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Les institutions communales et provinciales ne suffisent point au besoin d'action qui travaille ces populations. Nous avons dit ailleurs (Annuaire de 1841) comment, dans l'opinion des hommes politiques et du cabinet français, les conseils provinciaux pouvaient être la base du système représentatif. Le temps donnera sans doute une solution encore inconnue à cette question de réforme.

En attendant, les lois financières sont l'objet de la sollicitude particulière du gouvernement; il lui importe en effet au plus haut point de créer la richesse, aussi bien pour fonder à l'intérieur que pour se soustraire à l'assistance politiquement et pécuniairement onéreuse des puissances étrangères. La banque nationale a commencé ses opérations; l'administration, la cour elle-même, se sont plus strictement soumises à la nécessité de l'économie; les douanes ont été réorganisées (voir le texte de la loi à l'Appendice). Que si ces réformes n'obtiennent point tout d'abord le succès qu'elles méritent, si le service de la dette étrangère éprouve quelque retard , les grandes puissances prendront sans doute en considération la bonne volonté et se montreront généreuses.

Tel est le caractère de la politique grecque à l'intérieur, durant cette année ; elle se traduit en intentions louables plutôt qu'en faits ; quant à la politique extérieure, elle se ressent nécessairement de la faiblesse de la nation et du gouvernement; les négociations pour la conclusion du traité de commerce qui doit régler les rapports commerciaux du pays avec la Porte Ottomane se poursuivent lentement sous l'influence de suggestions étrangères. Certaines démonstrations hostiles causées par la présence de troupes albanaises sur la frontière turque, auxquelles le gouvernement grec crut devoir répondre par l'envoi de quelques bataillons, et les récriminations qui eurent lieu de part et d'autre, ne contribuèrent pas à aplanir les difficultés qui s'opposaient à la conclusion de ce traité. Au reste la Grèce évite tout ce qui

pourrait offrir de nouveaux griefs à ses anciens maitres; renfermée chez elle, elle ne prend aucune part aux grandes questions politiques qui se débattent dans ce coin du monde. Elle en a donné des preuves durant les révolutions qui ont éclaté dans les principautés du Danube. Les nécessités de sa situation lui imposent cette réserve.

CHAPITRE V.

Stisse. État des partis. Incerlitude et faiblesse de la politique intérieure. SARDAIGNE ET PIÉMONT. Situation intérieure.- Continuation de la réforme

administrative. — Extension des opérations de la caisse des dépôts.--Amélioration dans le tarif des douanes.- Nouveau tarif de roulage. - Réglement d'inspection générale.- Nouvelle organisation des intendances générales.-État satisfaisant de l'instruclion publique.- Mariage du prince héréditaire.- Amnistie. — Traité de commerce avec l'Angleterre, – avec

les Pays-Bas ÉTATS-Romains. Découverte d'une société secrète.- Affaire de l'Église ca

tholique de Russie.-Consistoire tenu à ce sujet.- Protestat ion contre la

Russie. - Protestalion contre la conduite du gouvernement espagnol. ROYAUME DES DEUX-SICILEs. Travaux publics, — Projets d'amélioration en

Sicile.--Esprit de tolérance pour les livres.-Querelle avec la Hollande, --Négociation commerciale avec l'Angleterre.

SUISSE:

L'année qui venait de finir avait été féconde en événements et en leçons de toute nature pour ce pays. D'une part Argovie, le Tessin et Genève, sont en proie à l'agitation la plus violente et subissent de nouvelles secousses politiques; d'autre part, le langage de la diplomatie, qui veut intervenir, blesse la susceptibilité nationale. Il est vrai qu'en cette dernière circonstance les cantons se trouvent unis et protestent avec unanimité; mais en tout ce qui touche aux intérêts particuliers la plus déplorable division règne dans la diète, et la plus complète impuissance se manifeste dans le pouvoir central. Un fait plus général et moins bien apprécié juqu'alors se produit également, c'est la difficulté du gouvernement parlementaire dans les États fédératifs, l'impossibilité d'y constituer une majorité modérée et une minorité pacifique. L'une est despotique, l'autre insoumise et turbulente, et la part d'indépendance laissée à chaque canton donne aus majorités le conseil et le moyen d'abuser de leur force, aux minorités la tentationet le désir de résister violemment à tout ce qui se fait sans leur concours.

C'est ce vice radical qui consume la vitalité de la Suisse et absorbe son énergie. Dépérissement du pouvoir central, mésintelligence croissante entre les cantons, division de la société en partis, c'est-à-dire en factions, haines politiques, haines religieuses, anarchie dans les conseils, guerre civile dans la rue : tel est le spectacle affligeant que présente depuis longtemps la Suisse.

Cette année n'a rien ajouté aux maux du pays, mais elle les a laissés subsister. Les partis ont fait trève à leurs querelles armées, mais l'agitation n'a pas cessé de posséder les esprits. Plusieurs cantons se sont appliqués à introduire des changements dans leur constitution, mais sans aborder les vraies et sérieuses disficultés de la matière; modifications sans portée, toujours insuflisantes et toujours provisoires.

La diète, qui seule aurait autorité pour entreprendre une réforme étendue et générale, s'est consumée en discussions d'intérêt secondaire. Sa faiblesse a été si grande qu'elle s'est encore vue contrainte d'ajourner la solution de l'affaire des couvents d'Argovie.

SARDAIGNE ET PIÉMONT.

Le gouvernement sarde persévère dans la voie prudente qu'il s'est tracée, et par laquelle il est parvenu à se concilier les esprits : il poursuit sagement les réformes administratives qui semblent destinées à raffermir de plus en plus la tranquillité publique. Cette année, voyant l'heureux résultat des opérations de la caisse des dépôts et consignations

qui n'avait d'abord preté que pour cinq ans, il étendit ce délai à dix anuées; les grandes entreprises qui ne se réalisent qu'à long terme trouveront ainsi plus de facilités pécuniaires, et ne pourront manquer de prendre plus d'essor. Des améliorations importantes furent également introduites dans le tarif des douanes, en même temps qu'un nouveau tarif était publié pour le roulage qui passe le Mont-Cenis. L'inspection générale de l'enregistrement reçut aussi un réglement. Enfin, le pouvoir s'occupa d'un changement qui touchait de plus près à l'organisation politique du pays : le nombre des intendances générales (préfectures) fut augmenté, et un conseil fut établi auprès de chacune d'elles pour juger les questions contentieuses d'administration.

Les intendances générales sont ainsi divisées : 1re classe, Turin, Chambéry et Génes; 2e classe, Alexandrie, Cuneo, Nice et Novarre; 3e classe, Annecy, Casal, Chiavari , Ivrée, Saluces, Savone et Verceil.

L'instruction publique ne cesse de recevoir une prolection efficace, et elle est en progrès sensible, soit en Piémont, soit dans l'île de Sardaigne. Le gouvernement surveille et domine tous les établissements d'éducation : il les dirige conformément à son principe, et, façonnant ainsi à son gré l'esprit des générations nouvelles, il assure antant que cela est en lui le calme exercice de son autorité.

Un événement heureux et en dehors de la politique courante marqua cette année : ce fut le mariage du prince héréilitaire, duc de Savoie, avec la princesse Adélaïde d'Autriche. (Mai.)

Cette union ajoute de nouveaux liens à l'alliance de cleux gouvernements qui partagent en Italie les mêmes interêts et les mêmes dangers, et dont la stabilité réciproque dép rend beaucoup de l'emploi des mêmes moyens politiques et d'une certaine simultanéité d'action. A l'occasion de cette seilenann, hisl. pour 1842.

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