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SOMMAIRE DU LIVRE IV.

Ovide met ce nouveau chant sous la protection de la mère des Amours. L'invocation respire une certaine aisance familière que pouvait se permettre un vieux serviteur comme Ovide, toujours fidèle à son drapeau dans la bonne et dans la mauvaise fortune. La déesse sourit à ses efforts, et le couronne du myrte de Cythère.

Le mois de Vénus mérite l'attention de César, puisqu'il rappelle l'origine glorieuse de sa race. Le fils de Mars, en consacrant le premier mois de l'année à son père, ne pouvait oublier la belle déesse, mêlée si souvent à l'histoire de ses aïeux les Troyens. Énée lui doit le jour, Énée dont le fils Iule fut le chef d'une illustre famille. Postumus Sylvius, Latinus, Alba, Épitus, Capys, Calpetus, Tiberinus , Agrippa, Remulus, Aventinus , Procas, Numitor, frère du cruel Amulius, tels sont les rois d'Albe dont le poète nous donne la liste complète dans une quinzaine de vers, remarquables par l'élégance et la précision. Nous arrivons ainsi à la naissance de Romulus, descendant très-reculé de la déesse, mais qui n'en signala pas moins sa piété filiale en joignant Mars et Vénus dans la suite des mois de l'année.

Le poète érudit commence bientôt une dissertation sur le mois d'avril. Selon Ovide, avril vient du mot grec áopos, écume de la mer, et il rappelle la naissance bien connue de Vénus. Si vous demandez comment Rome put faire cet emprunt à une langue étrangère, on répond que l'Italie était alors la Grande-Grèce. Une foule d'aventuriers y avaient conduit des colonies grecques, Évandre, Hercule , Ulysse, les fondateurs de Tibur, et Diomède et Énée et Antenor. Ovide ne saurait oublier Solymne à qui sa chère Sulmone devait son nom. Un douloureux souvenir, promptement écarté, se réveille dans l'âme du poète.

Mais cette étymologie a été contestée. Disputer un honneur à Vénus ! Ovide, indigné de ce scandale, venge la déesse par un pompeux éloge de sa puissance et de sa fécondité. Ce qui l'étonne davanlage, c'est qu'un tel blasphème sorte d'une bouche romaine. Une déesse, qui, pour défendre Troie, brava les atteintes d'une lance sacrilège, méritait sans doute plus de reconnaissance.

Ce mois d'amour avait sa place naturelle dans la saison du printemps. C'est alors qu'il faut laver la statue de Vénus, dépouillée de ses ornemens d’or : les femmes aussi doivent se baigner dans ces ondes d'où est sortie la déesse.

Vénus Verticordia (qui change les cours) doit ce surnom à la métamorphose qu'elle opéra parmi les dames romaines, en rappelant la pudeur chassée par leurs désordres.

Cependant le Scorpion à la queue redoutable s'est précipité dans les eaux pour faire place aux Pléiades. Trois jours après on célèbre la fête de la déesse du mont Ida. Les prêtres de Cybèle, déchus de la virilité, parcourent la ville en furieux ; l'airain sonore frappe les airs; les tribunaux se ferment : le théâtre seul est ouvert.

La muse Érato, qui porte le nom du tendre Amour, vient au secours du poète, et lui découvre l'antique histoire de Cybèle.

Saturne, père cruel, avait réduit Cybèle à gémir de sa fécondité. Il dévorait tous ses enfans; mais, à la place de Jupiter, l'adresse maternelle présenta une pierre proprement habillée à l'avidité du roi des cieux. Le bruit des casques et des boucliers empêchent les vagisssemens du jeune dieu de parvenir jusqu'aux oreilles de son père. Mais pourquoi ces prêtres eunuques ? C'est pour suivre l'exemple d'Atys, le triste amant de Cybèle.

Cette déesse vit sa statue et son culte entrer à Rome cinq siècles après la fondation de la ville. Attale en fit un présent forcé aux Romains. Un prodige rétablit Claudia Quinta dans les honneurs de la chasteté.

En racontant la fondation du temple de la Fortune Publique, Ovide nous apprend qu'il avait été décemvir.

Viennent ensuite les jeux de Cérès, la bienfaitrice des hommes. Le poète s'empare de ce nom comme d'une bonne fortune, et raconte avec son abondance ordinaire l'épisode de l'enlèvement de Proserpine.

Le jour des ides d'avril est consacré à Jupiter Vainqueur : en ce jour aussi s'éleva le portique de la Liberté.

Bientôt les pontifes immoleront la vache Forda, pour appeler sur les troupeaux et sur les terres le bienfait de la fécondité : ce sacrifice remonte jusqu'à Numa.

Le troisième jour après le coucher des Hyades, les coursiers s'élancent dans le Cirque. Le peuple a aussi ses divertissemens : il lâche des couples de renards, sur le dos desquels on attache des matières inflammables. C'est un ancien usage dont Ovide apprit l'origine d'un paysan du territoire de Carscole.

Les Palilia, fête de Palès, la déesse des bergers, inspirent au poète une gracieuse prière de villageois. Il se livre ensuite à des recherches critiques sur les usages de cette fête. Le berger le plus illustre, Romulus, mérite qu'on raconte son histoire.

Une fête d'un re tout particulier se célébrait ensuite : c'était celle des filles de joie, puellæ vulgares, appelée Vinalia. L'étymologie de ce mot tient à un épisode de la guerre

d'Énée

en Italie. La fête de Flore commence en avril , mais comme elle se prolonge en mai, le poète la retrouvera sur son chemin. Pour terminer par un éloge, il parle du jour où Vesta fut reçue dans le sanctuaire du Palatium. Là, résident encore deux autres divinités, Apollon et le chef de la maison des Césars.

SOMMAIRE DU LIVRE V.

D'ou vient le nom du mois de mai ? Ovide est comme un voyageur qui reste indécis au milieu des chemins divers qui s'offrent à ses regards. Il ne sait à quelle origine s'arrêter. Le conseil des Muses vient à son secours. Polyhymnie soutient les droits de la Majesté sur le mois de mai; la Majesté, déesse de l'ordre et de la hiérarchie , qui fit disparaître d'entre les dieux l'égalité, reste coufus du cahos. Selon Uranie , ce mois fut ainsi appelé pour marquer la vénération que l'on portait autrefois à la vieillesse, majores : le mois suivant, juin, a reçu un nom analogue, a junioribus. L'avis de Calliope est qu'on doit en faire honneur à Maïa , fille d'Atlas et mère d'Apollon.

La constellation de la chèvre d'Olénie se lève à l'horizon : c'est la nourrice du père des dieux. Une de ses cornes brisée contre un arbre, la Corne d'abondance, brille aussi parmi les astres. Les calendes de mai virent élever un autel aux Lares Præstiles (præsunt, præsentes, præstant tuta , stant pro), gardiens lutélaires du foyer domestique. Les Hyades paraissent ensuite dans les cieux. Ce sont les nourrices de Bacchus, on , selon d'autres, les soeurs d'Hyas, récompensées de leur amour fraternel.

La brillante Flore paraît aux regards du poète, et lui raconte son histoire, ses exploits et l'origine de ses fêtes. Elles n'étaient point d'abord annuelles; mais Flore avoue que, sensible comme toutes les divinités aux hommages des mortels, elle employa les fléaux les plus redoutables pour amener le sénat de Rome à établir cet usage. Le consul Lénas et son collègue Posthumius accomplirent les premiers le vou que Rome avait fait alors. Dans cette fète, les libres plaisanteries circulent , le vin fait régner une gaité folâtre : l'amant, devenu audacieux par l'ivresse, chante à la porte de sa cruelle maitresse. C'est aussi le jour des courtisanes : Flore est une déesse facile. Håtez-vous de cueillir les fleurs : on méprise l'épine, lorsque la rose est tombée.

Chiron montre dans les cieux sa tête brillante. L'illustre Centaure ne put être arraché à la mort, șuite d'une blessure funeste, ni par les secours de l'art, ni par les plaintes d'Achille, son élève chéri.

Des expiations solennelles aux Mânes silencieux se font au jour des nocturnes Lemurales. Au milieu de la nuit, dont il interrompt le repos en frappant sur l’airain, un prêtre s'écrie neuf fois : Mánes paternels, sortez! Apollon vient lui-même expliquer l'origine de ces usages.

Au temps où les dieux visitaient encore la demeure des hommes, Jupiter et Mercure furent reçus dans la cabane d’un vieux laboureur, Hyriée. Sa femme n'est plus. Il voudrait être père, sans redevenir époux. Urion ou Orion naquit d'une opération mystérieuse entre les dieux, que la pudeur empêche Ovide de dévoiler. Orion, géant robuste et chasseur intrépide , sauva Latone de la fureur du Scorpion. Sa place dans les cieux est le prix de ce bienfait.

Mars paraît enfin : le bruit retentissant des armes annonce sa présence. Il aime à contempler le temple magnifique élevé par la piété d'Auguste. C'est là qu'il reconnait avec orgueil les dépouilles vaincues de l'univers entier. Le Parthe, si fier de la défaite de Crassus, oppose en vain ses déserts au génie de César : il rapporte les aigles, et efface la honte de Rome.

Le dernier jour des ides, lorsque toutes les Pléiades montrent leur tête brillante, le règne du printemps finit : celui de l'été commence, Le signe du Taureau rappelle l'enlèvement d'Europe. Cependant quelques-uns croient voir dans cette constellation la génisse de Pharos, devenue femme et bientôt déesse.

Si vous voyez la vestale, du haut du pont de bois, jeter dans le Tibre deux hommes de paille, c'est un souvenir des sacrifices humains institués autrefois en l'honneur de Saturne. Hercule, qui domptait toute espèce de monstres, fit substituer de vains simulacres aux victimes, trop réelles de la superstition. Ne serait-ce pas aussi que les jeunes hommes , pour rester maîtres du champ de bataille des comices, précipitaient les vieillards dans le fleuve ? Le Tibre lui-même donne une version nouvelle. Quelques Grecs, compagnons d'Hercule , s'étaient séparés de lui après sa victoire

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