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à Hambourg et à Brême. L'Elbe, le Weser et la mer du Nord se trouveront ainsi rapprochés.

BAVIÈRE.

Comme la Prusse tend, par le développement de son pouvoir matériel, à la suprématie sur l'Allemagne protestante du nord , ainsi la Bavière aspire au protectorat de l'Allemagne catholique du midi. Le roi de Bavière, soit qu'il comprenne les grands résultats que peut avoir pour le pays une semblable entreprise, soit qu'il n'agisse que dans une vue d'ambition personnelle, poursuit son but avec activité. Cette année lui a fourni l'occasion de faire, en ce sens, une démonstration politique. Quelque temps après la cérémonie de Cologne, où Frédéric-Guillaume de Prusse faisait un éloquent appel aux sentiments de nationalité et d'unité allemande, Louis de Bavière inaugurait la Walhalla (salle des élus), sorte de Panthéon qui renfermera les statues de tous les grands hommes de l'Allemagne. Les idées d'unité, de communauté allemande, sont invoquées avec la même chaleur par le monarque chrétien que par le roi protestant. « Puisse, s'écrie Louis de Bavière, puisse la Walhalla favoriser le développement des idées (allemandes ! Puissent tous les Allemands, à quelque pays qu'ils appartiennent, toujours sentir qu'ils ont une patrie commune, une patrie dont ils peuvent être fiers. » (Voy. à la chronique, sous la date du 19 octobre, les détails de l'inauguration de la Walhalla.)

Dans le discours qu'il prononça à l'ouverture de l'assemblée des états (20 novembre), le roi, rappelant les souvenirs de l'émotion éveillée par le traité du 15 juillet, ne manqua pas de féliciter la patrie allemande de l'unité de sentiments qu'elle avait montrée. Voici les paroles de S. M. : « Un excellent esprit s'est manifesté dans le royaume, sur la rive droite, sur la rive gauche du Rhin, comme dans toute l'Allemagne, lorsque les frontières semblèrent menacées. Tous les Allemands ont été pénétrés du sentiment qu'ils appartiennent à une patrie commune, et cette pensée s'est révélée à l'érection de la cathédrale de Cologne, à l'incendie de Hambourg. Elle ne périra pas ! »

Cette année ne donne, pour ainsi dire, aucun aliment à l'histoire des faits particuliers. Consignons toutefois la réforme postale, opérée d'après le système anglais, et qui fixe le port des lettres, dans l'intérieur du royaume, à 12 kreutzers pour toutes les distances.

BADE.

Après la clôture de la dernière session des états, le grandduc avait rendu un manifeste concernant la question des congés, et ce manifeste n'avait reçu le contre-seing d'aucun ministre. Le 18 février, sur la motion du député d'Itzstein, la chambre des députés déclara inconstitutionnelle cette mapière de procéder. M. d'Itzstein avait invoqué à l'appui de sa motion la loi de 1820, concernant la responsabilité ministérielle : il avait ajouté que la chambre, ayant agi d'après une conviction loyale dans l'affaire des congés, elle ne pouvait accepter le blâme exprimé contre elle dans le manifeste du grand-duc. La motion fut adoptée à la majorité de 31 voix contre 26. Vainement M. Welker avait-il essayé de faire triompher une sorte d'ajournement, en demandant le renvoi dans les bureaux, pour y être avisé : la chambre ne s'était pas rangée à cette tactique.

Il fallait ou un changement dans le ministère, ou une dissolution des chambres. Ce fut à ce dernier parti qu'on s'arrêta. Le 21 février, les chambres entendirent, en séance extraordinaire, la lecture du décret de dissolution.

De nouvelles élections eurent lieu. Rarement ces moyens extrêmes réussissent, et d'ordinaire l'opposition revient plus forte : c'est ce qui arriva. De 63 élections, 27 seuleAnn, hist. pour 1812.

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ment furent en faveur du gouvernements Sur 31 députés de l'ancienne majorité, 22 furent réélus, et de la minorité, seulement 12 sur 26. Dans l'ancienne chambre, il y avait 21 fonctionnaires publics : la nouvelle n'en eut plus que 17.

Les ministres rencontrèrent chez les députés nouvellement élus la même opposition, les mêmes attaques.

Cependant il fallait un budget, et il était nécessaire de hâter les travaux publics commencés. Le grand-duc n'eut donc pas, cette fois, recours au moyen extr&me qu'il avait employé au commencement de l'année.

Le budget fut voté; il donna lieu néanmoins à des motions importantes, et fut assez vivement débattu. A propos du chapitre des finances, la commission chargée de l'établir avait proposé une loi qui eût soumis à un droit le débit de l'eau-de-vie. Le ministre des finances fit observer que cette mesure serait contraire aux conventions conclues avec l'union douanière. Cet argument réussit à faire repousser la proposition.

La commission fut plus heureuse à l'occasion de deux autres propositions tendant, la première, à ce que le gouvernement fît les démarches nécessaires pour la publication périodique, par l'Union, de tableaux complets du mouvement commercial et industriel; l'autre, à ce que le gouvernement, avant de prendre des résolutions importantes dans les questions douanières ou commerciales, soit sous le rapport des traités avec l'étranger, soit pour les modifications de la législation intérieure, consultat les chambres de commerce et les associations industrielles dans les états de l'Union.

Un membre, M. Sander, fit adopter une motion dont l'objet était de faire émettre le veu d'une augmentation de droits sur les vins de Champagne.

Une dernière proposition, émanée du même membre; eut

un égal succès. Elle était conçue dans les termes qui suivent :

« Le gouvernement interviendra auprès du congrès douxnier actuel, pour qu'il avise à créer des facilités au commerce des vins indigènes que fait l'Allemagne du nord, et en outre, à ce qu'un impôt de consommation soit ajouté au droit fixe établi sur les vins étrangers. »

Propositions qui décèlent une malheureuse tendance de l'opposition vers le système prohibitif.

Le budget de la guerre se présentait cette fois avec une augmentation de 300,000 florins. La commission fit quelques réductions, qui furent adoptées à une grande majorité.

Le 3 septembre, la deuxième chambre adopta un projet d'amortissement pour les chemins de fer.

Un autre projet créait, à la charge de la même caisse, une dette publique de 2 millions. La commission proposa de demander au grand-duc la création d'une somme égale de billets du trésor. La chambre adopta cette proposition aussi bien que la disposition qui autorise la caisse d'amortissement à contracter un emprunt dans les limites des budgets de 1842 et 43, et à émettre en conséquence des obligations partielles de 4 p. 010:

La session actuelle touchait à sa fin. La première chambre voulut manifester son éloignement des tendances révolutionnaires de la seconde chambre. Elle adopta une proposition dans ce sens, dont l'auteur était m. d'Andlaw. La première chambre y déclarait inconstitutionnelle la marche suivie par la seconde.

Cette manière d'envisager les choses trouva un écho dans le discours de clôture prononcé le 9 septembre, au nom du grand-duc , par le ministre de l'intérieur baron de Rudt.

S. A. R. avait vu avec peine que le dévouement constitutionnel des conseillers du gouvernement avait été suspecté dans la seconde chambre des états : d'ailleurs les

griefs articules contreeux l'avaient été d'une manière inconstitutionnelle; si S. A. ‘R. n'avait pas jugé à propos de dissoudre l'assemblée des états, c'est parce qu'elle avait craint d'imposer à ses sujets des charges nouvelles, de paralyser de grands travaux d'utilité publique, et d'ajourner le règlement des finances; enfin S. A. R était fermement résolue de faire respecter la constitution ; que si, pour sá part, elle n'écouterait pas les conseils qui tendraient à la violer, elle ne tolérerait pas non plus les atteintes que d'autres que ses conseillers porteraient à la constitution et aux prérogatives de la couronne.

Cette année encore, la question de la liberté de la presse avait été vivement débattue. A la chambre des députés, M. Sander avait fait adopter par la chambre les conclusions d'une commission, tendant à engager le gouvernement à intervenir auprès de la diète, pour qu'il fut accordé une plus grande liberté à la presse. Une autre motion portée par la chambre au gouvernement, sur la proposition du député Welker, contient ces considérants remarquables.

« Lorsqu'on demanda, en 1813 et en 1815, des sacrifices à la nation pour combattre l'ennemi commun, les princes prirent l'engagement solennel d'ac. corder à leurs sujets quelques droits essentiels, entre autres, le plus important de tous, la liberlé de la presse," la seule condition d'une association inlime des Allemands. Ce droit éternel, garanli par l'art. 18 de l'acte fédéral, fut consenti par tous les princes, qui promirent d'accorder à leurs sujets la véritable liberté de la presse avec tous les moyens d'exécution, se réservant toutefois d'en élargir les bases et d'étendre les autres droits fédéraux tels que la liberté d'émigrer sans payer de droit. Mais, au mépris de cette promesse, non-seulement des mesures exceptionnelles furent adoptées à Carlsbad, qui plus tard suspendirent la partie essentielle et politique de la liberté de la presse, mais encore beaucoup de gouvernements détruisirent complètement, par une censure générale, le peu qui restait de cette liberté, et qu'aus époques les plus critiques les mesures exceptionnelles de la diète avaient reconnu comme n'offrant aucun danger. Par conséquent aussi, les autres promesses de l'art. 18 furent méconnues. C'est ainsi qu'au lieu d'augmenter et d'assurer la liberté nalionale, ce qui était le but de la convention conclue par la diète, celle liberté sut malheureusement opprimée et faussée avec plus de violence qu'à aucune autre époque, sans excepter celle de la confé

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