Immagini della pagina
PDF

très-bien ; je vous prierai, Monseigneur, de lui présenter de ma part un juste tribut d'estime.»

Lettre du P. Amiot à M. Bertin, ministre secrétaire-d'état, datée de Pékin le 1o octobre 1788.

M. Langlès, qui ne se délassait du travail que par le travail lui-même, avait occupé ses moments de loisir à rassembler quelques-uns de ces vieux contes qui nous ont été transmis et qui semblent, comme les habitants de cette contrée, avoir été crées en même temps que le monde. Bientôt, enrichissant notre littérature d'une foule de voyages précieux, sa plume nous transporte tour à tour de l'Europe en Perse avec Chardin, de la Perse dans l'Inde avec Abdoulrizzac, de l'Inde à Pétersbourg avec Forster, chez les Mahrattes avec Tone, au Bengale avec Hodges, de l'Inde à la Mekke avec le pélerin Abdoul-Kérim, en Égypte avec Norden, enfin au fond des déserts même de l'Afrique avec le célèbre Hornemann. Habile cicérone pour tous ces voyageurs, il nous décrit dans des notes savantes les lieux intéressants que quelques-uns n'ont fait qu'entrevoir, corrige leurs erreurs » développe leurs aperçus, féconde leurs idées, rapproche leurs opinions, et double ainsi l'intérêt de leurs relations instructives. « La Révolution, nous dit M. Roux dans l'élégante et docte notice qu'il a consacrée à la mémoire de M. Langlès, la Révolution ne le détourna pas de ses occupations littéraires. Sa vocation était déterminée : elle lui ouvrit, en le séparant de nos dissensions civiles, une carrière honorable où il fut constamment utile aux lettres et à son pays. En 1792 il fut nommé garde des manuscrits orientaux de la bibliothèque du roi ; l'année suivante, lorsque les arts étaient proscrits en France, et quand la plupart de leurs monuments furent détruits ou mutilés, il devint membre de cette commission temporaire qui devait en sauver les débris, et il s'opposa avec fermeté à la ruine de nos richesses littéraires, dans un temps où le bien ne pouvait pas être fait sans courage et sans péril. Dans le cours de la même année, un rapport présenté par M. Langlès au comité d'instruction publique traça le plan, et détermina l'institution de l'école spéciale des langues orientales vivantes, grande et nouvelle branche d'instruction, dont les communications de la France avec l'Orient font chaque jour apprécier les avantages. M. Langlès fut attaché à cette école spéciale comme administrateur et comme professeur de persan et de malay ; les autres chaires furent dignement remplies, et la France vit prospérer une institution aux progrès de laquelle elle prenait une si noble part. » • Le catalogue des manuscrits samscrits, publié de concert avec M. Hamilton, précède de peu d'années son magnifique ouvrage sur l'Hindoustân, qui devait, pour ainsi dire, couronner sa carrière littéraire, et présenter en un faisceau les résultats de ses nombreuses recherches et de ses savantes études. Il ne se borna pas seulement à quelqaes notes archéologiques sur les monuments qu'il décrivait; il voulut nous faire connaître d'une manière complète l'immense contrée de l'Hindoustân, tracer son histoire, peindre les mœurs de ses habitants, dévoiler les dogmes sacrés de leur religion mystérieuse. Une pareille tâche exigeait tout à la fois les connaissances et les talents du géographe, du philologue et de l'historien. C'était là que devaient se borner les travaux de M. Langlès. La même maladie qui ravit à Homère la lumière des cieux (1), vint enlever subitement M. Langlès à sa famille, aux sciences, à ses nombreux amis. Pour connaître l'étendue des regrets que causa la perte de cet excellent homme, il faudrait avoir pu apprécier toutes les qualités qui lui avaient concilié l'estime générale. Entièrement dévoué à ses amis, plein de bonté et d'obligeance pour ceux - là même qui ne l'étaient pas, M. Langlès décelait seulement par sa longanimité et sa grandeur d'ame toute la supériorité des talents que sa modestie lui faisait chercher à cacher. Jamais un mot amer ne sortit de sa bouche; jamais l'expression du reproche ne contrista son visage, dont la sérénité constante annonçait assez le calme et la pureté de sa belle ame. Son affabilité lui avait concilié l'affection de tous ceux qui le connaissaient, et sa galerie était le rendez-vous commun de toutes les notabilités littéraires de l'Europe. Là, disparaissaient les préventions nationales ; là , s'éteignaient même parfois les animosités particulières. Au sein de ces réunions, se formèrent et se développèrent d'importantes créations , parmi lesquelles nous devons placer en première ligne la société de géographie dont

(1) Une fluxion sur les yeux. Cette maladie avait été provoquée par l'application avec laquelle M. Langlès avait donné ses soins à la confection des caractères orientaux que M. Molé jeune gravait sous sa direction.

M. Langlès fut le premier fondateur. Cette société reconnaissante a payé un juste tribut de regrets à sa mémoire, par l'organe de M. Roux, l'un de ses membres les plus distingués. L'auteur de cette notice n'aurait point osé, après lui, jeter quelques fleurs sur la tombe de celui dont le monde savant sentira long-temps la perte, s'il n'avait éprouvé le besoin de rendre un juste et pur hommage au docte maître, à l'homme de bien, qui daigna l'honorer

[merged small][ocr errors]

******** -----------• • • • • • • • • • • • • • • ------------------- -- , «---

CATALO G UE

DEs oUvRAGEs CoMPosÉs PAR M. .. LANGLÈs, oU PUBLIÉs oU ANNOTÉs PAR LUI.

NorA. Les numéros placés à la fin de chaque article entre les signes () sont des renvois au Catalogue de la Bibliothèque.

I . lsorrrer, politiques et militaires de Tamerlan, proprement appeléTymour, écrits par lui-même, en mogol, et traduits en françois sur la version persanne d'Aboù-Thâleb-âl-Hhocéïny, avec la vie de ce conquérant , d'après les meilleurs auteurs orientaux, des notes et des tables historiques et géographiques, etc. Paris, 1787, in-8. (426) 2. Alphabet tartare-mantchou, composé d'après le syllabaire de cette langue, avec des détails sur les lettres, dédié à l'Académie des Belles-Lettres, etc. Paris, 1787, in-4. (1o69) 3. Précis historique sur les Mahrattes, composé en persan par l'écrivain Hamédin (qui accompagna le colonel Upton dans son ambassade à Paunah), inséré dans le vol. : Affaires de l'Inde. 1788, in-8. (3415) 4. Contes, fables et sentences tirés de différents auteurs arabes et persans, avec un discours sur la littérature orientale, et l'analyse du poème de Ferdoussy sur les rois de Perse. 1788 , in-8 et in-16, 1 vol. (142o) 5. Ambassades réciproques d'un roi des Indes, de la Perse, etc., et d'un empereur de la Chine, traduites du persan, avec la vie de ces deux souverains et des notes tirées de différents auteurs orientaux, manuscrits et imprimés. 1788, in-8. (2466) 6. Dictionnaire tartare-mantchou-françois, composé d'après un dictionnaire mantchou - chinois, par Amiot, rédigé et publié avec des additions et l'alphabet de cette langue. 1789 et 179o, 3 vol. in-4. (1o71) 7. De l'importance des langues orientales pour l'extension du commerce, les progrès des lettres et des sciences; adresse à l'Assemblée nationale. 179o, in-8. (4 188) 8. Fables et Contes indiens nouvellement traduits, avec un discours préliminaire et des notes sur la religion, la littérature, les mœurs, etc., des Hindoux. 179o, in-18. (142 1) 9. Description du Pégu et de l'isle de Ceylan, renfermant des détails exacts et neufs sur le climat, les productions, le commerce, le gouvernement, les mœurs et les usages de ces contrées, par W. Hunter, Chr. Wolf et Eschelskroon; trad. de l'anglais et de l'allemand par L. 1793, in-8. (34o1) 1o. Voyage de Pallas dans plusieurs provinces de l'empire de Russie et dans l'Asie septentrionale, traduit de l'allemand par Gauthier de la Peyronie,

« IndietroContinua »