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Il ressort de ce tableau que fincar appartient surtout à la région orientale, tandis que ficar est la forme habituelle du centre et de l'ouest, ce qui cadre bien avec le fait qu'en portugais ficar est la forme ordinaire, bien que fincar y soit aussi employé. Cette dernière forme est probablement un emprunt fait à l'espagnol.

D. Phénomènes appartenant à la phonétique

syntactique.

47. Un trait important du dialecte léonais consiste dans la tendance qu'a ce dialecte d'assimiler la consonne finale de certains mots à la consonne initiale de certains autres. s'agit avant tout de l'n final des prépositions en et con, et de l'7 initial de l'article et du pronom personnel. Nous commencerons par le tableau des exemples, pour passer ensuite aux réflexions que suggèrent ces formes.

I. n + 1. A. en + l'article.

en + lo(s) > enno(s): Groupe I. Doc. XXXVI 18, L 34,

LVII 7, 29, LXXII 68, 73.
Groupe II. Doc. LV 9, LXXV 32, 42, LXXX 17, LXXXII

II, LXXXIV 18, 25, XC 22.
Groupe III. Doc. XCII 5, 15, 17, CI 9, 10, 10, 22, 22, 22,

61, 72, 76, 77, 90, 96, 98, 112.
en + la(s) > Enna(s): Groupe I. Doc. XIX 8, XXII 13, 25,

XXXVI 4, L 10, 34, 35, 44, 51, LIII 3, LVII 19, 21, 54,
54, LX 67, LXIII 46, LXVIII 20, 20, 24, 37, 50, 53,

LXXII 57, 69.
Groupe II. Doc. XXVIII 15, 30, 31, LV 7, 18, LXXI 66,

LXXV 25, 43, LXXVIII 13, 13, 48, LXXXIII 6, LXXXIV

5, 16. Groupe III. Doc. XIV 15, XCII 12, 12, CI 14, 16, 22, 56,

71, 86, 104, 108. en + los) > enos: Groupe I. Doc. I 28, XIII 10. Groupe II. Doc. LXXVI 19, 28, 67, LXXXV 39, LXXXVIII

4, 17, LXXXIX 5, 13.

Groupe III. Doc. C 45.

on + la(s) > ena's): Groupe I. Doc. XVI 7, 9, XXVI 7, 15, 36,

45, XXVII 8, L 39, LVIII 12, 13. Groupe II. Doc. LXXI 43, LXXVI 5, 13, 16, 18, 32, 38,

49, 69, LXXVII 24, 27, 47, LXXXVIII 6, 27. Groupe III. Doc. XIV 16, XCII 8 (desdena) 6, 8 (atana),

XCIV 5, 12, 22, 38, XCVII 4, C 13, 15. en + le > enne : Groupe I. Doc. XXVI 36, XXXI 24, XLII

26, 31, 43, L 55, LX 18, LXXII 65, 82, 92. en + le > ene: Groupe I Doc. V 4, XLVII 3, LIV 34,

LVIII 4, 32, 45, 53. B. con + l'article. con + lo(s) > conno(s): Groupe II. Doc. XXVIII 28, 33,

(> LXXVII 59. Groupe III Doc. XCIII 2, 29. con + la(s) > conna(s): Groupe I. Doc. XLVI 28. Groupe II. Doc. XXVIII 19, 26, XC 18, 27, 35. con + lo(s) > cono(s): Groupe III. Doc. C 23. con + la(s) > cona(s): Groupe I. Doc. LIV 24, LVI 27. Groupe III. Doc. C 5. C. La troisième personne pluriel d'un verbe + l'article ou

le pronom personnel. -n +l->-nn- ou -n-. Groupe I. Doc. VIII dena 58, uendana

59; XLVI faganno ii, denno 12, vendanno 13. Groupe II. Doc. LXXVII partirona 59, saelaronna 59, po

sieronos 62. Groupe III. Doc. CI outorgaronna 113. - N- + 1. > Il: Groupe I. Doc. III saquella 7. D. Non + le pronom personnel. non + lo(s), la(s), le(s) > nolo(s), nola(s), nole(s): Groupe I.

Doc. III 10, XXII 15, LVII 28, LXII 11, LXV 36. Groupe II. Doc. LV 13, LXXXV 7, 29. non + los nonnos: Groupe III. Doc. XCIII 22.

II. r + 1. A. por + l'article ou le pronom personnel.

por + lo(s), la(s) > pollo(s), polla(s): Groupe III. Doc. XCIV

35, 38.

por + lo(s), la(s) > polo(s) pola(s): Groupe I. Doc. XX 16. Groupe II. Doc. XXVIII 13, 14, XLIII 29, LXXVI 31, 32,

35, 43, 52, LXXXII 16, 16, 17, 17, 18, LXXXV 10, 19. Groupe III. Doc. XCI 15, XCIII 23.

B. per + l'article ou le pronoin personnel.
per + lo(s), la(s) > pello(s), pella(s):
Groupe III. Doc. XCI 2, XCV I, XCVIII 12.
per + lo(s), la(s) > pelo(s), pela(s):
Groupe II. Doc. XXVIII 2, XLIII 3, 26, 61, LV 8, LXXVI

2, LXXIX 5.
Groupe III. Doc. XCI 17, XCIII 2, 7, C 2.

C. Un infinitif + le pronoin personnel.
-p+1>1 ou ll: Groupe I. Doc. III sacala 5, dallo il;

XXXIII fazellas 16; XXXVIII traelos 38; XLVI con-
duchallos 17; LIV fazelo 16, dales 17; LXXIII crialla

16, llabralla 16, desffazelle 43.
Groupe II. Doc. XLIII desfazelo 47; LXXV saellallas 39;

LXXVII prouallo 20; LXXXI ffaceles 7, partillas 44.
Groupe III. Doc. C comprala 31.

III. S +1.

A. Un pronom + un pronom.

-5 +1>1 ou ll: Groupe I. Doc. XXIII uollos 23; XLI uo

llas 55; LIV uolo 26; LXXII uollo 66, 75. Groupe II. Doc. LXVII todalas 19; LXXXIX uola 18,

uolla 19, 20. Groupe III. Doc. XCV uolo 25; XCVIII uolla 11; C uolo 17.

B. Un verbe + un pronom.

-s +1>1 ou ll: Groupe I. Doc. VIII complimoles 8, damoles 8; XXII damoielo 9; XLVII vendemolo 5; LVI ayadella 18; LVIII robramo, confirmamola 28, robramola,

confirmamola 42. Groupe II. Doc. XLIII fazemolas 30; LXXVI damola 20;

LXXXVI otorgamolo, confirmamolo 6.

Observons d'abord que les formes ainsi contractées n'étaient généralement pas d'un emploi obligatoire. Il est vrai que, dans un grand nombre de documents, il n'y a que des contractions sans formes pleines correspondantes, mais cela dépend souvent de ce que, dans ces documents, les combinaisons en question sont peu nombreuses. Il y a d'autres documents où l'on ne trouve que les formes pleines. Les documents qui sont assez étendus pour offrir des exemples nombreux des combinaisons dont il s'agit, offrent des formes contractées à côté de formes pleines. Ainsi les doc. XXII enna 13, 25, en la 24, 25; XXVI ena 7, 15, 36, enla 12; LVII enno 7, enna 54, 54, en el 54, con la 56; LXXII enna 69, en la 65. Dans quelques documents, l'assimilation est pourtant appliquée avec rigueur (tel le n° LXXVI): le groupe III montre tout particulièrement, comme il est naturel, que, dans la région occidentale, elle avait passé à l'état de règle.

M. Gessner attire avec raison l'attention sur la forme enno, conno, parce qu'elle ne peut remonter qu'à la forme lo de l'article, forme qui est celle du portugais, et qui, comme nous allons le voir, a laissé encore d'autres traces dans le léonais (cf. p. 265). Cette forme représente la syllabe finale de illum, tandis que l'article espagnol remonte au nominatif elli, dont le voyelle a subi l'influence de ellum. ? Il s'ensuit donc que, lorsque l'accusatif ellum était évincé par le nominatif elli, les formes conno, enno ont pu, grâce à la forme particulière qu'elles avaient prise par l'assimilation, persister à côté de con el, en el.

Nos documents offrent aussi la forme enne (ene). On peut remarquer à propos de cette forme qu'il n'y a pas de changement analogue pour con. Mais les exemples de con sont en somme beaucoup moins nombreux que ceux de en, et ce peut très bien n'être qu'un effet du hasard que la combinaison *conne manque. Une autre circonstance à remarquer plus importante celle

1 Cf. Baist Gr. p. 909.

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là – c'est que la forme enne ne figure que dans les documents du premier groupe, tandis que enno est proportionnellement beaucoup plus fréquent dans les groupes II et III que dans le groupe I. Ce n'est là qu'une nouvelle confirmation du fait que nous avons mainte fois relevé: plus on s'approche vers l'ouest, plus les formes approchent de celles du portugais. Les documents de Gessner appartiennent tous à un domaine central ou occidental. - Comment expliquer enne? Vu l'absence de conne, on pourrait être tenté d'admettre la possilibité d'une assimilation de la voyelle finale atone à la tonique, mais sans compter avec la rareté relative de conno cette hypothèse rencontre des difficultés qui la rendent inadmissible, Car on s'attendrait alors à trouver aussi au pluriel un *ennes et au féminin un enne < enna, etc. Encore trouve-t-on, doc. L, deux fois, 12 et 51, tras , où l’e ne s'explique pas par une hypothèse pareille. On pourrait aussi voir dans enne le résultat d'un croisement entre enno et en el, mais cela n'expliquerait pas non plus tras le. – Nous croyons donc qu'il faut voir dans enne la trace du nominatif avec perte de la syllabe initiale; én + elle > en le > enne, de même trás elle > tras le. Le nominatif était sans doute employé au régime déjà avant d'avoir perdu la syllabe initiale, perte qui d'ailleurs eut lieu plus tard en léonais qu'en castillan. Grâce à cette manière d'envisager la question, on comprend aussi que ces formes se trouvent de préférence dans la région occidentale du Léon, où l'accusatif de l'article n'a presque pas laissé de traces.

Comme on le voit par notre tableau, l'assimilation de n et 1 donne ou bien nn ou bien n, graphies qui se trouvent souvent représentées dans le même document. Les formes avec n simple augmentent vers l'ouest. Dans la région centrale et orientale, il est probable que en s'est d'abord combiné avec l'article, lorsque celui-ci se prononçait avec 1 mouillé: en + llo > enno (eño), après quoi ñ s'est fréquemment réduit en n sous l'influence de la préposition.

Au lieu de nn ou n, on trouve ll doc. III 7 dans la forme saquella. Voici ce passage: «si ellos moriren saquella sos fillos el qui primero diere estos morabetinos. z istos homines que aqui sunt nominatos enesta carta quela an asacar.» La forme E. Staaff.

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