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sorber l'attention publique sur les importans objets qu'il se proposait de soumettre à la délibération des Chambres, ou bien plutôt prévenir les difficultés ou les reproches qu'on pouvait lui faire, dans la discussion de l'adresse en réponso au discours de la couronne, en ouvrant à la publicité les renseignemens qu'il avait à donner sar l'état prospère de la France, il se hâta de porter aux deux Chambres les projets de lois qu'il avait préparés dans les trois premiers mois de son existence.

4 janvier. Ainsi le ministre des finances (M. Duchâtel) présenta d'abord à la Chambre des députés un projet sur les supplémens de crédit à demander pour l'exercice de 1836,

lesquels, déduction faite des annulations, n'imposaient à cet exercice qu'une charge nouvelle imprévue de 6,122,103 fr., oủ l'accroissement de l'effectif, en Afrique, maintenu pendant toute l'année 1836 sur le pied de 50 à 32,000 hommes, au lieu de 23,000, volés par le budget et les dépenses de diverses expéditions, entrait pour 5,640,000 fr.

Puis le budget de 1838,
Où les dépenses étaient évaluées à la
somme de.

1,037,288,000 Et les recettes à celle de

1,033,340,078 Ce qui promettait un excédant en recettes de.

16,052,078 Le ministre, co présentant ce budget, faisait observer les progrès qu'avaient faits, depuis la révolution de 1830, le commerce et les revenus de l'Etat. Malgré les nombreuses réductions accordées depuis cinq ans sur les contributions indirectes et sur les douanes, on avait dépassé les recettes les plus élevées des plus beaux temps de la Restauration.

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« Il n'y a pas d'illusion , disait-il, å prétendre que la France n'est pas parvenue au terme de cette carrière de prospérité. Nous ne sommes encore qu'au début. Que faut-il å une nation vive, intelligente, laborieuse comme ia nôtre, pour voir s'ouvrir devant elle une perspective presque indéfinie de richesse et de puissance? des institutions libérales, de l'ordre, de la paix , un gouvernement qui comprenne les besoins du pays, qui se metle à la tête do toutes les améliorations , qui accomplisse ou socondo toutos les grandes entreprises. Ces couditions, la France les reunit depuis 1830.

« Le Gouvernement qu'elle s'est donné ne s'appuie pas sur le passé, mais sur l'avenir; il met sa gloire comme sa force à imprimer une impulsion de plus en plus rapide à tous les développemens de la civilisation. Chaquc époque a sa destinée; la nôtre, toute pacifique, doit instruire, civiliser, enrichir. Les moyens sont simples : des écoles pour toutes les classes , d'utiles travaux pour toutes les parties du territoire. Nous commençons à recueillir les fruits des efforts accomplis depuis quelques années. Des résultals plus heureux nous attendent , si nous savons marcher avec persévérance dans les mêmes voies et continuer avec une courageuse prévoyance de profitables sacrifices.

« Dans la seconde moitié de l'année qui vient de finir, nous ne voulons pas le dissimuler, un certain embarras s'est fait sentir : sur toutes les grandes places commerçantes, l'argent est devenu plus rare. Nous vous citerons les faits avec détail, au sujet d'une question que nous serons bientôt amenés à traiter devant vous. Les causes de cette rareté sont étrangères à la situation de notre propre commerce; mais elle n'en a pas moins exercé de l'induence sur les affaires. Il en est résulté un peu de gêne pour les transactions, un peu de langueur et de stagnation pour l'industrie; mais cet état de choses , qui déjà commence å se dissiper, n'a rien qui puisse éveiller l'inquiétude ; il commande des ménagemens et de la prudence; il ne doit pas inspirer de craintes. Le progrés, un moment suspendu , reprendra bientôt sa rapidité première. »

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A la suite da budget de 1838, le ministre présentait deux projets qui tendaient, l'un à employer les fonds de réserve de l'amortissement à l'exécution de travaux publics extraordipaires, l'autre à charger la caisse des dépôts et consignations de recevoir et d'administrer les fonds que les caisses d'épargne et de prévoyance avaient jusqu'ici été admises à placer en compte courant an trésor public, capital qui s'élevait, au 31 décembre dernier, Pour Paris, à

48,436,000 Pour les départemens, à

41,819,000 Total.

93,235,000 Le même ministre présentait encore, dans la même séance, un projet pour l'exploitation du sel minéral;

Un autre pour la réduction des droits sur les sucres provenant des colonies françaises, combiné de manière à prévenir la ruine dont elles étaient menacées par l'accroissement de la fabrication du sucre indigène. Le Gouvernement, après avoir long-temps discuté la question du dégrèvement des droits sur les sucres coloniaux et celle de l'impôt sur les sucres indigènes ou la combinaison des deux systèmes, s'était décidé pour

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le premier par la difficulté de percevoir l'impôt en France, et dans la persuasion que la réduction des droits sur les sucres coloniaux suffirait pour établir une concurrence utile à la consommation, sans être trop défavorable à la production coloniale ou indigène;

Et enfin un plan ou système général de pensions pour les fonctionnaires ou employés de l'Etat.

6 janvier. Deux jours après, M. le garde des sceaux, ministre de la justice (M. Persil), soumettait à la même Chambre plusieurs projets non moins importans dans l'ordre politique ou civil sur la responsabilité des ministres , sur l'organisation du conseil d'Etat, et pour l'extension de la compétence des juges de pais en matière civile.

Le ministre de l'intérieur y joignait d'autres propositions ayant pour objet, l'une d'assurer au Gouvernement le monopole des télégraphes, l'autre de réformer la législation ancienne, relativement aux mesures que la situation des aliénés réclame de l'autorité publique; projets dont l'importance témoignait la vive sollicitude du Gouvernement pour l'amélioration de l'organisation politique et judiciaire, mais dont la plupart ont été renvoyés, faute de temps, à la décision de la législation prochaine. Nous ne les annonçons ici que pour indiquer dans quelles dispositions le ministère du 6 septembre se présentait aux deux Chambres.

L'opinion publique était impatiente de l'y voir comparaître dans la discussion de l'adresse qui commença, comme de coutume, par la Chambre des pairs.

9 janvier. Le projet présenté au nom de la commission spéciale par M. le comte de Bastard , mais rédigé, dit-on, par M. Barthe, n'était, suivant l'usage de cette Chambre, qu'une paraphrase plus ou moins élégante et flatteuse du discours de la couronne.... Il félicitait le Gouvernement d'avoir sa apporier dans toutes les branches de la législation les amé liorations réclamées par la raison publique, repousser les théories insensées et réprimer les attaques des factions. La.

Chambre s'y montrait beureuse et fière d'avoir secondé par son loyal concours une politique conforme à ses convictions et aux intérêts du pays.

Le projet ne semblait pas devoir y trouver une opposition dangereuse à la sécurité du ministère; mais il y souleva pourtant des questions assez graves pour nous y arrêter.

M. le marquis de Dreux-Brézé condamna tout d'abord le système suivi à l'égard de l'Espagne par tous les ministères qui s'étaient succédé, comme se rattachant plus ou moins au traité de la quadruple alliance : il s'efforça d'établir que le traité de 1834 était contraire à la vraie politique de la France, qu'il tendait toujours à soutenir les idées et les principes révolutionnaires, et qu'il ne s'agissait en dernier ressort que de savoir le degré de développement qu'on leur accorderait. Il n'avait eu d'autre effet jusqu'ici que de donner aux Anglais un nouveau Gibraltar dans le golfe de Gascogne et de les mettre en possession d'une forteresse dont les canons pouvaient être braqués sur nos vaisseaux.

« Mais ce ne sont pas les canons anglais envoyés à Saint-Sébastien et au Passage qui inquiètent le ministère, dit l'honorable pair ; il se contente de voir la malheureuse légion étrangère en rase campagne, se battant pour les idées révolutionnaires qu'il s'esforce de contenir chez nous.

«Qui ne comprend cependant combien il est dangereux pour la paix intérieure de la France de maintenir une sorte de fraternité de nation avec un peuple qui donne l'exemple de tous les démons, un peuple où les soldats dictent des lois à la pointe de leurs baionnettes, où ils refusent d'obéir á leurs chefs, où les Cortés accomplissent le régicide dans leurs ecurs , en le plaçant dans leurs lois.

« Non, Messieurs, la France ne peut sans danger rester l'alliée d'un gouvernement qui, loin de hâter les progrés de la civilisation, tend à renouveler tous les excès qui la firent rétrograder parmi nous à une époque de douloureuse mémoire. »

Signalant alors l'alliance avec l'Angleterre comme née de la révolation de juillet, alliance où l'intérêt de la France lui parait avoir été sacrifié à l'intérêt révolutionnaire, M. do Dreux-Brézé n'en voit résulter des avantages que pour l'Angleterre, soit dans l'hypothèse du triomphe de la cause d'Isabelle II, soit dans celle du triomphe de la légitimité et du

droit. - Là, comme en Portugal , l'Angleterre doit recueiilir tous les fruits d'une politique désastreuse pour la France.

. Après cette accusation contre le système suivi par le mipistre dans les affaires de la Péninsule, M. de Dreux-Brézé déplorait celui qu'il suivait à l'intérieur, et la destruction des monumens qui devaient être consacrés sur la place de l'ancien Opéra et sur celle de la Concorde à la mémoire du duc de Berri et de Louis XVI, et il gémissait de voir élever sur la place de la Bastille une colonne triompbale où devaient être gravés « ces mots, hélas ! trop clairs, disait-il, pour les po« pulations souffrantes qui habitent cette partie de la grande « cité, » 14 juillet 1789 — 29 juillet 1850, et il conjurait les ministres d'abandonner une politique « qui semble jeter un « imprudent défi aux idées de révolte et d'anarchie, de sortir « enfin des ambiguités et des contradictions dans lesquelles se « déconcerte et s'enivre l'opinion publique. »

Abordant ensuite les affaires d'Afrique, l'honorable pair s'affligeait de leur triste situation et du mauvais succès de l'expédition de Constantine, entreprise trop tardivement et avec des moyens sans proportion avec le but qu'on se proposait, ct il demandait pourquoi on avait attendu six mois pour compléter la conquête de la régence, et comment on avait laissé aux indigènes le temps de se fortifier dans une position devenue aussi redoutable...

Enfin, après avoir rappelé que la Restauration avait su braver la malveillance de l'Angleterre contre l'occupation et la colonisation d'Alger par la France, M. de Dreux-Brézé voulait qu'on la forçât à s'expliquer sur cette question et sur l'établissement des forces anglaises à Saint-Sébastien et au Passage, et que le ministre lui-même dondât des explications sur les causes qui avaient amené un changement de cabinet: il lui demandait si ce changement apporterait une modification dans la politique extérieure, ou s'il se maintiendrait dans la ligne équivoque adoptée jusqu'à présent, s'il y avait en coopération ou pon dans la tentative contre-révolutionnaire

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