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DE

JULES CÉSAR

TRADUCTION NOUVELLE

PAR M. ARTAUD

PROFESSEUR AU COLLÈGE ROYAL DE LOUIS-LE-GRAND.

TOME PREMIER.

PARIS

C. L. F. PANCKOUCKE

MEMBRE DE L'ORDRE ROYAL DE LA LÉGION D'HONNEUR
EDITEUR, RUE DES POITEVINS, No. 14.

M DCCC XXVIII.

роз

NOTICE

SUR

JULES CÉSAR.

CAIUS-JULIUS CÉSAR, l'un de ces hommes extraordinaires que la Providence semble avoir fait naître pour changer la face du monde, parut à Rome à l'époque de ces luttes ardentes, où d'ambitieux citoyens, les uns ne voulant point d'égal, les autres ne voulant point de maître, préludaient par la chute d'un rival à la ruine de la patrie. Très-jeune, il avait été témoin des proscriptions de Marius et de Sylla, dont il blâma la cruauté. Il lui semblait que ces deux Romains eussent pu gouverner Rome sans l'opprimer. Il se promit, s'il tentait jamais cette entreprise, d'en préparer le succès par des actions d'éclat et par d'éminens services. Chaque jour la force des choses amenait ce moment fatal, où Rome se verrait contrainte d'accepter un maître; mais César eût été humilié de devoir quelque chose à cette lente puissance du temps qui décide du sort des empires en minant les résistances: la seule autorité qu'il fût flatté de reconnaître, c'était son génie. Il voulait être tout par

lui-même, et non par les autres. Aussi, voit-on plus tard que, s'il demanda quelque place, ce ne fut que par une sorte de déférence pour les usages établis, ayant toujours pris ses mesures pour s'en emparer, en cas de refus..... Mais étudions ce grand homme dans les principaux actes de sa vie.

Orphelin à l'âge de seize ans, sans soutien dans Rome, il se vit exposé aux caprices toujours imminens d'une inimitié d'instinct, qu'avait conçue contre lui le puissant Sylla. Le dictateur le dédaigna cependant, désarmé par sa jeunesse. Plus tard, il sembla se repentir d'avoir épargné en lui un allié de Marius. Il le poursuivit, l'exclut des places et du partage des legs; il lui fit, enfin, l'honneur de le redouter. « Je vois dans ce jeune homme, disait-il, plus d'un Marius. » César s'aperçut qu'il avait troublé cette âme profonde, et que peut-être sa mort était résolue. Il crut sagement que le meilleur moyen pour la détourner, c'était de se faire oublier. Il se retira donc en Bithynie, à la cour du roi Nicomède, où il acquit une fâcheuse célébrité.

Enfin, Sylla mourut. Au premier bruit de ce trépas, César s'échappe de sa retraite; il accourt à Rome, résolu de faire tourner à son profit les troubles qui agitaient la capitale du monde. Surpris dans la traversée par des pirates, près de l'île Pharmacuse, il passa cinq semaines dans la société de ces hommes sauvages et sanguinaires qui, en l'arrêtant? venaient de lui demander vingi talens pour sa rançon. «Je vous en promets cinquante; mais songez au respect que vous devez à un prisonnier de mon rang.» Son seul regard leur impose.

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