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sorte , précher, défendre, faire aimer et suivre la religion , que de permettre que votre nom soit placé à la tête d'un livre propre à produire ces effets? De mon côté, en vous dédiant ce livre, je remplis un devoir sacré, et je trouve l'occasion d'exprimer la reconnoissance dont je suis pénétré et le profond respect avec lequel je suis,

Monseigneur,

de Votre Grandeur,

Le très-humble et très-obéissant serviteur,

J. LABOUDERIE,

Vicaire général d'Avignon, Chanoine honoraire de St.-Flour.

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SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DU PÈRE DOMINIQUE

DE COLONIA,

JÉSCITE.

Dominique de Colonia, né à Aix, en Provence, le 25 août 1660, entra dans la compagnie de Jésus à l'âge de 16 ou 17 ans. Il y apporta des dispositions pour toutes les sciences, et les qualités les plus propres à remplir avec distinction tous les emplois qui lui seroient confiés. Il se livra d'abord à l'étude des belles-lettres avec toute l'ardeur de son âge et avec ce goût qui décèle un vrai talent; bientôt il passa à des occupations plus étendues et joignit à l'étude de l'éloquence, de la poésie latine et de la poésie française, celle de l'Histoire sacrée et de l'Histoire profane, des monumens de l'antiquité, de la numismatique, des langues vivantes, de l'hébreu , et même de l'arabe, comme il nous l'apprend luimême (1); mais il paroît qu'il n'acquit qu'une foible connoissance de cette dernière langue.

Il avoit à peu près vingt-trois ans quand il fut envoyé au grand collège de Lyon, où ses supérieurs le chargèrent de régenter les basses classes; après cinq ans d'enseignement, ou, pour mieux dire, de

(1) La Religion chrétienne , autorisée par le témoignage des anciens auta teurs païens , pag. 333.

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nels de pauvreté perpétuelle, de chasteté , d'obéissance aux supérieurs, et d'obéissance spéciale au pape, pour ce qui concerne les missions, ainsi qu'il est contenu dans les lettres apostoliques et dans les constitutions.

A cette même époque il commença à se faire connoître

par

des discours qui eurent quelque célébrité. Il s'étoit déjà acquis une réputation dans la chaire, mais il en releva l'éclat par le panegyrique de Louis XIV, qu'il prononça après la prise de Namur, et par l'oraison funèbre de Camille de Neuville de Villeroy, archevêque de Lyon. Ces deux pièces, qui sont en latin, ne valent guère la peine d'être lues : ce sont des amplifications de collège.

En 1700, les hommes de lettres et les savans de Lyon se formerent en académie, par les soins de Brossette , comme nous l'apprenons par la correspondance de cet avocat avec Boileau Despréaux. Le père de Colonia fit partie des premières réunions, et son nom occupe le septième rang dans la liste des académiciens. On a des preuves certaines qu'il étoit très-assidu aux séances et qu'il y portoit régulièrement le tribut de ses lumières. A dater de 1736 où les assemblées de cette compagnie savante reçurent plus de régularité et d'éclat, on voit , par les registres qui commencèrent alors , et qui ont été tenus depuis avec exactitude , que le père de Colonia y parloit souvent.

Très-peu d'années après la fondation de l'académie, le père de Colonia devint professeur de théologie positive au grand college, et il continua cet exercice durant vingt-neuf ans. Il est bon de dire, cependant, que l'emploi dont il étoit revêtu et ses travaux littéraires ne nuisoient point à son zele pour

le salut des âmes, et ne l'empêchoient point de remplir les fonctions du saint ministère. « Confessions, direction, prédication, exhortations, conférences, missions, visites des malades, assiduité auprès des mourans, le jour et la nuit, sans distinction du pauvre et du riche; le père de Colonia embrassoit tous ces moyens, et ne perdoit aucune occasion de rendre service au prochain; jusque dans son extrême vieillesse on le vit se transporter à pied dans les maisons les plus reculées, où il étoit appelé (1) ».

Il falloit qu'il fût doué d'une grande activité d'esprit et que son temps fùt bien partagé, pour se livrer à tant d'occupations à la fois et sans que l'une fît du tort à l'autre. Car, pendant qu'il étoit professeur de rhétorique ou de théologie, et qu'il remplissoit avec tant d'exactitude les diverses fonctions dont nous venons de parler, il avoit soin du riche cabinet d'antiques dont le père de La Chaise avoit embelli le grand collège de Lyon et qui lui avoit été confié; il donnoit aussi de fréquentes et longues audiences à tous ceux qui avoient besoin

(1) Journal de Trévoux. Novembre, 1941, page 2103.

de le consulter, qui puisoient dans ses entretiens des lumières abondantes, et ne se retiroient jamais sans admirer les rares connoissances dont il étoit orné et l'étonnante facilité avec laquelle il les communiquoit indistinctement et sans faire acception des

personnes. Un si profond savoir, accompagné d'une si grande affabilité, lui attira la confiance générale et l'estime de tout ce qu'il y avoit de plus distingué dans l'importante et populeuse cité qu'il habitoit. Les étrangers de marque qui visitoient la ville de Lyon, n'auroient pas cru avoir pleinement satisfait leur curiosité, s'il n'avoient vu et entretenu le père de Colonia, qui les accueilloit avec bienveillance, et les renvoyait charmés de sa politesse et de son érudition. Tous les biographes ont remarqué qu'Atterbury, évêque de Rochester, lors de son passage à Lyon, n'eut rien de plus pressé que d'y voir Colonia.

Au commencement du xviie siècle, Colonia avoit voyagé en France et en Italie, et avoit recueilli dans ses courses un grand nombre d'inscriptions (1) et d'anecdotes dont il employa une partie dans ses ouvrages. C'est pendant le voyage du père de Colonia en Italie, que le cardinal Carpegna, après lui avoir montré lui-même son cabinet d'antiquités qui étoit un des plus riches et des plus curieux de l'Europe , fit présent à ce religieux

(1) Dissertation sur le monument antique découvert à Lyon en 1994, page 2.

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