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traitées, ou exprès, ou en pas- qu'il avait tiré de Hugues de sant. Il ne se sert que rarement Saint-Victor, et de la glose ordes termes et des raisonnemens dinaire ; mais Jean Aleauine et philosophiques : sa méthode les docteurs de Louvain ont pris tient de la Théologie positive; soin de corriger toutes ces fauet il y a tout lieu de croire qu'il tes dans les éditions qu'ils ont ne composa son ouvrage que données des quatre livres des pour bannir des écoles les ter- sentences, et dont on va parler. ines, les raisonnemens, et la mé Les premières éditions de cet thode des scolastiques, qui ouvrage sont celles de Nuremcommençaient à prendre le des-berg, en 1474, 1478, 1499, insus. Son style est clair; il pro- sol. Il fut réimprimé à Venise, pose ses questions d'une ina en 1477, 1480, in-fol., et en nière aisée, et les résout de mê- 1507, in-4°, à Bâle, avec les me; mais il en laisse quelque- commentaires de Nicolas d'Orfois d'indécises, après avoir rap- belles, les conclusions de Henri porté les raisons de part et d'au- Govichem, et les problèmes de tre : c'est ordinairement saint Thomas, en 1486, 1699, 1502, Augustin qu'il prend pour guide 1513, in-fol. On ajouta à la fin, dans ses décisions. On l'a accusé la liste des erreurs condamnées de plagiat; mais, loin que la Som- à Paris, en 1277, par Guillaume, me théologique de maître Ban- évêque de Paris, dans divers au. din, où l'on veut qu'il ait pillé, teurs, et les articles dans lessoit plus ancienne que les livres quels on ne suit pas communédes sentences, il est certain au ment le Maître des sentences. contraire que cette Somme n'en Ils sont au nombre de vingtest qu'un abrégé, comme le six, mais dans la Somme de prouve un manuscrit découvert saint Antonin on n'en compte par

dom Bernard Pez, dans la que quatorze. Les autres édibibliothèque de l'abbaye d'o- tions de Paris sont de l'an 1528, béraltaich: Ce manuscrit, qui 1536 et 1548, in-8°; celle-ci est est du treizième siècle, porte en de l'imprimerie de Charles Guiltitre, Abreviatio magistri Ban- lard. Jean Aleaune en donna dini de libro sacramentorum une à Louvain, en 1546, in-fol., magistri Petri, Parisiensis qui fut remise sous presse à Paepiscopi, fideliter acta. Bandin ris, en 1550, 1564, in-8°; et à a donc abrégé l'ouvrage de Pierre Louvain, en 1568, in-4°. PluLombard. Il s'était glissé un sieurs gens habiles, du nombre grand nombre de fautes dans les desquels était Gravius, revirent livres des Sentences, soit par la le texte des livres des Sentences, faute des copistes, soit par la et le firent imprimer à Venise, bonne foi de Pierre Lombard, en 1570, in-89. D'autres savans qui n'avait pas assez examiné ce en publièrent de nouvelles édi

tions à Cologne, en 1566, 1575, de saint Augustin de Cassioin-8°;à Lyon,en 1594,1618,1636; dore, de Remi d’Auxerre , dont celle-ci est de Jean Martinez de il a supprimé les noms; il ne Ripalda. L'édition de Genève, laisse pas de temps en temps en 1580, in-8°, ne contient que d'y dire quelque chose de luile premier livre des Sentences, même. On n'a pas rendu puavec le commentaire de Lambert bliques les gloses sur Job ; mais Danæus.

le commentaire sur les PsauOn conserve dans la biblio mes parut à Nuremberg. en thèque Pauline à Leipsick une 1478 in-fol.; à Bâle, en 1486 ; lettre d'Arnoud , prévôt de l'é- et à Paris, en 1541. Celui des glise de Metz , à Pierre Lom- Epîtres de saint Paul, a été imbard , et deux de cet évêque à primé à Paris , en 1535, 1537 ; Philippe, archevêque de Reims; in-fol.; et en 1541, 1543, 1555, elles n'ont pas encore été mi- in-8o. Il y a encore de Pierre ses sous presse. Il en faut dire Lombard un commentaire sur autant des serinons qu'il avait la concorde évangélique. On faits sur les dimanches et fêtes trouve parmi les manuscrits de de l'année : ils sont cités par l'abbaye d'Afflighem, Petri LomHenri de Gand et par Cisingre- bardi methodus practicæ Theonius, (Cap. 5, de script. eccl. logie. Léland témoigne avoir et t. 7, Gallia christ. pag. 69.) eu en main l'apologie de Pierre On les trouve dans la bibliothè. Lombard, composée par lui-mêque de la cathédrale d'Erfurt, me, contre les imputations d'eret dans celle de l'abbaye d’Alne reurs dont le chargeait Jean de ou d'Aune au diocèse de Liége. Cornouailles. François Pithou On les voit aussi à la bibliothè. dans une lettre à un de ses amis que du roi en un seul et même lui disait : « Je vous prie de m'avolume, et le sermon de l'Eu » cheter Pierre Lombard sur les charistie à part dans un autre. » Psaumes : c'est un très-bon Le père le Long cite de Pierre livre. » (Pith. in Pithæanis, p. Lombard les gloses sur Job: 20.) Tout ce qu'a fait Lombard elles se trouvent manuscrites est excellent. Sa personne et ses dans la bibliothèque de Savigni. ouvrages ont été en une singu(Le Long, Biblioth. biblic., pag. lière vénération dans tou les 901.) Pierre Lombard composa écoles catholiques ; mais c'est aussi, suivant le rapport de Tri- principalement sur la Somme thême, des commentaires sur des sentences que porte cet élotous les psaumes de David , et ge, et que l'on doit apprécier sur toutes les épîtres de saint le mérite littéraire de Pierre Paul. Ce n'est presque que des Lombard. Il fut accusé auprès écrits de saint Ambroise, de du pape Alexandre m, d'avoir saint Hilaire, de saint Jérôme, enseigné que Jésus-Christ com

»

me homme n'est rien. Jean de rédigée dans une assemblée de Cornouailles, son disciple, 'prit sa l'université, que les articles défense dans un écrit adressé au qu'elle contient n'ont cessé d'êsouverain pontife, où il prouve tre enseigné que par une convenque Jésus-Christ est Dieu et tion économique, et qu'on ne homme parfait, et où il assure connaît aucun décret ni de cette que Lombard, qui paraissait être école, ni d'aucune autre , qui dans un sentiment contraire, les ait proscrits. Ils sont au nomne l'avait

pas avancé assertive- bre de seize , dont voici les plus ment, mais comme une opinion remarquables. 1o. La charité par qu'il avait reçue de son maître. laquelle nous aimons Dieu et le C'est ainsi que Dom Ceillier ra- prochain, n'est point quelque conte le fait. Les auteurs de l'his- chose de créé, mais le Saint-Es. toire littéraire de la France le prit même. (Saint Thomas, 2 , rapportent tout autrement : 2, q.23, art. 2,) explique en « Sous prétexte du nibilisme, bonne part cette proposition, » disent-ils, qu'on y insinue en disant que « l'intention du » (dans le livre des Sentences ), » maître n'est pas que le mou» Jean de Cournouaille, entre » vement par lequel nous aiprit, du vivant de l'auteur et » mons Dieu soit le Saint-Es

après sa mort, de le faire con » prit même, mais qu'il vient » damner. Il adressa dans cette p immédiatement du Saint-Es» vue un écrit plein de fiel et » prit, et non par le moyen d'au» d'emportement au pape Alexan v cune habitude , comme les ac» dre in, et se donna pendant » tes des autres vertus, tels

que » environ douze ans divers mou. » ceux de la foi et de l'espéran» vemens. A la fin il obtint du » ce.» 2o. Les

anges croissent en » pontife, l'an 1170, un rescrit mérite par rapport à la récom» portant défense à tous les pro- pense essentielle , jusqu'au ju

fesseurs d'enseigner que Jésus- gement dernier. 3o. L'homme, » Christ en tant qu'homine n'est avant le péché, jouissait de la » point quelque chose. » Gau- vision intuitive de Dieu. 4o. tier, prieur de Saint-Victor, et le Ceux quisurent baptisés du bapfameux abbé Joachim , s'élevé- tême de Jean, sans y mettre rent aussi contre Pierre Lom- leur espérance, n'étaient point bard, et les maîtres en Théolo- tenus de recevoir celui de Jésusgie de Paris dressèrent, vers l'an Christ. 5°. Les schismatiques, les 1300, une liste des articles qu'ils hérétiques, les excommuniés et n'approuvaient point dans l'ou- ceux qui sont dégradés, ne convrages des Sentences, et s'accor- sacrent point le

corps

de Jésusdèrent à ne les point enseigner. Christ. 6%. Les évêques qui sont M. d'Argentré remarque néan- dans le même cas, n'ont pas le moins que cette liste ne fut point pouvoir de conférer les ordres.

A ces seize articles, on en ajoute son érudition, dont on voit des quelques-uns, savoir entre au ratits frappans dans ce nombre tres, 1 o, le nihilisme, c'est-à-di- prodigieux de passages de l'Ére, l'opinion de ceux qui préten- criture et des Pères, qu'il emdaient que Jésus-Christ n'était ploie pour l'ordinaire avec goût point quelque chose selon l'hu- et discernement dans ses livres ; manité. 2o. Pierre Lombard soit enfin par la netteté de son n'admettait qu'une espèce de style, qui, à quelques endroits contrition pour la pénitence; près, est le mieux assorti au gensavoir, la contrition parfaite et redes matières qu'iltraite. (Hist. rémissive du péché avec les littéraire de la France, tom. 12, veux du sacrement. 3o. Il n'ac- pag. 585 et suiv. Dom Ceillier, cordait aux prêtres que le pou- llist. des Aut. sacr. et ecclésias. voir de déclarer les pécheurs liés t. 23. p. 12 et suiv.) ou déliés, et de regardait con

PIERRE DE CELLE, évêque séquemment l'absolution sacra de Chartres, était d'une honmentelle que comme un actejuri- nète famille de Champagne. Il dique,par lequel le prêtre déclare vint au monde dans un fauque les péchés sont remis. On re- bourg de la ville de Troyes, et proche outre cela, à notre auteur fut mis, dès sa première jeunesse, des omissions importantes, com à Saint-Martin-des-Champs, me sur l'écriture-Sainte, l'É- d'où il passa à Moutier-la-Celle, glise, la primauté du pape , les au diocèse de Troyes, pour y conciles, toutes matières qu'il apprendre les premiers élémens ne touche point ; des allégories de la vie monastique. Vers l'an forcées qu'il rapporte quelque- 150, il en fut élu abbé. Douze fois en preuve de ses assertions ; ans après, c'est-à-dire, en 1162, enfin un défaut de critique qui il quitta cette abbaye pour paslui a fait adopter des pièces sup

ser à celle de Saint-Remi de posées, telles

que

les fausses dé Reims, mais en conservant toucrétales. Malgré ces taches, Pierre jours le nom de Pierre de Celle, Lombard a toujours été regardé qui lui est demeuré. Vers l'an et ne cessera de l’être, comme 1181 , il monta sur le siége le chef et le modèle de l'école. épiscopal de Chartres, qu'il Il mérite effectivement ce dou- gouverna environ six ans, étant ble titre, soit par l'excellence de mort le vingtième de février sa méthode , la meilleure , pour 187, avec une grande réputane pas dire la seule , à laquelle tion de savoir et de vertu. Son on puisse s'attacher; soit par la mérite l'avait fait considérer, justesse ct la sagacité de son es- pendant sa vie, de ce qu'il y avait prit, qui se manifestent dans alors de plus grand dans l'Église, presque toutes ses décisions; du pape

Alexandre de saint soit par l'étendue et le choix de Bernard , de Jean de Salisbury.

ill,

Ses lettres, qui sont en grand sous une espèce visible, et que nombre , et distribuées en neuf cette espèce n'est pas celle du livres, ont été rendues publi- corps, ni du sang de J.-C., qui ques, et enrichies de notes par est là d'une manière invisible, le père Sirmond , à Paris, en mais du pain matériel et du 1613, in-8°, avec celles du pape vin qui toutefois ne sont pas Alexandre ii, et de quelques substantiellement. Il est en mêautres à Pierre. Elles ont été me temps dans le ciel , sur l'au. réimprimées dans le troisième tel, et dans le coeur du chrétien. tome des oeuvres de cet éditeur, Quoique après la conversion de la à Paris, en 1696, et à Venise, substance du pain et du vin au en 1729, dans la Bibliothèque corps et au sang de Jésus-Christ des Pères de Paris, de Cologne par les paroles de la consécraet de Lyon, et dans l'édition tion, vous voyiez encore sur l'augénérale des cuvres de Pierre de tel le pain et le vin , croyez inCelle , à Paris, en 1677, par les dubitablement qu'il n'y a plus soins de D. Ainbroise Janvier, ni pain ni vin, si ce n'est le pain de la Congrégation de Saint- des Anges dontilest écrit: l'homMaur. Les sermons de Pierre de me a mangé le pain des anges. » Celle y tiennent le premier rang, Pierre de Celle adressa son livre au nombre de quatre-vingt-onze, intitulé, des Pains, à Jean de dont neuf ont été prêchés dans Salisbury, évêque de Chartres , des synodes. Ils sont placés sui- et son ami. Il expliquait dans vant l'ordre du calendrier ec cet ouvrage, en un sens mysticlésiastique, sept sur l'Avent, que et moral, ce qui est dans six , tant sur la veille que sur la l’Écriture des différentes tables fête de Noël, un sur la fête de la que Dieu avait ordonné à Moïse Purification, dix-huit sur le Ca. de faire placer dans le tabernarême, sept sur l'Annonciation, cle, devant le voile et ailleurs, huit sur la Résurrection, trois et de divers genres de pain dont sur l'Ascension, quatre sur la elle fait mention. Pentecôte, deux sur la Transfigu Les deux livres du tabernacle ration, huit sur l'Assomption construit par Moïse , par l'ordre de la sainte Vierge, les autres de Dieu, sont dans le même goût sur diverses fêtes des saints. que le précédent, c'est-à-dire , Rien de plus précis que sa que

Pierre de Celle donne une croyance sur la présence réelle explication morale et mystique dans l'Eucharistie, comme il de toutes les parties dont il était paraît par son sermon de la composé, de l'arche d'alliance, Cène. « Il est nécessaire, dit-il, du propitiatoire, de la table du que vous croyiez véritablement bois de Sethim, et de tout ce que le vrai corps et le vrai sang qui était nécessaire pour le sade Jésus-Christ sont sur l'autel, crifice.

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