son frère lui laissèrent environ4o,ooo liv. de rente. Duverney lui ayant procuré un intérêt dans les vivres de l'armée, il en retira plus de 8oo,ooo liv. Ces divers capitaux accumulés lui procurèrent 14o,ooo liv. de rente. Voltaire donna, en 1732, Zaire. Le succès passa ses espérances. Cette pièce fut suivie d'Adélaide du Gueselin. Ce fut peu de tems après qu'il fit impr. son Temple du goutSes Lettres philosophiques, c'est-à-dire, Lettres sur les Anglais, furent l'époque d'une révolut. Le clergé demanda la sup

ression des Lettres sur les Anglais, et § par un arrêt du conseil. # garde des sceaux fit exiler Voltaire, qui alors absent, fut averti à tems ; il se retira pendant plusieurs années chez la marquise du Châtelet, près Vassi en Cham# , et il y fit bâtir une galerie où l'on

t toutes les expériences sur la lumière et l'électricité. Il travailla en même tems à ses élémens de philosophie de /VewtonC'est à Cirey, qu'il fit Alzire, Zulime, Mahomet ; # acheva ses Discours sur l'homme ; qu'il écrivit l'Histoire de Charles XII, prépara le siècle de Louis XIV , et rassembla des matériaux pour son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations , depuis Charlemagne jusqu'à nos jours. Mahomet fut d'abord joué à Lille en 1741. On osa la risquer à Paris, mais on obtint du cardinal de Fleuri , d'en faire défendre la représentationVoltaire prit le Parti d'envoyer sa pièce

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à Benoît XIV, avec deux vers latins pour son portrait. Lambertini, pontife tolérant, mais homme de beaucoup d'esprit, lui répondit avec bonté et lui envoya des médailles. Crébillon, censeur de la police, fut plus scrupuleux que le »ape. Il ne voulut jamais consentir à † jouer cette pièce à Paris. En 1751 , d'Alembert nommé par le comte d'Argenson pour examiner Mahomet, eut le courage de l'approuver. Zulime n'eut point de succès. La Vie de Charles XII, est le premier morceau d'histoire que Voltaire ait publié. C'était en vain ue Voltaire avait cru que la retraite de § le déroberait à la haine : il n'avait caché que sa personne , et sa gloire importunait encore ses ennemis. Un libelle où l'on calomniait sa vie entière, vint troubler son repos. L'auteur de ce libelle, l'abbé Desfontaines, devait à Voltaire sa liberté et peut-être la vie. La liaison ui se forma vers le même tems , entre V§ et le prince royal de Prusse , était une des premières causes des emportemens où ses ennemis se livrèrent alors contre lui. Frédéric, en montant sur le trône, ne changea point pour Voltaire. Les soins du gouvermement n'affaiblirent ni son goût pour les vers, mi son avidité pour les ouvrages conservés alors dans le porte-feuille de Voltaire, et dont, avec madame Duchâtelet , il était presque le seul confident; mais une de ses premières démarches, fut de faire suspendre la publicat. de l'Anti-Machiauel, Voltaire obéit; il alla le voir à Wesel, et fut étonné de trouver un jeune roi en uniforme sur un lit de camp, ayant le frisson de la fièvre. Cette fièvre n'empêcha boint le roi de profitcr du voisinage pour † payer à l'évêqne de Liége une ancienne ৠoubliée. Voltaire écrivit le »mémoire qui fut appuyé par des soldats; et il revint à Paris, content d'avoir vu son héros. Mais il résista aux offres qu'il lui fit pour l'attirer auprès de lui, et référa l'amitié de madame Duchâtelet à la faveur d'un roi, et d'un roi qui l'admirait. Le cardinal de Fleuri m.; Voltaire fut désigné pour lui succéder dans l'Acad. franç. Voltaire désirait une lace à l'Académie, pour sc mettre sous î'égide de ce corps à l'abri de nouvelles traverses, mais Maurepas l'en écarta; il fut enfin rcçu en 1746.Voltaire fut chargé de composer une pièce pour le premier mariage du Dauphin. Il fit la Princesse de IVavarre. On lui donna la charge de gen1ilh. ordinaire, et la place d'historiographe de France. Il retourna encore à Cirey, et bientôt après avec la marquise

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Stanislas. Voltaire menait une vie douce et tranquille lorsqu'il eut le malheur d'

perdre son amie. Madame du Châteles mourut au moment où elle venait de ter. miner sa traduction de Newton, dont le travail forcé abrégea ses jours. Le roi vint consoler Voltaire dans sa chambre, et pleurer avec lui. Il revint à Paris, et se livra au travail; il se lassait d'entendre tous les gens du monde, et la plupart des gens # lettres lui préférer Crébillon. Voltaire voulut se venger, et forcer le public à le mettre à sa véritable place , en donnant Sémiramis, Oreste et Rome sauvée, trois sujets que Crébillon avait traités. Voltaire fit ces trois pièees à Sceaux chez madame la § du Maine. Elle aimait Cicéron, et c'était pour le venger des outrages de Crébillon, qu'elle excita Voltaire à faire Rome sauvée. Il avait envoyé Mahomet au pape ; et dédia Sémiramis à un cardinal. Ce fut à cette époque qu'il consentit enfin à céder aux instances du roi de Prusse, et qu'il accepta le titre de chambellan, la grande-croix de l'ordre de mérite, et une pension de 2o,ooo livres. ll se voyait -dans sa patrie l'objet de l'envie et de la haine des gens de lettres. Voltaire arriva à Postdam au mois de juin 175o. Il trouva dans le palais du roi de Prusse, la paix et presque la liberté, sans aucun autre assujétissement que celui de passer quelques heures avec le roi, pour corriger ses ouvrages et lui apprendre les secrets de l'art d'écrire. Il soupait presque tous les jours avec lui. † perfectionna † de ses tragédies, acheva le Siècle de Louis XI V , corrigea la Pucelle , travailla à son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations , et fit le Poème de la loi naturelle.

La Métrie dit à Voltaire que le roi, auquel il parlait un jour de toutes les marques de bonté dont il accablait son chambellan, lui avait répondu : j'en ai encore besoin pour revoir mes ouvrages : on suce l'orange, et on jette l'écorce. Voltaire piqué, forma le projet de s'échapper. En même tems, on dit au roi que Voltaire avait répondu un jour au général Manstein, qui le pressait de revoir ses Mémoires : Le roi m'envoie son linge à

blanchir, il faut que le vôtre attende.

Qu'une autre fois, en montrant sur la table un paquet de vers du roi, il avait dit dans un moment d'humeur : cet

homme là, c'est César et l'abbé Cottin.

L'histoire du fameux différent du poète

français avec le président de l'acad. de

Berlin , fut suivie de la disgrace la plus •omplète.Voltaire ayant fait imprimer sa

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Diatribe d'Akakia, contre Maupertuis,

le roi , qui n'aimait pas ce dernier , mais qui était jaloux de son autorité, fit brûler cette plaisanterie par le bourreau: Voltaire, outragé, lui renvoya sa croix, sa clef et le brevet de sa pension , avec CES quatre VerS :

Je les reçus avec tendresse,

Je les renvoie avec douleur, Comme un amant, dans sa jalouse ardeur,

Rend le portrait de sa maitresse,

Il écrivit de Berlin , où il était malade ,

our demander une permission de partir.

e roi de Prusse, qui ne voulait que l'humilier et le conserver, lui envoyait du quierquina, mais point de permission. Voltaire écrivait qu'il avait besoin des eaux de Plombières; on lui répondait qu'il y en avait d'aussi bonnes en Silésie. Enfin, Voltaire prit le parti de demander à voir le roi : il se fsatta que sa vue réveillerait des sentimens qui étaient plutôt révoltés qu'éteints. On lui renvoya ses anciennes décorations, il courut à Postdam, et vit le roi; quelques instans suffirent pour tout changer. Il se rendit à Léipsick, où il s'arrêta pour réparer ses forces. Maupertuis lui envoya un cartel ridicule, qui n'eût d'autre effet que d'ouvrir une nouvelle source à ses intarissables plaisanteries. De Léipsick , il alla chez la duchesse de Saxe-Gotha, princesse qui cultivait les lettres et aimait la philosophie. ll y commença pour elle ses Annales de l'Empire. De Gotha il part pour Plombières, et prend la route de Francfort Maupertuis voulait une vengeance : son cartel n'avait pas réussi. Il excita l'humeur du roi de Prusse. La lenteur du voyage de Voltaire, son séjour à Gotha, un placement considérable sur sa tête et sur celle de madame Denis, sa nièce, fait sur le duc de Virtemberg, tout annonçait la volonté de quitter pour jamais la Prusse; et Voltaire avait emporté avec lui le Recueil des CEuvres poétiques du roi, alors connu seulement des beaux esprits de sa cour. Frédéric donna ordre à un fripon bréveté qu'il entretenait à Francfort, d'arrêter Voltaire, et de ne le relâcher que lorsqu'il aurait rendu sa croix, sa clef, le brevet de pension, et les vers que Freitag appelait l' OEuvre des poeshies du roi son maître. Malheureusement ces vol. étaient restés à Léipsick. Voltaire fut étroitement gardé pendant trois semaines; madame Denis, sa nièce, qui

était venue au devant de lui, fut traitée , avec la même rigueur; entin on remit

entre les mains de Freitag, l'OEuvre de poeshies, et Voltaire fut libre. Echappé de Francfort, il vint à Colmar. Le roi ! de Prusse, honteux de sa ridicule colère, désavoua Freitag. Voltaire n'avait publiés à Berlin que le Siècle de Louis XI pr, la seule histoire de ce règne que l'on puissa lire. Voltaire passa près de deux années en Alsace. C'est pendant ce séjour qu'iI publia les Annales de l'Empire. † taire fit une tentative pour obtenir, non la permission de revenir à Paris (il en eut toujours la liberté), mais l'assurance # n'y serait pas désagréable à la coura réponse ne fut pas rassurante; Voltaire se trouva sans asile dans sa patriell se determina à aller prendre les eaux d'Aix en Savoie.A sonpassage par Lyon, ses pièces furent jouées devant lui au bruit des acclamations. Il fixa enfin sa demeure à Ferney en France avec mad. Denis, sa nièce, alors veuve et sans enfans. Elle se chargea d'assurer sa tranquillité et son indépendance domestiqueLe premier ouvrage qui sortit de sa retraite, fut la tragédie de l'Orphelin de la Chine, composée pendant son séjour en Alsace.Le §V♂ troublé par la publication de la Pucelle

, Deux ouvrages bien différens parurent

à la même époque, le poème sur la Loi naturelle, et celui de la Destruction de Lisbonne. Le premier fut brûlé par le parlement de Paris. Il publia Candide, un de ses chefs-d'œuvre dans le genre des romans philosophiques. Une trad. libre de l' Ecclésiaste et d'une partie du Cantique des Cantiques suivit de près Candide En 1757, parut la première édition de ses OEuvres, faite sous ses yeux. Il avait tout revu avec une attention sévère ; parmi le grand nombre de pièces fugitives † à sa plume, il y avait ajouté son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations. Il envoya au théâtre Tancrède. Voltaire voit arriver une famille infortunée , dont le chef a été traîné sur la roue par des juges fanatiques. Il apprend que Calas, vieillard infirme, a été accusé d'avoir pendu son fils. Cette famille, ruinée et flétrie ar lepréjugé, s'arrète auprès de GenèveV§ se fait instruire de ces horribles détails; et bientôt sûr de l'innocence du malheureux Calas, il ose concevoir l'espérance d'obtenir justice. L'arrêt du parlement de Toulouse fut cassé, le duc de Choiseul eut le courage de faire renvoyer à un tribunal de maîtres de requêtes, cette cause devenue celle de tous les parlemens dont les préjugés et l'esprit de corps ne permettaient Point d'espérer unjugement équitable. Enfin Calas fut déclaré innocent, sa mémoire réhabilitée; et le trésor ublic répara le tort que l'injustice des juges avait fait à la fortune de cette famille aussi respectable que malheureuse. Dans la même ville de Toulouse, Voltaire sauva Sirven du fanatisme. Depuis l'affaire des Calas, toutes les victimes immolées ou poursuivies par le fer des lois, trouvaient en lui un appui ou un vengeur. Le supplice du comte de Lalli excita son indignation; Voltaire était mourant, lorsqu'après douze ans, cet arrêt injuste fut cassé, ses forces se ranimèrent à cette nouvelle, et écrivit : Je meurs content, je vois que le roi aime la justice. Voltaire fit un Poème où il répandit le ridicule sur tous les partis. Le génie de Voltaire, incapable de souffrir le repos, s'exerçait dans tous les genres qu'il avait embrassés, et même osait en essayer de nouveaux ; il imprimait des Tragédies auxquclles on peut sans doute reprocher de la faiblesse. En même tems il donnait, dans sa Philosophie de l'histoire, des leçons aux historiens, et perfectionnait son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations ; son Siècle de Louis XIV, et y ajoutait l'Histoire du siècle de Louis XV, histoire incomplète, mais exacte. De nouveaux romans, des ouvrages ou sérieux ou plaisans, inspirés par les circonstances, n'ajoutaient pas à sa gloire, mais continuaient à la rendre toujours présente. Enfin il entreprit son recueil intit. : $# à des amateurs sur l'Ency#lopédie. Depuis très-longtems Voltaire désirait de revoir sa patrie. M. de Villette venait d'épouser à Ferney mademoiselle de Varicour, d'une famille du pays de Gex, que ses parens avaient confiée à madame Denis : Voltaire les suivit à Paris au commenc. de février 1778. L'académie française qui ne l'avait adopté qu'à cinquante deux ans, lui § honneurs, et le reçut moins comme un égal que comme le souverain de l'empire des lettres. Il vint à la troisième représentation d'Arène , pièce faible, à la vérité , mais remplie de beautés, au tour de lui, retentissaient les cris de vive Voltaire, vive la Henriade , vive Mahomet : On veut me fairemourir de plaisir, disait-il. ll s'occupait, pendant les représentations d'Irène, à revoir son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations. Un crachement de sang , causé par les efforts qu'il avait faits pendant les répétitions d'Irène, l'avait affaibli. Cependant l'ac,tivité de son âme suffisait à tout, et lui cachait sa faiblesse réelle, Enfin , privé du sommeil parl'effet de l'irritatiou'd'un

travail trop continu, il voulut s'en assurer quelques heures pour être en état de faire adopter à l'académie, d'une manière irrévocable, le plan de son Dictionnaire, contre lequel quelques objections s'étaient élevées; et il résolut de prendre de l'opium ; il en prit à plusieurs reprises et se trompa sur la dose ; ses forces épuisées ne suffirent point pour combattre le poison. Voltaire expira le 3o mai 1778. Le curé de St.-Sulpice lui refusa la sépulture. La famille † de négocier avec le ministère; les ministres approuvèrent la proposition de transporter le corps de Voltaire dans l'église d'un monastère dont son neveu, M. Mignot, était abbé. Il fut donc conduit à Scellières. L'acad. française était dans l'usage de faire un service aux Cordéliers pour chacun de ses membres. L'archev. de Paris, Beaumont, défendit de faire ce service. Les cordéliers obéirent à regret : l'acad. résolut alors de suspendre cet usage. Par un contraste étrange avec la conduite de l'archev. de Paris, un roi protestant , le grand Frédéric ordonna un service solennel dans l'église catholique de Berlin. L'académie de Prusse y fut invitée de sa part ; et ce † était plus glorieux pour Voltaire,

ans le camp même où , à la tête de 15o mille hommes, il défendait les droits des princes de l'empire et en imposait à la puissance autrichienne, il écrivit l'éloge de l'homme illustre dont il avait été le disciple et l'ami. M. Suard , ancien membre de l'acad. franç. et aujourd'hui de l'institut , a tracé ainsi le portrait de Voltaire. « Il s'éleva de nos jours un homme extraordinaire , né avec l'àme d'un poète et la raison d'un philosophe. La nature avait allumé dans son scin la flamme du génie et l'ambition de la gloire. Son goût s'était formé sur les chefs-d'œuvre du beau siècle dont il avait vu la fin. Son esprit s'enrichit de toutes les connaissances qu'accumulait le siècle de lumières dont il annoncait l'aurore. Si la poésie m'eut pas été née avant lui, il l'aurait créée ; il la défendit par des raisons et la ranima par son exemple. Il étendit son domaine sur tous les objets de la nature. Tous les phénomènes du ciel et de la terre, la métaphysique , la morale, les productions des deux mondes, l'histoire de tous les peuples et de tous les siècles, lui offrirent des sources inépuisables de beautés nouvelles. ll donna des modèles dans tous les genres de poésies, même de ceux qui n'avaient Point été essayés dans notre langue. » A ce jugement, joignons celui du littérateur qu'on a regardé comme le Quintilien de

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- notre âge La Harpe dit de Voltaire :

« On a observé que de tout tems les prosateurs et les poètes ont formé deux classes très-distinctes, et que les lauriers de ces deux espèces de gloire ne s'entrelaçaient point sur un même front. Sans s'étendre ici sur l'inutile énumération des noms célèbres dans les lettres, il sufsi t de pouvoir affirmer que, jusqu'à nos jours, il n'avait été donné à aucun homme d'être grand dans les deux genres; et c'était donc à Voltaire qu'était réservé l'honneur de cette exception unique dans les annales des arts. La nature a-t-elle assez accumulé de dons et de faveurs sur cet être privilégié ? A-t-elle voulu honorer notre espèce en faisant voir une fois tout ce qu'un mortel pouvait rassembler de talens ? On bien a-t-elle prétendu marquer elle même les dernières limites de son pouvoir et de l'esprit humain? A-t-elle fait pour Voltaire ce qu'autrefois la fortune avait fait pour Rome ? Faut-il qu'il y ait dans chaque ordre de choses § destinées à ce point prédominantes, et que, comme après la ehute de la reine des mations, toutes les grandeurs n'ont été que des portions de sa dépouille, de même, après la mort du dominateur des arts, désormais toute gloire ne puisse être qu'un débris de la sienne ? Fait pour appliquer à tous les objets une main hardie et réformatrice, et pour remuer toutes les bornes posées par l'impérieux préjugé, et l'imitation servile, il s'empare de l'histoire comme d'un champ neuf, à peine effleuré par des mains faibles et timides; bientôt il fera germer, pour le bien du genre † ces vérités fécondes et salutaires, ces fruits de la philosophie, que l'ignorance aveugle et l'hypocrisie à gages font passer pour des poisons, et que les ennemis de la liberté et de la raison voudraient arracher; mais qui, malgré leurs efforts, renaissent sous les pieds qui les écrasent, et croissent enfin sous l'abri d'une autorité éclairée, comme l'aliment des meilleurs esprits, et l'antidote de la superstition. » Un décret de l'assemblée nationale en 1791 , ordonna que les restes de Voltaire fussent rapportés à l'hôtel de Villette, quai des † , où il était mort; et le 12 juillet de la même année ils furent portés au Panthéon. Jamais obsèques n'ont présenté une † aussi majestueuse. Le quai des Théatins reçut ce même jour le nom de Quai de Voltaire. Buonaparte a ordonné par décret impérial de l'an 18o6, qu'il serait érigé une statue en

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notes et des observations critiques, par Palissot, Paris, 1792 , 53vol. in-8°. Deux éditions de la Henriade ont éte imprimées chez Didot aîné, par ordre de Louis XVI,

our l'éducation du dauphin, l'une grand in-4°, l'antre petit in-18.

Vô#§ (Daniel Ricc1AvEL1 de), peintre et sculpt., né en 16o9 à Volterre en I'oscane, mort à Rome en 1666. Balthasar Peruzzi et Michel-Ange lui montrèrent les secrets de leur art. Ce peintre fut employé à Rome pour la peinture et la sculpture. Le cheval qui portait la statue de Louis XIII dans la place à Paris, fut fondu d'un seul jet par Daniel. On a gravé sa Descente de Croix, peinte à la Trinité du Mont ; c'est son chef-d'œuvre et un des plus beaux tableaux qui soient à Rome.

VOLTOLINA (Joseph Millius), poète latin du 16° s., né à Salo sur le lac de Garde. On a de lui trois livres en vers latins sur la Culture des Jardins, impr. à Brescia en 1574.

VOLUMNIUS(Titus), chev. romain, se signala par son amitié héroïque pour Marcus Lucullus. Le triumvir Antoine ayant fait mettre à mort celui-ci parce qu'il avait suivi le parti de Cassius et de Brutus, Volumnius ne voulut point quitter son ami, quoiqu'il pût éviter le même sort par la fuite. Il se livra à tant de regrets et de larmes, que ses plaintes furent cause qu'on le traîna aux pieds d'Antoine. « Ordonnez que je sois conduit sur-le-champ vers le corps de Lucullus, lui dit-il, et que j'y sois égorgé ; car je ne peux pas survivre à sa mort, étant moi-même la cause de ce qu'il a pris les armes contre vous. » Il n'eut pas de peine à obtenir cette grâce de ce tyran sanguinaire. Lorsqu'il fut à la place du supplice, il baisa avec empressement la main de Lucullus, et appliqua sa tête, qu'il ramassa par terre, sur sa poitrine, puis présenta la sienne au bourreau.

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