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HISTOIRE ROMAINE

DE

TITE-LIVE

LIVRES XXV - XXVII

PAR N. A. DUBOIS

PROFESSEUR.

T. LIVII PATAVINI

HISTORIARUM

AB URBE CONDITA

LIBER XXV.

Rome consules * prætoresque usque ante diem quintum kalendas maias latinæ tenuerunt. Eo die, perpetrato sacro in monte, in suas quisque provincias proficiscuntur. Religio deinde nova objecta est ex carminibus Marcianis. Vates hic Marcius inlustris fuerat, et quum conquisitio, priore anno, ex senatusconsulto talium librorum fieret, in M. Atilii, prætoris urbani, qui eam rem agebat, manus venerant : is protinus novo prætori Sullæ tradiderat. Ex hujus Marcii duobus carminibus, alterius post rem actam editi cum rato auctoritas eventu, alteri quoque, cujus nondum tempus venerat, adferebat fidem. Priore carmine cannensis prædicta clades in hæc ferme verba erat : « Amnem Trojugena Cannam Romane fuge : ne te alienigenæ cogant in campo Diomedis con

XII.

* U. C. 540. A. C. 212.

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TITE-LIVE.

HISTOIRE DE ROME

DEPUIS SA FONDATION.

LIVRE XXV.

XII. Les consuls et les préteurs furent retenus à Rome par les féries latines, jusqu'au cinquième jour des calendes de mai. Ce jour-là, après le sacrifice d'usage fait sur le mont Albain , ils partent, chacun pour son département. Ensuite les prédictions de Marcius firent naître de nouvelles craintes superstitieuses. Ce Marcius était un devin illustre; et, l'année précédente, lorsqu'un sénatus-consulte avait chargé M. Atilius , alors préteur de la ville, de faire la recherche exacte de ces sortes d'ouvrages, les vers de Marcius étaient tombés dans les mains de ce magistrat, qui, sur-le-champ, les avait remis au nouveau préteur Sulla. De ces deux prédictions, l’une, justifiée par l'évènement qui en avait précédé la publication, donnait du poids à l'autre, dont le moment n'était pas encore venu. La première annonçait, à peu près en ces termes, le désastre de Cannes : « Romain descendant d'Ilion, fuis les bords du fleuve Canna, et que des étrangers ne te forcent pas à combattre dans le champ de Diomède. Mais tu ne me croiras que quand serere manus. Sed neque credes tu mihi, donec compleris sanguine campum; multaque millia occisa tua deferat amnis in pontum magnum ex terra frugifera; piscibus atque avibus ferisque, quæ incolunt terras, iis fuat esca caro tua; nam mihi ita Jupiter fatus est. » Et Diomedis Argivi campos et Cannam flumen , qui militaverant in iis locis, juxta atque ipsam cladem agnoscebant. Tum alterum carmen recitatum, non eo tantum obscurius, quia incertiora futura præteritis sunt, sed perplexius etiam scripturæ genere. « Hostem, Romani, si expellere vultis, vomicamque, quæ gentium venit longe, Apollini vovendos censeo ludos, qui quotannis comiter Apollini fiant : quum populus dederit ex publico partem, privati uti conferant pro se suisque. lis ludis faciendis præerit prætor is, qui jus populo plebeique dabit summum. Decemviri græco ritu hostiis sacra faciant. Hæc si recte faxitis, gaudebitis semper, fietque res vestra melior; nam is divus exstinguet perduelles vestros, qui vestros campos pascunt placide. » Ad id carmen explanandum diem unum sumserunt; postero die, senatusconsultum factum est, ut decemviri libros, de ludis Apollini reque divina faciunda , inspicerent. Ea quum inspecta relataque ad senatum essent, censuerunt patres : « Apollini ludos vovendos faciundosque : et, quando ludi facti essent, duodecim millia æris prætori ad rem divinam et duas hostias cette plaine aura été inondée de ton sang, que quand ce fleuve portera , de la terre féconde au vaste sein des mers, les cadavres sanglans de plusieurs milliers de tes concitoyens, pour servir de pâture aux poissons, aux oiseaux et aux bêtes qui habitent le monde : ainsi m'a parlé Jupiter ; tel est l'arrêt du destin. » Et ceux qui avaient fait la guerre dans ces contrées reconnaissaient les champs de Diomède, le fleuve Canna, et aussi la défaite elle-même. La seconde prophétie, lue dans le sénat, était plus obscure encore, non pas seulement parce que l’avenir est plus incertain que le passé, mais parce que les termes présentaient plus d'ambiguité. « Romains, si vous voulez chasser l'ennemi et le fléau qui vous arrive des extrémités de l'univers , je vous engage à vouer à Apollon des jeux que vous célèbrerez pieusement chaque année, en partie aux frais du public, en partie aux frais des particuliers. Faites présider à la célébration de ces jeux le préteur qui sera chargé de rendre la justice à toutes les classes du peuple. Que les décemvirs offrent des sacrifices avec les rits des Grecs. Si vous suivez exactement ces conseils, vous jouirez d'une prospérité toujours nouvelle, et votre situation deviendra plus florissante; car ce dieu anéantira les ennemis qui dévorent avec sécurité la substance de vos champs fertiles. » On employa tout un jour à interpréter cet oracle. Le lendemain, un sénatus-consulte ordonna aux décemvirs d'examiner les livres sibyllins, à l'égard des jeux et des sacrifices à instituer en l'honneur d'Apollon. Après examen et rapport de ces magistrats, les sénateurs furent d'avis « de vouer et d'offrir des jeux à Apollon ; et , après l'inauguration de ces jeux, de compter au préteur douze mille livres d'airain pour les cérémonies religieuses et le

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