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bonheur passé, et d'en effacer les desplaisirs que nous avons soufferts (1)»; comme si nous avions en nostre pouvoir la science et l'oubli et conseil duquel nous valons moins, encore un coup.

Suavis laborum est præteritorum memoria.

Comment? la philosophie qui me doibt mettre les armes à la main pour combattre la fortune; qui me doibt roidir le courage pour fouler aux pieds toutes les adversitez humaines, vient elle à cette mollesse de me faire conniller par ses destours couards et ridicules? car la memoire nous represente, non pas ce que nous choisissons, mais ce qui luy plaist; voire, il n'est rien qui imprime si vifvement quelque chose en nostre souvenance, que le desir de l'oublier : c'est une bonne maniere de donner en garde, et d'empreindre en nostre âme quelque chose, que de la solliciter, de la perdre. Et cela est fauls: Est situm in nobis, ut et adversa quasi perpetua oblivione obruamus, et secunda iucunde et suaviter meminerimus (2); et cecy est vray, Memini etiam quæ nolo: oblivisci non possum quæ volo (3). Et de qui est ce conseil? de celuy, qui se unus sapientem profiteri sit ausus (4).

Qui genus humanum ingenio superavit, et omnes
Præstinxit stellas, exortus uti ætherius sol (5).

De vuider et desmunir la memoire, est ce pas le vray et propre chemin à l'ignorance. (MONTAIGNE, liv. 11, ch. xi.)

(1) Cicéron, Tusculanes, III-15.
(2) Cicéron, de Finibus, I-47.
(3) Cicéron, de Finibus, II-32.

(4) Cicéron, de Finibus, 11-3
(5) Lucrèce.

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Page 119, ligne 11.

«Ne faut-il pas condamner l'opinion des péripatéticiens, comme autorisant notre mollesse ou notre lâcheté? Ils approuvent en effet les passions.

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Les secousses et esbranlements que nostre ame receoit par les passions corporelles peuvent beaucoup en elle, mais encores plus les siennes propres auxquelles elle est si forte en prinse, qu'il est, à l'adventure, soustenable qu'elle n'a aulcune autre allure et mouvement que du souffle de ses vents, et que sans leur agitation elle resteroit sans action, comme un navire en pleine mer, que les vents abandonnent de leur secours : et qui maintiendroit cela, suyvant le party des peripateticiens, ne nous feroit pas beaucoup de tort, puisqu'il est cogneu que la pluspart des plus belles actions de l'ame procedent, et ont besoing de cette impulsion des passions; la vaillance, disent ils, ne se peult parfaire sans l'assistance de la cholere: Semper Aiax fortis, fortissimus tamen in furore (1); n'y ne court on sus aux meschants et aux ennemis assez vigoreusement, si on est courroucé; et veulent que l'advocat inspire le courroux aux iuges, pour en tirer iustice. (MONTAIGNE, livre 11, chap. xII.)

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Page 138, ligne 10.

Il résulte encore de nos recherches que Cicéron, admirateur pas<«<sionné de Platon et de Socrate, a eu principalement en vue les progrès « de la morale.

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Cicero reprend aulcuns de ses amis d'avoir accoustumé de mettre à l'astrologie, au droict, à la dialectique et à la geometrie, plus de temps que ne meritoient ces arts; et

(1) Cicéron, Tusculanes, IV-23.

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que cela les divertissoit des debvoirs de la vie, plus utiles et honnestes les philosophes cyrenaïques mespriseoient égualement la physique et la dialectique : Zénon, tout au commencement des livres de la Republique, declaroit inutiles toutes les liberales disciplines: Chrysippus disoit que ce que Platon et Aristote avoient escript de la logique, ils l'avoient escript par ieu et par exercice; et ne pouvoit croire qu'ils eussent parlé à certes d'une si vaine matiere: Plutarque le dict de la metaphysique : Epicurus l'eust encores dict de la rhetorique, de la grammaire, poësie, mathematique, et, hors la physique, de toutes les sciences; et Socrate, de toutes aussi, sauf celle seulement qui traicte des mœurs et de la vie de quelque chose qu'on s'enquist à luy, il ramenoit en premier lieu tousiours l'enquerant à rendre compte des conditions de sa vie presente et passée, lesquelles il examinoit et iugeoit, estimant tout aultre apprentissage subsecutif à celuy là et supernumeraire: Parum mihi placeant eæ litteræ, quæ ad virtutem doctoribus nihil profuerunt (1); la pluspart des arts ont esté ainsi mesprises par le même sçavoir mais ils n'ont pas pensé qu'il feust hors de propos d'exercer leur esprit, ez choses mesmes où il n'y avoit aulcune solidité proufitable. (MONTAIGNE, livre 11, chap. xu.)

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Page 228, ligne 3.

<< Loin de conserver l'abondance de sa composition et la richesse de « son langage.

Je laisse volontiers à cet homme (Cicéron) ses mots propres irois-je à l'eloquence alterer son parler! joinet qu'il y a peu d'acquest à desrober la matiere de ses inventions: elles sont et peu frequentes, et peu roides, et peu ignorées. (MONTAIGNE, Essais, livre 11.)

(1) Salluste, Discours de Marius, Bell. Jug., c. 85.

FIN.

PRÉFACE..

MORALE.

I.

Philosophie de l'ancienne Académie. — Principes nouveaux intro-
duits par Aristote, Théophraste, Zénon..

II.

Dufvrai bien, ou du principe de nos actions. — Système d'Épicure,
de l'ancienne Académie, des Stoïciens, des Péripatéticiens...

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Du gouvernement considéré dans son principe, dans sa pureté et
dans sa corruption, dans ses divisions, dans ses révolutions. . 150

II.

Du droit et de la loi, de la raison, de la justice, de la philosophie. 187

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