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d'hier. Paris, La chapelle , i83;, a vol. in-8 , i5 fr.

— Roï ( le ) de la révolution , histoire trouvée sur les bords du Gange. Paris, Dumont, I83i , in-8f 7 fr. 5o c.

Histoire allégorique.

— Souvenirs d'un demi-siècle. Vie publique. Vie intime. Mouvement littéraire. Portraits. 1789-1836. Paris, Dumont, i836, 6 vol. in-8, 45 fr.

Mémoires de l'auteur.

Ou doit aussi à cet écrivain un grand nombre de brochures soulevant diverses questions de inorale, de politique ou de littérature; leur intérêt ayant passé avec les circonstances qui les avaient fait . naître, nous n'eu donnerons point la nomenclature; nous devons cher toutefois: Un mot tur l'ancien personne/ de Varmée; Lettre à M. le màrq. de LatourMaubourg tur les droits des anciens officiers; et Leur» a M. le maréchal Gérard tur Forçanttalion du département de la guerre et de l'armée. Ces publications , dans lesquelles l'auteur a signalé les menées intrigantes de la bureaucratie militaire, ont ameuté contre lui toutes les puissances satellites de la rue Saint-Dominique : il eut fallu du talent pour réfuter sa critique, on s'est contente de le calomnier ; on lui a dénié, eu droits chèremetits acquis , l'équivalent de ce qu'il avait émis en bonnes vérités. Mais les vérités sont restées , les calomnies n'ont pu altérer une réputation honorable , et M. TouchardLafnsse s'est fort bien passé du grade de sous-intendant militnire.

On doit eueore à M. Toucbard-Lafosse une ÏVotice sur Dernouitier, iinpr. à la tète d'une édition de ses Lettres à Emilie (i834). Nous connaissons aussi de cet écrivain la Femme du brigand, nouvelle, imprimée dans le tome XI du Salmigondis.

La manière de M. Touthard-Lafosse est nerveuse, colorée dans les compositions historiques; fine, malicieuse, ingénieusement critique d;ms le roman ; et partout il sait captiver le lecteur par un plan tracé nettement, une action conduite avec régularité , un intérêt vif et soutenu. Aussi ses ouvrages sont-ils recherchés par toutes les classes de lecteurs. En littérature , M. Touchard-Lafosse se montre l'ennemi de ces déplorables coteries qui ralentissent le vol de cette première des gloires actuelles de notre belle patrie- Romantique avec les classiques immobiles , cet écrivain blâme leur résistance ou progrès; classique avec les novateurs frénétiques, il condamne leurs excès , leurs abus, mais plus particulièrement l'insultante exclusion de leur école.

M. Toucbard-Lafosse débuta en littérature par faire du journalisme.. Vers la fin de 1807, il fonda, à Bourges , un journal, qui, sous le titre de Propagateur, devint bientôt l'une des meilleures publications périodiques des départements.Lorsqu'en 1815, après avoir quitté le service militaire, M. ToucbardLafosse se consacra à la culture des lellresj, ce furent d'abord ïesjournaux qui occupèrent sa plume ; mais il ne s'est jamais associé qu'à la rédaction de ceux qui proclamaient des opinions patriotiques et populaires. 11 écrivit d'abord dans le Journal du commerce, le Courrier des spectacles, la Nouveauté , la Réunion et le Journal de Paris , au temps de sa carrière libérale. En 1826, il était le rédacteur en cbef de « l'Écho du soir », qui , pendans six mois , oc* çupa le premier rang parmi les feuilles spirituelles , troupes légères de l'opposition qui procédaient par un badinage incisif ou le raisonnement se faisait jovial et piquaul pour devenir plus facilement per

suosif. En 1829, ou remarqua des articles de M. Tuuchard-Lafosse, signes In Solitaire du t'nv-de-Uôme, dans « l'Album national», excellent journal qui, comme « l'Kcbo du soir», expira Soub la grosse ar* lillerîe des procès de tendance et des lois fiscales. En i83a , M. Touchard-Lafosse fonda à Nevers un jotirnat d'opposition , intitulé « la Sentinelle de la Nièvre. ..» Au centre de la planète Dupin.... l'entreprise était hardie... La rédaction , composée de patriotes éprouvés, en face des séductions, marcha droit et ferme vers son but; mais l'imprimeur* gérant, dépendant par su position de la préfecture, en subît l'influence.... Ce journal n'eut qu'une courte existence.

On trouve une Notice sur M. Toucbard-Lafosse dans la Biographie des hommes du jour, par MM. G. Sarrut et B. Saint-Edute , tome IIe, prem. partie, pag. i45—5o.

TOUCHE, pharmacien, à Paris, l'on des rédacteurs de la Gazette de santé,

TOUCHE ( La ). — Voy. Latoucbe.

TOUCHEBOEUF-CLERMONT ( le vicomte de ). — Mille et unième calomnie de la Contemporaine. Paris, de l'impr. d'Everat, i834, in-8 de 108 pag.

TOUCHIMBEKT (la comtesse de).(Voy. la Littér. franc, contemp.) .

TOUCHY, ancien avocat, ex-professeur d'histoire et de géographie physique, professeur d'histoire naturelle, et directeur du cabinet de la ville de Montpellier, membre des sociétés des sciences, belles-lettres et agriculture de cette ville, et de l'Académie celtique.

— Ode, en idiome languedocien, à S. M. Napoléon-le-Grand, etc. Montpellier, Renaud, 1808, in-8 de 20 pag.

Cette pièce se trouve souvent jointe aux Opuscules de l'auteur, quoiqu'elle ne doive pas être considérée comme en faisant paille.

— Opuscules d'histoire naturelle et de littérature. Montpellier, Renaud, 1808,3 vol. in-8 , de viij, 88 et 100 pag.

Ces deux volumes se composent : i° d'un moire sur la voix des oiseaux , lu à l'assemblée publique de la Société royale des sciences de Montpellier, tenue devant les États de Languedoc, en l'année 1783 ; — 20 d'un Discours sur l'agriculture, prononcé dans une fête rurale , au nom de la Société d'agriculture du département de l'Hérault ;—3° d'un premier Mémoire pour servir à la description du dépar-. tentent de l'Hérault; — 4° Su* le rouleau à battre 1er grains , lu à la Société d'agriculture ;— 5° Rapport tur les carrièret de l'Hérault, lu à la même société f

— 6° Discourt d'outerture d'un cours d'histoire natu-, relie, ayant pour objet d'établir que l'histoire naturelle est préférable à la Fable pour les instructions. morales qu'on donne à la jeunesse; — 70 Sur les expressions figurées, et des emblèmes prît chez les oiseaux.

TOU GARD ( Jér.-François ), d'abord juge d'instruction au Havre, de 1812 à 1816, et avocat k la Cour royale de Rouen; ne au Havre , le 3o septembre 1781. —■ Guide des jurés. Paris, Baudouin frèrest 1827 , in-8 de 91 pag., a fr.

Ce petit traité doit être le vade-mecum de tous ceux que leurs droits et nos lois appellent a l'exercice des importantes fondions de juré. Tous les journaux eu ont rendu le compte le plus avantageux.

— Mémoire lu à la Société libre d'émulation de Rouen sur l'abolition de la peine de mort iufligée aux faux monnoyeurs en matière d*or et d'argent. Rouen, Frère; Parls, Baudouin frères, i8a8, in-8 de 16 pages. •

Ce Mémoire fait l'objet d'une pétition adressée anx deux Chambres.

—- Notice historique et biographique sur M. d'Ornay, membre de la Société libre d'émulation de Rouen. Rouen, de timpr. de Baudry , i835, in-8 de -20 pag.

— Soirées littéraires, on Cours de littérature comparée, à l'usage des gens du monde, improvisé par M. Charles Durand, recueilli par M. Tougaro ( qui y a ajouté des notes). Rouen, Périauxjeune, 1828, in-8.

— Vices (des) et des abus de l'instruction criminelle en France , et des moyens d'y remédier, Rouen, Frère; Renault, et Paris, Brissot-Thivars, 1820, in-8 de i64 pages.

Cet ouvrage, inspiré par la pliilantrophie la plus pure, est écrit avec sagesse : il renferme les saines doctrines de Beccaria , sur les délits et les peines. Les erreurs et les abus inséparables de la législation actuelle y sont signalés avec énergie , mais avec modération; les remèdes et les améliorations y sont indiqués avec autant de prudence que de sagacité. Il est honorable pour l'auteur d'avoir en partie contribué , par son travail, à la réforme de l'article 35i du Code d'instruction, ordonnée par In loi du 24 niai 1821. Le système du jury, adopté depuis peu par la loi du 2 mai , y est également proposé.

I\n 1826 , M. Tougnrd est devenu le rédacteur en chef du journal littéraire « le Neuslrieu ». La l\evue encyclopédique, dans son cahier du mois d'août 1837, page 476 , en parle dans les termes les plus honorables. Levés , Biogr. da Havre.

TOUL (le P. Bcnoist de ), capucin de la province de Lorraine. "Voy. P. Benoit.

TOULIN (Pierre), de Châteauroux. — Heure (1* ) du berger, poème en quatre chants. Paris, F, Didot, 1807, in-ia.

TOULLIER (Charles-Bonaventure-M,), l'un des jurisconsultes français les plus célèbres du xixe siècle, naquit à Rennes (Illc-etVilaiue), vers Tannée 1760. Rcçn avocat le 8

aout 1773 , il se destina de bonne heure à l'enseignement de la jnrisprudence, et, dès avant la révolution , il était agrégé à la faculté de droit de sa ville natale. 11 y fut naturellement nommé professeur lors du rétablissement des écoles, en i8oî, et bientôt il en devint doyen. Ces fonctions du decanat, dues à son mérite non inoins qu'à l'ancienneté de ses services, furent plus tard pour lui l'occasion d'une disgrâce vivement sentie, et forment même dans sa vie le senl événement marquant qu'ait offert à l'attention publique une carrière d'ailleurs heureuse et tranquille. En 18 15 , après la seconde restauration, Toullier, déjà très-honorablement connu de la France par la publication des premiers volumes de son Cours de droit civil, et cher à ses compatriotes, qui trouvaient en lui l'un des ornements de leur pays, eut le roalhcnr d'exciter quelques-unes, de ces haines qui croissent facilement dans les temps de divisions politiques, et qui s'attaqnent de préférence aux hommes distingués. 11 était connu pour avoir des opinions libérales ; et, quoique la maturité de son âge, comme celle de son esprit, ne permissent pas de voir en lui un ennemi du nouvel ordre de choses , le gouvernement d'alors, rendu doublement soupçonneux par des revers récents et par la conscience de l'antipathie nationale, eut le tort d'accueillir les préventions qu'on chercha à loi inspirer contre le savant professeur. Ni les envieux ne manquèrent pas pour exploiter celte disposition , ni les prétextes ne leur firent pas faute pour motiver les rigueurs du pouvoir. On prétendit que , dans une leçon publique, Tonllier avait professé des principes hostiles à la dynastie rétablie, et propre à lui aliéner le cœur de la jeunesse. Il a constamment démenti cette accusation avec énergie, et l'a signalée comme nue calomnie indigne. Cependant elle suffit près du ministère pour amener la révocation de ses fonctions de doyen, et probablement elles lui eussent fait perdre celles même de professeur, si ces dernières n'eussent «té inamovibles. Un peu auparavant, une injustice semblable avait frappé également le doyen de la Faculté de Dijon , M. Proud'hon, le célèbre auteur du « Traité de l'usufruit ». Mais celle-là n'avait pu s'accomplir entièrement, grâce à la courageuse résistance des confrères du professeur dijonuais, qui tous refusèrent d'accepter sa place. Tonllior fut moins heureux : et l'un de ses anciens élèves, qne k sort destinait bientôt à une pins hante fortune, M. Corbière, qni Ait depuis ministre del'intérîenr, se buta de lui succéder. Quoi qu'il en soit, cet événement, dont ToulLier fut irès-pénîblement affecté , et qu'il raconte avec beaucoup d'amertume dans Tune des préfaces de sa première édition , eut réellement ponr lui des suites avantageuses. C'est,'en effet, à partir de ce moment que l'on voit son ouvrage s'améliorer progressivement, et parvenir enfin à ce degré de mérite qui lui a valu une si grande popularité. Toullier est mort, dans sa ville natale , le i 9 septembre i835 , bâtonnier de l'ordre des avocats de la même ville.

— Consultation de plusieurs anciens avocats de Rennes , sur la validité des mariages contractes par les émigrés français avant leur retour et le rétablissement dans leurs droits civils. Ouvrage qui peut servir de supplément ou d'appendice, à ce que dit le rédacteur ( M. Toullier) sur la mort civile et sur le mariage, dans le premier volume de son ouvrage sur le Code civil, dont il paraît sept volumes. Paris, B. Warée, 1817 , in-8 de 08 pages, x fr. a5 c.

Cetle Consultation , signée de six avocats, a été rédigée par Toullier.

— Droit (le) civil français, suivant l'ordre du Code Napoléon; ouvrage dans lequel on a tâché de réunir la théorie à la pratique. Paris, Nêve; Warée oncle, 18 113i, x4 vol. in 8.

Voie! comme a été publiée ['édition originale de ce célèbre ouvrage : de tSu à i8<8 ont puni les huit premiers volumes. En lète du huitième volume est une préface intéressante, même pour le-; personnes qui n'étudient pas le droit. Deux ans plus tard a paru un Supplément à la première édition fies huit premiers volumes du Droit civilfianc.au. Paris, B. Warée oncle, 1820, un fort vol. in-8. Puis do iSii à 1823 ont été publiés les tomes IX-Xl. Le dernier volume est terminé par une Table générale et alphabétique des matières contenues dans lei onze volumes, table paginée de 4<)3 à 664. Puis encore , de 1826 à I83i, les tomes XII à XIV, contenant le Contrat de mariage , terminé par une table des trois volumes. Paris, Warée oncle. Telle est, croyons nous, tu publication originale du livre de M. Toullier.

De nouvelles éditions sont devenues nécessaires par suite de l'immense succès qu'a obtenu ce livre , mais si nous devons nous eu rapporter au Journal de la librairie, il n'y ci» a eu que pour un certain nombre de volumes, à mesure qu'ils venaient à s'épuiser, Ainsi, l'annonce de la seconde édition, en 1820, dans le journal dont nous venons de parler, n'indique que les tomes 1 à III, et VI ; de la troisième édition on ue trouve aucune annonce dans le Journal de la librairie, et lorsque, en 1824 , l'ouvrage était déjà parvenu à douze volumes, nous trouvons l'annonce d,e la quatrième édition , Parts, Warée oncle, et

Warée fils aîné, maïs des volumes I—IV etVI à IX seulement et non du tout. fions avons eu sous les yeux un des dix exemplaires imprimés sur papier vélin , de celte quatrième édition, Ja dernière revue par l'auleur : les douze premiers volumes portent la date de 1824 , mais il y a lieu de penser que plusieurs titres ont été réimprimés pour l'uniformité de ces exemplaires, précieux à cause qu'ils n'ont été lires qu'à très-petit nombre, ainsi que nous venons de le dire. Celle édition porte pour

titre : le Droit civil français IVe édition, revue

et corrigée. On y a joint deux tables, l'une générale et alphabétique des matières contenues dans les onze volumes; l'autre , des articles des cinq codes qui y sont traités. Ces tables spnt dues à M. MomiL, qui a succédé à M. Toullier dans la chaire de droit civil à la Faculté de tiennes.

— Le même ouvrage. Cinquième édition. Paris 1 J. Renouard, 1837, 14 vol. in-8 , *i34 fr. — Tome XV. Table alphabétique et analytique des matières, conçue et rédigée sous les yeux de l'auteur par M. Martin Jouaclt.Paris, le même, i834, in-8, 6 fr.

Les premiers volumes , contenant le commentaire des deux premiers livres du Code civil, sont assez faibles; non qu'ils ne renferment des décisions sûres, mais ils manquent en général de développement; trop peu de questions y sont abordées; les discussions y ont trop peu d'étendue : et trop souvent le traité 11e présente qu'une paraphrase, ou même qu'une simple reproduction du texte. L'allure de l'ouvrage change visiblement à compter de l'époque correspondant à la disgrâce de l'auteur : sa manière s'élargit; les proportions de sou livre s'accroissent. Cet agrandissement est déjà très-sensible dans les trailés des tuectssiom et des donations: cl il devient surtout frappant dans celui des obligations. Telle est même la dimension de ce dernier, qu'elle sembla dépasser la mesure qui lui était assignée pa'r la nature de l'ouvrage dont il fait partie, et convenir plus à un commentaire isolé, qu'à l'une des divisions d'un cours de droit. Mais, quelle que soit l'opinion que deâ censeurs méticuleux aient pu prendre de celle espèce de défaut de proportion , c'est là une imperfection bien légère en comparaison des avantages qui en résultent. Le sujet est traité avec une abondance, une profondeur, qui n'inspirent aux vrais amis de la science, et même aux hommes de pratique, si besogneux d'instruction , qu'un seul regret : celui de ne pas avoir vu l'auteur achever sur ce plan la carrière qu'il s'était aussi heureusement élargie. Cette œuvre importante et pénible paraît, eu effet, a.voir épuisé sis forces paternelles. Le traité du contrat de mariage, qui vient ensuite, est bien loin d'offrir la même richesse d'enseignement , et se renferme dans des bornes bien autrement étroites. II est vrai que l'âge commençait à alourdir la main qui l'écrivait, et, sentant apparemment qu'elle devenait tardive sous ce poids , l'auteur a posé sa plume avant que te public lui eut fait entendre le solve senescentem. Toullier, n'a donc exécuté que la moitié de son projet ; et il n'a expliqué que la moite , à peu près , du Code civil; et l'on ne songe pas, sans une véritable peine, qu'au nombre des titres que les années lui ont empêché d'aborder, se trouve celui des hypothèques , qui aurait taut besoin d'être enfin manié par un homme supérieur : Toullier eût été cet homme (1).

(1) Deux jurisconsultes , M. Tbopiomg, aujourd'hui conseiller à la Cour royale de cassation , et Son rang est depuis longtemps fixé parmi les jurisconsultes. Il occupe incontestablement.la premier» place entre ceux qui ont écrit sur l'ensemble de notre nouveau droit ci vil; et la doit* une érudition, trop rare aujourd'hui , et à une étendue d'esprit remarquable. Il n'égale pas M. Prudbnn pour la constante solidité des discussions , et moins encore trouverait-on che* lui cette netteté de sens cl celte infaillibilité de doctrine qui caractérisent si heureusement Polhier ; maïs , sous d'autres rapports, il les surpasse l'nit et l'autre. 11 s'élève davantage , il sait plus agrandir son sujrt, et nourrit mieux la pensée de hautes considérations. Il observe d'ailleurs une obéissance moins servile à la loi , et sait se permettre de la critiquer à propns. D'ailleurs, il est peut-être le seul des commentateurs en crédit qui oit osé ou pu faire quelquefois de la législation comparée. On trouve de temps en temps des citations anglaises tirées de Hlackslonc; et, pour qui* conque connaît les hnbitudes routinières et rélrécies de nos jurisconsultes appliqués ( car les théoriciens sont sans autorité au palais ) , c'est là une ebose inouie. Enfin, son style ne manque ni de facilité, ni même d'une certaine élégance; malheureusement il devient trop souvent loche et diffus. Celle prolixité d.tns la forme .et le fond , quelque penchant au paradoxe, sont les seuls reproches graves que paraissent mériter ses ouvrages. Du reste , ils jouissent d'une haute estime près des tribunaux ; et l'on dit même qu'en plusieurs cours royales , ils sont consul lés comme oracles. Leur mérite et leur réputation n'ont attiré sur leur auteur les faveurs d'aucun gouvernement ; et la décoration de la légiond'honneur, maintenant aisez insignifiante, a été le seul témoignage de bienveillance aecnrdé par le pouvoir a ses vieux ans.

Voici le jugement que , dans son édition des Lettres sur la profession d'avocat, de Camus, M. Dupin aîné porte de Toullier et de 9on ouvrage:

m M. Toullier est le Pothier moderne; înêmeclarlr, même méthode, même profondeur que le jurisconsulte d'Orléans. On ne parle pas des œuvres posthumes de Polhier, qui ne sont que des ébauches restées imparfaites, mais de ses meilleurs traités, de son Traité des obligations , par exemple , regardé jusqu'ici comme un chef-d'œuvre de droit et de raison, et que M. Toullier est parvenu à surpasser. Peut-être qu'il n'eut pas traité cette matière avec iiutant de supériorité , si Polhier ne l'eut pas précédé; mais du moins on doit lut rendre celle justice, qu'il a très-habilement profité de cet avantage, et que son ouvrage est, sans contredit, le plus parfait de tous ceux qui , jusqu'à présent, ont paru sur le Code civil ».

Il existe de cet ouvrage deux traductions , l'une allemande, imprimée à Francfort ; l'autre italienne, imprimée à Naples.

Les Belles ont publié trois contrefaçons de l'ouvrage de Toullier. Une en 1829, en i3 vol. in 8, à laquelle ils ont donné te titre de troisième; une antre en i83o, 7 vol. grand in-8 qui ont été publiés en 28 livraisons. Voici le titre de celte dernière:

M. J.-B. Dovs-tciE* , avocat, publie concurremment des suites an travail de Toullier. Le premier a déjà fait paraître : 1" le traité de la vente, ou Commentaire du litre 6 du livre III du Code civil (i834, 2 vol. in-8); a° les traités lier, privilèges et hypothèques, nu Commentaire du titre 18 du livre III du Code civil (i833, 4 vol. in-8). Ces denx ouvrages sont déjà à leur troisième édition. 3° le traité de la prescription , nu Commentaire du titre 20 du livre III du Code civil (i835 , 2 vol. in-8). M. Duvergier n'a encore publié que le volume cité à la fin de la notice de Toullier.

le Droit civil, etc., nouvelle édition, mise en rapport avec la législation et la jurisprudence dm royaume des PajtBas, et contenant article par article , les changements, modifications et dispositions nouvelles adoptés par le code belge, Knfin, la troisième contrefaçon a été publiée eu i8i.j, 1-i vol. in 8.

[.a publication de cet ouvrage a donné lieu aux critiques suivantes:

i° Dissertation sur l'article 585 dn Code civil, et réfutation de la doctrine de M. Toullier sur one question née de cet article. Par M- Le Guevel, Bennes, Valar, 1819. iu-8 de 64 pag.

20 Annulations critiques sur la doctrine de M- Toullier, dans son Traité du droit civil français, suivant l'ordre du Code; recaeillies sur les cinq premiers volumes contenant la matière des premier et deuxième livres et les titres Ier et IIe du III" livre du Code civil. Par M. P- J. SriKUtai., avocat à ta cour supérieure de justice, à Bruxelles. Gand, G. de Bofscber , et Lille, Wanackère père, 1824 > in-8 de v et ig3 pag* —Annotations, etc. Recueillies sur les volumes six à onze, contenant la matière du titre 111 du 111" livre du Code civil. Par le même. Gand, Debusscber et fils; et Lille, Wanackère père, 1825, in-8, de v et 147 pag., 3 fr. 5o c.

3° Lettres adressées à M. Toullier, docteur et professeur en droit à Rennes , sur quelques erreurs énoncées dans le tome XII du Cours du droit français, relatives à ta communauté des époux. Par M. Le. Guevel. Paris, madame Levy, 1828, in-8 de 64 pag. — Une première Lettre de M. Le Guevel avait déjà paru l'année précédente, in-8 de 16 pag. Ces Lettres de M. Le Guevel et de judicieuses observations que M. Déniante avait insérées dans la « Théinis » sur la doctrine parfois étrange de M. Toullier quant au mariage, ont été réunies et publiées sous le titre à"Appendice au (orne XII du Droit civil français, par H. Toullier. Bruxelles, veuve Slapleaux, 1828, in 8.

-—Droit (le) civil français, suivant l'ordre du Code. Ouvrage dans lequel on a tâché de réunir la théorie à la pratique. T. XVI. Continuation (art. i58a et stiiv. ), par J.-B. Duvergier , avocat, sur les notes de feu Carré. Paris, J. Renouard, i835, in-8 , 10 fr.

TOULON ( le P. M. ) . Voy. J.-J. Manget.

TOULON ( Gabriel de).Voy.le P. GABRIEL DE Sainte.-ci.air.

TOULONGEON ( le comte FrançoisEmmanuel de ), ancien maréchal de camp, membre de l'Assemblée constituante, et plus tard du Corps législatif, membre de l'Institut, d'abord de la classe des sciences morales et politiques, puis ensuite de celle de littérature ancienne; né au château de Cbaroplitte, département de la HauteSaône , en 1748, mort le a3 décembre 18x3.

— Commentaires (les) de César, trad. du latin , avec cartes et notes militaires sur le texte ( 1 813). "Voy. César.

— * Eloge véridique de François-Apolline de Gnibert. Par un ami. Paris, Lejay, 1790, in-8.

Réimpr. , avec des corrections , à 'la tête du Voyage de Guibert en Allemagne (Paris, iSo3, a Toi. in-8).

— Eloge historique de A.-G. Camus, membre de l'Institut. Paris, Baudouin, 1806, in-8 de 44 pag.

— * Esprit (!') public. 1797, cinq numéros in-8. —Sec. édit. 180a, in-8.

—Histoire de France, depuis la révolution de 1789, écrite d'après les mémoires et manuscrits contemporains, recueillis dans les dépôts, civils et militaires. Nouv. édition. Paris, de l'impr. de Didot le jeune. Treuttel et Wurtz , 1801-10, 7 vol. in-8, avec cartes et plans, 4-5 fr., on 4 vol. in-4» avec cartes et plans, 66 fr.

Il en a été tiré un très-petit nombre d'exemplaires sur papier vélin, de l'un et l'autre format.

La première édition est de Strasbourg et Paris, Treuttel et Wurtz, s. d. , 2 vol. in-8.

D'autres histoires de ce même temps ont fait presque oublier celle-là; mais elle serait encore bonne à consulter, particulièrement à cause de l'exactitude de la plupart des faits militaires.

—■ * Manuel du Muséum Napoléon, contenant une description analytique et ratsonnée, avec une gravure au trait de ebaque tableau, tous classés par écoles et œuvres des grands maîtres. Par F.-É. T. Paris, Treuttel et Wurtz , an xi (1802-08), 10 livraisons in-S.

Les nenf premières livraisons , qui ont paru de 1802 à 1808 , contiennent l'œuvre de Poussin, de Baptiaël, deRnbens, du Oominîquin , de Von Dick, Van Ostade et Gérad Dow, du Titien , de Lebrun, de Paul Vérunèse, de Vernet. La dixième livraison, qui y a été jointe, se compose de ta Galerie de saint Bruno , par Lesueui, analysée par L. B. F.

— * Manuel révolutionnaire , ou Pensées morales sur l'état politique des peuples en révolution. An iv (1796), in-8; ou Paris ^ Dupont, an x (1802), in-8.

On a traduit en allemand ce petit ouvrage, moins méthodique qu'ingénieux , mais qui seul montrerait que si l'auteur ne se laissa pas entraîner par les esprits exagérés d'aucun parti, c'est parce qu'il observait avec pénétration les hommes et les choses.

■— * Principes naturels et constitutifs des Assemblées nationales. Besancon, 1788 , in-8.

—■ Rapport sur les questions relatives aux cérémonies funéraires et aux lieux de sépultures. Jugement porté par l'Institut et proclamation dn prix. Paris, Bailleul; Debray, an ix (1801), in-4 de 2a pages, 75 c.

Avec MM-Halle, Desessarts, Revellière-Lépeaux , Leblond et Camus.

— * Recherches historiques et philosophiques sur l'amour et sur le plaisir, poème par **** (M. de Toulongeon) , M. D. L. I. D. F. ( membre de l'Institut impér. de France). Paris, Dentu , 1807, in-8.

Ce n'est qu'un petit poëine, en trois chants, qui répond assez peu au litre , et dans lequel il n'y a guère de remarquable que l'agrément de plusieurs détails.

Nous connaissons encore de Toulongeon , imprimés dans les Mémoires de L'Institut, classe des sciences morales et politiques , les deux Mémoires suivants : De l'influence du régime diététique d'une nation sur sun état politique (tom. IV, i8o3) ; De l'usage du numéraire dans un grand État (id., id.). Ce Mémoire renferme des plans bons à connaître, mais qui, vraisemblablement, ne seront jamais snivîs. On cite plusieurs autres Mémoires de Toulon* geori, maïs qui ne paraissent pas avoir été imprimés : Sur le danger pour la salubrité publique d'établir des usines sur les petites rivières; de l'Esprit public; Sur le destin des Anciens, communiqué à l'Institut; ainsi que les morceaux suivants: sur la Civilisation des peuples; sur la Manière d'amener la liberté individuelle dans un gouvernement représentatif; sur la Mémoire; sur l'Esprit; sur l'Analyse des sensations; sur l'Établissement des colonies nouvelles; Sur les différentes manières d'écrire l'Histoire, particulièrement celle des contemporains, et sur la nécessité de n'y pas négliger la peinture des caractères, ou les détails, sans lesquels les causes des événements resteraient inconnus. Toulongeon avait entrepris, en 1797, un journal in-8, intitulé : Esprit public, dont l'objet spécial était de mettre un terme aux anciennes divisions; mais il n'en a paru que six numéros : les partis n'étaient pas disposés aux concessions mutuelles que demandait l'auteur, ft a fait aussi un Traité des comètes, un Mémoire sur les aérostats , des traductions en vers du troisième chant de l'Iliade et de la quatrième satirede Perse, un Voyage à Berlin, etc.

On a imprimé les deux Discours prononcés dans le cimetière de Montmartre , sur la tombe de Toulongeon , au moment de ses obsèques, par MM. Dupont de Nemours et Qnatremère de Quincy.

On trouve une Notice sur Toulongeon, par M. DaCibb , dans les JNouv. Mémoires de l'Académie des inscriptions ( tome V, 1821), et le recueil de l'Académie de Besançon (i83i) contient une Notice historique sur sa vie et ses ouvrages.

TOULONGEON ( madame Emmanuel de ) , femme du précédent.

— * Lettres de la Vendée, écrites en fructidor'an ni jusqu'au mois de nivôse an tv, trait historique. Par M. E. T***. Paris, Treuttel et Wurtz , an Jx (1801), a vol. in-12 , fig,, 3 fr.

TOULOT, agent de vivres.

— Vues générales sur la nécessité de faire des achats de grains à l'étranger, pour parer à l'insuffisance de la récolte de 1816. Dijon, de l'impr. de Frantin, 1817, in-8 de 12 pag.

TOULOTTE ( E.-L.-J. ), ancien chef

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