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former à droite et à gauche une espèce de retranchement. Un grand espace avait été en peu de jours débarrassé avec une incroyable promptitude; déjà nous étions maitres des troupeaux et des derniers bagages, et l'ennemi reculait dans la profondeur des bois, lorsqu'il s'éleva de si violentes tempêtes qu'on fut forcé de cesser le travail; et comme il pleuvait toujours, il était impossible de tenir les soldats plus longtemps sous les tentes. C'est pourquoi César, après avoir ravagé le pays et brûlé les bourgs et les habitations isolées, ramena son armée et la mit en quartiers d'hiver chez les Aulerques, les Lexoves et les autres cités, qui, dans les derniers temps, avaient fait la guerre.

petus fieri posset, omnem eam materiam, quæ erat cæsa, conversam ad hostem collocabat et pro vallo ad utrumque latus exstruebat. Incredibili celeritate magno spatio paucis diebus confecto, quum jam pecus atque extrema impedimenta ab nostris tenerentur, ipsi densiores silvas peterent, ejusmodi sunt tempestates consecutæ, uti opus necessario intermitteretur, et continuatione imbrium diutius sub pellibus milites contineri non possent. Itaque vastatis omnibus eorum agris, vicis ædificiisque incensis, Cæsar exercitum reduxit et in Aulercis Lexoviisque, reliquis item civitalibus, quæ proxime bellum fecerant, in hibernis collocavit.

OBSERVATIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON let

Sur le troisièmé livre des Commentaires.

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1. L'on ne peut que détester la conduite que tint César contre le sénat de Vannes. Ces peuples ne s'étaient point révoltés ; ils avaient fourni des otages, avaient promis de vivre tranquilles; mais ils étaient en possession de toute leur liberté et de tous leurs droits. Ils avaien. donné lieu à César de leur faire la guerre, sans doute, mais non de violer le droit des gens à leur égard et d'abuser de la victoire d'une manière aussi atrocé. Cette conduite n'était pas juste, elle était encore moins politique. Ces moyens ne remplissent jamais leur but ; ils exaspèrent et révoltent les nations. La punition de quelques chefs est tout ce que la justice ét lå politique permettent ; c'est une règle importante de bien traiter les prisonniers.....

2. La Bretagne, cette province si grande et si dimcile, se soumit sans faire des efforts proportionnés à sa puissance. Il en est de même de l'Aquitaine et de la basse Normandie; cela tient à des causes qu'il n'est pas possible d'apprécier ou de déterminer exactement, quoiqu'il soit facile de voir que la principale était dans l'esprit d'isolement et de localité qui caractérisait les peuples des Gaules ; à cette époque ils n'avaient aucun esprit national ni même de province; ils étaient dominés par un esprit de ville. C'est le même esprit qui depuis a forgé les fers de l'Italie. Rien n'est plus opposé à l'esprit national, aux idées générales de liberté, que l'esprit particulier de famille ou de bourgade. De ce morcellement il résultait aussi que les Gaulois n'avaient aucune armée de ligne entretenue, exercée, et dès lors aucun art ni aucune science militaire. Aussi, si la gloire de César n'était fondée que sur la conquête des Gaules, elle serait problématique. Toute nation qui perdrait de vue l'importance d'une armée de ligne perpétuellement sur pied, et qui se confierait à des levées ou des armées nationales, éprouverait le sort des Gaules, mais sans même avoir la gloire d'opposer la même résistance, qui a été l'effet de la barbarie d'alors et

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du terrain, couvert de forêts, de marais, de fondrières, sans chemins, ce qui le rendait difficile pour les conquêtes et facile pour la défense.

NOTES DU LIVRE III.

1. Nantuates, peuple du Chablais et du Valais, près du lac Léman.

2. Véragres. Ils habitaient les hauteurs des Alpes Pennines, aujourd'hui le grana Saint-Bernard; suivant d'autres le bas Valais,

3. Sédunes, peuple du Valais moderne. 4. Octodure. Martigny, en français; en allemand, Martenach, dans le Valais.

5. Hibernorum, id est temporis in hibernis transigendi. Quod autem sequitur, eo, ita positum est, ut si hiberna castra ipsa essent. (SCANEIDER.)

6. Gæsum, c'est-à-dire, selon Festus, grave jaculum. On a remarqué qu'en langue celtique gess, et en basque gesi, ont la même signification. Plusieurs auteurs donnent le gæsum ou gesum comme une arme en usage chez tous les Gaulois en général : mais César ne le mentionne qu'en parlant des peuples qui habitent les Alpes, d'accord en cela avec Virgile, qui dit dans l'Énéide, liv. VIII, v. 661 :

Duo quisque Alpina coruscant

Gæsa manu,
Cette concordance est d'un plus grand poids que cous les autres témoignages.

(DUBNER.) 7. Celeriter milites certiores facit paulisper intermitterent prælium, ac tantum modo tela missa exciperent.

On a rendu souvent le tela exciperent par parer ou recevoir les traits, ce qui ne nous semble pas exact. Pour fixer le sens de ces mots, il faut, nous le pensons, se reporter au commencement du chapitre où il est dit que les Romains avaient épuisé leurs armes de trait. Cela posé, il est tellement naturel qu’un soldat cherche à parer les coups qu'on lui porte, que Galba, qui commandait dans cette affaire, n'avait pas besoin de donner un pareil ordre. Il ne pouvait pas, non plus, enjoindre aux légionnaires de recevoir les traits, c'est-à-dire de s'exposer à la mort, sans pouvoir même riposter, puisqu'ils n'avaient plus de javelots et qu'ils étaient séparés des Gaulois par des retranchements et un fossé. Nous croyons donc qu'il faut traduire excipere par recueillir ou ramasser les traits lancés par l'ennemi, pour s'en servir ensuite contre lui, ce qui s'explique naturellement par cette circonstance que les soldats romains avaient épuisé les leurs.

8. Pour faire des routes, comme on l'a vu plus haut.

9. César livra la première guerre où l'esprit de commerce paraisse avoir animé les Romains. Je veux parler des Vénètes soumis, et de l'invasion faite dans les îles Britanniques. Vannes, depuis longtemps, se livrait avec ces iles à un négoce suivi ; le luxe en était presque le seul objet. Les Vénètes recevaient de la Grande-Bretagne quelques marchandises dont des peuples plus éloignés avaient besoin pour les commodités, les jouissances ou les nécessités de la vie. Le nombre de leurs vaisseaux, l'usage qu'ils avaient de la mer, leurs connaissances maritimes leur donnaient une puissance marquée sur tous leurs voisins ; et ils soumettaient à des tributs presque tous les navigateurs. César les conibattit. Jusqu'alors ils avaient seuls conpu l'An

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gleterre, autant que les nations étrangères pouvaient la connaitre. Une partie même des Gaulois en soupçonnait à peine l'existence : on n'y laissait aborder que Jes négociants, et encore ne pouvaient-ils fréquenter que les côtes ou les terres voisines de la mer.— Ces défenses n'étaient pas faites pour arrêter César.... Tout était soumis autour de lui, et sans l’Angleterre il aurait eu la douleur de n'avoir plus rien à vaincre.... Arrivé dans cette ile, il assembla les marchands pour savoir d'eux et sa grandeur et les nations qui l'habitaient, et les ports capables de recevoir de grands navires.... Les Bretons sont vaincus.... Telle est la verité historique, quoique plu eurs poëtes, et l'on se doute bien qu'Horace est de ce nombre, aient soutenu qu'Auguste, qu'ils étaient jaloux de flatter, fut le premier Romain qui soumit ce peuple longtemps indomptable. — De Pastoret, Recherches et observations sur le commerce et le luxe des Romains et sur leurs lois commerciales et somptuaires, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, 2e série, t. III, p. 435, 436.

Le nom latin des Vénètes s'est conservé dans le nom breton de Vannes, qui se nomme encore aujourd'hui Venet.

10. Cette mer est celle de Morbihan, et parait évidemment être la même que César appelle mare conclusum, dont le nom breton Morbihan a la même signification que mer renfermée ou petite mer. (DE LA SAUVAGÈRE.)

11. Interim, c'est-à-dire pendant qu'il était éloigné. Nous avons cru pouvoir rendre cet adverbe par en attenılant son retour; on voit par là que César, quoique absent, fait déjà ses préparatifs.

12. Lexoves, peuples de Lisieux et de Bayeux. — Il faut observer généralement qu'on dépouilla les villes gauloises de leurs noms primitifs pour leur donner ceux des associations dont les sénats s'assemblaient dans leurs murs, et dont elles étaient les chefs-lieux; mais seulement lorsque chacune d'elles n'appartenait qu'à un seul peuple. Au contraire, elles les gardèrent quand la rivalité de plusieurs peuples unis pour fornier une association ne permit pas qu'aucun d'eux donnåt son nom particulier à la cité commune. Ainsi, dans la seconde Lyonnaise, Noviomagus devint civitas Lexoviorum, puis Lexovia, et ensuite Lisieux; Mediolanum devint civitas Ebroïcorum , puis Ebroïci, et ensuite Évreux; Ingena devint civilas Abrincatum, puis Abrincæ, et ensuite Avranches, etc. Dans la quatrième Lyonnaise, Agendicum devint metropolis civitas Senonum, puis Senones, et ensuite Sens; Augustobona devint civitas Tricassium, puis Tricasses, et ensuite Troyes ; enfin Lulelia devint civitas Parisiorum, ensuite Parisii, et enfin Paris. Mais Rothomagus, aujourd'hui Rouen, qui appartenait aux Velocasses et aux Caleti, garda son nom primitif. De même Vesuntio, Besançon, ne fut pas appelé civita: Sequanorum parce que plusieurs autres cités, situées au delà du mont Jura, étaiem sous la domination des Sequani. (MONGEZ.)

13. Nannètes. Les Nantais.

14. Ambiliates. Ils habitaient, suivant les uns, le diocèse de Saint-Brieuc, et suivant M. Walckenaër ils étaient situés sur les limites du diocese d'Arras et de ceux de Tournai et de Cambrai, au midi de Condé et dans les environs d'Orchies.

15. Morins. Boulonnais, Calaisis, Saint-Omer, etc.

16. Diablintres. Leur ville était située où se trouve aujourd'hui Jubleins, ville de la Mayenne.

17. Ménapiens. Brabant, Cleves, Gueldres, etc.
18. Voir, sur cette partie de la Gaule, Recueil d'antiquités dans les Gaules.

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par de La Sauvagère. Recherches sur les antiquités des environs de Vannes, p. 251.

19. Transtra, Kataotpuuata, dans la traduction grecque; M Dübner remarque, avec son habituelle perspicacité, que transtra qui, dans les écrivains postérieurs, signifie les bancs des rameurs, ne peut avoir ici cette acception, puisque César, dans ce qui suit, donne à entendre que les Vénètes d'avaient point de rameurs.

20. Minus facile copulis continebantur. On lit scopulis dans presque toutes les éditions.

Dans la phrase que nous venons de citer, César établit une comparaison entre ses propres navires et ceux des Gaulois; il montre que ces derniers, étant beaucoup plus élevés de bordage, il résultait de cette disposition matérielle un grand désavantage pour les Romains. Tout est parfaitement clair; mais , quand on arrive au minus facile scopulis continebantur, on cesse de comprendre. En supposant même que ces mots puissent signifier, en forçant le sens de continebantur, que les navires gaulois avaient moins de chances de s'engager ou de s'échouer sur des roches, comment deviner qu'ils devaient cet avantage à l'élévation de leur bordage au-dessus du point de flottaison ; car, en raison même de cette élévation, il devait arriver nécessairement tout le contraire de ce que dit le texte, ou plutôt de ce que les copistes lui ont fait dire, car plus le bordage est élevé et solidement construit, plus le tirant d'eau est considérable en raison même de la pesanteur de la masse, et plus le navire par cela même court risque de s'échouer sur des récifs. César n'a pas pu se tromper à ce point ; et si la plupart des éditeurs ou des traducteurs modernes s'étaient donné la peine de chercher et de vérifier, ils auraient vu, comme l'a indiqué M. Dübner, que la phrase s'explique fort bien à l'aide d'une correction d'Hotmann, à laquelle les philologues français n'ont prêté aucune attention; cet érudit, au lieu de scopulis, a lu copulis, et dès lors tout est éclairci. On ne fait plus dire à César une contre-vérité; on lui fait énoncer un fait parfaiteaient exact. Les navires romains sont beaucoup moins élevés que ceux des Gaulois, et par cela même il leur est beaucoup moins facile de saisir et d'arrêter ces derniers, avec les crochets ou mains de fer, copulis, dont les anciens se servaient dans les combats maritimes en guise de grappins d'abordage. (Voir sur le combat naval livré par César aux Vénètes: Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. II, ancienne série, p. 325.)

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21. Il est probable que cette espèce de faux se terminait par un crochet.

22. Sub corona vendidit veut dire captos ou captivos vendidit. A une époque déjà ancienne du temps de César, on avait coutume de couronner de fleurs les prisonniers de guerre que l'on exposait en vente : l'usage tomba en désuétude, mais la locution lui survécut, comme cela est arrivé souvent. Voy. Aulu-Gelle, liv. VII,

(DUBNER.) 23. Peuple d'Évreux.

24. S'agit-il des portes de leurs places fortes, ou des portes de leurs maisons, c'est ce qu'il est difficile de dire; nous croyons cependant qu'il s'agit des portes de leurs maisons, et alors la phrase signifierait qu'ils avaient quitté leurs habitations pour aller rejoindre Viridovix.

25. Sontiates. Ils habitaient dans l'Armagnac. 26. Primum equestre prælium commiserunt...

La plupart des traducteurs, pour éviter la répétition qu'entraînaient les mots equitatu et equestre prælium , se sont contentés de dire que la cavalerie des

ch. IV.

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