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Page 216. Constantin disparoît.

L'ordre des temps n'est pas tout-à-fait suivi : Constantin ne s'échappa de la cour de Galérius que long-temps après l'abdication de Dioclétien.

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Page 217. Des dragons semblables, etc.

Si l'on en croit Plutarque et Lucain, Caton d'Utique trouva sur les bords de la Bagrada, en Afrique, un serpent si monstrueux, que l'on fut obligé d'employer pour le tuer les machines de guerre.

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Page 217. Des monstres inconnus, etc.

Les anciens disoient que l'Afrique enfantoit tous les ans

un monstre nouveau.

XXIVe.

P. 218. La persécution s'étend dans un moment, etc.

Tout ce qui suit dans le texte est un abrégé exact et fidèle des passages que je vais citer. La vérité est ici bien au-dessus de la fiction. Je me servirai des traductions connues, afin que tous les lecteurs puissent voir que je n'ai pas inventé un seul mot.

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Extrait d'Eusèbe. «Un grand nombre (de chrétiens) «furent condamnés à mourir, les uns par le feu, et les au«tres par le fer. On dit que cet arrêt n'eut pas été sitôt «prononcé, qu'on vit une quantité incroyable d'hommes «et de femmes se jeter dans le bûcher avec une joie et une «promptitude non pareille. Il y eut aussi une multitude <«<presque innombrable de chrétiens qui furent liés dans «les barques, et jetés au fond de la mer... Les prisons, qui

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«ne servoient autrefois qu'à renfermer ceux qui avoient «commis des meurtres ou violé la sainteté des tombeaux, «furent remplies d'une multitude incroyable de personnes «innocentes, d'évêques, de prêtres, de diacres, de lecteurs, «d'exorcistes; de sorte qu'il n'y restoit plus de place où «<l'on pût mettre les coupables.... Quelqu'un peut-il voir «sans admiration la constance invincible avec laquelle ces «généreux défenseurs de la religion chrétienne souffrirent ales coups de fouet, la rage des bêtes accoutumées à sucer «le sang humain, l'impétuosité des léopards, des ours, des «sangliers et des taureaux, que les païens irritoient contre «eux avec des fers chauds?... Une quantité presque innom«brable d'hommes, de femmes et d'enfants, méprisèrent «cette vie mortelle pour la défense de la doctrine du Sau«veur. Les uns furent brûlés vifs, et les autres jetés dans «la mer, après avoir été déchirés avec des ongles de fer, «<et avoir souffert toutes sortes d'autres supplices. D'autres « présentèrent avec joie leur tête aux bourreaux pour être «coupée; quelques-uns moururent au milieu des tour«ments; quelques-uns furent consumés par la faim ; quel«ques-uns furent attachés en croix, soit en la posture où «l'on y attache d'ordinaire les criminels, ou la tête en bas, cet percés avec des clous, et y demeurèrent jusqu'à ce « qu'ils mourussent de faim... Les historiens n'ont point de «paroles qui puissent exprimer la violence des douleurs «et la cruauté des supplices que les martyrs souffrirent << dans la Thébaïde. Quelques-uns furent déchirés jusqu'à «la mort par tout le corps avec des têts de pots cassés, au «lieu d'ongles de fer. Des femmes furent attachées par un «pied, élevées en l'air avec des machines, la tête en bas, d'infamie. que «<et exposées alors avec autant d'inhumanité «Des hommes furent attachés par les jambes à des bran«ches d'arbres que l'on avoit courbées avec des machines, «et écartelés lorsque ces branches, étant lâchées, reprirent «leur situation naturelle. Ces violences-là furent exercées a l'espace de plusieurs années, durant lesquelles on faisoit «mourir chaque jour, par divers supplices, tantôt dix per

«sonnes, tant hommes que femmes et enfants, tantôt vingt, <«tantôt trente, tantôt soixante, et quelquefois même jus«qu'à cent. Étant sur les lieux, j'en ai vu exécuter à mort «un grand nombre dans un même jour, dont les uns avoient «la tête tranchée, les autres étoient brûlés vifs. La pointe «des épées étoit émoussée à force de tuer, et les bour<<reaux, las de tourmenter les martyrs, se relevoient tour «à tour. J'ai été témoin de la généreuse ardeur et de la «noble impatience de ces fidèles... Il n'y a point de discours «qui soit capable d'exprimer la générosité et la constance «qu'ils ont fait paroître au milieu des supplices. Comme «il n'y avoit personne à qui il ne fût permis de les outra«ger, les uns les battoient avec des bâtons, les autres avec << des baguettes, les autres avec des fouets, les autres avec <«des lanières de cuir, et les autres avec des cordes, chacun <«<choisissant, selon ce qu'il avoit de malice, un instrument «particulier pour les tourmenter. On en attacha quelques«uns à des colonnes, les mains liées derrière le dos, et << ensuite on leur étendit les membres avec des machines. «On les déchira après cela avec des ongles de fer, non<< seulement par les côtés, comme l'on a accoutumé de dé«chirer ceux qui ont commis un meurtre, mais aussi par «le ventre, par les cuisses et par le visage. On en suspen<< doit quelques-uns par la main, au haut d'une galerie, de <«<sorte que la violence avec laquelle leurs nerfs étoient <«<tendus leur étoit plus sensible qu'aucun autre supplice «n'auroit pu être. On les attachoit quelquefois à des co<«<lonnes, vis-à-vis les uns des autres, sans que leurs pieds << touchassent à terre; tellement que la pesanteur de leur «corps serroit extrêmement les liens par où ils étoient «attachés. Ils étoient dans cette posture contrainte, non«seulement pendant que le juge leur parloit ou qu'il les «< interrogeoit, mais presque durant tout le jour.

«...Les uns eurent les membres coupés avec des haches, << comme en Arabie; les autres eurent les cuisses coupées, «comme en Cappadoce; les autres furent pendus par les « pieds, et étouffés à petit feu, comme en Mésopotamie; les

<< autres eurent le nez, les oreilles, les mains et les autres «parties du corps coupées, comme à Alexandrie.» (Voy. EUSEBE, chap. VI, VII, VIII, IX, X, XI et XII, liv. VIII.)

Extrait de Lactance, de la Mort des Persécuteurs. « Parle«rai-je des jeux et des divertissements de Galère? Il avoit «fait venir de toutes parts des ours d'une grandeur prodi«gieuse, et d'une férocité pareille à la sienne. Lorsqu'il «vouloit s'amuser, il faisoit apporter quelques-uns de ces «animaux, qui avoient chacun leur nom, et leur donnoit « des hommes plutôt à engloutir qu'à dévorer; et quand il «voyoit déchirer les membres de ces malheureux, il se «mettoit à rire. Sa table étoit toujours abreuvée de sang «humain. Le feu étoit le supplice de ceux qui n'étoient apas constitués en dignité. Non-seulement il y avoit con« damné les chrétiens, il avoit de plus ordonné qu'ils se«roient brûlés lentement. Lorsqu'ils étoient au poteau, on «leur mettoit un feu modéré sous la plante des pieds, et «on l'y laissoit jusqu'à ce qu'elle fût détachée des os. On «appliquoit ensuite des torches ardentes sur tous leurs «membres, afin qu'il n'y eût aucune partie de leur corps «qui n'eût son supplice particulier. Durant cette effroyable «torture, on leur jetoit de l'eau sur le visage, et on leur «<en faisoit boire, de peur que l'ardeur de la fièvre ne hàtàt «leur mort, qui pourtant ne pouvoit être différée long« temps, car, quand le feu avoit consumé toute leur chair, «il pénétroit jusqu'au fond de leurs entrailles. Alors on les «jetoit dans un grand brasier, pour achever de brûler ce qui restoit encore de leur corps. Enfin, on réduisoit leurs «os en poudre, et on les jetoit dans la rivière ou dans la

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«mer.

<«<Mais le cens qu'on exigea des provinces et des villes «causa une désolation générale '. Les commis, répandus «partout, faisoient les recherches les plus vigoureuses; « c'étoit l'image affreuse de la guerre et de la captivité. On

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Le cens étoit une imposition sur les personnes, sur les bêtes, sur les terres labourables, sur les vignes et les arbres fruitiers.

LES MARTYRS. T. II.

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« mesuroit les terres, on comptoit les vignes et les arbres, «on tenoit registre des animaux de toute espèce, on pre«noit les noms de chaque individu: on ne faisoit nulle << distinction des bourgeois et des paysans. Chacun accou<roit avec ses enfants et ses esclaves; on entendoit résonner ales coups de fouet; on forçoit, par la violence des «supplices, les enfants à déposer contre leurs pères, les «esclaves contre leurs maîtres, les femmes contre leurs amaris. Si les preuves manquoient, on donnoit la question « aux pères, aux maris, aux maîtres, pour les faire déposer «contre eux-mêmes; et quand la douleur avoit arraché «quelque aveu de leur bouche, cet aveu étoit réputé con« tenir la vérité. Ni l'àge ni la maladie ne servoient d'ex«cuse: on faisoit apporter les infirmes et les malades; on «fixoit l'âge de tout le monde; on donnoit des années aux «enfants, on en ôtoit aux vieillards : ce n'étoit partout que «gémissements, que larmes. Le joug que le droit de la «guerre avoit fait imposer aux peuples vaincus par les Romains, Galère voulut l'imposer aux Romains mêmes; «peut-être fut-ce parce que Trajan avoit puni par l'impo«sition du cens les révoltes fréquentes des Daces, dont «Galère étoit descendu. On payoit de plus une taxe par «tête, et la liberté de respirer s'achetoit à prix d'argent. «Mais on ne se fioit pas toujours aux mêmes commissaires : «on en envoyoit d'autres, dans l'espérance qu'ils feroient «de nouvelles découvertes. Au reste, qu'ils en eussent fait ou non, ils doubloient toujours les taxes, pour montrer «qu'on avoit eu raison de les employer. Cependant les ani<maux périssoient, les hommes mouroient: le fisc n'y per« doit rien, on payoit pour ce qui ne vivoit plus ; en sorte «qu'on ne pouvoit ni vivre ni mourir gratuitement. Les << mendiants étoient les seuls que le malheur de leur condi«tion mît à l'abri de ces violences; ce monstre parut en « avoir pitié et vouloir remédier à leur misère : il les fai«soit embarquer, avec ordre, quand ils seroient en pleine «mer, de les y jeter. Voilà le bel expédient qu'il imagina «pour bannir la pauvreté de son empire; et, de peur que

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