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pose que M. de Talleyrand n'est étranger à rien, une caricature le reproduit avec sa mitre et sa crosse d'évêque, et on lit au bas cette légende : « C'est par un évêque apostat que les droits des évêques anglicans ont été foulés aux pieds. »

On veut étendre à Naples le traité de la quadruple alliance; l'Angleterre et la France agissent encore ici de concert auprès du jeune roi, lequel est régulièrement catéchisé par des lettres hebdomadaires du roi des Français. Louis-Philippe se réserve un grand nombre d'affaires, et particulièrement ces petites correspondances bien secrètes avec quelques sou verains. Chaque semaine, l'ambassadeur français à Naples reçoit un paquet au scel de cour, où sont des lettres de toute la famille; le prétexte que l'on prend, c'est la parenté, les rapports du foyer domestique. Mais dans le fait on y donne des conseils, des avis très pressans; puis, l'àge excuse beaucoup; le roi des Français a de l'expérience, il veut conduire son jeune parent dans la voie difficile de l'art de régner; on ne lui fait que deux conditions : une petite charte administrative bien douce, bien bénigne, puis un mariage. Si l'on pouvait lui donner une princesse d'Orléans ! La chose se traite aujourd'hui sérieusement; puis, on pourrait tenter encore un mariage à Madrid. Pourquoi M. de Montpensier ne serait-il pas fiance à la reine d'Espagne au berceau ? C'est décidément une sorte de matrimoniomanie qui a saisi le château, et les cartons des affaires étrangères vont devenir de petites archives de famille, une petite succursale de notariat. Comme compensation, M. le duc d'Orléans, l’ainé pourtant, quèle parlout une femme et ne peut en trouver; l'Europe lui refuse ses filles, les fières hérilières de ses blasons. Cela ne rebute pas l'activilė paternelle; on songe aux autres enfans en attendant que les grandes couronnes s'humanisent, et pourtant, jusqu'ici, le seul mariage de la famille n'a pas été heureux : ceux qui approchent de l'intimité royale savent combien de pleurs amers sont dévorés lors de ces voyages si fréquens de Bruxelles à Paris. Une autre difficulté, ce sont les dots, les stipulations matrimoniales; on est presque toujours arrêté par ces considérations, et plusieurs fois des mariages près de se conclure ont élé suspendus par les motifs que la cour de France ne voulait pas assez donner, ou que le gendre n'offrait pas une assez bonne hypothèque pour sa dot. La royauté bourgeoise connait son code civil; au temps où M. Dupin faisait son grand traité des apanages d'Orléans, on a eu occasion de loul voir, de tout apprendre.

Tous ces mouvemens d'alliance et de mariage inquiètent les grands cabinets; depuis l'affaire de la Suisse et la conduite si nette de M. de Rumigny, tous les bons rapports ont cessé; on est froid, et les armemens augmen

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dans un grand nombre de localités; on a calculé que la garde nationale n'existait plus dans vingt-denx villes, sept communes de second ordre, et si les choses continuent de la sorte, on peut d'avance affirmer que d'ici à trois ans il n'existera plus de garde nationale, qui est toute la force du gouvernement actuel.

On s'occupe, dans un certain nombre de petites coteries, du voyage de M. Dupin en Angleterre. Ce voyage n'a rien de politique, 'mais le président de la chambre est avide de bruit et de renommée; il est homme de barreau, et il a été bien accueilli par cette société nombreuse de gens de loi qui dévorent l'Angleterre. Lord Brougham, avec une supériorité incontestable, a quelques traits de ressemblance avec M. Dupin : l'esprit mordant, la science des coutumes et de la jurisprudence historique. Comme lui, i est sans élévation de pensée, bourgeois de ton et de manière; on ne peut s'étonner de ces sympathies. Une dame d'esprit disait que ce qui avait dû singulièrement flatler M. Dupin, c'était le salut de quelques centaines de grandes perruques d'avocats, lorsque lord Brougham l'avait présenté à l'audience de la chancellerie.

- Les 3e et 4e volumes de l'Histoire de la Réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV, par M. Capefigue, viennent de paraitre.

il y a une nouveauté bien curieuse dans la pensée fondamentale de ce livre, à savoir : que le catholicisme se liait, dans le moyen âge, à toutes les libertés locales, au régime populaire de la cité, et que, par conséquent, la Ligue fut l'expression des sentimens de la multitude. De là, des tableaux puissans d'intérêt sur l'esprit de la Saint-Barthélemy et des Barricades, sur les mouvemens réactionnaires des cités contre la réforme.

Ce qu'il y a de précieux dans ce travail historique, c'est qu'il est fait sur des pièces inconnues et inédites, et qui changent elles-mêmes tout l'aspect des faits. Nous remarquons dans les deux volumes qui viennent de paraitre :

10. La correspondance de Philippe II avec le duc de Guise et la grande famille de Lorraine;

2°. Les dépêches des ambassadeurs espagnols à Paris, adressées à leur gouvernement, sur les évènemens de France;

5o. La correspondance chiffrée et traduite du duc de Guise avec les ligueurs;

4o. Les registres inédits de l'hôtel-de-ville de Paris, les rapports du conseil municipal avec les autres cités;

5o. Les dépêches de Bellièvre, Schomberg, Fourquevaux, St-Gohard, soit en Angleterre, soit en Suisse, soit en Allemagne;

6o. Les ambassades espagnoles de François de Alava, Aguillon (interim), don Diego de Çuniga, Juan de Vargas Mexia, Diego Maldonado (interim), Juan Baptista Taxis, don Bernardino de Mendoca , qui assistail à la journée des Barricades;

7o. Le journal d'un bourgeois de Paris, qui présidait, l'arquebuse en main, à cette journée municipale.

Toutes ces pièces sont inédites et donnent à cette publication le plus haut intéiel.

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F. BULOZ.

TABLE

DES MATIÈRES DU SECOND VOLUME,

TROISIÈME SÉRIE.)

Pages.

5

ALFRED DE VIGNY. - La Veillée de Vincennes, histoire de

régiment.
GUSTAVE PLANCHE. Histoire et philosophie de l'art. --- IV.

De l'Ecole française au salon de 1834.
ALEX. DUMAS. - Impressions de voyages. --- VIII. Charles-

le-Téméraire. — IX. – Fribourg. GEORGE SAND. Romans et Nouvelles. Chronique de la quinzaine.

85

410

GEORGE SAND. Leone Leoni, 1 re partie.

129 GUSTAVE PLANCHE. Du dernier livre de M. Victor Hugo. 181 SAINTE-BEUVE. - Poètes modernes de la France. XI. Châteaubriand, ses Mémoires.

209 DE CHATEAUBRIAND. — L'Avenir du Monde, fragment politique.

252 Chronique de la quinzaine.

259

249 506

GEORGE SAND. Leone Leoni, 2e partie et fin.
LERMINIER. Morale de Bentham, Déontologie.
ALEX. DUMAS. Impressions de voyages. X. - Les Ours

de Berne.

527

DE LA MENNAIS. - Paroles d'un Croyant.
Chronique de la quinzaine.

546
357

369
395

BARCHOU DE PENHOEN. · Le chevalier du Couëdic.
GEORGE SAND. Lettres d'un voyageur.
L.-V.-West-End-Review.- Lettres sur les hommes d'état de la

France. Ve lettre. — François Guizot.
D'AVEZAC. - III.
Revue de voyages.

Des études géogra-
phiques en France et à l'étranger.
Chronique de la quinzaine.

422

-

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455
488

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497
539
582

HANS WERNER. Le Souper chez le Commandeur.
LORD FEELING. La Bella Malcasada.
LERMINIER. Etudes de l'antiquité. III. Salluste.
ROULIN. — Voyages d'un Aveugle (James Holman) autour du

du monde, S. Ier.
Chronique de la quinzaine.

604
615

625

660

E. SOUVESTRE. Le pays de Tréguier.
UN MEMBRE DU PARLEMENT. — Hommes d'état de l'Angle-

terre. - II. - O'Connell.
IS. AUBOIN. Bella-Union. Destruction récente des Indiens

Guaranis.
SAINTE-BEUVE. Poètes et romanciers de la France. - XII.

Mm de Duras.
Chronique de la quinzaine.

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