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n final.

41. M. Gessner fait remarquer, p. 12, que la substitution dem final à n à la façon portugaise est rare et n'apparaît que dans quelques documents. Dans le Concile de Léon, Muñoz 73 ss., il a trouvé aom == aun), furem, falsarem, etc., dans les documents reproduits par M. Fernández-Guerra forem, emparassem, fesessem, sanassem et dans les manuscrits léonais du Fuero Juzgo quem, sem, linagem. M. Morel-Fatio, p. 28, ajoute à ces formes quelques-uns des exemples qu'il a trouvés dans le manuscrit de Paris du Fuero Juzgo, où cette habitude est presque constante pour toutes les 3€ p. pl., pour unus et ses composés et en général pour les mots monosyllabiques; seam, devem, demandem, cuydarom, ningum, algum, cadaum, dom, nim, etc. D'après M. Morel-Fatio, cet emploi de -mest un trait caractéristique des textes galiciens et léonais. — M. P. ne parle pas de ces formes, qui doivent être inconnues au léonais moderne.

Nos documents nous fournissent un nombre relativement considérable de ces formes, qui paraissent surtout familières aux groupes II et III:

Groupe I Doc. XLVII Juam I, 9, 24, dom Bartolome 5, 28,

Leom 19, 21, Ffagum 25, porqueriom 26, lirom 31; LVIII uenditjom 3, 31, 43, 52, Juam 9, dom 18, 20, Fagum 22, 39, 63, sam Pedro 40, 61, generatjom 41, 62, Jaem 41, 62, Leom 41, 50, 62, 63, cagom 42, 63, nom 55; LXIII sepam

1, querellarom 12, ffagam 36; LXVIII vierem 1, 5. Groupe II Doc. XVII quiem 11; XLIII pam 37, seam 45, sacri

stam 82, 83; LIV Juam 8, 16, 18, sam Pedro 12, ferem 24, contrastarem 26, aueram 27, seam 32, Leom 36, 38, Jaem 36, Guzmam 37, sam Fagum 38; LXXI ordem 46, 56; LXXVII sam Pedro 18, Iordam 65, Dom Miguel 65; LXXVIII

Jam 42, Joham 48, 56; LXXXVI ujrem 2; XCVI fiziessem 8. Groupe III Doc. XCI Leom 24; XCIII sabam I, uirem i, oyrem

I etc., um 4, 5 etc., sam 7, sem 16; XCV sam 17, sem 23; XCVII sabam I, uirem 1, oyrem 2 etc., sam 5, algum

.

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9, Leom 14, uirom 22, oyrom 22; CI sam Miguel 14, fim 16, sem 28, liurassem 35, touessem 36 etc., cem 42, 43, sam 52.

Les formes en m se trouvent généralement mêlées à celles en n: souvent le même mot se trouve écrit des deux façons dans le même document. Il est probable qu'il ne faut pas voir ici un passage de 1 à m, mais qu'il s'agit d'une nasalisation qu'on a désignée tantôt par un n, tantôt par un m. On pourra comparer à ce phénomène ce qui arrive en anc. castillan, où, devant une labiale, m alterne avec n sans que pour cela la prononciation change: sempre ou senpre, etc.' Cf. aussi uolumtat doc. LIV 3, 12. Dans certains cas, sam Fagun, sam Pedro, on serait tenté d'admettre une assimilation à la consonne suivante, mais cela n'explique que peu de cas.

Il paraît que cette prononciation d'une voyelle + nasale finale, qui en portugais a passé à l'état de règle, 2 était originairement très répandue en Léon, puisqu'on en trouve des traces si fréquentes même dans le groupe I. Il faut pourtant observer que les chartes de ce groupe où se trouvent ces formes ne sont pas de Sahagun même. 3 La graphie en question n'est jamais appliquée avec régularité, mais il semble qu'elle est particulièrement fréquente après une voyelle gutturale tonique et après les voyelles atones. Après un e tonique, on en trouve peu d'exemples.

3

t final après une voyelle.

42. En castillan, t final latin était au moyen âge représenté indistinctement par d out. C'est aussi ce qui arrive dans nos documents du groupe I. On peut pourtant apercevoir une tendance à la dissimilation, tendance qui se traduit par les formes fréquentes en -t -d ou -d -t: uoluntad, heredat, etc. Mais les exceptions sont nombreuses, et dans un mot indifférent sous ce rapport comme abbatem, les formes en -t et celles en -d sont à peu près de la même fréquence. Dans les groupes II et

i Cf. Menéndez Pidal, Gram. S 47, 1.
· Cf. Cornu, Gr. p. 967.
3 Voir p. 182.

III, t devient beaucoup plus fréquent, d ne s'emploie presque plus que si la voyelle est précédée d'un t. Autrement les seuls exemples qu'on en trouve sont abbad LXXVI 3, 70 et heredad LXXXIII 4 (mais t 9, 9, 11). Nous nous bornerons à donner le tableau des groupes II et III.

Tableau statistique.

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Groupe II. Doc. IV heredat 4, 8, etc.; XXVIII mjtat 4,'12, heredat 7, 19, 22, etc.; abat 28; XLIII abbat 3, 6, 26, etc., heredat 8, 24, etc., volontat 48: XLIV abbat 3, 5 etc., meetat 16; LV abbat 10; LXVII meatad 17, 22; LXIX abbat 3, meatat 10, 14, etc., verdat 39, 42, 53; LXXI abbat 6, 49, 82, verdat 75, 84; LXXV meetat 6, 11, 25, etc., abbat 7, 17, tempestat 21; LXXVI abbad 3, 70 heredat 66; LXXVII abbat 6, 48, etc., heredat 10, 34, etc.; LXXVIII herdat io, 20, uerdat 6, meatad 8, 8, 9, abbat 23; LXXIX abbat 6, 11, 20, uoluntad 18; LXXXI abbat 3, 5, 11, etc., herdat 13, uerdat 46; LXXXII uoluntat 3, 23, 24, abbat 5, verdat 39; LXXXIII here dad

4, heredat 9, 9, 11; LXXXIV podestat 15; LXXXV abbat 4, 15, etc., heredat 9, 12, 13, etc.; LXXXVI abbat 4, heredat 5; LXXXVII abbat 3, 29, metad 7, 24, 25, metat 8, 10; LXXXIX uolontat

15, heredat 22; XC abbat 3, etc., metad 7, 10, herdat 8, 13, uerdat 45; IC salut 3, 3, autoridat 15.

Groupe III. Doc. XIV meetad 3, 10; XCII meatat 5, erdat 24; XCIII abbat 2; C abbat 55, 56, uerdat 59; CI abbat 4, 12, etc., auctoridat 28, heredat 103.

abat 3,

Dissimilations, assimilations, métathèses, sons accessoires, etc.

43. Dans le s précédent, nous avons parlé d'un cas de dissimilation consonnantique. Il y en a encore d'autres que nous croyons devoir enregistrer, bien qu'ils ne soient guère particuliers au léonais. Nous laissons de côté les noms propres (Ferrando, Bernald, Vicente, Antolin, Melendez, Beltran, Guillerme), auxquels nous pensons consacrer un examen spécial. Pour fratrem, voir p. 186.

ifant < infant VII 15, LVI 31, LXXXIII 24. Cf. le mod. Vicente, fréquent dans nos documents.

couento < conuento LXIX 36, XCI 3.
desne < desde VIII 32, 60.
gouernaledes < gouernaredes XXVI 17.

molasino < monazino XLI 90, XLVI 41, mais monasino LXXV 52, 52.

canoligo < canonigo XXVIII 45, LV 7, LXXI 13, 22, XC 47.

roular < roborare, qui est aussi la forme de l'esp. mod., se trouve doc. XXXI 47, XXXVIII 54, LXXVI 72, LXXIX 23; la forme savante roborar XXXIX 37.

Notons enfin la forme non dissimilée de arbol : aruores LXXXIII 7, arbores XCIV 10, XCV 7 et de miercoles : mercores XCVIII 19.

44. Nous n'avons à noter qu'un seul exemple d'assimilation consonnantique: pispo < bispo VIII 52.

45. Parmi les exemples de métathèse, citons d'abord celle de nr en rn qu'on trouve au futur des verbes poner, venir et tener (porne, verne, terne) et dont nous donnerons des exemples sous le chapitre qui traite du verbe. Doc. LVIII 32, on rencontre Panqueros pour Camperos, doc. LXXXIII 4, Froles pour Flores et doc. XC 15 gerenal pour general.

Crebantar, forme non dissimilée de quebrantar, se retrouve VII 10, IX 11, la forme correspondante de entregar se trouve doc. XXXIX 22: entegraron, et celle de olvido doc. LVI 2: oblido. Doc. LXII 32 et LXXIV 37, on rencontre une forme intermédiaire entre le mod. prendar et pignorare: prendrar.

46. L'e prosthétique manque quelquefois dans certains documents. En voici les exemples: Groupe I Doc. VII Steuan 25; XIII scripto 20, ste 24; XVI

Steuan 6; XIX spirital 18, 23; XXV scriuan 38; XXXI
Steuanez 45; XXXIII sta 42; XXXIX Steuan 45; LIII
Scobar 16; LXI scriptos 2; LXIV special 65; LXV special
75; LXVIII scrito 60.

Groupe II Doc. XII scriptas II; XLIII Stephan 100; LXIX

special 41; LXXV scripto 36, Steuanez 44, Spino 51; LXXVI scripto 1, 64; LXXIX staule 22; LXXX stranio 13; LXXXVIII scripto 12; LXXXIX studioron 39, scudero

43; IC Spinareda 10. Groupe III Doc. XCI Steuano 2, 26; XCIV scriuj 64; XCV

Steuan 36; C stan 5; CI scripto 17, 74, special 17.

Des exemples de ce genre se trouvent dans plusieurs anciens textes, par exemple le Cid,' mais ils s'expliquent en général par la position du mot après une voyelle qui sert d'appui au groupe et remplace ainsi l'e. C'est aussi le cas pour la plupart des exemples précités. Les exceptions Steuan VII 25, scriptas XII II, spirital XIX 18, 23, special LXIV 65, LXV 75, CI 17 stranio, LXXX 13, scudero LXXXIX 43, Steuano XCI 26, XCV 36, scripto CI 74, sont généralement des formes savantes. Le mot special se trouve les trois fois après un s, scudero après un %, position qui peut avoir empêché le développement de l'e prosthétique.

Si, comme on l'admet en général, l'esp. hincar remonte à figicare, on a là un exemple d'un n adventice. Il peut donc y avoir un certain intérêt à dresser la statistique de la fréquence des deux formes que revêt ce mot dans nos documents, de celle avec et de celle sans n adventice. fincar Groupe I Doc. XIII 9, XV 37, XXIII 29, XXV 19, XXTI

28, 31, XXX 26, XXXI 10, XXXIII 18, XLI 53, 58, XLII 79, XLV 18, 25, XLVIII 58, XLIX 17, 34, LVII 28, 31, 46, LXI 7, LXII 27, LXVIII 55, LXX II, LXXIII 17, LXXIV 23;

Groupe II Doc. LXVII 7, LXXVII 55, LXXXVII 25. ficar Groupe I Doc. XV 27, 41, XXIX 20, XXXIX 16, LIV 19,

LXXII 38;
Groupe II Doc. XVII 11, LXXV 34, LXXVIII 30, LXXXI
27, 33, 34, LXXXII 30, LXXXVIII 6.
Groupe III Doc. XIV 5, 26, XCV 9, 22, XCVIII 17, C 24,
CI 46.

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1 Voir Koerbs, Sprachl. Eigentümlichk. des altsp. P. del Cid, p. 40.

2 Cf. Foerster 2 XXII (1898) p. 264 et Hetzer, Die Reichenauer Glosses (Halle 1906) p. 129.

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