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nité, le roi publia un décret d'amnistie pour les condamnés politiques de la dernière révolution.

Cet acte de sagesse et de justice produisit la plus heureuse impression dans le royaume et en Europe.

Il nous reste à signaler en terminant la conclusion de deux traités de commerce et de navigation, l'un avec l'Angleterre, l'autre avec les Pays-Bas; ces traités sont basés sur le principe de la réciprocité, et offrent de nouveaux et utiles débouchés au commerce et à la marine nationale.

ÉTATS ROMAINS.

Les états pontificaux ne jouissent point d'une tranquillité aussi parfaite que la Sardaigne. Ainsi, dans les marches d'Ancône, l'agitation des dernières années n'a pu être apaisée que par la présence de troupes assez nombreuses. Cependant le gouvernement est parvenu à y rétablir l'ordre, et il a marqui le commencement de cetle année par le rappel des troupes. Plus tard on a découvert dans la Romagne une société secrète qui avouait les mêmes principes que l'ancien carbonarisme, et qui par son nom (Ferdinandea) semblait associer dans ses espérances le patronage de l'Autriche à la délivrance du pays. La police a pénétré dans toutes les ramifications du complot, qui était faiblement organisé et n'eut point de retentissement.

Une question déjà ancienne et de plus en plus grave occupait alors toute l'attention du Saint-Père; c'étaient les souffrances et les pertes considérables de l'église catholique en Russie : les griefs du Saint-Siège à ce sujet remontent au dernier siècle, mais le retour des Grec-unis au sein de l'Église russe a pu scul l'éclairer sur les vraies tendances du cabinet de Saint-Pétersbourg et sur son projet si longuement et si fortement médité de réduire à l'unité grecque le culte catholique pour n'avoir plus qu'une Église, l'Église grecque dont l'empereur est le chef. Ainsi seraient réunies

dans les mêmes mains toutes les forces morales et matérielles de l'empire, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Nous avons donné les années précédentes les faits principaux de cette grande querelle; nous avons exposé succinctement la résistance et les concessions inutiles du pontificat, l'affliction causée à Rome par cette impuissance politique en face des dernières mesures prises par la Russie contre le clergé catholique du royaume de Pologne. Le Saint-Père résolut d'appeler à l'appui de ses protestations diplomatiques l'opinion publique européenne. C'est ce qui eut lieu dans le consistoire du 22 juillet 1842; le Pontife y prononça l'allocution suivante, dont nous donnons le texte pour mieux faire comprendre et les motifs et le caractère de cet acte politique et religieux.

VÉNÉRABLES FRÈRES, Déjà, dans ce lieu même, nous avons épanché avec vous, vénérables Frères, la douleur que dès longtemps a profondément enraciné dans notre âme la condition miserable de l'Eglise catholique au sein de l'empire de Russie. Celui dont nous sommes, quoique indigne, le vicaire sur la terre, nous est lémoin que, depuis le moment où nous fûmes revêtu de la charge du souverain pontificat, nous n'avons rien négligé de ce que commandent la sollicitude et le zèle pour remédier, autant que cela était possible, à lant et à de si grands maux chaque jour croissants. Mais quel a été le fruit de tous nos soins ? Les faits et des fails très-récents le disent assez. Combien notre douleur toujours présente s'en est accrue! Vous le voyez mieux par la pensée qu'il ne nous est possible à nous de l'expliquer par les paroles. Mais il y a quelque chose qui met comme le comble à cette intime amerlume, quelque chose qui, à cause de la saintelé du ministère apostolique, nous tient outre mesure dans l'anxiélé et l'affliction. Ce que nous avons fait, sans repos ni relâche, pour protéger et défendre dans toutes les régions soumises à la dominalion russe les droits inviolables de l'Église catholique, ce que nous avons fait on ne l'a point su, cela n'a pas été de notoriété publique, dans ces régions surlout, et il est arrivé pour ajouter à nos douleurs, que parmi les fidèles qui les habitent en si grand nombre les ennemis du Saint-Siege ont, par les menées frauduleuses qui leur sont habituelles, fait prévaloir le bruit qu'oublieux de notre ministère sacré, nous couvrions de notre silence les maux si grands dont ils sont accablés, el qu'ainsi nous avions presque abandonné la cause de la religion catholique. Et la chose a élé poussée à ce point que nous sommes presque devenu comme la pierre occasion de chule, comme la pierre de scandale, pour une partie cousidėrable du troupeau du Seigneur, que nous sommes divinement appelé à rėgir; et même pour l'Église universelle fondée, comme sur la pierre ferme, sur celui dont la dignité vénérable nous a été transmise, à nous, son successeur. Les choses élant ainsi, nous devons à Dieu, à la religion , à nousmême, de repousser bien loin de nous jusqu'au soupçon d'une faule si honteuse. Et telle est la raison pour laquelle toute la suite des efforts faits par nous en faveur de l'Église catholique dans l'empire de Russie, a été par notre ordre mise en lumière dans un exposé particulier qui sera adressé à chacun de vous, afin qu'il soit maniseste à tout l'univers fidèle que nous n'avons en aucune façon manqué aux devoirs que nous impose la charge de l'Apostolat. Du reste, que notre âme ne se laisse point abattre, vénérables Frères; espérons que le très-puissant empereur de toutes les Russies et roi de Pologne, écoulant sa juslice et l'esprit élevé qui le distingue, voudra bien se rendre à nos væux instants et aux væox des populations catholiques qui lui sont soumises. Soutenus par celte espérance, ne cessons pas cependant de lever, en priant avec confiance, les yeux et les mains vers la montagne d'où nous viendra le secours, et demandons avec ardeur et supplication au Dieu à la fois tout puissant et lout miséricordieux d'accorder bienlot à son Église, depuis longtemps souffrante, l'assistance qu'elle altend.

L'allocution pontificale fut ensuite publiée avec une exposition des faits et des documents à l'appui (voy. à l'APpendice). L'attitude de la cour de Rome, cette imposante protestation produisirent en Europe une sensation profonde et en Russie un vif mécontentement, mais sans déterminer les cabinets de l'occident à tenter une démarche en faveur de l'Église, et sans arrêter celui de Saint-Pétersbourg dans l'exécution de ses desseins.

Les affaires religieuses d'Espagne étaient également le sujet d'une grande douleur pour le Saint-Siége; il protesta cette année encore contre la conduite du gouvernement espagnol et adressa au clergé romain une lettre apostolique pour ordonner des prières publiques en faveur du royaume d'Espagne (24 février).

Sa Sainteté commençait dans cette lettre par témoigner la profonde tristesse que lui causail l'état désespéré des affaires ; mais elle faisait une distinction consolante pour elle

entre l'esprit du peuple et celui du gouvernement espagnol.

« Le peuple, disail-elle, loin de s'être écarté des sentiments de ses frères, est fortement allaché à la foi catholique ; la plus grande parlie du clergé combat avec courage les combals du Seigneur, et presque tous les poplifes bien qu'accablés des vexations les plus cruelles, jetés en exil, abreuvés de peines et de souffrances, veillent, chacun selon leurs forces, au salut de leur troupeau. Néanmoins, dans celle même contrée, des hommes de perdition, et le nombre n'en est pas pelit, liés entre eux par une associalion criminelle et semblables aux vagues d'une mer en furie, vomissant sur leur pays la honte et le désordre de leur pensée, déclarent au Christ el à ses saints une guerre acharnée. Après avoir déjà fait souffrir à la religion calholique les pertes les plus douloureuses, ils s'efforcent dans leur impiété de la renver. ser, si cela élait possible. »

Le pontife rappelait ensuite les protestations secrètes ou publiques qu'il avait adressées au gouvernement espagnol ou à la chrétienté contre les blessures faites à l'Église d'Espagne. (Voy. les Annuaires précédents et surtout ceux de 1836 et 1841.) Il parlait enfin des nouveaux décrets conçus dans un esprit d'hostilité contre les droits antiques du Saint-Siége.

« Il a été proposé aux assemblées suprèmes du royaume une loi exécrable, lendant principalement à détruire de fond en comble la légilime autorité de l'Église, et à établir l'opinion impie que la puissance laïque est supérieure à l'Église et à tout ce qui la concerne.

» En effet, celle loi déclare que la nalion espagnole ne doit tenir aucun comple de ce siége apostolique, qu'il faut rompre toute communication avec lui pour les grâces ecclésiastiques, indults et concessions, de quelque nature que ce soil, et elle punit sévèrement ceux qui résisleront à une pareille prescription. Il est dit encore que les lettres apostoliques et les autres rescrits émanés du Saint-Siège, à moins qu'ils ne soient demandes de l'Espagne, non-seulement ne devront pas être observés et demeureront de nul efiet, mais même devront être dénoncés à l'autorité civile, sous le plus bref délai, par ceux auxquels ils sont parvenus, pour être remis par celle-ci au gouvernement, et une peine est portée contre quiconque enfreindrait ce réglement.

» De plus il est ordonné que les empêchements aux mariages seront soumis à la juridiction des évêques du royaume , jusqu'à ce que le code civil élablisse une différence entre le contral et le sacrement du mariage; qu'aucune cause ne peut être déférée à Rome par l'Espagne, au sujet des affaires religieuses, et qu'enfin jamais à l'avenir aucun nonce ni aucun legat du SaintSiege ne sera admis dans ce royaume avec pouvoir d'accorder des grâces ou des dispenses, même gratuites. Enfin on abolit entièrement le droit sacré, qui appartient au pontife romain, de confirmer ou de rejeter les évêques élus en Espagne, et on punit par l'exil, soit les prêtres désignés pour quelque église épiscopale qui demanderaient au Saint-Siége leur confirmation ou des lettres apostoliques, soit les métropolitains qui solliciteraient le pallium.

» Après ces dispositions, ajoutait le manifeste ponlifical, il faut s'étonner assurément que la même loi proclame le pontise romain comme le centre de l'Église, puisqu'on ne laisse plus aucune communication avec lui que sous le bon plaisir et la surveillance du gouvernement. »

Cette lettre ne pouvait avoir aucune influence en Espagne dans l'état présent des choses, mais c'était du moins, au point de vue de la cour de Rome, une utile protestation contre les faits accomplis, une démarche nécessaire pour l'intérêt du pontificat romain et de l'Eglise.

ROYAUME DES DEUX-SICILES.

Le gouvernement napolitain est toujours attentif à l'économie financière, au développement de la marine et à l'organisation des travaux publics. Ainsi, au mois d'octobre, une grande partie du chemin de fer de Caserta était terminée. Ce chemin de fer se prolongera dans la direction de Capoue et du môle de Gaëte, et pourra même être ultérieurement conduit jusqu'à Rome. On ne néglige point non plus les réformes politiques qui, en élargissant les droits sociaux par l'abolition de certains priviléges, donneront plus de force au pouvoir ; c'est là du moins l'esprit qui semble l'inspirer dans ses projets d'améliorations en Sicile. En effet, l'état précaire du peuple de cette partie du royaume et la faiblesse de l'autorité gouvernementale dans ce pays sont les conséquences du désordre et de

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