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que celles avec ẹ. On pourra juger de leur fréquence dans nos documents par le tableau suivant dressé d'après les mêmes principes que celui des formes avec e p. 190.

Tableau statistique.

Groupe I. Doc. I ue, 76 f. ortos; III noue 5, bona 10; V Oterolo 5, bon 22; VII 1 ue, bon 12; VIII 4 ue (dont moeble 32), boes 8, 33, noua 8, 30, orto 19, 29, maiolo 26, fonte 26, porcos 36; IX 3 ue, couo 2, 25, 27; XIII 10 ue (dont moueble 8, cuemo 14, 15, 17), post 9, morte 16, bona 27; XV 6 ue (dont quemo 2, 34, 35), bonas 3; XVI 5 ue (dont moueble 5, 5); XVIII 5 ue (dont cuemo 2); XIX 7 ue (dont cuemo 2, 25), bona 17, 17; XX 5 ue; XXII 6 ue (como 1, 12); XXIII 2 ue; XXIV 1 ue; XXV 3 ue. (Suppl: quomo 40, corpo 40, uostra 41, bona 42); XXVI 12 ue, bona 42; XXIX 1 ue (vertos 10), bona 25, 25, depos 28, 30; XXX 5 ue, fontes 9, bona 13, (como 23); XXXI 4 ue (dont uuerto 24, 38) orto 5, 5, 6, 7, 8, 16; XXXII 3 ue; XXXIII 13 ue (dont mueble 18) uostros 6, 16, bonas 15 (como 37); XXXIV orto 6, 8; XXXVI I ue, uorto 5, 16; XXXVIII 3 ue, postos 10, bonos II, logo 25, rebolta 38; XXXIX 7 ue, (como 26); XL 3 ue; XLI 4 ue, ortos 15, 18, 23, fontes 15, 18, 23, 47, couas 17; XLII 15 ue, (como 31); XLV 5 ue (como 3) uostros 7, moble 20; XLVI 6 ue; XLVII 3 ue, solo 3, 7, 10, 16, auolo 4, uorto 9; XLVIII 5 ue, (como 2); XLIX 4 ue; L 12 ue, noua 14, post 58; LI 2 ue, moble 17 (como 26); LIV 7 ue (como 24); LVI I ue, youes 26; LVII 19 ue, (como 2) soldos 9, 40; LVIII 3 ue; LIX 7 ue; LX 5 ue (commo 63); LXI (commo 29); LXII 4 ue; LXIII 11 ue (commo 22) Ffoueyollo 66; LXIV 7 ue (dont preua 36) bonos 61; LXV 21 ue (commo 13, 35 etc.); LXVI 2 ue, maiolo 3; LXVIII 4 ue; LXX 3 ue, bonos 40; LXXII 13 ue, (dont muebles 34) (commo 66); LXXIII 3 ue; LXXIV 3 ue (dont mueble 32), (commo 33).

Groupe II. Doc. IV uostros 5, 6, moble 7, ortos 8, post 10; XII Morerola 2, 12, etc., fora 10 (quomo 15, 21); XVII morro 6, bona 12; XXVIII 1 ue (cuenta 31); luago 25, fuaras 30, puasto 34, bonas 23, 24; XLIII 24 ue (dont 14 f. Moreruela), (como 10, 36, 43 etc.), Morerola 88, 90, 101; XLIV 4 ue, bona 19, (como 20); LV 1 ue, bonos 3, (como 13); LXVII 1 ue, (noces? 24); LXIX 1 ue, (commo 1), bonos 30; LXXV 5 ue; LXXVI uuestra 7, solos 5, 14, 17, etc., orto 5, 28, uostros 8, 9, 10, 12, 27, bona 56, 60;

LXXVII bona 30, sollo 45, morte 48, ruogo 62; LXXVIII morte 30, LXXIX ruego 24, bona 18; LXXX luego 6, bonas 15; LXXXI 6 ue; LXXXII 6 ue, LXXXIII nuastro 13, 16, 17, muarte 15, uostra 4, 13, vortos 6, fontes 7; LXXXIV 4 ue, bonas 23; LXXXV fontes 55, (como 34); LXXXVI morte 6, solos 7, fontes 7; LXXXVII 5 ue, boys 6, 8, 20, bonas 28; LXXXVIII nostra 11, 23, 26, bonas 23, (como 1); LXXXIX bon 5, 18, 22; XC 8 ue; XCVI 4 ue, (como 2); IC 3 ue, bon 10, boys 22, 29, 34, 39, corpos 33.

Groupe III. Doc. II novo 6, orto 9. 10, porta 9, XIV noue 5, 10, uostros 6, 13, 20, morte 16, bon 25; XCI 4 0; XCII 2 0; XCIII 20 0; XCIV 80; XCV 140; XCVII 40; XCVIII 40; C 140; Cl 7 0 (como 29).

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Les mots avec o qui figurent dans les groupes I et II sont donc assez nombreux. Dans le doc. I, on trouve orto, forme dont l'o s'explique dans une certaine mesure par la date reculée du document mais qui revient dans plusieurs doc. suivants. Les autres mots avec o qui se trouvent dans les chartes du même groupe sont noue, bono, boe, nouo, maiolo, porcos, couo, morte, uostros, postos, logo, rebolta, fontes, solo, auolo, moble, youes, soldos. A ces mots viennent s'ajouter dans le groupe II: Morerola, fora, morro, (noces),1 (prouas), corpos. Il serait difficile en présence de ces formes et comme il résulte du tableau, plusieurs d'entre elle sont assez fréquentes de croire simplement à une influence de la part du galicien. On ne peut pas non plus constater l'existence de certaines conditions auxquelles serait restreinte la tendance à employer o non diphtongué. Peut-être certains mots s'expliquent-ils pourtant par des circonstances particulières. Remarquons d'abord que nous n'avons naturellement pas fait entrer dans le tableau des mots comme obra, costa, substantifs postverbaux qui s'expliquent sans difficulté par l'influence du verbe et qui montrent en général les mêmes formes en castillan. Nous n'avons pas davantage compté des mots comme post, pos, depos, qui ont pu se développer dans la position atone, mais il ne serait pas impossible de recourir à la position atone, même pour bon qui est souvent proclitique, formant pour ainsi dire un seul mot avec le substantif suivant (bon ombre), ni pour ponte, fonte qui perdent facilement leur accent, étant employés comme des noms de lieu et suivis d'un substantif ou d'un adjectif. Le fait que ces formes persistent

La forme esp. nuez, remonte-t-elle à un *nocem ou dépend-elle d'une analogie? La question n'est pas résolue. Cf. Meyer-Lübke, Gram. I § 146.

encore aujourd'hui dans certains endroits1 rend néanmoins plus probable que leur manque de diphtongaison est un trait du vocalisme dialectal. Les chartes du groupe occidental manquent régulièrement de la diphtongaison aussi bien pour que pour . Il n'y a qu'un petit nombre de mots avec o.

17. Quant au développement de l'o latin en ue, M. MorelFatio relève, p. 30, l'importance de certaines formes avec uo, diphtongue qui doit nécessairement représenter une étape intermédiaire entre o et ue, fait confirmé d'ailleurs par le français, le provençal et l'italien. M. Morel-Fatio cite les formes muobre Alex. 335, uorto et buonas, toutes deux des variantes du Concile de Léon (XIIIes.) (Muñoz p. 73 ss.). M. Meyer-Lübbe, Gram. I S 211, fait observer que ces formes n'aident point à résoudre la question du passage o̟> ue, puisqu'on prononce encore aujourd'hui no dans les Asturies. Il allègue une autre preuve de ce passage en citant l'anc. esp. cuemo, qui remonte nécessairement à un uo, dont le développement ultérieur s'est confondu avec celui de uop. Cf. Cornu Rom. XIII p. 291. Il y a pourtant en dehors des formes asturiennes d'autres exemples avec uo provenant de régions où le dialecte moderne a ue. Aussi M. Munthe, Z. XV p. 229, ajoute-t-il aux formes citées par M. Morel-Fatio toute une série de formes analogues tirées du Fuero Juzgo: nuova, luogo, ruogo, puode, avuola, aguoradores, tuorto.

La diphtongue no se trouve aussi, bien que rarement, dans nos documents:

uorto XXXVI 5, 16, XLVII 9, LXXXIII6
ruogo LXXVII 62.

Il faut encore observer une autre forme de la diphtongue en question, à savoir ua. M. Morel-Fatio cite du Concile de Coyanza muarto, buanas, nuastra (Muñoz pp. 216, 217, 218) qu'il veut à tort corriger en muorto, etc. M. Munthe ajoute, à ces formes, Ant. P. 16, fuara du Concile de Léon (Muñoz p. 88) et

1 M. P p. 17. La persistance de l'o dans les patois modernes des Asturies paraît être liée à une nasale suivante.

2 Sur les parlers asturiens qui gardent la prononciation uo, cf. M. P. p. 18 et Munthe, Ant. p. 15.

Z. XV p. 219 oabras, voaltas, encuantra, aguarodores' du Fuero
Juzgo.

Dans nos documents nous avons trouvé les formes suivantes:
Doc. XXVIII: luago 25, fuaras 30, puasto 34.

Doc. LXXXIII nuastro 13, 16, 17, muarte 15.

Nous comprenons le développement de l'o dans le léonais. d'une manière analogue à celle par laquelle nous avons essayé d'expliquer les reflets différents de . Originairement le léonais ę. ne diphtongait pas et les formes avec o sont les traces de cet état de choses. La diphtongue uo, venue de l'est, a pénétré peu à peu et a suivi en général la même évolution en léonais qu'en castillan. Quelquefois on a mal compris ce phonème étranger et on l'a rendu par ua, diphtongue qui par conséquent, comme ie dit M. Menéndez Pidal p. 19, est analogue à ie <ę.

18. Como, que nous avons fait entrer dans notre tableau statistique, montre quelquefois la forme cuemo, mais se présente généralement sous celle de como, conformément à son o originaire ou par suite de sa position souvent atone. (Cfr. § 17).

Doc. LXIV 36, on rencontre preua pour prueua, réduction analogue à celle de frente pour fruente, etc.

2

Mobilis est devenu sur le terrain espagnol comme en France mobilis. C'est ce dont témoignent les formes mueble,moeble VIII 32, XXXIII 18, LXXII 34, LXXIV 32. Moble IV 7, XLV 20, etc. etc. est donc une forme léonaise. Moueble XIII 8, XVI 5 etc., doit son u à l'influence de mouer.

19. ?

y. En castillan un y qui suit empêche le passage de à ue. En léonais, au contraire, on trouve souvent des exemples de ue dans ces conditions, voir Gessner p. 5, Munthe Ant. p. 29, M. P. p. 18. Les exemples trouvés dans les anciens textes

1 Cette forme, qui ne devrait pas figurer parmi les autres, puisqu'elle ne remonte pas à un mot avec g, doit représenter la forme agorador commune castillan et au léonais, ayant aubi l'influence de aguero: aguorador, qui par l'assimilation de uo à l'a de la syllabe suivante est devenu aguarador. Cf. R. XX p. 392.

au

2 Cf. Baist, Gr. p. 889, qui cite même la forme prebo des Castigos y documentos du roi Sancho (Rios IV 574).

léonais sont nueche < noctem, mueyo < mollio, cueya < colligat, ue uue (< hodie), uueyo (< oculum). Nos documents contiennent les exemples suivants appartenant aux groupes I et II:

Pedro abrueyo I 25. Le mot abrueyo, employé ici comme nom propre, a les différentes acceptions de chausse-trape et vient de aperi oculum (Körting 722). Nous avons donc ici la forme de oculum citée tout à l'heure.

=

Pedro redrueyo XLI 94. Ce mot correspond au cast. redrojo grappillon qui reste après la vendange; fruit arriéré qui ne vient pas à maturité; enfant chétif. Nous sommes ici en présence d'une formation avec le suffixe -ŭclu.1 Il paraît donc étonnant de trouver la diphtongue, mais c'est là un des exemples d'une fausse application de la diphtongue par un Léonais auquel elle était étrangère.

uuey XLIII 23, 41, LXXXIV 13, deuue XLVII 10,2 LVIII, 10 vuecho (< octo) LV 20.

cuecho (<coctus) LXXXI 20 (employé comme nom propre). A noter enfin les formes uuoy et aruoyo LXXXIII 12 et 37, qui cadrent bien avec les mots en uo, ua de ce document cités plus haut.

Si, comme nous l'avons supposé, la diphtongaison est originairement en léonais une transformation importée de dehors, il n'est pas étonnant de la voir appliquer dans des cas où elle ne se produit pas dans les régions où elle est autochtone. Nous avons vu en redrueyo un exemple de son application à l'o fermé et d'autres exemples sporadiques de ce phénomène sont cités par M. P. p. 17 et par Gessner p. 5. Il était d'autant plus naturel de l'appliquer à o̟ suivi d'une palatale que le timbre de la voyelle était ici le même que dans les cas où ue devait légitimement être appliqué. Pour la persistance de cet ue dans certains. parlers modernes de la région occidentale, cf. M. P. p. 18.

Post figure sous la forme de poys XVI 25 et CI 70. C'est donc la forme portugaise, un peu étonnante dans le doc. XVI qui est de Sahagun, mais probablement autrefois employée sur

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