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Sa jalouse fureur n'en sera que plus forte.
Songez-y. Vous avez la faveur des soldats ,
Et j'aurai des secours que je n'explique pas.
M'en croirez-vous ? Courons assurer notre grâce.
Rendons-nous, vous et moi, maîtres de cette place,
Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter
Que les conditions qu'ils voudront accepter.

XIPHAR È S.
Je sais quel est mon crime, et je connais mon père ;
Et j'ai par-dessus vous le crime de ma mère.
Mais quelqu'amour encor qui me pût éblouir ,
Quand mon père paraît, je ne sais qu'obéir.

PHARNACE. Soyons-nous donc au moins fidèles l'un à l'autre. Vous savez mon secret, j'ai pénétré le vôtre. Le Roi, toujours fertile en dangereux détours, S'armera contre nous de nos moindres discours. Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses. Allons, puisqu'il le faut , je marche sur vos pas, Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas.

FIN DU PREMIER ACTE.

ACTE SECOND.

SCÈNE PREMIÈRE.

MONIME, P H OE DIME.

PHOE DIME. Quor! vous êtes ici quand Mithridate arrive! Quand , pour le recevoir, chacun court sur la rive! Que faites-vous, Madame ? et quel ressouvenir Tout-à-coup vous arrête, et vous fait revenir ? N'offenserez-vous point un Roi qui vous adore, Qui, presque votre époux...

Μ Ο Ν Ι Μ Ε.

Il ne l'est pas encore , Phædime, et jusque-là je crois que mon devoir Est de l'attendre ici sans l'aller recevoir.

PHOE DIME.

Mais ce n'est point, Madame , un amant ordinaire.
Songez qu'à ce grand roi promise par un père,
Vous avez de ses feux un gage solennel,
Qu'il peut, quand il voudra , confirmer à l'autel.
Croyez-moi, montrez-vous, venez à sa rencontre.

MON IME.

Regarde en quel état tu veux que je me montre.
Vois ce visage en pleurs; et, loin de le chercher,
Dis-moi plutôt, dis-moi que je m'aille cacher.

PHOE DI ME.
Que dites-vous? O dieux !

MONIME.

Ah! retour qui me tue!
Malheureuse! comment paraîtrai-je à sa vue ,
Son diadême au front, et, dans le fond du cæur...
Phædime, tu m'entends, et tu vois ma rougeur.

PH OEDI ME.
Ainsi vous retombez dans les mêmes alarmes
Qui vous ont dans la Grèce arraché tant de larmes;
Et toujours Xipharès revient vous traverser !

MONIME.
Mon malheur est plus grand que tu ne peux penser.
Xipharès ne s'offrait alors à ma mémoire,
Que tout plein de vertus , que tout brillant de gloire ;
Et je ne savais pas que, pour moi plein de feux,
Xipharès des mortels fût le plus amoureux.

PHOE DIME.
Il vous aime, Madame ! Et ce héros aimable...

MONIME.
Est aussi malheureux que je suis misérable.
Il m'adore , Phædime; et les mêmes douleurs
Qui m'aftligeaient ici, le tourmentaient ailleurs.

PHOED IME.
Sait-il en sa faveur jusqu'où va votre estime ?
Sait-il que vous l'aimez?

MONIME.

Il l'ignore, Phædime.
Les dieux m'ont secourue, et mon cæur affermi
N'a rien dit, ou du moins n'a parlé qu'à demi.
Hélas ! si tu savais, pour garder le silence,
Combien ce triste coeur s'est fait de violence;
Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus !
Phædime, si je puis, je ne le verrai plus.
Malgré tous les efforts que je pourrais me faire,
Je verrais ses douleurs, je ne pourrais me taire.
Il viendra, malgré moi, m'arracher cet aveu.
Mais n'importe , s'il m'aime, il en jouira peu.
Je lui vendrai si cher ce bonheur qu'il ignore,
Qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il l'ignorât encore.

PHOE DIME.
On vient. Que faites-vous, Madame ?

MONIME

Je ne puis. Je ne paraîtrai point dans le trouble où je suis.

SCÈNE II.

MITHRIDATE, PHARNACE, XIPHARÈS ,

ARBATE, GARDES.

MITHRIDATE. Princes, quelques raisons que vous me puissiez dire, Votre devoir ici n'a point dû vous conduire, Ni vous faire quitter , en de si grands besoins, , Vous le Pont, vous Colchos, confiés à vos soins. Mais vous avez pour juge un père qui vous aime. Vous avez cru des bruits que j'ai semės moi-même. Je vous crois innocens puisque vous le voulez, Et je rends grâce au ciel qui nous a rassemblés. Tout vaincu que je suis, et voisin du naufrage, Je médite un dessein digne de mon courage. Vous en serez tantôt instruits plus amplement. Allez, et laissez-moi reposer un moment.

SCÈNE III.

MITHRIDATE, ARBAT E.

MITARIDATE. Enfin, après un an, tu me revois, Arbate, Non plus, comme autrefois, cet heureux Mithridate

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