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creux dans sa partie médiane, avec une altitude de 800 mètres à l'O. et de 1,200 mètres à l'E. Elle est bornée au N.-O. par les monts Altaï ' et les monts Sajansk, qui donnent passage aux eaux sibériennes de l'Ienisses et de la Selenga ; au N., par les monts Moun-kou, Pardik, Baikaliens et Ten-kei ; à l’E., par les monts Khin-gan ; au S. E., par les monts Incham-garian ; au S., par des prolongements des monts Nan-chan que traverse le Hoangho ; à l'O., la Mongolie est ouverte sur la Dzoungarie et le bassin du Tarim.

La Mongolie est coupée en deux par la Grande-Muraille; mais les deux régions sont moins distinctes par leurs caractères oro. graphiques et climatériques que par leurs caractères ethnographiques. En deçà, la population est plutôt agricole, surtout depuis qu'un grand nombre de Chinois sont venus s'y implanter ; au delà, ce sont des tribus pastorales et nomades.

Le climat est d'une froidure excessive en hiver.

Il n'y a guère de villes importantes que dans la Mongolie hors les portes ; Ourga, la capitale, 50,000 habitants, est située sur un affluent de la Selenga et doit son importance plutôt au commerce qu'y font les Russes et les Chinois qu'à la présence du Djet-sontampa, le Bouddha vivant.

Kara-korum, l'ancienne capitale de l'Empire mongol, se trouve dans le même bassin qu'Ourga : elle est bien déchue de sa grandeur primitive.

Au sud de la Mongolie, s'étend le Désert de Gobi (Cha-mo des Chinois), vaste région de cailloux et de fleuves de sable, aux vents secs, très chauds en élé, mais très froids en hiver sous l'action presque continue des vents du N.-O. Son altitude varie de 1,200 à 1,400 et 1,500 mètres. C'est une contrée infertile, à faune pauvre, où on est réduit à employer comme combustible la fiente, précieusement recueillie, des animaux. Le désert de Gobi se ter. mine à l’E. au pied des monts Khin-gan, assez arides, et des

· Les monts Altaï envoient en Mongolie deux éperons considérables, le Pe-tagh (Montagne blanche) et le Tan-nou-ola.

monts Inchan, verdoyants au contraire sous l'influence des vapeurs qui leur arrivent de la mer Jaune.

Le Plateau des Ordos, séparé de la Mongolie par le fleuve Hoang. ho, est à peine habité. Son sol sec, argileux, salé, n'offre çà et là que quelques rares oasis. Sa principale production est la réglisse, que des caravanes y viennent chercher.

La Mandchourie chinoise, que délimitent au N.le fleuve Amour et la rivière Oussouri, peut être divisée en deux versants: un sibérien ou septentrional, dont les eaux tombent dans l'Amour et l'Okholsk; et un chinois ou méridional, qui envoie ses eaux en Corée ou dans le golfe Liao-tong.

Du versant sibérien, dépendent la Nonni, qui descend des monts Khin-gan pour aller grossir les eaux du Saghalien ou Amour, et la Soungari (fleuve de lait), autre affluent de l'Amour, qui a sa source dans les Chan-yen-alin.

Au versant chinois appartient le Liao-ho ou Chara-mouren (fleuve jaune), qui apporte ses eaux au Liao-tong, non loin de Neou-tchang, ville de 60,000 habitants. Le port de Neou-tchang est Yin-koa (ou Yin-tse), ouvert par les traités en 1874, port important bien qu'il soit bloqué par les glaces pendant quatre ou cinq mois de l'année ; il s'y fait pour 18,000,000 à 20,000,000 de fr. d'affaires.

Foung-tsien-fou (Mouk-den, Florissante) était la résidence des empereurs de la dynastie actuelle et jouit encore, comme ville sacrée, de certains privilèges. Sa population est de 180,000 habitants.

La célèbre Grande-Muraille, que les Chinois nominent Ouenli tchangolchin (grand mur de dix mille li), n'a, en réalité, que 3,300 kilom.; elle s'étend du golfe Liao-tong jusqu'au Turkestan.

C'est un rempart imaginé par l'empereur Chi-hoang-ti, pour préserver ses Élats des invasions des Mongols et des Mandchoux nomades; ce qui n'a pas empêché Djenghiz-Khan de préluder à l'invasion des pays occidentaux par la prise de Pékin.

Si nous jetons un coup d'ail sur le régime des eaux en Chine, nous constaterons la prédominance de deux grands fleuves, le

fleuve Jaune et le fleuve Bleu, qui ont une orientation parallèle de l'0. à l'E. ; séparés d'abord par des chaînes de montagnes dont les brèches assez nombreuses permettent de passer facilement d'un bassin dans l'autre, ils finissent, dans la partie inférieure de leur cours, par se confondre dans un même système hydrographique.

Si nous laissons de côté les eaux qui vont se déverser, au Nord dans la région sibérienne, et au Sud dans l'Inde et l'IndoChine, nous n'aurons à examiner dans la Chine du Nord que le fleuve Pei-ho, et au Sud que le Si-kiang, qui par sa position et la direction des chaînes qui limitent son bassin est plutôt indo-chinois que chinois.

Le Pei-ho (fleuve blanc) prend sa source dans les montagnes striées de neige intermédiaires aux monts Khin.gan et Inchamgarian. Son parcours est de 2,730 kilom. Il reçoit, avant de se jeter dans le golfe de -tchi-li, les rivières Ouen-ho, T'sou-ho, Houtoho et Quei-ho' et coule dans une région basse (aux environs de Tien-tsin), désolée souvent par des inondations considérables; si bien que beaucoup des habitants émigrent vers la Mongolie et la Mandchourie. Le Pei-ho passe à une vingtaine de kilomètres à l'est de la ville de Pékin.

La province de -tchi-li (dépendance directe du Nord) est la plus septentrionale des provinces de la Chine. Ses villes principales sont Pékin et Tien-tsin.

Pc-kin (-ting, Résidence du Nord, Kin-tching, Résidence), à une altitude de 37 mètres et capitale de l'empire, a 1,650,000 habitants. C'est une ville, ou, pour mieux dire, elle est constituée par deux cités juxtaposées, une tartare-mandchoue ou intérieure, et une chinoise ou extérieure, plus le quartier jaune (Palais de l'Empereur). Elle est défendue par des digues des inondations du Pei-ho, avec lequel elle communique par le canal de Tchoungtchéou, ce qui la met en rapport avec Tien-tsin ; en hiver, il faut absolument prendre la voie de terre qui passe par Pa-li-kao.

1 La Ouei-ho, qui formait autrefois la portion septentrionale du Grand-Canal, est devenue presque impropre à la navigation.

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Tien-tsin (Gué du ciel), 950,000 habitants, est le port de la province de Pé-tchi-li, de la Mongolie et de la Baïkalie russe. Ouvert au commerce européen en mai 1861, ce port a une grande importance, bien qu'il ne soit pas accessible pendant l'hi ver; il fait cependant de grosses affaires : 26,940,000 francs en 1879, avec la Russie seulement. Tien-tsin, située dans une région très fertile, est souvent désolée par les fortes inondations du Pei-ho.

Au sud de la province de Pé-tchi-li, se trouve celle du Chantoung, presqu'île dominée par les monts orientaux, Chan-toung (alt. moyenne 1,545 mètres). Le climat y est excellent, bien que très froid en hiver et très chaud en été. La province, plus riche encore en minerais que le Yun-nan, possède des gisements considérables de houille, d'or, d'argent et de fer. Ses montagnes, presque complètement déboisées, sont disposées en terrasses pour la culture'.

Le Grand-Canal, Canal impérial (Yun-ho, Rivière des transports), créé au XII° siècle par Koublai-Khan, est constitué par une série de lits fluviaux abandonnés, de lacs et de marécages qu'on a reliés par quelques coupures peu importantes. Sa longueur est de 1,200 kilom. entre Tien-tsin et Chin-kiang, sur le Yang-tsé-kiang. Il est en très mauvais état, par suite du manque de réparations, depuis que le riz est transporté plus économique. ment par les steamers, qui desservent tout le littoral.

Le Hoang-ho (fleuve Jaune : Ni-ho, fleuve incorrigible des anciens Chinois) a un parcours de quinze cent mille kilom. et doit son nom aux argiles jaunes qu'entraînent, en immense quantité, ses eaux.

Bien que les Chinois lui donnent pour origine les eaux englouties du Lop-nor, le Hoang-ho prend naissance des lacs Oringnor et Djaring-nor, dans la région de la Mer étoilée, au nord des monts Bayan.kara, qui le séparent du Yang-tsé-kiang. Il remonte vers le Nord, le long des plateaux de la Mongolie, en arrosant

On y élève beaucoup de vers à soie du chêne.

Lan-chéow-fou' et Ning-sia, situé au pied de la Grande-Muraille, contourne le plateau des Ordos pour arriver près de To-to. De là, il redescend au N.-S., en traversant les monts Ala-Chan vers Pou-chéou-fou?, où il rencontre la rivière Lo-ho et la rivière Kouei-ho ; cette dernière, qui est aisément navigable, est assez puissante pour lui imprimer sa propre direction 0.-E.

Comme le Hoang-ho arrive alors dans une région de plaines que ravageraient ses inondations fréquentes, les habitants ont enfermé son lit entre de puissantes levées. Il passe devant Pisou-chan, puis à Hong-nan, où il croise le Grand-Canal. Se heurtant alors aux monts Chan-toung (monts Orientaux), qui se dressent entre le golfe de Pé-tchi-li et la mer Jaune, le Hoang-ho va tomber par plusieurs embouchures dans le golfe; son estuaire a beaucoup variés et était autrefois très rapproché, sinon confondu avec celui du Yang-tsé-kiang.

Le fleuve Jaune, que ses crues rapides et considérables font redouter des riverains, qui lui donnent souvent le nom de destructeur des enfants de Han, a la majeure partie de son cours au milieu de la terre jaune, Hoang-to, c'est-à-dire dans une région admirablement disposée pour l'agriculture et que limitent des montagnes riches en dépôts de houille. Il arrose successivement, dans son parcours, les provinces de Kan-sou, Chen-si, Chan-si, Ho-nan, -tchi-li, et Chan-toung.

La province de Kan-sou se divise en deux parties : le Kan-sou mongol, constitué par des plaines étendues, où l’eau se trouve

1 Lan-chéou-fou, capitale du Kan-sou, est au carrefour des routes de Chine venant du Hoang-ho supérieur et du chemin qui mène vers l'Occident. Cette ville, qui compte 500,000 habitants, est le siège d'une grande industrie métallurgique.

? Pou-chéou-fou, dans le Chan-si, se trouve au milieu de la région qui fournit le sel à la plus grande partie des provinces centrales de la Chine. Elle est au voisinage de Loutswoun, le gisement salin le plus riche du monde et, très probablement aussi, le plus anciennement exploité.

3 L'embouchure du fleuve Jaune s'est déplacée neuf fois depuis vingt-cinq siècles. En 1835, le Hoang-ho avait pris le cours du Ta-tsing-ho pour venir dans le golfe de Pé-ichi-li ; mais, en 1870, il a repris la direction de la mer Jaune, en se créant un nouveau lit.

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