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Notice sur le Voyage litte'raire de M. Schulz en Orient, et sur les découvertes qu'il a faites récemment dans les ruines de la ville de Sémiramis en Arménie (1).

IV1« Schulz, professeur à l'université de Giessen , est parti, dans l'été de 1 826, par les ordres de M. Je baron de Damas, alors ministre des affaires étrangères, pour faire un voyage littéraire dans la Turquie asiatique et dans Ta Perse. La durée de ce voyage doit être au moins de quatre années: son but principal est de rechercher et de recueillir [es

(1) Cette notice a été lue à l'Académie des inscriptions, dans la séance dn 11 avril 1828.

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ouvrages écrits dans les anciennes langues de la Perse , et particulièrement les livres de Zoroastre qui peuvent se trouver entre les mains des Persans restés attachés à la religion de ce prophète. M. Schulz doit, dans cette vue, séjourner long-temps dans les provinces méridionales de la Perse, à Iezd et dans le Kirman, où les sectateurs de la loi de Zoroastre se trouvent encore en grand nombre. Il doit aussi, chemin faisant, rechercher et décrire les monumens et copier les inscriptions antiques qui peuvent se trouver dans les lieux les plus célèbres de l'ancienne Asie. II est parti muni pour cet objet d'instructions très-amples, que j'ai été chargé de rédiger par les ordres de M. le baron de Damas.

Malheureusement les événemens politiques de l'Orient, et la guerre des Russes contre les Persans, ont apporté des obstacles à l'exécution de cette entreprise. M. Schulz n'a pu encore pénétrer sur le territoire persan. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a été forcé de revenir à Constantinople, où il est arrivé au mois de novembre dernier. II y a passé l'hiver, et H se propose actuellement de retourner en Asie.

Malgré ce contre-temps fâcheux y le voyage de M. Schulz n'a pas été sans résultat; je dois même dire qu'il a déjà, sous certains rapports, dépassé les espérances que l'on pouvoit en avoir,

M. Schulz a acquis à Constantinople, et durant son séjour dans l'Asie mineure et dans l'Arménie, l'usage facile et habituel des langues de l'Orient, ce quia singulièrement favorisé ses recherches. II a eu accès dans presque toutes les bibliothèques de Constantinople; et les notices qu'il m'a adressées, ainsi que les envois qu'il m'annonce, sont de la plus haute importance pour l'étude de la littérature orientale: on a appris par lui qu'il existe à Constantinople deux exemplaires de l'Histoire universelle d'Ibn-Khaldoun, dont on ne connoît en Europe que les Prolégomènes philosophiques. Cet historien, ce philosophe, ce publiciste, dont les ouvrages se distinguent par un esprit de critique , de discussion, rare chez les Orientaux, jouit parmi eux d'une haute estime et la mérite à tous égards. Lorsque les troubles qui agitent l'Orient seront apaisés, les indications de M. Schulz me fourniront, je l'espère, les moyens d'obtenir une copie complète de cet ouvrage ( t).

Quoique la guerre de Perse ait empêché jusqu'à présent M. Schulz de s'acquitter de la partie la plus importante de la mission honorable qui lui

(i) On peut voir dans le nouveau Journal asiatique, tom. I, pag. 68-84 et pag. 125-142, des fragmens considérables de la correspondance de M. Schulz. On y remarquera les détails qu'il donne sur les bibliothèques de Constantinople et sur les manuscrits d'Ibn-Khaldoun.

a été confiée, on verra par la lettre que je viens de recevoir de lui, et que je joins à cette notice, qu'il n'est pas resté oisif dans l'Arménie turque, où il a été forcé de s'arrêter, et qu'il a su y mettre son temps à profit.

Pour que l'on se fasse une plus juste idée des découvertes annoncées dans la lettre de M. Schulz , et des renseignemens que je placerai à la suite, je dois donner ici quelques notions préliminaires propres à en faire mieux apprécier le degré d'importance.

Parmi les diverses localités qu'il étoit prescrit à M. Schulz de visiter, pour y rechercher les restes des monumens antiques , étoit la ville de Van , située dans la partie centrale et la moins fréquentée de l'Arménie turque. Voici la partie des instructions données à M. Schulz qui est relative aux recherches à faire dans cette ville et dans ses environs.

« Après avoir achevé l'exploration de toutes les rives du lac d'Ourmi, >• M. Schulz devra s'informer des moyens d'entreprendre une excursion M dans l'Arménie turque, jusqu'à la ville de Van, située à J'extrémité » d'un lac qui en porte le nom.

>» La ville de Van est ancienne: on fait remonter son origine à une époque très-reculée; les Arméniens lui donnent le nom de Schanv» ramakert, c'est-à-dire, la ville de Sémiramis, et ils décrivent de «grands et magnifiques monumens existant encore; et ce qu'ils en » disent présente de grands rapports avec les détails que l'on trouve «dans les auteurs grecs, sur les édifices élevés dans la Médie et » l'Assyrie par les ordres de Sémiramis, Les livres des- Persans nous >» apprennent queTamerlan tenta, à la fin du XIV." siècle, de détruire y* les antiques monumens de Van; mais la solidité et l'étendue de ces ■» édifices lassèrent les efforts de ses soldats. Les relations modernes >» écrites.en langue arménienne font mention de statues et de monumens » antiques trouvés fréquemment dans l'intérieur de la ville de Van; ces » mêmes relations désignent particulièrement une vaste colline qui >• couvre toute la ville du côté du nord , comme le lieu qui contient le » plus de restes de l'antiquité. Elles parlent de colonnes, de statues et de >• cavernes spacieuses taillées" dans le roc, qui portent à leur entrée de » grandes inscriptions en caractères inconnus a tous les habitans du pays. »• 11 est très-vraisemblable que ces inscriptions sont en caractères cunéi» formes, et qu'elles sont celles mêmes qui, selon les auteurs anciens, » avoient été destinées à décorer les monumens élevés par Sémiramis. >• Le nom et les souvenirs de cette reine d'Assyrie sont communs dans » ce pays parmi les Arméniens et les Curdes; plusieurs localités, et * un ruisseau qui se jette dans le lac, portent encore son nom. »

Ce fragment des instructions données à M. Schulz est le résumé des

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