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Le traité de la conscience, uns se sont imaginé que Pierre adressé au moine Alcher, qui Comestor était frère de Pierre le lui avait demandé, fait voir Lombard, appelé le Maître des ce que c'est que la conscience , et sentences, et de Gralien, que ce que l'on doit faire pour la l'on regarde comine le prince régler.

des canonistes, à cause de son Pierre de Celle était abbé de décret. On sait que le premier Saint-Remi de Reims, lorsqu'il était Lombard de naissance, composa le traité de la discipli- l'aulre Toscan, né à Clusium ne du cloître. Il l'envoya à Hen ou Chiusi. Pierre Cornestor, étant rijer, comte de Champagne, à encore jeune , fut admis dans le qui il l'avait dédié. Dom Luc clergé de l'église de Troyes, et d'Acheri l'a inséré dans le troi- fait ensuite doyen de la cathésième tome de son Spicilége, drale. Celle de Paris le choisit d'où il est passé dans les éditions pour son chancelier, en 1164, des Pères, et de dom Janvier. et le chargea de l'école de Théo. Tous les ouvrages dont nous logie. Comestor la gouverna venons de parler, sont d'un style jusqu'en 1169, qu'il la laissa å affecté , et remplis de réflexions Pierre de Poitiers, inais sans mystiques. C'était le goût de abandonner sa qualité de chanPierre de Celle, et il est rare qu'il celier. Sur la fin de ses jours, il donne aux passages de l'Écriture se retira en l'abbaye de Saintd'autre sens que le mystique ou Victor, où il mourut, en 1998, le moral. Quoiqu'il soit plus na- selon qu'il est dit dans la Chroturel dans ses lettres, il ne laisse nique de Robert, chanoine de pas d'y affecter de temps en Saint-Adrien-d'Auxerre ( ad an. temps des jeux de mots. Elles 1978), et dans l'Histoire de l'ufournissent peu de traits inté- niversité de Paris, par Dubouressans : ce sont ou des lettres lay (p. 443, secul. 4). Robert de politesse , ou sur des affaires ajoute que Comestor disposa , particulières. On les a divisées par son testament, de tous ses en neuf livres ; mais, dans les an- biens en faveur des pauvres et ciens exemplaires, elles sont de des églises. Il fut enterré à saint suite, sans aucune division. (Dom Victor , où l'on voyait encore de Ceillier, Hist. des Aut. sac. et ecc. nos jours son épitaphe en quatre tom. 23, pag. 280 et suivan vers hexamètres , qui nous ap

prennent qu'il fut surnommé CoPIERRE COMESTOR, doyen mestor, c'est-à-dire, Mangeur, de l'église de Troyes , et chan surnom dont on ne connaît pas celier de l'église de Paris, naquit, bien la raison. Pierre se fit une selon la commune opinion, à grande réputation par son savoir, Troyes en Champagne. C'est surtout dans les matières de Théo done faussement que quelques- logie. Il est parlé de lui comme

tes.)

en effet

d'un des plus habiles docteurs l'on était en quelques églises de de son temps, dans la lettre de célébrer tous les lundis une Pierre, cardinal de saint Chry- messe en l'honneur des anges sogone, au pape Alexandre ii, qui avaient persévéré dans la et dans Vincent de Beauvais (ad justice. Il croit que Dieu , en ann. 1151 ). Ses

ouvrages furent formant les corps , crée en mêreçus

du public avec un ine temps les âmes qui doivent applaudissement presque géné- les animer. Il cite souvent le ral, surtout son Histoire sco

texte hébreu, et les diverses verlastique, et pendant plus de sions, qui en ont été faites à comtrois siècles elle fut regardée mencer par celle des Septante. comme ce qu'il y avait de plus L'histoire du livre de la Genèse parfait en ce genre. C'est une et divisée en u5 chapitres. Cohistoire suivie depuis le com mestor divise celle du livre de mencement de la Genèse jus- l'Exode en soixante-dix. Il rapqu'à la fin des Actes des Apô- porte dans les livres du Pentatres, c'est-à-dire, jusqu'à la se- teuque plusieurs histoires tirées conde année du séjour de saint de Joseph, qui ne se lisent point Paul à Rome, qui revient à l'an dans l'Écriture. Dans l'histoire 63 de Jésus-Christ. Cette histoire des juges d'Israël et des rois, il est dédiée à Guillaume, arche- met plusieurs traits de l'histoire vêque de Sens; elle fut donc profane. Il donne ordinairement écrite avant l'an 1176, auquel l'étymologie des termes propres, Guillaume passa de l'archevêché en quoi il n'est pas toujours de Sens à celui de Reims. Pierre heureux; quelquefois illes prend donne d'abord le texte de l’É- d'Isidore. Aux histoires de Jocriture, puis l'explication, tan- sué, des juges, de Ruth et des tôt littérale, tantôt allégorique, rois, il joint celles de Tobie , et souvent arbitraire. Il mêle à des prophètes, de la captivité, ses explications diverses opinions de la réédification du temple de des philosophes et des théo- Jérusalem , de Judith, d'Esther, logiens de son temps, sur le ciel quelques traits de l'histoire des empyrée , les quatre élémens, la Romains et des Grecs, qu'il enformation du monde, sur l'esprit tremêle de celle des Machabées. qui était porté sur les eaux, que On voit par là que Comestor ne Platon pensait être l'âme du s'est arrêté qu'aux livres histomonde. Par la division de la lu- riques de l'Ancien-Testament, mière d'avec les ténèbres, il en- à l'exception de celui de Job, tend la séparation des bons an- dont il ne dit rien. Il a suivi la ges d’avec les méchans, et cite, mėme méthode pour le Noud'après les Hébreux , que Luci- veau , dont il réduit l'histoire fer fut fait diablé le second jour; à ce qu'on lit dans les quatre à quoi il rapporte l'usage où évangiles , et le livre des Actes

des Apôtres; mais, de temps en Ils ne portaient néanmoins dans temps, il rapporte quelque chose ce manuscrit que le nom généde l'histoire des Romains et des ral de ruaître Pierre, et ce ne fut Juifs, comme ayant trait à celle que par conjecture que Budée de l'Église romaine. L'accueil les attribua à Pierre de Blois. que l'on avait fait à cette his Goussainville ayant trouvé le toire scolastique, ainsi ap nom de Comestor à la tête de six pelée , à cause de l'usage que

anciens recueils de ses sermons, l'on en faisait dans les écoles, n'a point douté qu'ils ne fussent fit juger qu'étant imprimée, elle de lui; c'est pourquoi il les a aurait encore un plus grand supprimés dans son édition des cours. Elle fut donc une des auvres de Pierre de Blois, pupremières que l'on mit sous bliée à Paris, en 1667, chez Sipresse, et on l’y remit souvent. méon Piget. Les auteurs de la On en connaît une édition à Bibliothèque des Pères, à Lyon, Reutling en 1471, in-folio ma- en 1677, les ont donnés à la jor; une autre à Strasbourg, en suite des discours de Pierre de 1483 et 1502; une à Bâle, en Blois, mais en avertissant dans 1486, in-folio; une à Paris, en une note, qu'ils étaient vérita1513, in-4°, chez Jean Frellon; blement de Pierre Comestor. une à Haguenau, en 1519, in- (Toin. 24, Biblioth. Patr., pag. folio; deux à Lyon, en 1526, 1385.) Ces discours sont au in-4°, et 1543, in-8°; la dernière nombre de cinquante-un, tant est de 1928, à Venise; elle est sur les dimanches que sur les dédiée aux évêques du concile principales fêtes de l'année. qui se tenait alors à Benevent. Dans l'onzième discours, quiestle Guiars de Moulins la traduisit second sur le carême, il remarque en français, et la fit imprimer que chaque jour de carême les en cette langue, sans date et sans frères, avant de manger, lavaient nom de lieu , avec des figures les pieds aux pauvres et leur imprimées sur des planches de donnaient à manger. Il dit aussi bois, en 2 volumes in-folio. que les moines commençaient le L'épître dédicatoire, qui est à jeûne à la Septuagésime. Il est Charles vui, fait voir que cette parlé dans le discours sur le diédition française parut entre manche des Rameaux, de la rose 1483 et 1498 : on la réimprima d'oc que le pape portait à la à Paris, en 1545. Les discours procession. Il fait, dans le serde Pierre Comestor ont été d'a mon de la dédicace, le détail des bord imprimés sous le nom de cérémonies qui s'y pratiquent Pierre de Blois, par les soins de encore aujourd'hui. Les disJean Busée, à Mayence, en 1600 cours qu'il prononça dans les et 1605, sur un manuscrit qui synodes, regardent les devoirs lui avait été envoyé de Louvain. des évêques et des autres pas

teurs, tant à l'égard du soin de que les officiers de cette comtesse leurs troupeaux, que des offices avaient pris et justicié, quoique divins et du sacré ministère. les inoines l'oussent revendiqué, Dans le trente-huitième dis- parce qu'il avait été pris sur cours, il dit que par le ministère leur territoire. Le

pape

Célestin des prêtres, le pain et le vin rendit aussi Pierre de Poitiers sont convertis en la substance l'arbitre d'un procés entre les de la chair de Jésus-Christ. On moines de Saint-Eloi dans l'ile a encore de Pierre Comestor, en de Paris et les chanoines de diverses bibliothèques de l'Eu- Saint-Victor, touchant les dirope, un commentaire sur les

mes de vin et de blé à Vitry. On Epîtres de saint Paul, un traité voit encore la sentence qu'il sur la pénitence, et un volume rendit en cette occasion, avec de discours, dont Henri War. son sceau pendant, sous cette thon a rapporté quelques frag- inscription : Sceau de Pierre de mens dans le Supplément à l'His. Poitiers, chancelier de Paris. Il toire dogmatique d'Usserius. conserva cette dignité jusqu'à sa Son sermon, .sur la conception mort, qui arriva l'an 1205. immaculée de la sainte Vierge, Quelques-uns l'ont fait évêque fut imprimé, à Anvers, en 1536. d'Evreux, pour avoir mal pris le Il fit un poëme en son honneur, sens de la Chronique d'Albéric, dont nous avons quelques vers où nous lisons : Bertrand quiétait dans Vincent de Beauvais (ad chancelier de Paris, après Pierre an. 1151), et dans saint Anto- de Poitiers, fut fait archevêque nin (in summa, lit. 18, cap. 8, d'Évreux. Alberic ne donne ici tom. 3, pag. 77.) ( D. Ceillier, à Pierre, que la qualité de chanHistoire des Auteurs sacrés et celier, et à Bertrand celle d'Arecclésiastiques, t. 23, p. 305 et chevêque, Nous avons de Pierre suiv.)

de Poitiers cinq livres des SenPierre de Poitiers, un des plus tences, imprimés à Paris à la zélés disciples de Pierre Lom- suite de Robert Pullus, en 1655, bard , succéda à Pierre Comes- chez Siméon Piget , par les soins tor dans la chair de Théologie de Dom Hugues Mathoud. Pierre de Paris, en 1169, et l'occupa les dédia à Guillaume, archevêpendant trente-huit ans; ce qui que de Sens; ils furent donc lui acquit beaucoup de réputa- achevés avant l'an 1975, puistion. Le pape Innocentului ren que Guillaume fut transféré sur voya, ainsi qu'au doyen de l'église la fin de cette année sur le siége de Paris et à l'abbé de Sainte-Ge- archiépiscopal de Reims. Pierre neviève, la connaissance du dif- de Poitiers se montre fort attasérend survenu entre la comtesse ché à la doctrine de Pierre Lomde Blois et les chanoines de bard son maître, mais il n'en Chartres, au sujet d'un voleur suit pas la méthode ; et au lieu

que le Maître des sentences ex suite il parle des différentes esplique et résout les questions de peces de mensonges et de parju. la foi par les principes établis res, d'où il passe à l'incarnation dans l'Écriture et dans les Pères du Verbe, dont il examine toude l'Eglise , Pierre de Poitiers y tes les circonstances à peu près emploie la forme et les raison- de la même manière qu'avait nemens de la dialectique. C'est fait avant lui le Maître des sence qui le fait appeler par Gau- tences. Il le suit aussi dans ce thier de Saint-Victor, un des qu'il a enseigné sur les sacrequatre labyrinthes de la Gaule.

mens de la loi nouvelle, qui Dans le premier livre, Pierre font la matière du cinquième traite de l'existence de Dieu, de livre. son unité, des noms sous les Dom Hugues Mathoud (inc quels il est connu, de ses attri- præf. ad lector.) rapporte sur buts, de sa préscience, de la pré- chacun des cinq livres de Pierre destination des élus, et de la ré- de Poitiers les propositions que probation des méchans, de la l'on ne reçoit pas communément distinction et de la trinité des dans les écoles, et il fait voir personnes en Dieu. Dans toutes qu'elles sont tirées presque touces questions il se conforme à la ies de Pierre Lombard son maidoctrine de son maître, et copie tre, et rejetées avec raison par souvent ses propres termes. Il l'école de Paris : telles sont les est parlé dans le second livre, de propositions où il avance que la création des anges, de leur le Saint-Esprit est la charité qui nature, de leurs offices, de leurs réside dans l'âme; que le prêtre ordres différens; de l'ouvrage ne remet le péché, ni quant à la des six jours, de l'état du pre- coulpe, ni quant à la peine, mier homme avant et depuis qu'il ne fait que

le déclarer reson péché. Le troisième livre mis de la part de Dieu, quant à traite de la grâce et du libre ar- la coulpe; que la circoncision bitre dans les principes de saint remettait seulement le péché Augustin, de la contrition, de la originel, et ne conférait pas la distinction des péchés en mor- grâce actuelle pour agir; que tels et véniels, de la nécessité de Jésus-Christ était un vrai hoinla confession, des vertus théo me pendant les trois jours qu'il logales, de l'union des vertus, fut dans le tombeau, parce que de la crainte servile, et de quel- l'union substantielle de ques autres questions qui y ont âme

son corps n'était rapport. Il explique dans le point nécessaire en lui quatrième livre ce qui regarde vérité de la nature humaine , etc. les sacremens de la loi ancienne, Pierre de Poitiers composa diles dix préceptes du Décalogue, vers autres ouvrages que l'on n'a et les observances légales : en pas rendus publics, et que l'on

son

avec

pour la

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