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ensuite à notre littérature moderne, j'ai retouché, ou même souvent refait entièrement les articles des principaux classiques français, sans oublier les éditions nouvelles qui se sont si fort multipliées depuis quelques années. Une autre partie de mon ouvrage a éprouvé aussi de grands changemens : c'est celle des prix, objet si variable, et si difficile , à fixer avec quelque certitude, surtout pour les livres anciens ; . mais comme pour ces derniers, je ne devais rien mettre que de . positif, j'ai fait à leur égard la seule chose qui fût pratiquable, j'ai cité les nouveaux prix que m'ont fournis plusieurs ventes, plus , ou moins importantes, faites récemment à Paris et à Londres. · Les divers changemens et les augmentations dont je viens · de parler ont dû s'étendre, comme on le voit, à bien des . articles, aussi occupent-ils près de 5oo pages. J'avais eu d'abord | le projet d'en former un volume séparé pour compléter la , è seconde édition de mon ouvrage; mais j'ai bientôt reconnu que s'il était facile de réunir en un seul corps des articles nouveaux, ajoutés aux anciens, il devenait impossible de faire la même chose pour des corrections et des augmentations de peu d'étendue, très-fréquentes dans les 4 volumes de l'ouvrage, et qui, imprimées séparément, ne seraient plus intelligibles. Ce motif m'a fait renoncer à mon dessein, et j'ose espérer qu'on voudra bien ne pas insister sur l'exécution d'une promesse que o, j'ai faite, lorsque, ne pensant pas que je dusse de long-temps · réimprimer mon Manuel , dont j'avais fait tirer un nombre o d'exemplaires assez considérable, je me proposais seulement # d'y ajouter plus tard des articles supplémentaires et quelques o corrections indispensables. *oi La reconnaissance me fait un devoir de remercier ici le public en général, et messieurs les journalistes en particulier, ost de la bienveillance avec laquelle a été accueilli un travail, o utile sans doute, mais dont il m'est impossible de ne point # reconnaître les imperfections. En appréciant l'indulgence des oii éloges qui m'ont été donnés si généreusement , j'ai reconnu ; aussi la justesse de plusieurs des critiques qui me sont par-o . venues, et l'on verra que j'ai su les mettre à profit. Quant à d'autres critiques qui ne m'ont pas paru admissibles, je ne les ai s, relevées que lorsqu'elles se trouvaient dans des ouvrages qui otl o

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jouissent d'une réputation justement méritée, et auxquels il ne m'était guère permis de ne pas répondre. Plus d'un homme de goût a pu me blâmer d'avoir admis dans mon Manuel quelques livres qui ne sont ni utiles ni même fort curieux. Ce reproche, je l'avoue franchement, ne serait pas tout-à-fait dénué de fondement si l'on n'avait pas à considérer qu'en donnant le Manuel du Libraire et de l'Amateur, j'ai dû m'attacher particulièrement aux livres qui ont une valeur supérieure dans le commerce. Il n'est que trop vrai que les meilleurs ouvrages ne sont pas toujours les plus chers, car on sait que le caprice des bibliomanes donne souvent un grand prix à des volumes qui n'ont d'autre mérite que leur rareté: toutefois il n'en est pas moins certain que ces livres, sans intérêt pour beaucoup de gens, ont une valeur pécuniaire bien reconnue par d'autres, et que sous ce rapport il m'était impossible de ne leur point donner une place dans mon Dictionnaire. Mais en accordant trop peut-être à la bibliomanie, je n'ai pas perdu de vue les nombreux bibliophiles qui ne sont pas bibliomanes. Ceux-ci trouveront dans les trois volumes de mon Dictionnaire , et surtout dans la table méthodique qui y fait suite, des indications suffisantes pour composer une bibliothèque fort étendue et entièrement consacrée aux lectures instructives et agréables. Cependant quoique les deux parties de mon ouvrage offrent une nomenclature très-considérable, elles sont bien loin de renfermer l'inventaire général des richesses littéraires de toutes les nations et de tous les siècles : je cite environ 3o,ooo ouvrages ou éditions differentes, et il en existe peut-être plus d'un million ; ainsi ce n'est pas même la trentième partie des livres imprimés qui est indiquée ici. C'est bien peu sans doute pour l'homme qui aurait le desir de tout connaître ; mais c'est certainement beaucoup trop pour le plus grand nombre des lecteurs. Ce que je viens de dire me conduit naturellement à parler d'une bibliographie universelle dont on a donné dernièrement le plan dans un journal littéraire très-répandu. C'est, il faut l'avouer, un projet fort séduisant; mais en y réfléchissant bien, il est permis de douter que les personnes qui l'ont conçu aient sérieusement calcule les difficultés de toute espèce, et presque insurmontables,qu'ellesrencontreraient indubitablement si jamais elles cherchaient à le réaliser. Certes, la tâche que j'ai entreprise est beaucoup moins étendue que ne le serait la leur, et cependant, après plus de vingt années d'un travail assidu, je suis forcé de convenir qu'il ne m'a pas toujours été possible de la remplir aussi bien que je l'aurais désiré ; et je me regarderai comme fort heureux si je n'ai pas trop laissé apercevoir qu'elle était au-dessus de mes faibles moyens.

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oyens

PRÉFACE

DE LA SECONDE ÉDITION.

Da veniam scroptis, quorum non gloria nobis
Causa, sed utilitas, Qfficiumque fuit.

OvIoius, Fpistola ex Ponto, III, 9.

D,s ce siècle, où le goût des recherches est généralement répandu ,
l Bibliographie proprement dite, cette branche essentielle de l'histoire
littéraire, n'a pas été cultivée, en France, avec moins de succès que les
autres sciences positives ; c'est ce qu'attestent les ouvrages des abbés de
Saint-Léger et Rive, du P. Laire, de MM. Van Praet, Chardon de la
Rochette, Adry, Barbier, Renouard , etc. ; mais malheureusement
tes savans n'ont pas étendu leurs travaux au-delà de quelques parties
de la Bibliographie; en sorte que les seuls ouvrages composés sur un
plan général, que nous ayons, tels que les Abrégés et les Dictionnaires,
ontété abandonnés à des compilateurs peu soigneux, qui n'ont fait par
tux-mêmes aucune recherche, et se sont tout simplement contentés de
opier leurs prédécesseurs, dont ils n'étaient point capables d'apercevoir
k défauts, Cependant, malgré leur imperfection, ces livres, d'ume
lome commode, ont obtenu du succès; ils ont été fréquemment con-
ollés, et même cités comme autorités par des personnes qui, peu
Versées dans la Bibliographie, ont pu facilement être induites en
our : de là, les fautes sans nombre qui se sont glissées dans nos
Dktionnaires historiques, dans nos Biographies, et jusque dans des
olés spéciaux de Bibliographie, où elles sont presque impardonnables.
Aiusi la Bibliographie instructive de Guillaume-François de Bure
Publiée de 1765 à 1768, en 7 vol in-8. est encore le seul livre de son
#nre qui doive tenir une place dans les bibliothèques, et auquel les
maleurs puissent recourir avec quelque confiance. Cependant cet
"rage lui-même, si justement estimé, et qui suppose dans son auteur
oconnaissance étendue du sujet qu'il a traité, cet ouvrage, composé
depuis rès d'un demi-siècle, comme on vient de le voir, n'est pas
"ourd'hui au courant de la science ; car, sans parler des ouvrages
ollens et des éditions magnifiques qui ont paru § cette époque,
olue par conséquent l'autour de § n'a pu connaître ,
ombien de découvertes n'a-t-on pas faites depuis 1768 ; de combien
o livres rares et curieux, inconnus à de Bure, m'avons-nous pas la
oription dans des traités ou dans des catalogues faits avec autant
octitude que de méthode, par des savans bibliographes, soit natio-

naux soit étrangers, et que l'on regrette de ne point trouver dans la Bibliographie instructive ? D'après cela, il était permis de croire qu'un supplément qui, en corrigeant les fautes assez nombreuses qu'on remarque dans cet ouvrage, en eût réparé les omissions, et I'eût conduit jusqu'à l'époque actuelle, pourrait être une entreprise utile. Très-jeune encore, je tentai ce travail, après avoir publié, avec trop de précipitation, un Supplément au Dictionnaire bibliographique qui porte le nom de Cailleau ; mais bientot je l'abandonnai, convaincurque si je voulais donner à cette nouvelle continuation toute l'étendue dont elle était susceptible, je ne devais pas songer à faire moins de 1o à 12 volumes, imprimés comme ceux de de Bure : certes, cette tâche était alors au-dessus de mes forces : mais, l'eussé-je remplie avec l'habileté qu'elle demandait, je n'en pouvais attendre qu'un bien faible succès ; car un ouvrage de bibliographie en 18 ou 2o volumes se place seulement dans quelques grandes bibliothèques, et son utilité n'est connue que d'un petit nombre de personnes. D'ailleurs , si un supplément à la Bibliographie de de Bure peut être exécuté, c'est d'une autre main que la mienne que le public est en droit de l'attendre. Cependant je ne renonçai pas à une étude à laquelle je m'étais d'abord livré par devoir, et qui insensiblement était devenue pour moi un goût dominant.Mes recherches m'avaient déjà procuré de nombreux matériaux, qu'il ne s'agissait plus que de mettre en ordre pour en former un livre plus utile pour le public et pour moi, que ne l'aurait été celui dont je m'étais d'abord occupé. Mais quelle forme devais-je donner à ce nouvel ouvrage ? C'est sur quoi je fus quelque temps indécis ; car si l'ordre alphabétique, dans un ouvrage de bibliographie, est le plus commode pour trouver promptement un renseignement sur un livre dont on connaît ou le titre ou le nom de l'auteur, il ne faut † se dissimuler d'un autre côté qu'il ne soit quelquefois insuffisant. ar exemple, si l'on veut connaître quelles sont les productions qu'il est le plus essentiel de se procurer sur telle ou telle partie des sciences ou de la littérature, ce n'est point dans un dictionnaire qu'on ira chercher ces renseignemens, à moins qu'on ne se décide à le feuilleter d'un bout à l'autre ; on préférera donc avoir recours à un ouvrage où les titres des livres sont classés méthodiquement , et où l'on puisse éspérer trouver avec facilité ce qu'on eût peut-être vainement cherché long-temps dans un Dictionnaire. J'ai donc pensé qu'un ouvrage qui réunirait , dans un cadre resserré, l'ordre § à l'arrangement méthodique, pourrait avoir quelque avantage sur ceux qui l'ont précédé, surtout s'il était le résultat de longues recherches et de mon1breuses vérifications ; en un mot, si, sans être une simple compilation , il offrait la substance de ce que contiennent de meilleur les ouvrages de Bibliographie spéciale les plus accrédités. C'est dans cette persuasion que j'ai entrepris le Manuel du Libraire et de l'Amateur de livres, que je publie, et dontje vais tâcher d'exposer le plan en peu de mots.

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