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TITE-LIVE.

HISTOIRE DE ROME

DEPUIS SA FONDATION.

LIVRE XL.

LA XVII.

A même année, les Romains furent pris pour arbitres sur les lieux entre le peuple carthaginois et le roi Masinissa, au sujet d'une portion de territoire que Gala, père de Masinissa, avait enlevée aux premiers. Syphax en avait chassé Gala, et l'avait ensuite rendue aux Carthaginois, en considération de son beau-père Asdrubal; mais Masinissa venait de la reprendre aux Carthaginois cette année même. L'affaire fut débattue, en présence des commissaires romains, avec autant d'acharnement qu'on en avait mis en se disputant ce terrain à main armée. Les Carthaginois revendiquaient ce territoire comme une propriété de leurs ancêtres, que leur avait depuis restitué Syphax. Masinissa soutenait

n'avoir fait que reprendre un terrain dépendant du royaume

de son père, et qui lui appartenait en vertu du droit des gens; il avait en sa faveur le droit et la

possession. Tout ce qu'il appréhendait qui ne nuisît à ses intérêts dans cette discussion, c'était la délicatesse des Romains, qui pourraient craindre d'être accusés de partialité pour un roi leur allié et leur ami, contre un peu

illius hostes indulsisse videantur, damno sit. » Legati possessionis jus non mutarunt; caussam integram Romam ad senatum rejecerunt. In Liguribus nihil postea gestum ; recesserant primum in devios saltus : deinde, dimisso exercitu, passim in vicos castellaque sua dilapsi sunt. Consules quoque dimittere exercitum voluerunt, ac de ea re patres consuluerunt. Alterum ex his, dimisso exercitu , ad magistratus in annum creandos venire Romam jusserunt : alterum cum legionibus suis Pisis hie

Fama erat, Gallos Transalpinos juventutem armare : nec, in quam regionem Italiæ effusura se multitudo esset , sciebatur; ita inter se consules compararunt, ut Cn. Bæbius ad comitia iret, quia M. Bæbius frater ejus consulatum petebat.

mare.

XVIII. Comitia* consulibus rogandis fuere; creati P. Cornelius Cethegus, M. Bæbius Tamphilus. Prætores inde facti, duo Q. Fabii, Maximus, et Buteo, Ti. Claudius Nero, Q. Petillius Spurinus, M. Pinarius Posca , L. Duronius. His, inito magistratu, provinciæ ita sorte evenerunt. Ligures .consulibus; prætoribus, Q. Petillio urbana, Q. Fabio Maximo peregrina , Q. Fabio Buteoni Gallia, Ti. Claudio Neroni Sicilia, M. Pinario Sardinia, L. Duronio Apulia ; et Istri adjecti, quod Tarentini Brundisinique nunciabant, maritimos agros infestos ple qui avait été leur ennemi commun. » Les commissaires lui laissèrent la possession, sans prononcer sur le fond, dont ils renvoyèrent la connaissance au sénat. Depuis cette époque, il ne se passa rien de mémorable chez les Liguriens. D'abord ils s'étaient retirés dans des défilés inaccessibles; puis, après avoir licencié leur armée, ils se dispersèrent dans leurs bourgs et dans leurs forts. Les consuls voulurent aussi congédier la leur, et consultèrent à ce sujet le sénat, qui enjoignit à l'un de renvoyer ses troupes et de revenir à Rome pour l'élection des nouveaux magistrats, et à l'autre d'hiverner à Pise avec ses légions. Le bruit courait que les Gaulois Transalpins armaient leur jeunesse, et on ignorait dans quelle partie de l'Italie cette multitude viendrait se répandre. D'après un arrangement des consuls entre eux, ce fut Cn. Bebius qui se rendit à Rome pour présider les comices, parce que son frère M. Bébius briguait le consulat.

* U. C. 571. A. C. 181,

XVIII. On tint d'abord les comices consulaires, dans lesquels P. Cornelius Cethegus et M. Bébius Tamphilus furent créés consuls. On procéda ensuite à la nomination des préteurs, qui furent les deux Q. Fabius , l'un surnommé Maximus et l'autre Butéon, Ti. Claudius Néron, Q. Petillius Spurimus, M. Pinarius Posca et L. Duronius. Ces magistrats élus, la répartition de leurs provinces se trouva réglée par le sort de la manière suivante. Les consuls eurent la Ligurie. Quant aux préteurs, Q. Petillius eut la juridiction urbaine, Q. Fabius Maximus la juridiction sur les étrangers; à Q. Fabius Butéon échut la Gaule, à Ti. Claudius Néron la Sicile , à M. Pinarius la Sardaigne, à L. Duronius l’Apulie, à laquelle fut ajoutée l’Istrie, sur le rapport des habitans transmarinarum navium latrociniis esse; eadem Massilienses de Ligurum navibus querebantur. Exercitus inde decreti : quatuor legiones consulibus (quina millia ducenos romanos pedites, trecenos haberent equites), et quindecim millia socium ac latini nominis, octingenti equites. In Hispaniis prorogatum veteribus prætoribus imperium est cum exercitibus, quos haberent; et in supplementum decreta tria millia civium romanorum, ducenti equites; et socium latini nominis sex millia peditum, trecenti equites. Nec rei navalis cura omissa : duumviros in eam rem consules creare jussi, per quos naves viginti deductæ navalibus sociis civibus romanis, qui servitutem servissent, complerentur; ingenui tantum ut iis præessent. Inter duumviros ita divisa tuenda denis navibus maritima ora, ut promontorium iis Minervæ, velut cardo, in medio esset : alter in dextram partem usque ad Massiliam, lævam alter usque ad Barium tue

retur.

XIX. Prodigia multa foda et Romæ eo anno visa, et nunciata peregre. In area Vulcani et Concordiæ sanguinem pluit; et pontifices hastas motas nunciavere, et Lanuvii simulacrum Junonis Sospitæ lacrimasse; et pestilentia in agris, forisque, et conciliabulis, et in urbe tanta erat, ut Libitina tunc vix subficeret. His prodide Tarente et de Brindes, que leurs côtes étaient en proie aux brigandages des pirates d'outre-mer; les Marseillais portaient les mêmes plaintes contre les navires liguriens. Vint ensuite la répartition des armées. On assigna aux consuls quatre légions, chacune de cinq mille deux cents fantassins et trois cents cavaliers romains, avec quinze mille fantassins et huit cents cavaliers des alliés du nom latin. Dans les Espagnes, on prorogea le commandement aux anciens préteurs, qui conservèrent les armées qu'ils avaient sous leurs ordres ; on y ajouta un renfort de trois mille fantassins et de deux cents cavaliers romains, de six mille fantassins et de trois cents cavaliers des alliés du nom latin. La marine fixa pareillement l'attention du sénat. Les consuls eurent ordre de créer, pour cet objet, des duumvirs, qui prissent soin de mettre en mer vingt vaisseaux, d'en former les équipages d'alliés actuellement citoyens romains, mais qui eussent été dans la servitude, et d'en donner le commandement à des officiers de condition libre. Chacun des duumvirs eut la mission de protéger avec dix vaisseaux les côtes, l'un à droite jusqu'à Marseille , l'autre à gauche jusqu'à Bari; le promontoire de Minerve, qui se trouvait au milieu, devait former le point d'appui des deux divisions navales.

XIX. Cette année, un grand nombre de prodiges sinistres furent vus à Rome et annoncés du dehors. Sur la place de Vulcain et de la Concorde il plut du sang; et les pontifes publièrent que les lances suspendues dans ces temples s'étaient agitées d'elles-mêmes. A Lanuvium, la statue de Junon Sospita versa des larmes ; et la peste moissonna tant de victimes dans les campagnes, dans les bourgs, les marchés, et même à Rome, que les

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